lundi 15 décembre 2014

La danse des clochettes


Tous les enseignants polyvalents admettront certainement qu'ils ont un petit point faible... Le mien, c'est l'Education physique - quelle plaie ! J'ai toujours détesté cela, même si je me soigne aujourd'hui pour les besoins du métier. Mais comme on ne peut pas être nul à 100% dans un domaine (non, non, je vous assure !), j'ai quand même un point fort au sein de cette discipline honnie : la danse ! :-)

Non pas que je sois danseuse, arghmf. Non. Hélàs. Mais la danse, ça me parle. C'est une discipline que je relie aisément à d'autres domaines d'apprentissage dans lesquels je suis plus à l'aise : l'écriture, les arts plastiques et la musique...

Donc, pas une année scolaire sans une grosse séquence de danse... au moins. Généralement, les élèves sont ravis, et se débrouillent très bien. Surtout les p'tits gars. Tiens... Pourquoi ? C'est qu'ils sont généralement moins abreuvés que leurs petites camarades aux sources des chorégraphies gesticulations hystériques que la télévision a érigé en références... :-(

Bref, la première chose à faire, avec les élèves, c'est souvent de déconstruire une certaine vision de la danse et de contrer la méthode qui consiste à regarder la copine du coin de l'oeil et à s'appliquer à faire la même chose au même moment - surtout si c'est totalement dénué d'expressivité et de ressenti personnel. Bon, on y arrive. En particulier en leur montrant des vidéos de créations authentiques régionales, nationales ou internationales... et en s'appuyant sur les trouvailles rafraîchantes des petits garçons de la classe...

Danser, ce n'est pas copier des mouvements que l'on ne sent pas. Ce n'est pas faire ce que dit la maitresse en vue du spectacle de fin d'année. Danser, c'est respirer avec tout son corps, c'est se déployer, c'est parler - c'est grandir. Accessoirement, danser permet d'apprendre à se connaitre, en tant que corps unique au monde - si beau ! Les muscles travaillent en harmonie, entre eux, et avec les sentiments - la danse est également un excellent moyen de vaincre timidité, hyperactivité et autres troubles de l'attention...

Tout ça pour dire : Dansons ! Avec nos bambins ! Il n'en ressortira que du bien !! :-)

Voici aujourd'hui une petite séquence facile qui permettra aux enfants, dès deux ans, d'engager leur corps dans son ensemble (pas si facile pour les tout-petits), d'enchaîner les mouvements, d'exercer leur oreille et de s'exprimer autrement. Mieux, même si ce n'est pas fait exprès : elle est tout à fait d'actualité en cette période de fête, vous allez voir ! ;-)


Tout est parti ici de notre sapin de Noël. Dans le sac réservé aux décorations, nous avons retrouvé cinq grelots, que j'avais acheté lorsqu'Antonin était bébé, et qui avaient trouvé leur place, très naturellement l'année dernière, aux branches de notre sapin. Du coup, ces petits instruments (car c'est bien ce qu'ils sont !) avaient été rangés dans la foulée au milieu des guirlandes et boules de verre... J'étais bien contente de les redécouvrir !

Des grelots dans un sapin, c'est vraiment chouette, je vous le conseille. Notre arbre chante dès qu'on l'effleure, et ça fait rétro à souhait. Mais, bon, à la base, ce n'était pas pour qu'elles dorment 11 mois de l'année, que j'avais acheté ces petites cloches !! :-D

Il était temps de les dépoussiérer. Je les ai nouées sur deux rubans rouges - ceux-là même qui servent aussi à les accrocher aux branches... Et voilà le point de départ matériel de ma situation du jour.

En danse comme dans tous les autres domaines, le matériel est capital. Je vous ai déjà parlé de danse... et c'était toujours avec un accessoire (bulles de savon ou ballon de baudruche) qui allait permettre à l'enfant de sortir de la gestuelle quotidienne et de construire un répertoire d'actions motrices original. Aujourd'hui, ce sont mes petits grelots qui engendrent des mouvements différents...

Laissez les enfants manipuler librement les bracelets de grelots. Observez, et si l'intérêt s'étiole, prenez-en un entre vos mains, vous aussi. Secouez, expérimenter, puis attachez-le autour de votre poignet (il faut mieux disposer de petites pinces, souvent vendues avec les grelots, sans quoi cette étape est franchement fastidieuse...), et secouer votre bras, votre main. Expliquez à l'enfant que vous allez lui proposer de danser avec ses grelots attachés au poignet ou à la cheville.


Pensez à régler le volume sonore de la musique de façon à ce que le son produit par les grelots - indicateurs ici du geste effectué - soit audible.

Encouragez l'enfant à bouger librement au rythme de la musique. Dansez vous-même, amplement : levez les bras et baissez-les selon plusieurs intentions, secouez-les, frappez vos mains l'une contre l'autre, tournez sur vous-même avec votre bras tendu... Enfin, vous trouverez bien ! ;-)

N'hésitez  pas à variez le genre de musique proposé (concoctez une petite play-list en amont !) et la gestuelle induite : sautez, marchez, rouler...

Attention : il ne s'agit pas d'inciter l'enfant à vous imiter ! Mais franchement, on danse toujours mieux à plusieurs... alors, faites-vous plaisir ! En musique comme en arts plastiques, rien n'empêche l'adulte d'oeuvrer en parallèle de l'enfant, mais cela ne doit jamais être sur le mode de la hiérarchie ("Ce que je fais est LE BIEN, fais comme moi !"), mais de la coopération (au mieux du mieux) ou de la cumulation (au pire du mieux). :-)

L'enfant piochera peut-être dans votre répertoire moteur (ce n'est pas si simple pour lui !), mais vous piocherez aussi certainement dans le sien !

video

(Ici, les enfants portent les grelots aux chevilles, et oui, cela induit une course folle !)

N.B.1 Certains enfants n'aiment pas porter les grelots en bracelet. On peut leur proposer de saisir le ruban et de le secouer en dansant, ça marche aussi très bien ! On peut aussi l'accrocher aux vêtements, sur l'épaule, le genou, etc.

N.B.2 Il est toujours bon de greffer une ou deux petites lectures sur une séance pour l'introduire...
Voici mes coups de coeur en matière d'albums (sélection spéciale "tout-petits" !) qui incitent à la production de sons :

- Mon pop-up des bruits, Éric Singelin, Emeri Ayashi, Nathan, coll. "Petit Nathan", 2014. Dès 6 mois.
- Il fait comment, le caméléon ?, Jean Maubille, L'école des Loisirs, coll. "Pastel", 2013. Dès 12 mois.
- Les sons de Balthazar, Marie-Hélène Place, Emma Kelly, Caroline Fontaine Riquier, Hatier, coll. "Aide-moi à faire seul", 1997. Dès 30 mois.

Dansez bien ! ;-)

4 commentaires:

  1. Ah!! La même re-découverte dans nos cartons de Noël...
    ...et dire que je me demandais ce qu'on allait pouvoir en faire d'original cette année...
    Tout simplement leur redonner leur rôle premier: SONNER !!!

    Merci Zaza!! On va les ressortir pour de bon!!! :-D

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  2. Ah les clochettes dans la cheville, super amusant :-D j'aime bien.
    Merci infiniment pour tout tes partages, je te suis fréquemment :-)
    Au plaisir

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  3. Cet article me parle! Car mon p'tit gars de bientot 3 ans n'est jamais rassasié de danse et demande quotidiennement a danser ensemble avec les foulards de jonglage. Les clochettes sont une bonne idée, je vais les rajouter a son panier d'accessoires!

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  4. Hihi, ici aussi il y avait des grelots dans le carton des déco de Noël... Je sens que la danse avec les grelots plaira beaucoup à Francis. En plus, comme son papa est indien, on va pouvoir faire une petite initiation à la danse kathak qui se danse avec de nombreux grelots aux chevilles :-)

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