C'est pour moi une passion qui remonte à l'enfance. Mais comment diable voulez-vous tricoter, lorsque certains habitants de la maison n'ont pas deux ans de vie ? 😊
La plupart de mes amies ont débuté le tricot en devenant Maman - ah, ces petites pièces de layette, c'est à croquer, n'est-ce pas ? J'ai fait l'inverse : à la naissance d'Antonin, j'ai arrêté.
Bon, pas complètement arrêté. J'ai quand même tricoté une couverture pour mon petit garçon (vaguement visible ICI, mais elle n'est pas à son avantage !), un petit pantalon bouffant (avec des aiguilles n°3, aïe, aïe, plus jamais ça !) dont Louiselle a hérité l'hiver dernier, et quelques bonnets. Pour poupées, pour bébés, pour bambins, pour enfants, pour adultes... J'adore les bonnets ! Surtout lorsqu'ils ont la forme de bonnets péruviens, et qu'ils se parent de couleurs chinées. J'en ai tellement fait que je suis à présent capable de me lancer sans modèle, et c'est toujours très chou - le genre de bonnets qui transforment votre entourage en lutins des bois, j'adore !
(Et en fouillant dans mes archives à la recherche d'images de mes créations éparpillées, je me dis que j'ai tout de même drôlement progressé en photographie le jour où j'ai compris qu'il ne fallait JAMAIS se servir du flash !) 😄
Bon, toujours est-il que lorsque je veux tricoter, il me faut des aiguilles. Du genre pointues. Il se trouve aussi que j'ai tendance à oublier mon oeuvre en cours au creux douillet d'un canapé, à l'endroit exact où j'aimais poser mon nouveau-né - en gros, les tricots et les bébés aiment les mêmes petits recoins tout doux. Sauf qu'après avoir manqué d'éborgner le fruit de mes entrailles une ou deux fois, je reléguais le tricot dans un placard où je l'oubliais.
Bon. Qu'à cela ne tienne, un tricot, ça se reprend. Je le ressortais donc joyeusement un jour d'automne - s'il était destiné à un enfant, il fallait tout refaire parce qu'il avait grandi, mais passons. C'est reparti ! Mais mon nouveau-né n'en est plus un. À présent il rampe, attrape et explore - et est tout à fait en mesure de s'éborgner tout seul. Et le tricot, fraichement défait et recommencé, retourne très vite en haut de notre armoire...
En plein hiver, une fringale de tricot me reprend. Bon, entre temps, le projet a carrément changé de nature - non, les barboteuses ne sont plus de mise, je vais plutôt me lancer dans une combinaison taille 18 mois - pour être sûre. Et là , je découvre que mon bébé est absolument fasciné par mon travail. Les mains qui voltigent, le fil qui oscille, la pelote qui se dévide... Il observe ce manège avec des yeux de chat. Dès que j'ai le dos tourné, c'est l'orgie sensorielle : les menottes se tendent, aggrippent, tiraillent, chiffonnent et débobinent. Bon, ce travail-là est fichu. Il faut croire que la laine qu'on m'a vendue il y a un an était maudite. N'en parlons plus.
J'en reparle. Timidement - Louiselle a tout de même arraché l'aiguille porteuse du travail en cours, mais ce n'est rien, n'est-ce pas ? Ça se rattrape, et il faut bien qu'elle fasse ses expériences, cette petite. Mes deux enfants adorent presser la pelote de laine qui danse sur mes genoux, mais ce n'est plus une fixation destructrice... Mais bien, oui, le signe d'un intérêt que je souhaite encourager ! Je n'étais pas bien haute quand j'ai ardemment demandé à ma Maman de m'apprendre à tricoter, et c'est bien parce que je la voyais faire n'est-ce pas ?
D'un point de vue purement égoïste, cela me fait beaucoup de bien de me remettre à tricoter. Sans mentir, je crois que cela me permet de faire des pauses - j'avais un peu oublié comment faire. Bon, j'ai calculé : dans ma vie, j'ai passé 17 ans à glandouiller. Il faut croire que j'éprouve à présent un furieux besoin de me rattraper, et je ne parviens plus à me "poser" ! J'ai toujours 100 idées en tête, en cours, au bout des doigts... La seule activité "passive" que je m'octroie, c'est la lecture, mais j'ai besoin de concentration, et je la réserve pour les moments où les enfants dorment. Le tricot, c'est autre chose. Mon esprit est disponible pour parler, observer et interagir, mais mon corps, sur fond de cliquetis à la fois tonique et apaisant, se repose. Ah !... Et ma conscience est au repos, elle aussi, puisque JE FAIS quelque chose, n'est-ce pas ?
Sans rire : il sera BEAU, Antonin, dans son gilet de rentrée, non ? 😊
Sans rire : il sera BEAU, Antonin, dans son gilet de rentrée, non ? 😊




































