Dimanche dernier, Louiselle a soufflé ses deux bougies avec beaucoup d'enthousiasme. Pour moi, depuis mon réveil, je me remémorais heure par heure la grande aventure que nous vivions deux ans plus tôt:
"Tiens, à cette heure-là , je prenais un bain dans la baignoire géante "spécial baleine" de la maternité...",
"Tiens, à cette heure-là , on me proposait la péridurale",
"Tiens à cette heure-là , Louiselle naissait !",
"Tiens à cette heure-là je constatais que je n'était pas fatiguée malgré ma nuit blanche et sirotait un café en admirant mon beau bébé... Il faisait si froid dehors qu'on se demandait s'il n'allait pas neiger..."
Ben ! Ça passe vite deux ans ! Surtout dans la vie de la Damoiselle qui se dépêche toujours autant... de grandir.
Tout de même, pendant ces deux années, elle fut bébé longtemps. Au moins dix-huit mois, quoi. Dix-huit mois à s'exercer à attraper, à manipuler de petits objets, puis à marcher et à courir.
Louiselle-bébé se caractérisait par une certaine opiniâtreté. Très tôt, elle montra un appétit insatiable pour le langage et la motricité fine. A 15 mois, elle savait monter les escaliers, à 16 mois, elle les redescendait. À peine savait-elle marcher qu'elle voulut de toute force apprendre à manoeuvrer la petite brouette de son frère, qui lui donna bien du fil à retordre.
Louiselle-bambin se caractérise par une opiniâtreté certaine. Louiselle ne grandit pas ; elle galope. L'usage de la draisienne est parfaitement maitrisé depuis plusieurs semaines. Et à présent, le grand chantier qui l'occupe est : parvenir à enfiler seule un fichu sac à dos sans s'emmêler les pinceaux. Héhé. Pas si simple, surtout quand on n'a pas d'yeux dans le dos.
Louiselle forme des images dans sa tête, reformule et commente les histoires qu'on lui lit et est très attirée par les jeux d'imitation. La petite ferme ou la dînette l'absorbent des matinées entières, et lorsque je passe à proximité, je surprends ses gestes concentrés et précis et ses commentaires ("Le train arrive ! Non ! La coccinelle, monte pas sur le train !!" ou bien "À taaable ! Manger, à taaaaable ! On va manger, le chien !")... Louiselle organise les objets du monde par catégories, selon un ordre logique. Les mises en paire n'ont plus de secret pour elle, les nombres l'attirent fort, ainsi que la nomination et la reconnaissance des couleurs. Elle est capable de jouer une partie de loto jusqu'au bout avec les autres membres de la famille. Sa mémoire se muscle, elle se souvient d'évènements passés de plusieurs mois ("C'était bien, la luge !").
Elle sait exprimer ses choix (et ne s'en prive pas !) et tenir une petite conversation avec un adulte. Lorsqu'elle nous parle, nous la comprenons du premier coup quatre fois sur cinq, ce qui n'est pas mal, me semble-t-il ! Après une petite pause, l'acquisition fulgurante du lexique a repris son cours. Louiselle a les oreilles qui trainent et s'empare des mots "complexes" que j'apprends à son frère ; "planète" ou "tentacule", tout y passe. Elle utilise un tas de notions abstraites (grand/petit, en haut/en bas, dehors/dedans, etc.), un certain nombre de prépositions (dans, avec, sur...) et connait un repertoire de comptines assez impressionnant, qu'elle chante en respectant la mélodie. Tout à l'heure, alors que nous ramassions des cerises vertes tombées de l'arbre en rentrant de l'école, elle s'est mise à chanter spontanément "Un, deux, trois, nous irons au bois", à ma grande surprise, puisque je ne pense jamais à la chanter ! Mais elle fait partie de nos petits recueils de comptines que nous feuilletons souvent, et la Damoiselle l'avait très bien retenue ! :-O
Les tournures grammaticales se précisent, tranquillement. En règle générale, la Damoiselle utilise les verbes à l'infinitif, depuis déjà de nombreux mois. Ce qui m'interroge d'ailleurs : aurait-elle vraiment (et insconsciemment) repéré l'infinitif de tous les verbes, pour ne les utiliser presque qu'exclusivement ??? Louiselle sait dire "moi" depuis ses 20 mois, elle a donc très vite trouvé la combine pour s'exprimer à la première personne : "Manger, mouâ !", "Assir', mouâ !", "'Aime beaucoup les pâtes, mouâ !", etc. Louiselle n'a jamais parlé d'elle à la troisième personne, mais je gage qu'avec une formulation si efficace pour exprimer ses besoins, ses envies et ses idées, elle ne soit pas pressée de dire "Je" ! :-)
Le leitmotiv depuis deux mois, c'est : "C'EST KÔAAA, ÇA ?". :-)
Il faut tout nommer autour d'elle, même les objets qu'elle connait très bien, la chipie !
Je voudrais pouvoir graver dans ma tête ses mimiques et son intonation pour toujours... J'espère que des articles comme celui-ci m'y aideront !! :-)







































