mardi 18 septembre 2012

Ma journée avec deux bébés


Vos bébés sont grands maintenant, et vous êtes nostalgiques ? Allors suivez-moi dans le récit épique d’une journée ordinaire avec deux tout-petits de 4 et 20 mois !! 

Une journée ne fait pas l’autre, mais il y a certains invariants, tant il est vrai que les tout-petits ont besoin de "routines" . Bien que deux enfants des âges des miens soient en perpétuelle évolution, et que nous, adultes, soyons donc toujours en train de nous adapter, il faut tout de même avouer que les jours se suivent et qu’ils se ressemblent (un peu) !

Cette nuit-là est une nuit aux réveils multiples, comme cela n’était pas arrivé depuis quelques jours. À 3h30, Louiselle s’agite et pleurniche. La Damoiselle dort au salon ; c’est la seule solution que nous ayons trouvé (oh combien insatisfaisante !) pour que nous nous génions les uns les autres le moins possible. Mon mari se lève pour la rassurer, elle se rendort facilement, moi aussi. Mon homme, non. Il est comme ça, mon homme : c’est un insomniaque du petit matin (je suis, quant à moi, une insomniaque du soir, autant dire qu’il y a rarement deux personnes en même temps dans notre lit !). ;-D

À 4h30, c’est au tour d’Antonin de pleurer. Un grand pleur bref, qui veut dire : "J’ai perdu ma tétine !" . D’un bond, je suis hors du lit, mais le Damoiseau s’est apparemment rendormi tout seul. Chouette. Il fait des progrès dans sa dépendance, ces derniers temps.

À 5h00, Louiselle réclame son premier biberon. J’ai conscience que mon mari, qui ne s’est pas rendormi, gère. Je dors. Je sens confusément que ma fille se rendort après avoir mangé, et que mon homme trouve enfin le sommeil. Dormons, dormons, que c’est bon ! 

6h30 : c’est réglé comme du papier à musique, Antonin se lève, commence par réclamer sa tétine puis me signe qu’il veut manger en disant "Faim, faim !" . La journée commence. J’entraîne le Damoiseau dans la cuisine dont je ferme soigneusement la porte pour ne pas réveiller le reste de la maisonnée et nous préparons sa bouillie. Nous la préparons ensemble, hein, car s’il n’a pas sa part de la tâche, Antonin se fâche très fort (et réveille sa soeur qui, elle, ferait bien la grasse matinée si elle n’avait pas de grand frère, j’en suis sûre…). Donc Antonin verse de l’eau dans le chauffe-biberon, appuie sur le bouton pour l’allumer et surveille très attentivement les volutes de vapeur (« C’est chaud, c’est chaud ! » – « Oui, mon chéri, ça chauffe, tout va bien. »). Pendant que le lait chauffe, je découpe une banane dans le mixer, et Antonin y verse ensuite les cuillérées de bouillie, ainsi qu’un peu de purée d’amandes. Puis il transvase le lait tiède du biberon au bol du mixer. Je mixe le tout sous l’oeil attentif (et envieux) de mon fils, puis Antonin verse à nouveau le contenu du bol dans le biberon. Je visse la tétine, Antonin m’arrache son biberon des mains, me tend sa tétine en échange (que je m’empresse d’aller ranger jusqu’à l’heure de la sieste), et engloutit sa bouillie. Si vous pensez qu’un petit déj’ au biberon n’est pas très montessorien, je vous répondrai que j’y tiens néanmoins beaucoup, jusqu’aux deux ans de mes enfants. Depuis son premier anniversaire, c’est le seul repas au biberon d’Antonin, mais je pense qu’il est nécessaire à son besoin de succion.

Après chaque repas, nous avons un rituel immuable : passage dans la salle de bain, où Antonin escalade un escabeau devant le lavabo et se lave les mains, le visage et les dents. Je l’assiste, mais l’encourage le plus possible à faire seul, même si on y perd en efficacité. Puis, c’est l’heure du pot. Le rituel consiste d’abord à le chercher : "Il est où, le pot ?" . Tiens, quelle surprise ! Il est… à sa place,  toujours à la même place ! Antonin s’exclame : "Ah !! Il est là !!" comme si c’était l’étonnement du siècle, l’empoigne, le transporte dans sa chambre et le pose devant sa bibliothèque. Il installe également sa petite table (taillée dans un carton de couches…) devant. Je lui ôte sa couche, il va la mettre à la poubelle fièrement, non sans avoir fait l’état des lieux de ce quelle contient ("Pipi ! " – "Et oui, mon chéri, pipi…" ). Pendant qu’Antonin siège, je lui lis des histoires, il grifonne quelques dessins, cajole sa peluche préférée… et je sirote mon café.

7h05 : Antonin se relève brusquement. Apparemment, il en a terminé : "Pipi, pipi !" – "Bravo, Antonin, c’est un gros pipi, effectivement" . Antonin porte le pot jusqu’aux toilettes, le vide, rabat les battants, escalade (avec mon aide) pour accéder à la chasse d’eau. "Au revoir, pipi !" – "C’est cela, oui, salut…" . Il s’agit à présent de faire enfiler une nouvelle couche au Damoiseau, et il en profite pour cavaler dans tout l’appartement en s’eclaffant pendant que je le poursuis.

7h10 : évidemment, la cavalcade a réveillé Louiselle. Je la prends dans mes bras et nous nous reconnectons quelques minutes, en déambulant dans l’appartement pendant que je continue de siroter mon café ; Antonin joue un peu dans sa chambre et me dit "Non !" à chaque fois que je lui demande s’il n’a pas froid, s’il ne veut pas mettre un pantalon…

7h20 : j’installe Louiselle sur la table à langer pour la changer. Antonin installe son escabeau à côté de nous. Il n’en perd pas une miette ("Pipi, pipi !" – "Et oui, pipi, décidemment…")  et en profite pour faire de gros câlins à sa soeur puisqu’il se retrouve à son niveau.

7h30 : le papa des enfants se lève. Pas tôt ce matin ! Il faut dire qu’avec la nuit qu’il a eu, le pauvre ! Il fait des bisous à tout le monde, puis disparait dans la cuisine se servir sa rasade de café fort. Louiselle changée, je fais notre lit ; plus qu’un meuble, c’est un support de choix pour poser la petite, il faut donc qu’il soit fait. Puisque mon homme s’occupe de la petite, je m’habille et j’habille Antonin dans la foulée. Voilà qui est fait.

8h00 : C’est l’heure du biberon de la Damoiselle. C’est aussi l’heure où mon homme part au travail, après s’être douché et habillé ("Et ton petit déjeuner ?""Pas l’temps" – "Mouais…" ). Après quoi, j’installe Louiselle près de la porte de la cuisine, sur sa peau de mouton, et débute un des moment favori du damoiseau : il s’agit de faire la vaisselle ! Dès qu’il me voit commencer, il pousse une chaise contre l’évier, de façon à se tenir tout contre la surface où la vaisselle sèche. Au fur et à mesure que je lave, puis rince les ustensiles, je les pose devant lui. Il manipule tout, empile, désempile, nomme, signe, me demande de nommer, de signer ("Fourchette, marmite, couvercle, tasse…" ). Puisque je suis tout à côté, je n’ai pas peur des accidents ; il n’y a jamais de casse, ni de coupures (d’ailleurs Antonin manipule les couteaux avec énormément de précautions, en disant "Couteau, couteau !". Il sait que cela peut blesser, et encore une fois, je veille, à quelques centimètres). Lorsque j’essuie, Antonin me passe les objets un à un ; parfois il manifeste l’envie d’essuyer, lui aussi,  ce que j’accepte en lui tendant les objets à mon tour (et en évitant les couteaux, cette fois, tout de même…).

La vaisselle terminée, je caline Louiselle quelques instants, la réinstalle sur le dos si elle le souhaite (mais je sens que le retournement dans l’autre sens est pour bientôt !), puis donne un rapide coup d’éponge sur la gazinière, et balaie, tout aussi rapidement. Nous fermons ensuite la porte de la cuisine, nous n’y retournerons plus avant le prochain repas !

Mon objectif suivant consiste à balayer les deux chambres de l’appartement – et donc à ranger tout ce qui traîne par terre pour ce faire. C’est dans ces moments-là que j’ai parfois l’impression d’avoir le cerveau qui fonctionne comme une machine – Connaissez-vous cette impression ? Je m’explique : 1. La chambre des parents : mettre Louiselle sur le lit ; ouvrir la fenêtre ; ranger à leur place les livres qu’Antonin a répandu par terre ; balayer ; contourner les livres qu’Antonin a répandu par terre pendant que je commençais à balayer ; fermer la fenêtre ;  ranger à leur place les livres qu’Antonin a répandu par terre avant de quitter la pièce. 2. La chambre des enfants : brosser le tapis de parc ; secouer la peau de mouton par la fenêtre ; installer Louiselle dans son parc ; accrocher un mobile ; faire le lit d’Antonin (aérer la couette, retourner le matelas, tiens, il faut changer ce drap…) ; ranger tous les jouets et les livres qui traînent ; déplacer Louiselle sur mon lit pour ne pas qu’elle soit dans la poussière pendant que je balaie ; constater qu’Antonin a à nouveau (quand ?) fichu tous mes livres en l’air et les ranger ; revenir dans la chambre des enfants balayer dare-dare car je sens l’excitation monter ; penser (en se disant que c’est déjà un peu tard…) à décrocher le mobile avant qu’il ne lui arrive malheur.

Oui, je sens l’excitation monter : Louiselle râle et s’agite ; Antonin pousse des cris aigüs et se casse la binette à tout-va : il nous faut sortir ! Bon, tout le monde est éveillé, lavé, habillé ? L’appartement est (à peu près) en état ? Alors, on sort ! Reste à mettre les chaussures, à retrouver les chapeaux ; c’est généralement le moment où je réalise qu’hormis un hectolitre de café, je n’ai rien dans l’estomac, et que j’ai FAIM. J’attrape une tranche de pain et un morceau de comté au passage (si, si, c’est un petit déjeuner équilibré !), et nous voilà partis. Il est 9h55.

Ce matin, nous commençons par nous diriger vers le magasin de bricolage. J’y ai pensé une bonne partie de la nuit, j’ai un projet pour Antonin (dont vous entendrez bientôt parler, mais que j’appelerai ici « le projet mystérieux »). J’emplette tranquillement, les enfants sont super sages, et au moment de payer, je constate qu’Antonin m’a « emprunté » ma carte bleue et qu’elle n’est pas dans mon sac. À bien y réfléchir, je l’ai vue quelque part, mais où ?? Pas grave, j’ai mon carnet de chèque… La dame a un petit rictus de surprise quand elle m’entend demander à mon fiston de 20 mois ce qu’il a fait de ma carte de crèdit, mais elle le réprime vite (polie), en fait je crois qu’elle commence à nous connaître… 

À 10h30, nous sommes de retour à l’appartement pour y déposer nos emplettes, mais repartons aussitôt. Louiselle s’est en effet endormie dans son écharpe de portage et je sais que si je la détache, elle se réveillera. Je veux lui permettre de faire sa sieste jusqu’au bout, et puis Antonin ne s’est pas encore dégourdi les jambes. Une fois délestés de deux rouleaux de gros scotch et d’une baguette en bois de 2 mètres de long (je vous intrigue, hein !), nous nous dirigeons vers le parc le plus proche.

Antonin est franchement fatigué ce matin ; après quelques tours de toboggan, il s’asseoit tranquillement à côté de moi sur un banc. J’espérais qu’il se défoule mais, comme bien souvent, il préfére apparemment faire ça chez lui ! 

À 11h25, nous voici de retour, pour de bon, cette fois. À peine la porte poussée, Louiselle s’éveille (je l’installe sur sa peau de mouton avec quelques hochets) et Antonin me signe qu’il a faim. Il est un peu tôt pour déjeuner, mais j’essaie, quand c’est possible, de coller au mieux au rythme de mes enfants. Et là, c’est possible, puisque nous allons nous régaler de restes de la veille : de délicieuses brochettes de seitan, qu’il suffit de faire frire rapido dans l’huile d’olive. Pendant que ça cuit, je change toute la famille, car la température commence à grimper en ce début d’après-midi. Nous mangeons, Antonin et moi, sous l’oeil attentif de Louiselle, et pendant que le Damoiseau termine son dessert, je lave rapidement la vaisselle et passe un coup de balai dans la cuisine.

Suit notre rituel de la toilette et la séance de pot ; j’en profite pour boire un nouveau café (…) et lorsqu’Antonin se lève, le pot est rempli à ras bord, quel succès… ("Pipi, caca, caca !" – "Chouette, mon chèri, c’est magnifique…" ). Reste à enfiler une nouvelle couche (cavalcade, pourquoi ai-je une impression de déjà vu ?) et à remettre le pantalon ("Non, non !" – "Ben, si, là, tu vois, si." ).

12h15 : Antonin joue pendant que je donne le biberon à sa soeur. Mais l’excitation monte de plus en plus, l’heure de la sieste est proche. Louiselle s’endort sur son repas, mais alors que je m’apprête à la déposer sur notre lit pour sa sieste, Antonin débarque en trombe dans notre chambre et la réveille.

Il est vraiment fatigué, ce petit. Je lui donne une tétine et le couche. Il râle un peu, puis se calme. Je l’entends jouer dans sa chambre pendant que je change la Damoiselle et lui donne la fin de son repas.

12h50 : Louiselle est sagement allongée sur mon lit avec quelques jouets; je suis allongée à côté d’elle et j’écoute Antonin s’agiter. J’attends.

13h00 : Antonin s’endort. Depuis qu’il dort dans son lit au sol, c’est extrêmement rare que l’endormissement l’après-midi soit si rapide. Il faut dire que nous avons eu un week-end particulièrement éreintant dont le Damoiseau ne s’est pas encore remis.

Commence le temps consacré exclusivement à Louiselle. C’est ainsi, et lorsque c’est la Damoiselle qui dort, je prends vraiment du temps pour son frère (en ce moment, nous jouons à la dînette, ou collons des gommettes…). Et inversement.

J’en profite pour faire prendre son bain à ma fille. Je la préviens néanmoins : "Cela risque d’être bref, ma chérie !" , car son frère peut s’éveiller d’un instant à l’autre. Effectivement, à peine la damoiselle savonnée et rincée, j’entends Antonin pousser un grand cri. No problemo, à présent le Damoiseau peut sortir de sa chambre, il n’a qu’à se lever et nous rejoindre… Oups ! J’ai oublié d’entrebailler la porte de sa chambre !! J’attends toujours d’être sûre qu’il dort profondément pour ce faire, car la porte grince un peu, et parfois, voilà, il s’éveille avant ! Je sors Louiselle en catastrophe, l’enveloppe chaudement, pousse la table à langer contre le mur de façon à ce qu’elle ne puisse pas tomber si elle décide de se retourner (oui, quand elle saura se retourner dans les deux sens, je ne pourrais plus l’abandonner ainsi…), je me précipite sur la porte d’Antonin… Rien; pas un bruit. Le Damoiseau s’est rendormi… je me rue dans la salle de bain (car mon système de sécurité est loin d’être homologué…) : "Me voilà, Louiselle, c’est très bien, tu n’as pas bougé, je vais te sécher, maintenant !" . Et nous prenons le temps d’un petit massage, les yeux dans les yeux. Je l’habille, puis je reste à côté d’elle, sur mon lit, à lui présenter des jouets et à l’observer essayer de les attraper.

14h20 : Louiselle sombre à son tour. Je suis fière d’elle, elle s’endort sans aide (sans tétine, sans être dans nos bras…), toute seule, quoi. Autonome dès le berceau !  ;-)

Me voici donc seule, si on peut dire, avec du temps pour moi, pour faire mon courrier, bricoler, lire et blogger. Au boulot !  :-D

15h30 : Louiselle s’éveille. Je la nourris, la change, et joue avec elle. Je dormirais bien, là, en fait, mais la Damoiselle, elle, est très excitée et ne l’entend pas de cette oreille !

16h30 : Antonin s’éveille d’une grosse sieste. Il ne dort pas autant d’habitude, mais voilà qui me va bien ! Commence pour moi une demi-heure de va-et-vient entre la salle de bain (je dois changer Antonin de toute urgence, sa couche a fui, et oh ! une énorme piqûre de moustique sur la cuisse le fait souffrir, pile là où passe l’élastique de la couche !), ma chambre (Louiselle pleurniche en cherchant son sommeil : "Là, là, je suis là"), la chambre d’Antonin (il s’agit de ranger l’énorme bazar dont il s’entoure toujours avant de se coucher), la cuisine (préparer le goûter, superviser vaguement Antonin pendant qu’il l’ingurgite, tranvaser le linge propre et mouillé dans une panière). Ah, et à chaque fois que je passe par le salon, je donne un coup de vrille dans une planche (cf. mon « projet mystérieux »).

16h55 : Louiselle s’est endormie. Antonin a terminé son goûter, nous procédons à sa toilette, puis à la séance de pot, qui s’éternise, le Damoiseau me réclamant comme bien souvent histoire sur histoire. Finalement, le pot est vide quand Antonin se relève. « Tant pis ! » me lance-t-il avec un grand sourire. Oui, tant pis. Je suis fatiguée, tout d’un coup.

17h30 : C’est l’heure du bain d’Antonin. Je tente pendant 10 minutes de dévisser le flacon d’huile à la lavande que je verse d’habitude dans la baignoire. J’y parviens toujours d’ordinaire, mais aujourd’hui que cela soulagerait sa piqûre, non. Impossible. Je joue un peu avec Antonin et l’eau qui se déverse (le Damoiseau veut être mis dans la baignoire PENDANT que le bain coule, l’eau qui stagne, c’est moins drôle !). Finalement, je m’installe à la salle de bain avec quelques tomates à laver et à découper. Hé, il faut bien continuer à faire tourner la maisonnée pendant que l’on surveille les ablutions du petit… Mais, j’y pense, je n’ai pas grand légumes pour le souper… Les courses au magasin de bricolage ont fait sauté notre ballade sur le marché. Le timing étant trop serré pour ressortir avec toute la famille (et d’ailleurs, Louiselle dort), tant pis, je ferai appel aux plats tout préparés surgelés. Ils sont là pour ça, non ?

18h00 : Antonin demande à sortir du bain, à l’exacte minute où j’entends Louiselle qui s’agite gentiment en se réveillant. Opération savonnage : le Damoiseau y procède lui-même, je ne m’occupe que de lui frotter le dos et de le rincer. Vous vous demandez si un enfant de 20 mois est capable de se laver efficacement ? La réponse est non (mais il y met tout son coeur). Quant à moi, j’estime qu’après avoir barbotté une demi-heure dans de l’eau claire, mon fils EST propre. É basta. Puisque Louiselle est décidemment très sage, nous prenons le temps d’un petit massage, en révisant le nom de toutes les parties du corps ("Ventre, bras, fesses…" ). C’est toujours un moment de franche rigolade pour le Damoiseau !

Suit un temps calme à trois, sur le lit des parents, pendant lequel Antonin dessine sous les yeux subjugués de sa soeur. J’en profite pour leur lire quelques histoires.

18h20 : c’est le retour tant attendu du Papa ! Il distribue des bisous à tout le monde et… entreprend de ranger l’appartement, voire de passer un coup d’aspirateur ("Ben quoi, c’est le bazar ?" – "Oui, c’est le bazar." – "Ah, oui, maintenant que tu le dis…" ). Puis, pendant qu’il se charge d’occuper la précieuse nichée (ce soir, ils écoutent des comptines, d’après ce que j’entends), je finalise le dîner (hop, une vinaigrette pour la salade de tomate, hop, j’émince quelques olives pour relever le tout, et hop, une tarte aux poireaux surgelée dans le four, c’est vite vu), et j’étends le linge mouillé.

19h00 : à table !! Nous installons Louiselle sur sa peau de mouton et nous nous attablons en famille. Hélas, pour le moment, ces moments qui seront un jour des temps de repos ne le sont pas encore : il faut se relever sans cesse pour cajoler Louiselle, la retourner si elle le désire, lui présenter un jouet, servir Antonin qui n’avance pas à notre rythme…

19h20 : Le repas est terminé, et le Papa des enfants s’est chargé de la toilette d’Antonin. Il s’agit à présent de le persuader d’aller sur le pot, mais il n’est pas pressé. En attendant qu’il se décide (il se décide toujours), mon homme, après avoir tout installé, donne quelques coups de vrille à mon « mystérieux projet ». Pendant ce temps, je nourris Louiselle, mais voilà quelques soirs que ses 210 ml ne lui suffisent plus : je dois relancer un fond de biberon pour la caler durablement. Reste à la changer… Je sens que la Damoiselle ne va pas faire de vieux os, ce soir !

Je m’occupe ensuite du rituel du coucher d’Antonin : nous saluons tout les membres de la famille (Louiselle est déjà installée dans son lit, nous avons remarqué que c’est important pour son frère de constater que la Damoiselle va dormir elle aussi), lisons trois histoires choisies par le fiston, faisons un gros câlin… Bonne nuit ! Antonin ne demande pas son reste non plus. Quand je resors de sa chambre, Louiselle s’est endormie.

Il est 20h15. Reste aux heureux parents que nous sommes à préparer la table du petit déjeuner pour le lendemain, à donner un coup de ménage à la salle de bain et aux toilettes (deux pièces cruciales quand on a un petit en plein apprentissage de la propreté). Je prends une douche, m’installe au lit avec un bon bouquin, et n’en lis que quelques lignes, hélàs ! Je suis bien trop fatiguée !

21h30 : tout le monde dort. Jusqu’à quand ???  :-D

5 commentaires:

  1. Bonjour Elsa,
    j'avoue être épatée par ton blog! je sais je me répète mais voilà... c'est comme ça!
    depuis l'arrivée de mon petit père, je me sens complètement dépassée par la situation! et surtout très frustrée! J'ai la sale impression de négliger mes enfants! tout ce que je ne veux pas! je n'arrive pas à accorder du temps a chacun d'eux! Lorsque ma "grande" de deux ans, sollicite ma présence ou me demande une activité je suis avec son petit frère de un mois tout juste (tétée ou entrain d'essayer de calmer les pleurs de coliques, fatigue...)et quand mon tout petit se calme enfin, que je le dépose sur son tapis (avec le mobile de Munari)je m'occupe de la "grande" mais du coup délaisse mon tout petit qui est enfin calme et avec qui j'aimerai bien prendre le temps de faire connaissance! Je me sens bien triste de cette situation et malgré mes tentatives pour n'être disponible que pour eux lorsqu'ils sont réveillés (douche le soir ou pendant les siestes, idem pour la gestion du quotidien) je n'arrive pas à me débarrasser de cette sensation, de cette culpabilité! Je ne parle même pas de temps pour moi ou pour faire autre chose, couture ou tricot sont aux oubliettes! As-tu une recette miracle ou quelques suggestions? Merci en tout cas, grâce à ton blog je garde une petite lueur d'espoir de trouver une organisation qui comble tout le monde!

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    1. Bonjour Laurence !
      Oh, comme je te comprends ! Tu sais, je crois que cette journée n'a l'air organisée que parce qu'elle est racontée... Quand je vis mes journées, j'ai souvent une impression de chaos, l'impression de ne pas réussir à faire tout ce que j'ai à faire, et surtout de ne pas donner assez à mes enfants !!

      Concernant ton cas, il est très particulier étant donné l'âge de tes enfants : les premières semaines de vie sont si particulières et nécessitent tant d'attention ! Et évidemment, à 2 ans, ta fille a énormément besoin de toi, d'autant plus qu'elle vient d'avoir un petit frère...

      Nous en parlions avec Poppy, une fidèle lectrice, par commentaires interposés il y a quelques semaines : je crois que le “secret” consiste à accorder un temps d'attention à 100% à chacun de tes enfants, un moment qui sera très circonscrit dans le temps, mais pendant lequel tu seras là totalement. Pour ta “grande”, ce peut être le temps d'une histore, d'un puzzle, pendant la sieste de son frère. Pour le petit, les temps de toilette et de repas sont des moments privilégiés (as-tu en ta possession l'extraordinaire “Eveil de votre enfant” de Chantal de Trucchis ? Voilà un livre qui aide !!). Il est important d'expliquer à ta fille que pendant que tu changes son frère ou le nourris, vous avez besoin de calme. Dis-lui que tu lui fais confiance, que tu comptes sur elle. Cela ne suffit pas pour que l'enfant accepte de partager sa maman, mais l'idée fera son chemin...

      Le vrai problème, c'est cette culpabilité : en fait, c'est certainement sur nous-mêmes que nous avons le plus gros travail à faire !! Je trouve que donner du temps de vraie attention permet ensuite d'arrêter de culpabiliser. “Bon, j'ai joué avec mon enfant une demi-heure aujourd'hui, j'étais pleinement diponible, je ne pensais à rien d'autre qu'à lui. A présent, je m'occupe de ma maison, de mon courrier, etc. et je le laisse faire sa vie sans culpabiliser”. Certainement plus facile à dire qu'à faire ! ;-)

      Ta fille sait-elle jouer seule ? Quant à ton petit, tu peux dès à présent lui apprendre à être indépendant. Quand il est installé sous son mobile, tu peux commencer à quitter la pièce pour t'affairer ailleurs et revenir le voir de temps en temps.

      Je ne sais pas si tout ce que je te dis là aide... j'ai l'impression que tu fonctionnes déjà un peu comme cela... en tous cas, dis-toi que tu vas trouver un rythme dans les semaines qui vont venir, c'est normal d'être un peuu débordée pour le moment, hé ! Tu viens juste d'accoucher !! Repose-toi aussi, hein ? Ton conjoint a-t-il pris son congé paternité ? Ne peux-tu faire garder ta grande ponctuellement histoire de dormir un peu ? Ces semaines seront vite passées, mais il faut aussi se ménager !!

      Tiens-moi au courant, et bon courage ! Bisous à ta petite famille toute neuve !!

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  2. bonjour Elsa,
    Je te remercie de ta réponse; je crois que tu n'imagines pas à quel point cela me réconforte et me rassure! Je ne suis donc pas la seule... Lorsque je regarde mes amies évoluer avec leurs enfants j'ai tellement l'impression que cela est naturel et "fluide" pour elle que je me demande pourquoi avec moi cela est tellement "anarchique"! finalement, c'est un peu pareil pour tout le monde...
    Merci pour tes conseils.
    J'essaie lorsque je suis avec eux de n'être qu'avec eux, le reste passe après mais pas toujours facile à réaliser. Je ne connais pas le livre dont tu parles, je l'ai commandé du coup (ainsi que "éveiller, épanouir..;" et "60 activités...")j'espère trouver des conseils et idées... J'ai également suivi ton conseil et j'explique à Margot lorsque je nourris son frère que j'ai besoin de calme, mais bon pour le moment sans résultats, à suivre et poursuivre...
    Margot joue toute seule mais n'a que deux ans et réclame quand même beaucoup, d'autant que je culpabilise lorsque je la vois seule dans son coin entrain de jouer... Même si je sais que c'est bien et qu'elle a besoin de ses temps où elle se créer son monde et ses histoires...
    Le papa a eu la possibilité de prendre son congé paternité en fractionné! Comme je travail à 80% en temps normal, Margot ne va chez la nounou que 3 jours par semaine et il a poser ses jours là pour être avec nous. Mais là aussi la culpabilité me tient, pourquoi ne pas la garder à la maison alors que j'y suis... même si je sais qu'elle adore sa nounou et qu'elle a ses copines là-bas et qu'elle s'amuse... et...
    En tout cas, merci encore et je te promets de t'informer des avancées chez nous...

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  3. Bonsoir Elsa, j'ose enfin te poster un commentaire.
    Je suis avec beaucoup d'attention tous les articles que tu postes.
    Je trouve ton blog vraiment réussi et c'est un plaisir de découvrir chacun de tes posts.
    Cette journée type me tient à coeur car j'ai moi aussi l'impression de survoler comme Laurence, les journées avec mes deux enfants. En congé maternité avec deux petits amours de 30 et 4 mois, ce n'est pas de tout repos. Mon "grand" est déja très autonome je trouve (merci Montessori certainement) et mon dernier né adorable, mais fan inconditionnel des bras. Du coup, difficile de faire énormément de choses même avec l'aide précieuse de l'écharpe. Grosse impression de stagner toute la journée sans réellement proposer d'activité structurée étant donné que bibou boude mes mobiles au bout de 5 minutes et que le grand a parfois besoin d'une maman attentive à 100% pour faire des jeux. Et voila Mme Culpabilité qui pointe aussi le bout de son nez!!
    Comment fais tu pour les activités "montessori"? Tu essayes d'en mettre une en place chaque jour? Tu la plannifies a l'avance pour préparer le matériel au préalable?
    Fais tu des semaines à thème?
    J'habite à la campagne et j'essaye de mon coté aussi de "nous" sortir tous les jours mais il faut se faire violence pour ne pas rester "encrouté" dans ses habitudes, et surtout aller mettre le nez dehors avec ce froid.
    Laisses tu des activités en libre service pour ton Damoiseau?
    Et pour tout ce qui est activités plutot salissante (peinture) comment fais tu pour gérer un bibou et un "grand"?
    J'admire ta résistance, je suis moi même plutôt du soir (petit moment pour moi notamment pour lire) et le matin c'est vraiment très dur d'émerger. Donc les dessins animés sont une parade pour mon grand... pas glop pourtant.....
    Mille mercis de ta lecture, et pour tous les bons conseils que tu prodigues.

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    1. Bonjour, Anonyme !

      Excuse-moi, je te réponds un peu tard, mais peut-être que mon dernier article t'a un peu éclairée ?

      http://mercimontessori.blogspot.fr/2014/02/monter-une-activite-pour-son-bambin.html

      Alors, non, je ne fais pas de semaine à thème. Je ne planifie pas trop les activités, en tout cas, pas sur papier ni quoi que ce soit de ce genre. Par contre, c'est vrai que j'y pense beaucoup, et quand je commence un sujet d'étude (ex : les couleurs, la ferme, etc.) je vais jusqu'au bout. Mais c'est aussi mon métier qui m'a appris cela !

      Dans ton cas précis, vu l'âge de tes enfants, je pense qu'il faut vraiment y aller par "petits pas" : oui, sortir tous les jours (même pas longtemps, même simplement dans le jardin...) est déjà une vraie gageure : il faut habilller tout le monde bien chaudement, et puis les enfants finissent couverts de boue, c'est du boulot ! Pour les activités "montessoriennes", tu peux "simplement" (haha !) essayer de faire une recette avec ton grand une fois par semaine au début ; tu peux te fixer un jour "Montessori" pour une activité de Vie pratique selon ce qui plait à ton enfant.

      Ici, Antonin a commencé, un peu avant ses trois ans, à manipuler du matériel sensoriel, que je ne laisse pas à disposition. Il est rangé dans une caisse que je sors pour nos séances (j'essaie d'en proposer plusieurs fois par semaine, mais c'est fluctuant) quand Louiselle dort.

      Quant aux activité artistique et de Vie pratique, elle sont "à disposition" dans l'atelier... Enfin, elles sont à diposition quand nous sommes dans l'atelier, qui n'est pas toujours ouvert, donc sur des temps courts et encadrés.

      Pour les activité peinture (et artistique en tous genres), ça se passe super bien avec Louiselle, qui ne demande qu'à faire comme son frère... Mais tu n'as pas encore ce problème avec ton bébé de 4 mois ??

      Moi aussi je suis du soir, et oui, oh, c'est dur d'émerger ! Mais pas le choix, Antonin nous a habitué à des réveils si matinaux qu'à présent, je trouve que c'est Byzance.

      Ce matin, samedi, les enfants ont joué dans leur chambre bien sagement jusqu'à... 8h00 !!! Pendant qu'on ronflait !! Coool !! (Mais récent !)

      Bon courage, tiens-nous au courant si tu peux !!

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