vendredi 7 février 2014

"Monter" une activité pour son bambin

Oui, "monter" une activité, c'est souvent comme cela que je dis par devers moi. Un peu comme on monterait une mayonnaise. On choisit les ingrédients soigneusement, et le reste n'est qu'affaire de coup de main et de pratique. 

Mais mon propos du jour est surtout de vous démontrer que proposer une activité à son bébé est simple, rapide, et bien plus facile que de faire ces fichues sauces "à monter" - que pour ma part, je rate toujours lamentablement. Je reçois beaucoup d'échos de lectrices du genre : "Oh, mais comment fais-tu pour proposer tant d'activités à tes enfants dans une journée ?", ou "Bouh, quand moi j'essaie, ça ne marche pas, je dois être nulle", ou "Je n'ai pas le matériel nécessaire sous la main, alors je ne fais pas...". Des Mamans m'ont même laissé entendre que certains de mes articles alimentaient ces pensées négatives, ce qui me navre fort. En y réfléchissant, je me dis qu'une petite "mise au clair" de ce qu'est une activité (et de ce que sont mes attentes), de comment je la prépare, la propose, pourrait peut-être décomplexer certaines d'entre vous ?

Alors, c'est parti. Activités pour mon bébé, mode d'emploi ! ;-)

(N. B. Je parle ici des activités destinées aux tout-petits, plutôt orientées "Vie pratique" ou Arts plastiques... Ce qui suit ne s'applique pas à l'usage d'un matériel spécifique tel que le matériel sensoriel.)

1. Se lancer (1 seconde et demi)

Vous vous en apercevrez très vite avec l'expérience - si ce n'est déjà fait : avoir une idée, rassembler le nécessaire, le proposer à l'enfant, laisser le tout-petit expériementer et tout ranger ensuite, ne vous prendra généralement que... 15 minutes de votre temps. Grand maxi. Bon, il est vrai qu'il y a des activités qui demandent plus de préparation et de rangement que d'autres. Mais je vous assure que ce ne sont souvent pas celles-la qui plaisent le plus.

Nous sommes en milieu de matinée, je range la cuisine et Louiselle dessine très sagement dans la pièce à côté. Le calme qui règne m'interpelle : "Qu'elle est sage, cette enfant, là tout de suite ! Je pourrais préparer une activité qu'elle ne s'en apercevrait même pas...". Alors, il faut y aller. Il faut apprendre à "attraper" ces petits instants. Si on les laisse passer en se disant : "Non, j'ai commencé la vaisselle, je dois aller au bout, il sera temps après.", il y a fort à parier que l'activité ne verra pas le jour. Laissez en plan votre vaisselle, elle ne va pas se sauver. Elle sera toujours là après que vous ayez passé quelques minutes avec votre enfant.

2. Faire des choix (5 minutes)

Quand j'étais apprenti-prof à l'IUFM, nous avions une formatrice qui nous martelait sans cesse : "Enseigner, c'est faire des choix ! Enseigner, c'est faire des choix !". Nous en riions, mais avec le recul, je crois que c'est la seule chose véritablement utile qui m'ait été enseignée au cours de cette année-là...

Donc, vous avez remisé votre torchon à vaisselle, et vous voilà avec l'intention de profiter de ce moment de calme pour faire quelque chose avec votre enfant. Mais quoi ? Et bien, choisissez. Là tout de suite. En fonction de ce que vous avez sous la main, en fonction des intérêts présents de votre bébé, en fonction de l'humeur du jour. Pas besoin d'avoir un CAPES de Sciences de l'éducation pour improviser un atelier peinture, une séance de jardinage ou de cuisine, ou de lancer un méga-projet de construction Lego ou de cabanes. Vous devez avoir confiance en vous quant à votre capacité à choisir des activités pour votre enfant ! ;-)

Hier, chez nous, j'ai choisi de "monter" une activité "collage". Parce cela faisait plusieurs jours que Louiselle s'exerçait - avec mon aide - à découper des bandes de papier et que je m'étais dit que ce serait bien de les coller, au bout d'un moment.. Alors, voilà. Ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais franchement : tout le monde s'en fiche ! ;-)


3. Accepter l'imperfection (1/2 seconde)

Ah, oui, mais voilà : je n'aime pas du tout cette colle blanche qu'on applique au pinceau comme s'il s'agissait de peinture... En plus, l'enfant ne la voit pas sur le papier (pensez-vous que j'ai pensé à proposer un papier de couleur ??, Et bien, non, pas du tout...), ce qui n'est pas pratique pour placer les éléments à coller dessus...

J'ai vu dans une boutique un type de colle qui pourrait mieux convenir aux objectifs que je poursuis avec les jeunes enfants, mais voilà : je ne l'ai pas achetée - pas encore -, et puis d'ailleurs, ça n'ira peut-être pas du tout, allez savoir...

Est-ce une raison pour ne pas proposer de collage ? Faut-il attendre d'avoir déniché, acheté et testé le matériel le plus adapté ? Non, bien sûr ! Il faut faire avec ce qu'on a, et puis voilà. Une activité imparfaite et réelle a un énorme avantage sur une activité idéale rêvée : elle existe ! Et votre bambin va faire quelque chose, dont il tirera un enseignement, c'est certain.

Donc voilà mon matériel hautement imparfait disposé sur mon plateau hautement imparfait... - il s'agit d'un plateau de ma cuisine (je manque de plateaux !) et il est évident qu'il est bien trop lourd et large pour être portée par Louiselle elle-même... Oui, mais  mon plateau, il est là, devant moi, là où il n'y avait rien deux minutes plus tôt. Et je suis fière. Si. :-)

4. Savoir entrer dans l'activité (5 minutes)


Attention, voilà peut-être le point le plus délicat. Car à présent que j'ai réussi à combiner un beau plateau en quelques minutes en parfaite tranquillité et toute discrétion (Louiselle n'a pas seulement levé le nez de son carnet à dessin), j'ai bien envie de le brandir en clamant : "Oh, regarde comme c'est beau, ce que j'ai fait !! Alors, maintenant, tu lâches tes feutres et on va faire un collage, OK ?". Non, pas OK. Je n'ai pas besoin de développer, n'est-ce pas ? ;-)

Je ronge donc mon frein, et dépose le plateau bien en évidence, sur des étagères à hauteur d'enfant. Je m'agenouille sur le tapis à côté de la Damoiselle qui continue de griffonner dans la plus grande concentration. Je vous avoue qu'à cet instant j'ai bien une pensée pour ma vaisselle en sommeil qui ne se fait pas toute seule... Mais quoi : Louiselle a vingt mois. Elle ne va pas dessiner indéfiniment, c'est certain.

Et ça ne manque pas. Au bout de quelques instants, la Damoiselle commence à agir plus fébrilement, elle essaie de dessiner sur la table en me regardant du coin de l'oeil (car c'est interdit...), quelques feutres tombent par terre... Bref, je vois bien que l'activité touche à sa fin. Hélas, Louiselle n'a pas du tout remarqué le plateau mis à sa disposition. C'est dommage, mais à plateau imparfait, entrée en matière imparfaite : "Louiselle, peut-être qu'on pourrait ranger ? Et après je te montrerai quelque chose ?" - "Oui." (L'expression "te montrer quelque chose" a un effet magique sur mes enfants). 

Et puis, je désigne mon plateau à la Damoiselle...
 
... qui le voit, l'observe et, très vite, le touche...



5. Accepter toutes les procédures (5 minutes)

Forcément, en préparant l'activité, nous avons imaginé nos enfants en action. Et comme nous manquons généralement d'imagination, nous les adultes, nous avons imaginé que nos enfants allaient faire... et bien, comme nous aurions fait, nous. 

Et puis, pas du tout.

Ne vous dites pas : "Mais ça ne va pas du tout ! Mon enfant ne fait pas ce qu'il faut faire, j'ai dû mal m'y prendre...", car "ce qu'il faut faire" n'a aucun sens. Ou plutôt, c'est exactement ce que votre enfant est en train de faire qui représente le mode d'emploi le plus parfait. À vous de trouver pourquoi ! ;-)

Deux restrictions cependant : veillez à ce que votre bébé ne se mette pas en danger - bien sûr - et qu'il ne détériore pas le matériel. Dans le premier cas, il faudra stopper l'activité, en expliquant pourquoi et en essayant de penser à comment l'aménager la prochaine fois pour sauvegarder la sûreté de l'enfant. Dans le deuxième cas, vous pouvez essayer d'échanger l'outil que détourne votre enfant contre un autre plus adapté : "Je vois que tu aimes creuser des tunnels dans l'argile avec ce petit pinceau de soie, mais voilà : la soie n'aime pas cela. Les poils restent collés, tu vois ? Tiens, je te donne ce manche de porte-plume, regarde comme il fait de beaux tunnels quand tu le plantes fort...".

Généralement,  ça fonctionne... Mais s'il y a quelques grincement de dents, tant pis. Les limites et les interdits font partie de la vie... et des activités aussi, c'est ainsi.

Dans le cas du collage, un enfant peut décider de se désintéresser totalement du pinceau et des morceaux de papier (non mais, qu'est-ce que c'est que ces coquetteries ?) et plonger les mains dans la colle, frotter ses doigts entre eux et contre le papier, etc. C'est une excellente méthode, par laquelle le tout-petit découvre les vertus de la colle (... qui colle !, ouah !), et tout est parfait. Les autres étapes seront découvertes en leur temps, rien ne presse.


Chez nous, Louiselle m'a très vite fait comprendre que j'avais oublié un matériel important : le carré de papier essuie-tout pour frotter les petits doigts gluants, bien sûr !! Ah, voilà ce qu'on risque en préparant des plateaux en quelques minutes : des oublis majeurs... auxquels on remédie très vite, bien heureusement. Sinon, j'aurais bien aimé qu'elle passe plus de temps à prendre les morceaux de papier un à un et à les appliquer sur la colle, parce que cela développe la musculature des doigts... Mais, sans doute lassée de ne pas voir cette fichue colle, elle a fini par attraper les papiers par poignées et a les lâcher sur la feuille. Au bout d'un moment, je lui ai montré comment secouer la feuille au dessus du bol pour que les papiers non-collés y retombent (le même geste qu'ICI, pour ceux qui ont une bonne mémoire), et finalement cette technique lui a aussi beaucoup appris, tant sur les propriétés de la colle que de la précision du geste.

6. Ne pas se focaliser sur le résultat (1/2 seconde)


Bon, ici le travail de Louiselle est un mauvais exemple, car grâce à sa super technique de "J'y vais par poignées", le résultat est assez homogène. Gageons que même l'enseignante de son grand frère n'aurait rien trouvé à y redire, et n'aurait pas délégué l'ATSEM pour refaire le travail derrière elle. :-)

Mais nous aurions pu tout aussi bien obtenir trois morceaux de papier disparates et mal collés, voire pas de collage du tout, si le bébé décide de ne pas plaquer de morceaux de papier sur la feuille - ou de ne pas étaler la colle sur la feuille... Vraiment, peu importe : pour l'enfant, seul compte le processus. C'est à travers le processus qu'il apprend, et c'est la raison pour laquelle il se désintéresse totalement du résultat fini...

Mais bien sûr, rien ne vous empêche de vous extasier et de l'afficher ! (ou de le jeter, ou de l'offrir à Mamie...). Votre bambin ne verra certainement aucun inconvénient à ce que vous disposiez de l'oeuvre comme bon vous semble : pour lui, elle est comme morte. Ce qui importait est fini, et même si le temps d'activité vous a semble très court, n'en doutez pas : votre bébé a beaucoup appris sur la matière... et sur lui-même !

28 commentaires:

  1. merci pour l'article ;)

    Ici en ce moment ;)

    Peinture
    Dessiner
    Découpage
    Pate a modeler
    Mosaïque avec les attrimaths
    Land art

    Plein d'idée donc pas de soucis pour ce lancer pour moi ;)

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    1. Ouah, ça a l'air chouette, chez toi, dis-donc ! :-D

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  2. merci, c'est très bien expliqué ! bravo pour vos articles
    Mag

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  3. Très bon article!
    Je vais proposer une activité collage à Petit bonheur tiens!
    En + j'ai du carton, ça devrait faire l'affaire pour voir la colle.
    Ca nous changera de la pâte à modeler et du dessin

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  4. Tu as raison de nous rappeler que c'est le processus qui est important et non la finalité !! Merci !

    Pour rebondir sur les mamans qui en se comparant peuvent alimenter quelques pensées négatives (et ce n'était pas du tout le but de te culpabiliser, loin de là), il faut dire pour leur défense que tu as fait le choix de ta famille, le choix d'avoir moins de revenus, le choix d'avoir du temps et ce n'est pas un choix facile... Alors bravo !! Et effectivement, à nous de prendre du recul par rapport à ce que tu nous présentes (on ne peut pas tout faire et tant mieux !!), à nous d'être inventives également !

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    1. Ah ben oui, Céline, c'est la première chose à rappeler : je ne travaille pas !!

      D'ailleurs une des phrases-clefs de cet article est "Nous sommes en milieu de matinée..."
      Et Antonin était à l'école !

      Assez royal, je dois dire, comme situation, bien des Mamans ne connaissent jamais cela !

      Non, on ne peut pas "tout" faire. Moi non plus. Encore une fois, il faut faire des choix (SES choix, rien ne sert de vouloir tout copier comme sur son blog favori), en fonction du rythme de chacun et des emplois du temps...

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  5. Merci pour cet article très bien écrit ! C'est vrai que parfois on (pour ne pas dire je...) a tendance à penser que c'est compliqué, qu'on n'a pas ce qu'il faut, qu'on ne sait pas comment s'y prendre, que ça ne va pas marcher, qu'on n'a pas le temps...bref, autant de mauvaises raisons qui font qu'on peut passer à côté de jolis moments comme celui-ci !
    Mais je me soigne, et j'y arrive de mieux en mieux, en partie grâce à toi ;-) !

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  6. Bonjour Elsa!
    Merci pour cet article qui me met du baume au coeur...!
    Des soucis personnels m'ont tenus éloignés de la "pédagogie" pdt de longues semaines et je commence tout juste à m'y replonger dedans... cet article tombe à point nommé pour moi... et me remet sur de bons rails...
    Je vais continuer à rattraper mon retard...

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    1. Hihi, Stéphanie, je pensais à toi dernièrement, justement ! ;-)

      Contente de te relire, et bon courage pour tout !

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  7. Je crois que ce que j'ai surtout appris, c'est à ne pas jeter ce qui peut paraitre insignifiant, pour justement créer une activité en trois fois rien ou/et à acheter en prévision de quelque chose qui pourrait se faire...du style, je vois un bac sensoriel avec du gros sel (autre article) et j'en achète pour "au cas où' l'occasion se présente. Mes placards n'étaient pas forcément adaptés à des activités spontanées au départ...et cela a bien changé..grâce à tes articles :-)
    J'ai toujours différentes sortes de pâtes en stock, des pois chiches, quelques mini bols, des feuilles de toutes les couleurs, du carton de récup, des verres de récup de yaourts et que sais-je. Et finalement, cela me sert beaucoup (même si le papa a fait des bonds au départ de ce stockage imprévu qui prend un peu de place, finalement, il a compris l'intérêt). Faut juste s'y mettre avec un peu d'imagination ;-)

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    1. Oui, effectivement, lc, il y a deux ingrédients majeurs pour une activité réussie :

      - Du temps. Pas beaucoup, mais de qualité.

      - Du matériel. Rien que de très quotidien, souvent, mais encore faut-il avoir anticipé... Comme toi, j'apprends à repérer ce qui me sera vraiment utile un jour de ce que je peux jeter, ce que je dois acheter et renouveler (le colorant alimentaire !) de façon à en avoir toujours dans mes placards...

      C'est agréable d'évoluer dans ce domaine, on se sent un tantinet "artiste" ! :-D

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  8. Je ne commente pas régulièrement mais je lis chacun de tes articles. Et je dois avouer que je me retrouve dans les commentaires de certaines personnes qui ont des sentiments négatifs en te lisant. Je me dis souvent, mais ses enfants sont tellement réceptifs, le mien est tellement peu attentif. Peut être que je devrais mieux chopper le moment pour faire des propositions. En tout cas ton article est très intéressant comme toujours et je ne me lasse jamais de te lire. Bien souvent je fouille dans les archives pour retrouver une phrase, une info dans un billet.

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    1. Merci Lya !

      Je ne crois pas aux enfants qui ne sont pas attentifs ! :-D

      Sérieux, ça n'existe pas, même quand on constate ce qu'on appelle des "troubles de l'attention" très graves, ce qui, j'en suis sûre, n'est pas le cas chez toi ! :-)

      Peut-être ton fils n'est-il pas réceptif à ce que TU voudrais. Peut-être tourne-t-il la tête dans tous les sens pendant que tu lui montres quelque chose, alors tu te dis qu'il "zappe"... Mais non. Contrairement à nous, l'enfant peut "absorber" très efficacement tout en ayant l'air complètement absent.

      Quel aĝe a ton enfant ?

      Il ne faut pas se décrourager, je suis sûre qu'un jour il te prouvera qu'il a profité des activités que tu lui proposes !

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  9. Je ne sais pas quelle est la marque de ta colle liquide blanche mais pourquoi ne mets-tu pas une goutte de colorant alimentaire Vahiné dedans? Juste une idée ;-) Bisous. MH de Moule Fritie.

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    1. Oh, bonne idée ! ;-)

      Je tente, et je te tiens au courant.

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  10. Merci beaucoup pour cet article qui fut un bel élan pour moi ces derniers jours !
    Emilie

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    1. Ah, tant mieux, Emilie, ça me fait plaisir ! ;-)

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  11. Ce weekend, au nid, nous avons testé un nouveau plateau "tailler le crayon" et finalement Mlle L.,s'est plus intéréssée au processus secondaire "nettoyer avec le pinceau le taille crayon" ;) (j'ai égelement mis sur mon blog des photos de ma recette "linéaire" dont je te parlais ...bonne journée

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    1. Oui, j'avais vu ta recette linéaire, Maman chouette ! Très... chouette ! :-D

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  12. Très intéressant et très inspirant, comme toujours.
    Depuis que petit T. c'est enfin décidé à adopter la position assise seul (à presque 11 mois il était temps), je mets bien plus souvent en place des activités spontanées.
    Et le résultat est souvent loin de ce que j'avais imaginé, que ce soit dans le choix des matériaux, ou dans l'usage qu'il en fait. :-)

    G.

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    1. 11 mois déjà ? Pff, que ça passe vite... surtout quand ce sont les nefants des autres !!

      Bonnes activités, ça n'est que le début, tu vas t'éclater ! :-)

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  13. Bonjour Elsa,

    je reviens vers toi à travers cet article car je fais partie des mamans qui ont témoigné de ce que tu appelles des « pensées négatives » et je sens bien que ça te pose un sérieux problème. Je pense qu'il ne faut pas le voir ainsi, ou en tous cas pas comme une finalité. Pour ma part, ce fut la partie d'un processus très positif dans son ensemble. Je m'en réfère à ton article sur le « deuil de l'école Montessori » (qui par ailleurs m'a beaucoup touché et aidé), tu es passée par une phase de constat négatif, puis de réflexion, puis d'acceptation, puis d'adaptation et te voilà repartie de l'avant. Ce fut ainsi pour moi. Il y a 2 mois je découvre ton blog : porte ouverte sur des possibles extraordinaires et je découvre la merveilleuse petite Louiselle (4 mois d'écart avec ma puce donc c'est elle qui a d'abord retenue mon attention) qui fait des choses extraordinaires. Et là je regarde ma maison, ma vie, mon retard, ma fille : tout ce potentiel qui dort et que je ne dévoile pas, et je bosse à temps plein alors j'ai peu de temps pour tout améliorer, j'ai peu de moments propices avec ma fille, et je ronge mon frein, les ateliers sont des échecs (crois-je) systématiques et pendant ce temps tu écris des articles sur les merveilles que tu produis avec tes enfants. Au début c'est vrai, je me focalisais sur ce que je ne pouvais ou n'arrivais pas (à ) faire. Mais tout au long, ton blog m'a boosté ! Petit à petit l'aire de jeux s'est transformée, l'organisation de la maison s'est améliorée, ma façon de proposer des activités aussi, je me suis équipée (de récup en occasion), j'ai appris de mes échecs, j'ai appris que ce n'était pas toujours des échecs, j'ai appris de ma fille, j'ai appris sur moi-même. Je progresse, je me dis que je vais vers du mieux à chaque fois. (Et puis aussi, entre temps j'ai lu un article dans lequel tu relates une journée lambda et là, ô surprise : en fait c'est une journée « normale » ! ^_^).
    Je dois énormément à ce blog, à ton blog. Sans ce soutien indirect, la pédagogie montessorienne serait sûrement restée pour moi un processus superbe à base de matériel cher et compliqué impossible à refaire à la maison si ce n'est pour une famille riche et une mère super disponible. Tu me l'as rendu vivante et abordable. Alors il n'y a pas de pensées négatives au final. Juste un passage obligé, une petite colline à franchir comme ça arrive souvent, et derrière, que de beauté. Merci, merci, merci.

    Et merci pour cet article en particulier qui est super intéressant et précisément, très réconfortant. ^_^

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    1. Rhôô, hmolie, un grand merci d'avoir le temps d'écrire ce commentaire, il me réconforte très fort à mon tour !! ;-)

      Très bonne continuation pour gravir ta colline !!
      Je gravis la mienne aussi, et moi aussi je progresse et j'essaie de faire mieux à chaque fois. C'est exactement ça ! :-D

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  14. Je fais partie de ces mamans que tu cites. Je retiens des commentaires précédents que ce n'est pas spécialement négatif. Et je suis d'accord.
    Bien que malgré moi, je compare ma puce à la tienne, parfois je suis étonnée de ce qu'elle a pu faire dans la journée. Ton blog regorge de ressources et alimente l'imagination. J'en apprends beaucoup à chaque fois !
    Merci pour ces article, qui aide !

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    1. Oui, alors Kiwii, je crois que Louiselle n'est pas "comparable"... Et surtout pas son frère au même âge (ni à son frère maintenant d'ailleurs...)... Si je commence à comparer, je vois bien que ça n'a aucun sens. Mais il faut dire : j'ai les deux loustics sous les yeux. Ça aide, et je pense qu'à travers un blog, on en arrive à idéaliser les personnes - les adultes mais aussi les enfants ! :-D

      Louiselle n'est pas "merveilleuse " (enfin, pour moi, elle l'est, mais c'est ma fille !), c'est juste une petite bonne femme qui grandit dans une espèce d'urgence... Ce n'est ni bien ni mal, en soi. Mais ça impose un rythme effréné, oulala ! :-D

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  15. Bonjour !

    Depuis des mois, ma petite "fait du Montessori" :P en manipulant à peu près les mêmes choses que moi : elle joue avec le linge quand j'étends (d'ailleurs, elle participe fortement à son habillage, à 15 mois à peine, je doute fort que cela soit une coïncidence), goûte, déchire ou empile les épluchures quand je cuisine, ou s'amuse avec le fouet, fait des bricolages avec du tissu quand je couds...
    Mais depuis le temps que ça dure, je sens son intérêt s'émousser. Je voudrais lui proposer de nouvelles choses, mais je ne sais pas comment m'y prendre. En général, c'est elle qui me suit -partout- et choisit ce qu'elle va faire à mes cotés. De cette façon, elle joue seule, à proximité de moi, mais selon ses propres envies. Du coup, je n'ose pas trop l'interrompre pour ne pas l'influencer à entreprendre un truc pour lequel elle n'est pas prête... D'un autre coté, si je ne lui propose rien de neuf, comment pourrait-elle trouver une nouvelle activité passionnante ? Pour finir, si je tente de coudre pendant qu'elle manipule, disons, de la peinture, est-ce-qu'elle ne va pas immédiatement vouloir m'imiter, et lâcher l'activité préparée pour elle ? Si oui, comment lui donner envie de découvrir l'activité en question ?
    La question est d'autant plus ardue qu'elle est à la crèche en semaine. Elle a donc le plus souvent affaire à des jouets en plastique, et d'autres enfants. J'aimerais qu'elle profite des week-ends pour découvrir d'autres jeux, d'autres matières, dans le calme, à sa façon... Mais je ne veux pas la sur-stimuler non plus.
    Bref, je m'égare. Quel est à votre avis le moment propice pour proposer une activité ? Et si le bambin n'a pas l'air emballé, peut-on la faire à coté/avec lui, ou Est-ce-qu'il vaut mieux laisser tomber et recommencer plus tard ? Merci !

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    1. Bonjour Apostille !

      Le bon moment pour une activité ? C'est le vôtre ! ;-)
      Quand vous le "sentez" !

      Pour moi, je suis tout à fait d'avis de faire AVEC l'enfant (ou à côté de lui, en parrallèle, selon l'activité), surtout s'il est petit. Ce n'est peut-être pas très "puriste", mais avec mes enfants, ça marche bien pour les intéresser à quelque chose.

      En tous cas, il n'est pas encore possible pour moi de faire MES trucs (tricoter, lire, dessiner...) à côté d'eux pendant qu'ils travaillent...

      Et si vraiment l'intérêt ne prend pas, oui, on repropose plus tard (ou pas : très vite, on voit bien le type d'activité qui plait à cet enfant-là).

      J'espère avoir répondu à votre question ?

      Bonne fin de week-end ! :-)

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