Je me suis aperçue, en travaillant avec mes élèves, que l’action de « coller »
quelque chose était typiquement une activité scolaire. En fait, le prof
a besoin que l’enfant acquiert ce savoir-faire parce qu’il aura, durant
sa scolarité, des tonnes de documents à coller dans ses cahiers, et que
l’adulte ne peut pas se permettre de « perdre » une demi-heure à chaque
fois. Mais qui, Ã la maison, voit ses parents « coller » (Ã moins
d’avoir une mère prof des écoles qui, en plus, passe son week-end Ã
fabriquer le mobile des danseurs…) ? Enfin, toujours est-il que pour certains enfants de Petite
section, c’est complètement extraordinaire ; ils n’ont jamais vu ça ;
ils ne savent pas ce que ce verbe veut dire et trouvent tout simplement
magique qu’un bout de papier reste collé à un autre juste parce qu’on a
mis ce qu’ils pensent être de la « peinture » (ben quoi, à l’école, on
l’applique au pinceau !) dessus. Cela prend d’ailleurs des mois pour
certains pour qu’il comprennent qu’on applique la colle d’un côté, et
qu’ensuite il faut RETOURNER le papier pour que la colle soit prise en
sandwich entre les deux supports à fixer. Dur, dur, et contre-intuitif
il faut croire.
Antonin ne sera pas de ceux-là , puisqu’il a découvert ce week-end les joies du collage
grâce à un sachet de grosses gommettes. J’ai préféré acheter des
gommettes aux formes géométriques, dans de belles couleurs vives, car
l’imprégnation des couleurs et des formes est loin d’être terminée pour
le Damoiseau. Il y avait aussi, dans le magasin de loisirs créatif, de
grosses gommettes représentant différentes parties d’animaux qu’il
fallait reconstituer : j’ai trouvé l’idée très bonne, mais ce matériel
s’adresse à un enfant plus grand, qui s’exerce à positionner avec
précision.
Voilà les deux premières œuvres du week-end :
Il y en eu d’autres ! Manifestement, Antonin préfère coller des
gommettes à peindre, ou même à dessiner. Tant mieux, parce que c’est une
activité qui requiert une installation relativement simple (et zéro nettoyage ensuite) :
L’enfant est confortablement installé sur une petite chaise à sa
hauteur, et attablé (pour nous, l’activité a lieu sur la table basse de
notre salon). Antonin est droitier, c’est donc à sa
droite que j’ai disposé deux soucoupes, une avec les gommettes, l’autre
pour qu’il puisse mettre les papiers qui recouvrent le côté collant une
fois qu’ils sont enlevés. Pour cette opération, Antonin a encore besoin
de mon aide. Je m’installe à sa droite, il prend une gommette, me la
tend ; je décolle un coin, l’engage à pincer le papier et à tirer. Je
lui montre l’endroit où il doit déposer le papier inutile, puis il colle
fièrement sa gommette. Que du bonheur !























