lundi 16 mars 2015

Dessin d'observation ?


Lorsque j'ai découvert la pédagogie Reggio, la place nodale du dessin d'observation m'a beaucoup interrogée. L'éducateur reggian part du principe que l'enfant est très à l'aise (bien plus que l'adulte) pour représenter ses idées par le dessin, et qu'il s'agit là d'un langage à cultiver à part entière. Néanmoins, les enfants qui sont entrés de plain pied dans la figuration ne dessinent pas "d'après nature" ; ils s'appuient généralement sur leur mémoire ou leur imagination pour produire bonshommes et maison. C'est ce qui explique, en partie, le côté parfois stéréotypé des productions. 

"Araignée", janvier 2015.

Lorsqu'Antonin dessine des insectes ou des notes de musique, ses dessins ont quelque chose de personnel que je tiens beaucoup à respecter. Certes, il ne dessine pas ce qu'il voit - et ses araignées n'ont pas le bon nombre de pattes. Je trouve cela merveilleux, et refuse tout net de "corriger" quoi que ce soit !

Pourtant, les éducateurs reggians proclament que le dessin d'observation peut fournir des outils importants pour la communication, la compréhension et l'expression écrite - voire "pré-écrite", puisqu'elle est particulièrement utile aux enfants ne sachant pas encore écrire. Il est difficile pour moi de rester insensible à de tels arguments...

On pourrait s'en sortir à l'aide d'une pirouette. Distinguons les choses : il y aurait d'un côté la pratique artistique, libre, audacieuse et personnelle, et de l'autre l'observation scientifique, qui se plie aux contraintes du réel. C'est oublier que la pédagogie Reggio refuse ce découpage en "matières" et considère tous les savoirs comme interpénétrés - c'est une conception à laquelle je suis, moi aussi, de plus en plus attachée.

Il faudrait donc tenir que le dessin d'observation autorise lui-aussi la liberté et l'indétermination...

J'ai beaucoup réfléchi et j'ai longuement observé les dessins des enfants de Reggio Emilia. C'est évident : nous sommes loin de l'uniformisation. Ces enfants disposent de techniques, mais ce ne sont pas des recettes. Derrière chaque production, on sent la richesse d'un travail approfondi : comment représenter une ombre ? Faut-il attacher les membres au corps si le personnage bouge très vite ? Comment représenter ce qui est derrière ? etc. Voilà le type de questionnement enfantin qui surgit pendant la pratique du dessin d'observation. Pour le dire mieux : pratiquer le dessin d'observation, c'est mener ce type de questionnement. Les réponses graphiques, elles, ne sont pas figées. Et les dessins des enfants de Reggio Emilia sont remarquables justement en cela : ils sont incroyablement personnels et s'extraient complètement des stéréotypes enfantins.

Les stéréotypes ? Oui. Depuis quelques mois, Antonin dessine ses sapins en superposant des triangles, et ses maisons se composent d'un triangle posé sur un carré. Mieux, il se fâche lorsqu'on fait autrement et essaie de transmettre ses techniques à sa sœur. J'ai bien songé à lui proposer d'observer notre maison pour la dessiner et dépasser cette représentation, mais je ne l'ai pas "senti". Avant de travailler sur le terrain, je voulais lui proposer un sujet plus personnel, plus ouvert... et qui tienne sur une table, c'est tout de même plus facile à embrasser ! :-D


Quoi de mieux dans ce contexte que les constructions de mon Damoiseau lui-même ?


C'est idéal dans la mesure où Antonin compose son propre sujet. C'est idéal car l'objet à reproduire se compose de formes simples et colorées. C'est idéal parce que l'enfant injecte ce qu'il veut dans sa production - surtout, surtout, ne pas oublier de légender ce dessin- là ! :-)

"C'est une maison. Les voitures ne peuvent pas entrer dedans."

Vrai, cette séance m'a fichu un coup. J'ai vécu comme un privilège énorme le fait d'avoir une fenêtre sur les représentations de mon enfant.

"C'est un chapiteau."

Toutes mes appréhensions sont tombées d'un coup. Réducteur, le dessin d'observation ? Tristement conforme à la réalité ? Allons, allons, c'est oublier le génie enfantin... Qui songerait à "corriger" ?... et d'ailleurs corriger quoi, comment ?

Allez, un p'tit dernier pour la route :


Ceci est une machine. Oui : Antonin vous montre comment le disque roule et transmet ainsi un mouvement de translation au cube qu'il supporte. Le Damoiseau, tout en dessinant (ce qui n'est pas du tout anodin selon moi : les idées naissent lorsque les mains sont au travail) explique : "C'est une machine qui fait les déchargements. Elle fait "Ch-Ch-Ch ! quand la roue tourne. Là, c'est comme un toboggan, c'est pour les déchargements. En dessous, c'est l'ascenseur."

Ce qui, dessiné, donne :


C'est bien cela. Antonin m'a expliqué toutes les fonctionnalités de sa machine sur papier, je l'ai parfaitement reconnue. :-)

Pour moi, je sais que je suis bien loin d'avoir mené à bien ma reflexion sur le dessin d'observation et j'ai la sensation de me promener à la lisière d'une forêt profonde... Mais maintenant je sais quelque chose : ça risque de nous plaire ! ;-)

33 commentaires:

  1. Bonjour Elsa!
    C'est drôle, je me suis frisé les neurones sur la même question que toi!
    C'était dans le contexte de la classe, en maternelle-cp. Je demandais aux enfants de dessiner "ce qu'ils voient", le résultat m'apparaissant souvent bien entendu comme différent du "modèle". Je l'ai donc utilisé comme une "fenêtre" ouverte sur la façon de voir de chaque enfant. J'ai justement utilisé ce procédé dans le cas de l'observation d'une ombre. Je demandais aux enfants: "Dessine le pantin et son ombre" (le pantin et son ombre étaient devant les enfants). Puis ceux qui le souhaitaient venaient présenter leur dessin au groupe et j'invitais les autres à poser des questions ou émettre des remarques (autres que des remarques affectives du type "j'aime...").
    Je crois que le côté stéréotypé du dessin aidait les enfants à représenter efficacement certaines choses. Mais le nœud du problème ne pouvait pas être représenté de façon stéréotypée puisque le schéma mental correspondant était en construction. C'est là que ces dessins devenaient un formidable moteur pour remettre en question les représentations initiales des enfants et leur permettre d'imaginer des expériences censées vérifier leurs hypothèses!
    Mon avis est donc que le côté stéréotypé permet à l'enfant de gérer l'ensemble d'un dessin, qui est forcément extrêmement complexe, afin de n'avoir plus à se concentrer que sur certains détails pour en tenter une représentation fidèle. Si le but d'un dessin est d'être un message compris de son interlocuteur, je conçois que l'enfant s'empare de stéréotypes dans un souci d'efficacité! Et je pense en effet qu'un dessin d'observation n'est réellement possible qu'avec des modèles extrêmement épurés comme ceux que tu as proposé à Antonin (qui en plus les a explorés et agencé de ses mains)...
    Bref, ta réflexion m'intéresse beaucoup et fait écho à la mienne. Si tu trouves des résultats d'études ou des lectures intéressantes à ce sujet... je suis preneuse!

    Encore merci pour tes témoignages!
    A très bientôt,
    Emilie

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    1. Bonjour Emilie !

      Merci pour ton témoignage, c'est précieux !! :-)

      Et merci pour cette clef que tu me donnes : le dessin stéréotypé est un message efficace. Oui !! Un peu comme un sigle, quoi : universel, simple... Je n'avais jamais envisagé cela comme ça, ça me parait complètement pertinent et tout à fait passionnant.

      Merci, ça change mon regard sur la chose ! :-)

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  2. Très beau billet !

    Ça reflète tout à fait ce qui est enseigné aux étudiants en graphisme :
    1/ on donne un sujet (par exemple : faire un logo pour une plomberie), les étudiants doivent chercher les signes graphiques (images, symboles...) qui y sont associés et qui sont compréhensibles, signifiants, lisibles : les résultats sont donc relativement uniformes.
    2/ réflexion sur l'identité propre, les valeurs propres de CETTE entreprise/entrepreneur : donc mener une recherche plus approfondie, ce qui abouti à des résultats graphiques "personnalisés", avec une recherche de sens à donner à l'image (sens = sensation et/ou sens = réflexion et/ou sens=impression, donc toucher la cible soit au niveau des kinesthésique, soit au niveau intellectuel, soit au niveau affectif)
    3/ finalisation avec les qualités propres à chaque étudiant, son interprétation graphique ce qui le différencie de ces camarades

    C'est un peu simpliste et réducteur comme explication (je vais me mettre tous les profs de graphisme à dos !), mais c'est néanmoins une base sur lequel je m'appuyais pour certains des cours que j'ai donnés (et sans aucun doute certains que j'ai reçus, même si tout n'était pas toujours conscient ou construit de cette façon).

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  3. Encore un article très intéressant ! Je n'aurais jamais songé à proposer si tôt du dessin d'observation, mais ce que vous dites toutes est très juste. Cela doit permettre de dépasser certains stéréotypes en amenant l'enfant à construire un véritable langage graphique : comment transposer en traits la réalité que j'observe. C'est assez comparable aux mécanismes du langage parlé ou écrit finalement ! Mon fils, qui entre tout juste dans le dessin figuratif et fait seulement ses premiers pas à l'école n'a pas encore intégré de stéréotypes. Peut-être serait-ce justement le moment de lui proposer le dessin d'observation, afin de lui permettre de mieux comprendre comment élaborer une représentation. Je vais tenter, je vous raconterai !

    Je profite de ce message pour vous poser quelques questions bibliographiques (à Elsa et aux autres mamans passant par ici !).
    Tout d'abord, j'ai été troublée par le chapitre "les fuites" de Maria Montessori, dans l'Enfant. Elle y dénonce "le côté anormal de l'imagination et du jeu". Je vois à peu près la cohérence avec le reste de sa pensée, mais enfin, ça me perturbe un peu, surtout pour ce qui concerne l'imagination. Certaines d'entre vous ont-elles des lumières ou un avis sur la question ?
    Deuxième question : j'ai lu l'Enfant et l'Esprit absorbant de l'enfant, j'hésite à acheter La Pédagogie scientifique. J'imagine que cet ouvrage décrit le matériel scolaire et son utilisation. Celles qui l'ont lu pensent-elles que cela peut être intéressant hors d'un usage scolaire ? Bon, bien sûr, si ces ouvrages étaient disponibles en poche je les achèterais immédiatement dans leur l'intégralité...
    Dernière question : je suis prof d'histoire, actuellement en congé parental mais prête à reprendre du service à la rentrée prochaine... Or, la découverte de Montessori et l'observation de mes enfants m'ont beaucoup fait réfléchir à mes pratiques pédagogiques. J'ai vraiment envie, aujourd'hui, de les renouveler. Certaines d'entre vous savent-elles si la pédagogie Montessori avait des applications dans le secondaire ? J'ai vu qu'il existait des collèges et des lycées Montessori mais, concrètement, je n'ai pas trouvé en quoi consistait le contenu ou les méthodes d'enseignement.
    Merci beaucoup à celles qui auront envie de me répondre !

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    1. La bibliothèque du coin n'aurait-elle pas le livre que vous hésitez à acheter? Vous pourriez être fixée rapidement.

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    2. Petite réponse rapide concernant les lectures de M. Montessori : comme toi, j'ai lu "L'esprit absorbant" et "L'enfant" et suis en train de lire "Pédagogie scientifique tome 1". Avis à chaud : très intéressant, clairement plus pratique et je trouve qu'il illustre bien l'esprit de la pédagogie. J'ai eu un peu de mal à y entrer (d'autres lectures en cours) mais je ne le regrette pas, cette lecture m'éclaire vraiment et me parle plus que les deux précédentes. Je ne suis pas professeur des écoles et je ne pratique pas la pédagogie Montessori dans un cadre d'IEF.
      Pour ta deuxième question, il me faudrait plus de temps pour tenter d'y répondre (d'autant que je suis loin d'être spécialiste !) mais je suis sûre qu'Elsa saura nous éclairer sur ce sujet très intéressant (et qui m'a également posé pas mal de questions). Je m'éloigne très nettement de cette partie là de sa pensée (même s'il faut faire l'effort de la remettre dans son contexte historique) et une lecture m'a totalement réconfortée au sujet du jeu et particulièrement les jeux d'imagination : "Qui veux jouer avec moi ?" de Lawrence Cohen.

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    3. Coucou Quelquesmotsdeleurenfance !

      Arg, tes questions sont complexes, tu es dure avec moi ! :-D

      - Tout d'abord, je ne me souviens plus du tout du chapitre dont tu parles, c'est dans "L'enfant" ? Depuis le temps que je me dis qu'il faut que je le relise... Bon, je m'y colle et on en reparle.

      - Je ne peux que te conseiller la pédagogie scientifique : c'est mon ouvrage préféré de Maria Montessori ! Le tome 2 est super aussi - surtout pour toi qui enseigne au collège. Mais bien sûr, leur "usage scolaire", comme tu dis, est présent en permanence dans mon esprit, il m'est difficile d'adopter un autre point de vue...

      - Un projet "Montessori" appliqué au secondaire, voilà qui est passionnant !

      Voici quelques pistes pour nourrir ta réflexion et ton action :

      Plus l'enfant grandit, plus l'école est ouverte au monde - elle EST même le monde, à l'université.

      Un collège Montessori idéal est donc en partenariat étroit avec les musées, les associations culturelles régionales, la liaison collège-lycée est fortement travaillée, etc.

      Un collège Montessori idéal accorde une grande importance à la pédagogie. Je ne sais pas de ton côté, mais j'ai des difficultés à le faire entendre à certains de mes collègues de collège, généralement très centrés sur "leur" matière et la transmission de connaissances.

      Bien sûr, un collège Montessori idéal se préoccupe hautement de la qualité du savoir qui y est transmis : matériel de pointe, profs émérite...

      ;-)

      Tiens-nous au courant de ta réflexion, je suis vivement intéressé par ton avis sur tout cela ! :-)

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    4. Je me suis moi aussi posée des questions sur l' imagination dans la pédagogie Montessori.
      J'ai lu un article qui expliquait que selon Maria Montessori il ne fallait pas, par exemple, lire des livres avec des animaux habillés qui parlent avant 6 ans. Ça m' a laissé perplexe.

      G.

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    5. Merci à toutes pour vos réponses !
      Oui, Elsa, c'est dans l'Enfant, chapitre "les fuites".
      Crécerelle : je ne sais pas ce qu'il en est ailleurs, mais par chez moi, impossible de trouver un seul ouvrage de Maria Montessori dans toutes les bibliothèques du coin... Je n'ai plus qu'à m'offrir la Pédagogie scientifique :-) !

      En ce qui concerne la pédagogie au collège, c'est dur. Très franchement, j'ai une formation historique très classique et j'ai surtout enseigné au lycée et à la fac. Donc je dois bien avouer que la pédagogie ne faisait pas vraiment partie de mes préoccupations. J'ai toujours prêté davantage d'attention à l'acquisition des savoir-faire (cartes de géo, dissertation, qualité du discours...) qu'à la connaissance des points du programme, mais cela s'arrêtait là.
      Mais justement, j'ai pu constater par ma propre expérience l'échec du cours magistral/dialogué traditionnel. Dans les établissements difficiles, c'est une cata, une majorité d'élèves ne comprend simplement pas le contenu... Et dans de bons établissements ou la fac, là, pour le coup, c'est moi qui m'ennuyais à mourir :-).
      C'est ce constat, ainsi que le recul permis par le congé parental, la découverte de Maria Montessori grâce à mes enfants mais aussi la discussion avec des collègues plus intéressés que moi par ces questions (notamment une amie formée en Australie à des méthodes diamétralement opposées aux nôtres) qui m'ont poussée à réfléchir à de nouvelles pratiques. Je ne sais pas encore si je serai en collège ou en lycée l'année prochaine, mais je suis sûre que je ferai différemment. Reste à savoir comment... C'est difficile, il y a des programmes démesurés à tenir, les classes surchargées (hum, la sortie au musée avec 35 ados...) et pas mal de pesanteurs, en effet. De la part des collègues, bien sûr, mais aussi des élèves : les ados ont des années d'expériences derrière eux et une certaine indolence qui font qu'ils n'aiment rien tant que gratter un bon vieux cours magistral :-).
      Bref, j'en suis au tout début de ma réflexion, donc merci pour tes pistes qui me semblent toutes très intéressantes. Je vais réfléchir à chacune d'elles et je vous tiendrai au courant quand tout cela aura évolué et été un peu mis en pratique !

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    6. La suite dans un deuxième commentaire, j'ai été trop bavarde pour tout mettre en un !
      Car j'avais promis de revenir vous raconter ma proposition de dessin d'observation à mon fils. Eh, bien c'est chose faite, avec un résultat tout à fait inattendu !

      Ce matin, A. voulait peindre. Je le laisse libre avec son aquarelle jusqu'à ce qu'il me dise vouloir peindre une voiture. Bon, je vois l'ouverture attendue et lui propose de choisir l'une de ses petites voitures comme modèle. Ok, il en choisit une, la pose sur sa feuille... et se lance dans une improvisation dont ni la forme ni la couleur n'avait le moindre lien avec le modèle :-). Je ne dis rien et repars à mes affaires...

      Là, il décide de coller des gommettes animaux sur une grande feuille blanche, puis dessine autour une barrière, un peu de foin pour manger et là, me déclare : "il faudrait un monsieur pour s'occuper des animaux, tu me le dessines ?" Évidemment, je refuse, lui explique que c'est son dessin, qu'il peut essayer de représenter le monsieur. "Non, moi je ne sais pas faire les bonhommes". Ce n'est pas la première fois qu'il est bloqué dans ses dessins par la représentation humaine, dans laquelle il n'a jamais osé se lancer. Alors j'essaye de le guider, lui demandant ce qu'il faut pour faire un bonhomme, mais non, il est bloqué. Bon.
      C'est alors que je lui propose de dessiner sa poupée. Ça oui ! On la prend, on la regarde, il me dit qu'elle a une tête et dessine une grosse spirale qui tourne sur elle-même (a-t-il voulu restituer le volume du crâne ?). Puis, il lui faut des jambes : deux longs traits directement rattachés à la tête ! Puis des yeux... Là, il constate que sa poupée n'a pas d'oreilles : qu'à cela ne tienne, il ajoute deux traits sur les côtés de la tête.

      Et voilà, son premier bonhomme est né de l'observation ! Toute fière, j'hasarde bêtement "tu vois, tu sais dessiner les bonhommes"... Réponse : "mais non, ce n'est pas un bonhomme, ça, c'est ma poupée" ! CQFD :-)

      Merci Elsa de nous avoir inspiré cette belle séance !

      Stéphanie

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    7. :-D

      Merci à toi pour ce récit, j'adore ! :-)

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  4. Ohoh! c'est passionnant!! et ça donne envie d'y pénétrer dans cette forêt!!

    Pour le fun, Anjali, il y a à peu près un mois , a dessiné un escalier, qui se redescend par un toboggan, et, tout en bas de ce toboggan, un "L" en lettre cursive...: "C'est le "Leu" qui grimpe les escalier en tournant sur lui-même à chaque marche...et hop, il glisse sur le toboggan et recommence etc etc"... ça m'y faisait penser, la roue, le toboggan, l'ascenseur pour l'escalier...
    J'aime!

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    1. C'est fait, Christelle !

      Je vous ai envoyé un mail et ai effacé votre commentaire comme vous le souhaitiez.

      A bientôt !

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  6. Bonjour, tu l'as peut-être déjà mentionné avant mais où as-tu acheté ces jolis blocs de construction transparents? Je ne trouve les même que sur Amazon auprès d'un vendeur qui vend un peu de tout... Rien sur Hop'toys... enfin si mais pas pareil ;) Any clue? Belle soirée!

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    1. Exact, je ne les ai jamais vu ailleurs que sur Amazon :
      http://www.amazon.fr/Blocs-construction-arc-en-ciel-24-pi%C3%A8ces/dp/B004SBI1CG

      C'est là que je les ai eus...

      Bonne journée, Anaïs !

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    2. merci beaucoup ;) belle journée à vous aussi!

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    3. Si si! ici: http://www.tangrammontessori.fr/fr/recherche?orderby=position&orderway=desc&search_query=blocs&submit_search=
      Ils sont un peu moins cher, et tu y gagnes vraiment sur les frais de port...
      bises

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    4. J'ai vu sur pinterest une maman qui avait fabriqué des cubes qui y ressemblent avec des kapla et des pochettes plastiques colorées.
      Ca peut être une bonne alternative il me semble.

      G.

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    5. G. on les trouve ici ( http://www.andnextcomesl.com/2013/11/diy-color-blocks.html ) c'est en anglais, mais assez explicite.
      Effectivement, la maman a découpé des rectangles dans des pochettes plastifié de couleur, et collé au pistolet à colle avec des planchettes de type kapla.
      J'avoue que j'y ai penché, mais je trouvais l'idée d'avoir plusieurs formes géométriques plus intéressantes.... finalement je les ai commandé sur Amazon allemagne (moins cher) et une copine me les a ramené...
      Et puis fe trouvais qu'il n'y en avait pas assez, comme dis Elsa, plus on a de cube, plus les enfants jouent! donc j'en ai fabriqué un vingtaine de plus à partir d'un petit lot de plaquette acheté dans un vide grenier. Ca m'a pis un peu moins d'une heure
      Ma Merveille (16 mois) adooooore et va régulièrement chercher la petite caisse en bois dans lesquelles ils sont rangés (et parfois les emmène au dodo avec elle)...
      Elle a une petite préférence pour les blocs du commerce, les couleurs sont plus intenses.

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    6. Merci Ori pour le lien.
      Je pense que je vais commencer par en fabriquer pour voir si ça plait à petit T. (2 ans). La construction n' est pas son activité favorite alors je suis toujours prudente avant de me lancer dans ce type d' achat.

      G.

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    7. C'est une super idée, ces cubes maison !! :-)

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  7. Article très intéressant. Il y a finalement quelque chose de très libre dans le dessin d' observation chez l' enfant, bien plus que je ne l' aurai cru.

    G.

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  8. Des sapins en triangles et des maisons toutes carrées... l'école n'y serait-elle pas pour quelque chose???

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    1. Peut-être, oui. En tout cas, c'est là ! ;-)

      La question qui me préoccupe est moins de savoir d'où ça vient que de comprendre pourquoi l'enfant s'empare d'une telle pratique (comme dit plus haut, c'est qu'il y voit une "utilité") et de l'amener à rebondir/enrichir/dépasser (rayez la mention inutile).

      :-)

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    2. Pour casser ce stereotype tu pourrais faire une seance sur les maisons, avec des photos de differentes maisons. Tu auras beau faire je trouve qu'on n'echappe pas, qd mm, (en simplifiant) au carré surmonté ou non d'un triangle. Meme les villages dongon, qui ont tout du village de schtroumpf. En fait nous nous noyons ds les details mais les enfants resument et trouvent l'essence de la maison : un carre pr habiter et un toit pour faire couler la pluie...

      On peut aussi elargir a la notion plus large d'habitation (incluant chateau, yourte, igloo, maison troglodytique...) et la les formes varient plus. Mais tu risquent de te heurter a "oui mais c'est pas une maison" ;o)
      On n'echappe pas a la force de l'archetype mais ca permet d'installer un halo autour

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  9. La question du dessin est très intéressante. Comme pour tout, il faut un déclic, il faut qu'il vienne de l'enfant. Je me souviens très bien quand j'ai eu le mien concernant le dessin d'observation.

    Les représentations stéréotypées, je n'aime pas trop, ni d'ailleurs les livres qui enseignent comment dessiner tel ou tel chose (étape par étape), je trouve cela réducteur. Toutefois, mes enfants (ou plutôt mon plus grand !) lui aime bien car il se sent compétent. Il réussit... Mais pour moi, ce n'est pas du dessin, de le reprographie si l'on veut. Un dessin (et je dirais même une photographie) est une représentation subjective d'une réalité, c'est personnel.

    Le dessin d'observation, tout comme les mots sur du papier, permettent de poser une réflexion, d'illustrer un ressenti, une intériorité sur ce que l'on voit. La photographie aussi. Une réalité personnelle sur le réel.

    Le dessin libre permet aussi bien entendu de s'exprimer de manière très personnelle, mais pas sur une part de réalité partagée. Quand on dessine tous le même bouquet de fleurs posé devant nous, c'est une réalité partagée mais sa représentation est personnelle. Je me dis que c'est intéressant que plusieurs enfants (ou même adultes) puissent travailler ensemble sur du dessin d'observation pour apprendre à reconnaître leurs différences et pour partager leurs visions du monde.

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    1. Un grand merci pour tes reflexions, profondes et sages comme toujours !

      Merci !

      Je te souhaite une bonne pause, Céline, et j'ai hate de découvrir tes nouveaux projets bloggesques ! :-)

      Bisous chez toi !!

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  10. @quelques...enfance : "pas mal de pesanteurs, en effet. De la part des collègues, bien sûr, mais aussi des élèves : les ados ont des années d'expériences derrière eux et une certaine indolence qui font qu'ils n'aiment rien tant que gratter un bon vieux cours magistral :-). "
    Ne serait-ce pas aussi parce que le sujet ne les interesse pas ? (ils ne l'ont pas choisi, et on ne prend pas/n'a pas forcément le temps de trouver un biais qui éveille leur intérêt). L'apprentissage actif demande des efforts et un investissement qui viennent naturellement quand on est motivé, mais quand on ne l'est pas la stratégie du moindre effort me semble d'une grande sagesse finalement...

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  11. @Anonyme : "pas d'animaux en habits avant 6 ans" : il me semble que c'est parce que avant cet age ils n'ont pas la connaissance de ce qui existe ou pas. Nous on trouve les animaux en habit et les elfes et le Pere Noel tres mignons parce qu'on SAIT que ce sont des creatures imaginaires, et donc on lit le message. Mais si on ne le sait pas, où est la magie, où est le message ? Oui, le lapin a un pantalon, et alors ? En quoi c'est drole ou bizarre, j'en porte bien un moi ?

    Il faut attendre qu'il ait été confronté au réel pour SAVOIR que les lapins ne portent pas de pantalon, et donc si la on lui en a mis un cela a une signification (en general antropomorphique : en fait ce n'est PAS un lapin mais un homme avec des caracteristiques de lapin. Cf les fables de La Fontaine) Car quand on veut vraiment représenter un lapin, meme s'il parle il n'est pas habillé en general.

    Meme chose pour le PNoel : on trouve ca mignon mais en fait si on se met dans la peau de qqn qui ne sais pas que c'est un mythe c'est absolument flippant : ce mec sait tout ce que je fais (si j'ai été sage toussa), il est capable de fabriquer des jouets pour des milliards d'enfants, et de les livrer tous la meme nuit, meme quand ya pas de cheminee (mais comme il fait, bon sang ?), tout en se déplacant sur un bete traineau. En plus TOUS les enfants lui laissent des biscuits et des carottes pour les rennes, à la fin ce doit etre l'overdose... Ou alors il se démultiplie, et c'est encore plus flippant.

    Enfin voila, il me semble que c'est pour ca qu'on essaye de rester dans le reel qui existe au depart

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    1. Oui effectivement vu comme ça ça prend du sens.
      Je me pose maintenant cette question : Un enfant de moins de 6 ans ne pourrait donc pas s'identifier à un personnage qui n' est pas réel?
      Je crois que je n'ai pas fini de me triturer le cerveau. :-)

      G.

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    2. Coucou G. !

      Ne te triture pas trop le cerveau avec cette question-là, elle n'en vaut pas la peine ! :-)

      Remettons l'affirmation de Maria Montessori dans son contexte historique : nous sommes à une époque où la littérature jeunesse est quasi-inexistante. Les rares œuvres se veulent moralistes ; on est à fond dans la construction du "mythe" historique, et on fabrique des héros nationaux : en France on exhume les personnages comme Vércingétorix, Guynemer etc. et on les réinvente, on les met en scène dans des récits édifiants (c'est grosso modo le même topo en Italie). L'Europe est dans un contexte social désatreux, et compte des millions d'orphelins dont des dames de la haute société ont décidé de s'occuper. Il faut les éduquer, c'est une question morale.

      Maria Montessori est une femme de son époque ! ;-)
      Elle préfère G. Bruno à Benjmain Rabier.

      (Je prends volontairement des exemples français, mais c'est grosso modo les mêmes tendances de l'autre côté de la frontière)

      Aujourd'hui, la littérature jeunesse foisonne. C'est la première vente des librairies, c'est le domaine d'édition qui sort le plus d'ouvrages chaque année. Si Maria Montessori vivait aujourd'hui, elle aurait un tout autre regard sur cette littérature, qui a été reconnu comme telle, à part entière, il y a quelques décennies seulement.

      Interdire les animaux habillés avant 6 ans ?

      Mais cela signifie rien de moins boycotter Claude Ponti, Roald Dahl, Rascal, Tomi Ungerer et j'en passe et non des moindres !! :-)

      Et la culture littéraire, dans tout ça ?

      Boycotter sous prétexte que le héros est un animal reviendrait à appliquer un critère de tri stupide, qui mettrait de côté certaines œuvres majeures et conserverait des navets...

      Pour choisir un livre, deux règles simples : 1. Ecoute ton cœur. 2. Observe les réactions de ton enfant et rebondis sur ses intérêts.

      Les animaux, habillés ou pas, laisse tomber ! :-D
      J'ajoute que cela ne gêne pas les enfants qui voient dans ce petit ours humanoïde... un petit garçon !! Bien sûr, ç'en est un. Dessiné bizarrement, mais bon, la littérature nous parle de notre condition bien au delà de ce genre de détails... ;-)

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