vendredi 27 septembre 2013

Le jeu de la souris


Allez on continue notre "Programme de Petite section qui n'en est pas un" ! ;-)

Un certain nombre de compétences attendues en première année de maternelle concernent le repérage dans l'espace : savoir se repérer dans la classe et ses différents espaces de travail, savoir nommer les objets scolaires et dire où ils se trouvent ; se situer soi-même par rapport à des objets, aussi bien à travers son corps (exécuter des parcours et jeux de piste, par exemple) que par des mots (devant/derrière/dessous et compagnie) ; se situer par rapport à des objets, et situer des objets entre eux (par manipulation, puis à travers l'observation de photos).

On le voit, il s'agit d'un ensemble de compétences charnières entre l'acquisition du langage, celle des premières notions mathématiques, l'EPS, la géographie... Le genre d'aquisitions absolument capitales qui se fera à l'école et avec lesquelles j'ai décidé de ne pas (trop...) interférer.

Sauf qu'il y a quelques jours, un petit jeu a vu le jour chez nous. Tout à fait spontanément, ce qui prouve bien qu'il correspond à 100% aux intérêts de mon Damoiseau en ce moment.

Alors que je cherchais à canaliser Antonin au cours d'une de ces séances de toilette interminables pendant lesquelles je sens l'excitation monter avant la sieste, prise d'une inspiration subite, je me suis mise à chuchoter : "Oh ! Une petite souris, une petite souris, une petite souris... entre dans la salle de bain !"

(Le tout en mimant les moustaches avec les doigts de part et d'autre du visage, vous voyez le tableau).

Intérêt soudain du Damoiseau qui en une nanoseconde devient l'enfant le plus attentif de la Terre (Comment font-ils pour changer d'humeur aussi vite ?).

"La petite souris entre dans la salle de bain... Elle se cache !! Mais où se cacher ? La petite souris, elle se cache, elle se cache... dans le lavabo !"

Grosse rigolade. Bon oui, l'humour, à 33 mois, c'est quelque chose de très relatif. Le ton et l'ambiance y sont pour beaucoup. Et je suspecte les tout-petits d'être très réceptif au comique de l'absurde...

Mais poursuivons :

"La petite souris, elle se cache... sous la pile de serviettes ! (Rires)
La petite souris, vite, vite, elle se cache... dans le flacon de savon ! (Rires)"

Très vite, c'est Antonin qui se met à terminer mes phrases en prenant appui sur ce qu'il voit autour de lui :

"... elle se cache... dans la baignoire ! ... sous le tapis ! ... dans les toilettes !" (Cette dernière répartie est particulièrement savoureuse, oui, il n'était pas peu fier de l'avoir trouvé)

Bien sûr, ce petit jeu est à reprendre dans chacune des pièces de la maison, et souvent. Bon ici, c'est simple, je n'ai plus à m'en soucier, c'est Antonin qui me réclame "La petite souris !". Et petit à petit, le jeu peut se faire alors que l'on n'est pas dans la pièce dont on parle : nous sommes dans le salon, et la petite souris, elle, se cache dans la chambre. Mais où se cache-t-elle ?

Ce petit jeu tout bête permet :

- De bien s'amuser.
- De manipuler le lexique courant des objets la maison.
- D'utiliser les prépositions ("sous" la table, "derrière" le four, "dans" la cafetière...).
- De catégoriser et de se repérer dans l'espace familier (la machine à laver n'est pas dans le salon).
- D'exercicer sa mémoire dans le cas où la petite souris se cache dans une autre pièce que celle dans laquelle on se trouve.

Et surtout : il n'est pas praticable comme tel à l'école, puisqu'il s'appuie sur l'espace domestique particulier à chaque famille.

CQFD ! ;-)

Bon week-end à tous, n'oubliez pas de vous amuser ! :-D

jeudi 26 septembre 2013

Quels "jouets Montessori" pour mon bébé ?

Dédié à Alexandra V. et à sa fille de 6 mois.

J'ai reçu il y a plusieurs semaines le mail d'une lectrice qui cherchait des conseils concernant les jouets à proposer à son bébé... Le moment était donc venu pour moi de travailler au complèment de cet article-là ! ;-)

Voici ma sélection de jouets spéciale 0 - 18 mois :

- Des objets et des images contrastés.


- Des mobiles.


- Des peluches et des objets doux.

- Des hochets en bois et en tissu.


- Une boite à musique.


- Un grand panier de balles, de toutes les tailles, aux matières et aux couleurs variées.


- De jolies quilles en bois.


- Des cubes.


- Des jeux pour transvaser dans le bain (flacons, entonnoirs, passoires...).


- De petits instruments de musique simples, en bois.


- Des jeux à tirer et à pousser.


- Une toupie.


- Une tirelire et une boite à formes.


- Des anneaux à enfiler sur tige.


- Des livres cartonnés.


Amusez-vous bien ! ;-)

mercredi 25 septembre 2013

Transport d'objets


Je me souviens très bien de la manière dont Antonin a appris à marcher : il s'est entrainé sans relâche, des semaines durant, à transporter ses bouteilles d'eau colorée d'un endroit à un autre du salon. Sa bouteille coincée sous le bras, il prenait appui de sa main restée libre contre les meubles du salon. Peu à peu, les appuis devinrent plus légers. À vrai dire, au bout d'un moment, ils n'étaient plus là que pour la forme, et les adultes (toujours pressés) disaient : "Mais enfin, il pourrait lâcher, il sait marcher, à présent..."

Pour Louiselle, tout se passe très différemment. Mais on peut noter tout de même un engouement commun avec son frère au même âge : la passion pour le transport d'objets. Pas de bouteilles, non. Plutôt des choses bien encombrantes et un peu lourdes. D'ailleurs Louiselle, qui ne marche pas encore "couramment", se lance plus volontier si elle a quelque chose à porter. Une amie à moi faisait remarquer cet été qu'elle devait avoir l'impression que l'objet la soutenait, et se sentait plus en confiance ainsi, alors qu'il est bien évident pour nous, observateurs, qu'il s'agit d'une charge qui n'aide pas à l'aisance motrice...

Mais, en sommes nous bien sûrs ?
C'est vrai, ça : si des bébés, aussi mal assurés sur leurs guiboles, s'échinent à porter des objets aussi gros qu'eux, c'est qu'il doit bien y avoir une (des) raison(s), non ?


En observant ma fille, je me suis aperçue que :

- Trimballer un objet, c'est TRÈS amusant quand on a 16 mois. Ne cherchez pas, c'est ainsi. Surtout s'il y a une difficulté inhérente à l'activité, par exemple : déplacer un panier très lourd emplis de cubes qu'il ne faut pas renverser ! ;-)

- À cet âge, le travail sur l'apparition/disparition d'un objet se poursuit. L'enfant connait ce phénomène et éprouve le besoin d'en être un acteur de moins en moins passif. Entre lâcher son hochet de sa chaise haute et regarder où il est tombé, et décider de transporter ce même hochet à tel endroit de la pièce (puis à tel autre, puis à tel autre...), il y a un palier de franchi dans la compréhension du lien de cause à effets. Pour mémoire, au sens étymologique "compréhension" signifie "faire le tour"... avec ses bras  ???!!

- À travers le transport d'objets, c'est la conscience de son propre corps, de l'équilibre des gestes, de la capacité musculaire, qui se construit. Après une rapide recherche (et une conversation très animée avec des amis biologistes), j'ai découvert que tout au long de ce travail, le système nerveux transmet des messages au jeune cerveau, lequel apprend par ce biais à situer le corps dans l'espace. Vertigineux, hein ? Quand on dit que l'homme est un "être d'outils", cela ne concerne pas que la main engagée dans la motricité fine. Pour savoir où on est (et qui on est...), on empoigne le monde... grâce aux mains, oui, mais avec tout son corps aussi. Observez votre bébé se mouvoir quelques instants, et vous verrez ce que je veux dire !

- Trainer, pousser, porter... Ce sont des actions calmantes. Nous, cela nous fait du bien d'aller expulser le stress d'une journée au cours d'une séance de natation ou de jogging. Transporter, c'est du sport. Ça défoule. Ça fatigue (une bonne fatigue, oui...). Ça stimule les endocrines. Mais aussi et surtout, en lien avec le point précédent : le systéme sensoriel est "nourri" de cette répétition qui construit, peu à peu, une carte de navigation dans le monde. Ce genre d'activité délivre le message : "Tu es ici. C'est ici que tu finis et que le monde commence."

Parents, vous voyez ce qui vous reste à faire... ;-)

Parsemez votre appartement de paniers (si possible munis de poignées, comme les grosses panières pour le linge, si agréable à tirer sur le sol) emplis de livres ou de cubes, de quoi que ce soit qui demande un peu d'effort. Offrez à votre enfant son premier sac, et montrez-lui comment le remplir de ses jouets préférés. Confiez à votre bambin votre sac d'épicerie lorsque vous rentrez de courses... En bref, dès que vous voulez déplacer quelque chose, demandez à votre enfant de le faire pour vous. Au jardin, en particulier, les occasions regorgent de déplacer des objets... et à défaut, inventez ! "Oh ! Il faut ramasser ces cailloux, les mettre dans ce seau et les porter autour de l'arbre ! Cet arbre A BESOIN de cailloux !!" (Si, si.).

Et émerveillez-vous de l'empressement qu'il met à vous aider... pour nourir son propre développement, bien sûr ! ;-)

mardi 24 septembre 2013

Ramassette récup' !


Un petit envoi d'une lectrice exilée au pays des moules-frites... ;-)

Les photos d'une "ramassette" comme on dit en Belgique, bricolée dans du carton de récupération bien rigide, et taille enfant bien entendu !

Pas de tutoriel particulier, la Maman a suivi son instinct, en veillant à bien laisser les marges nécessaires aux pliages.

L'avantage, c'est que ça ne coûte pas cher, et diminue les risques de blessures entre ses deux jumelles - il semblerait qu'il y ait eu des antécédents... On dira que c'est l'effet rentrée, les enfants ont beaucoup d'émotions à évacuer en ce moment !!

(Oui, oui, ici aussi !)


N'est-ce pas que c'est beau ? Et pour éviter tout risque de conflit, cette Maman "au double mérite" est d'ores et déjà en train d'en fabriquer une seconde... ;-)

Notre bac sensoriel de septembre






Simple et efficace ! ;-)

lundi 23 septembre 2013

Soupe archi-complète de fin d'été


À l'opposé des assiettes composées, il y a le plat des familles, celui "où y'a tout dedans", et dans lequel tous les ingrédients ont mijoté ensemble. Ce sont souvent des plats assez rapides à préparer, et ils sont particulièrement délicieux du fait de l'infusion des saveurs. Seulement, je dois avouer qu'ils n'ont pas toujours la côte chez nous, les enfants leur trouvant sans doute un goût trop complexe.

Il y a cependant quelques exceptions à la règle. La recette d'aujourd'hui en est une, qui a rencontré un vif succès auprès de mes enfants. Une grosse soupe très rassasiante pour les soirs où la fraicheur s'invite...


Soupe complète d'été

Ingrédients :

- 2 pommes de terre
- 2 courgettes
- 2 poireaux
- 2 tomates
- 3 gousses d'ail
- 1 branche de céleri
- 3 CS d'huile d'olive
- 1 bouillon cube aux légumes
- 2 litres d'eau
- 1 petite boite de haricots verts
- 1 petite boite de haricots blancs
- 1 petite boite de haricots rouge
- 1 poignée de coquillettes
- 3 CS de basilic surgelé
- Du fromage râpé à volonté : Emmental, Parmesan, Comté, ou ce que vous voudrez. On peut même utiliser plusieurs sortes de fromages, c'est encore meilleur !

Préparation :

Préparez les légumes (pommes de terre, courgettes, poireaux, tomates, céleri et ail) et coupez-les en tout petits morceaux. Faites chauffer l'huile d'olive et faites revenir les légumes jusqu'à ce que la pièce embaume.

Versez l'eau bouillante sur les légumes et ajoutez le bouillon cube. Couvrez et laissez mijoter 20 minutes à feu doux.

Ajoutez tous les haricots égouttés et rincés, ainsi que la poignée de coquillettes et la basilic. Mélanger quelques instants, et poursuivez la cuisson, à découvert, jusqu'à ce que les pâtes soient cuites.

Servez bien chaud, surmonté d'une montagne de fromage râpé !

Bon appétit ! ;-)

dimanche 22 septembre 2013

Joyeux automne !








Une nouvelle saison à vivre dans notre maison... et une bonne résolution : sortir tous les jours des trois mois à venir, quel que soit le temps qu'il fait ! ;-)

Joyeux automne à tous !!

samedi 21 septembre 2013

Le cahier de la maison

 

Début septembre (une quinzaine de jours avant sa rentrée, donc), j'ai offert à Antonin son premier cahier, destiné à recevoir les traces écrites ou picturales de toutes les petites séquences que nous ferons à la maison durant l'année. Les objectifs sont multiples : se faire plaisir, fabriquer un joli souvenir pour plus tard, parler, parler, parler et parler de ce qui A ÉTÉ fait dans le passé (c'est le fameux langage "d'évocation" qui s'oppose à celui employé dans la vie de tous les jours se caractérisant par son immédiateté).

Les thèmes abordés (un ou deux par mois) seront toujours choisis parmi les plus concrets, si possible en relation étroite avec notre vie quotidienne et la nature.


Notre première séquence : les pommes ! ;-)


La première page est en fait un mini album-langage : un petit montage rapide de quelques photos prises au début du mois : Antonin cueillant des pommes, Antonin les épluchant, les mangeant... Puis j'ai écrit les légendes sous sa dictée.

La seconde page est une oeuvre : peinture avec des pommes ! Elle est légendée par une petite photo d'Antonin en action. C'est encore la meilleure manière d'inciter un enfant non lecteur à s'exprimer au passé !


La troisième page est un extrait du magnifique Petites comptines pour grands tableaux, de Virginie Aladjidi, Palette. J'ai agrandi certais détails de l'oeuvre de Gabriel Fouace, et Antonin s'amuse à les retrouver dans l'oeuvre. C'est un petit jeu facile à mettre en oeuvre pour inciter les enfants à regarder une oeuvre d'art. ;-)


La quatrième page reprend une chansonnette qu'Antonin adore ! J'ai repris les illustrations d'Antonin Louchard dans son livre Pomme de reinette et pomme d'api, coll. Tralalire, Bayard Jeunesse.
 

Un peu de science ! La cinquième page reprend une illustration de l'imagier Les aliments d'Emmanuelle Teyras, coll. L'imagier d'Emma, Mango Jeunesse. J'ai juste rajouté quelques légendes manquantes (je n'ai pas légendé les vestiges des sépales car la transformation de la fleur en fruit est encore inconnue du Damoiseau). N'est-ce pas que ce dessin fait penser aux puzzles anatomiques montessoriens ? Je cherche celui de la pomme désespérement, d'ailleurs, si quelqu'un a un tuyau...

Enfin, la sixième page récapitule les livres que nous avons lu sur le sujet.


Nous passons beaucoup de temps à feuilleter ce cahier ! Antonin adore, et en ai très fier ! Il le brandit sous le nez de son Papa en répétant : "Papa, c'est joli, hein ?" :-D

À venir très vite : séquence feuilles ! (Comme c'est original, n'est-ce pas...)

vendredi 20 septembre 2013

École buissonnière


Antonin s'est empressé de rapporter un gros rhume de l'école, qu'il a généreusement partagé avec sa soeur... La nuit de mardi à mercredi a été suffisamment difficile pour que je décide qu'Antonin n'irait pas à l'école le jeudi (Comment ça, j'y mets de la mauvaise volonté ? Trois jours, pour la première semaine, c'est déjà beaucoup !).

Bon, deux grasses matinées plus tard, tout le monde était déjà plus vaillant, et nous avons finalement pu reprendre nos activités normales. Sauf que je me doutais bien que cette matinée d'école buissonnière n'allait pas manquer de m'apprendre quelque chose.

C'est chose faite. Hier, j'ai appris :

- à réprimer mon dégoût face à l'horrible bestiole que les enfants observaient avec admiration.


- à m'agenouiller à côté d'eux pour l'observer longuement traverser la terrasse avec détermination. Et finir par trouver une forme d'élégance à la forme de son corps. Si, si, regardez : on dirait qu'elle porte un corset taille empire qui s'arrête sur un jupon plissé ! Vous voyez ? (Ou je délire complètement ?)

- à expliquer qu'il ne fallait pas toucher. Oh, surtout ne pas toucher !!! OK ? Parce c'est sal... J'ai ravalé. Parce qu'il ne faut pas la déranger, cette adorable... truc.

- à accepter qu'on la nourrisse. Oui, mon chéri, donne-lui une feuille, c'est gentil. ATTENTION ! NE LA TOUCHE PAAAAS !! Je veux dire, aie des gestes doux, hein, il ne faut pas l'effrayer. Non, Louiselle, la feuille, c'est pour la limace. Et puis, là, vraiment, si tu la lui reprends, tu risques de TOUCHER sa tête, je t'assure.

- à décider qu'on allait l'adopter. Allez, hop, un petit carton.

- à prendre une limace (avec des outils, hein, pas à la main, vous pensez : je ne voulais pas la déranger...). N'empêche, c'était bien la première fois de ma vie que je déplaçais une Grande Loche. Et puisque j'y pense, à ce stade de l'action, je n'éprouvais plus de dégoût. Que voulez-vous, les charmes de la taille empire et des bouillons du jupon...


- à aider les enfants à décider de ce qu'on allait mettre dans le carton : des feuilles mortes, tiens. Je n'ai pas la moindre idée de ce que mangent les limaces (de la salade ??), mais mon but n'est pas non plus qu'elle se sente si bien qu'elle ne veuille plus repartir. Disons que ça pourrait lui être utile de se cacher. Non qu'elle me paraisse stressée, non, elle est ravie de ce qui lui arrive, la Grande Loche, et si elle se contracte, c'est de joie, voyez-vous.

Les "Loches" ont la caractéristique de se contracter
en demi-sphère lorsqu'elles se sentent menacées
 

- à m'étonner très sincèremment quand je l'ai vu s'enfuir quelques minutes plus tard : elle reprennait exactement la même direction que celle qu'elle avait avant que nous lui tombions dessus. Cette limace m'a eu tout l'air d'avoir un but très précis, qui nécessitait qu'elle traverse notre grande terrasse...?

Ce qu'elle fit, cette fois, sans encombre, avant de disparaitre dans son monde de limace.

Et mes enfants, que croyez-vous qu'ils apprirent ce matin-là ? ;-)

Les 15 activités favorites de Louiselle

L'article du jour se veut le pendant de celui-là...

Louiselle (16 mois) aime plus que tout :

1. Parler


J'avais commencé à noter les premiers mots de Louiselle, mais je dois admettre que j'ai perdu le fil. Les aquisitions sont quotidiennes ; les centres d'intérêt du moment sont l'apprentissage des règles sociales de politesse ("Assi !" pour merci dès que la Damoiselle reçoit quelque chose), les noms des membres de la famille, les animaux et leur cris, les noms des vêtements et ceux des parties du corps. Pour les mots que Louiselle ne sait pas prononcer, nous jouons au jeu du "Il est où... (le pied / Papy / le livre / le tournevis / l'australopithèque...)", elle adore pointer du doigt en rugissant "AAAAH !! L'EST LÀ !!".

Si la plupart des mots sont encore déformés, d'autres sont prononcés absolument parfaitement, et c'est très curieux de les lui entendre prononcer avec sa petite voix pointue de bébé : "Antonin", "jaune" (c'est la couleur de sa brosse à dents...), "tétine"...

(Alors, Louiselle n'a pas besoin de tétine, mais est littéralement fascinée par celle de son frère - ce qui nous donne parfois de beaux "Antétine" pour désigner l'objet ! Ce qu'elle adore, c'est arracher la tétine de la bouche de son frère, l'écouter chougner quelque instant et la lui refourrer dans le bec... Ça ne vous rappelle rien ? Quand je vous dis qu'on peut faire l'économie des jouets à piles !!)

Depuis peu, Louiselle se lance dans de grandes tirades pour elle-même, où elle s'exerce à imiter le flux d'une conversation, au niveau des intonations et du débit. C'est craquant !

2. Chanter des comptines

"Les petites marionnettes..."

Louiselle commence à mémoriser certaines chansons, en particulier les mots qui terminent une phrase musicale : elle adore les rugir... souvent un peu en avance par rappport à nous, d'ailleurs ! Elle aime toujours autant écouter de la musique et danser.

Et depuis quelques semaines, elle mime ses comptines préférées avec beaucoup d'entrain : "Les petites marionnettes", "Jean Petit qui danse", "Tourne, tourne, petit moulin"... Dès qu'on les entonne, elle stoppe ses activités pour exécuter les gestes avec beaucoup de concentration. J'avoue abuser de cet engouement au moment des changes qui sont toujours très sportifs sans cela...

3. Faire des puzzles


Sans y passer des heures, c'est une activité que Louiselle reprend quotidiennement, avec assez de patience et beaucoup d'adresse.

4 et 5. Patouiller dans la terre et les cailloux

D'un point de vue sensoriel, Louiselle est une terrienne. La terre et les cailloux ont de très loin sa préférence. Pendant très longtemps, j'ai installé des pots de fleurs en terre cuite à sa disposition ; je les remplissais avec le terreau issu d'un ancien compost laissé à l'abandon avant notre acquisition de la maison. Puis, les pots de terre se sont brisés (tout seuls ?). Louiselle a donc pris l'habitude de se servir directement à la source...


Quant aux petits cailloux, c'est devenu un incontournable chez nous. Louiselle adore les cailloux (et toute grandette qu'elle est du haut de ses 16 mois, elle ne résiste pas toujours à l'envie de les sucer !). Antonin adore les cailloux. Et à force de les observer et les imiter, je me suis mise à adorer les cailloux, moi aussi. Nous revenons de chacune de nos promenades avec des cailloux pleins les poches. Nous ne ramassons que les plus beaux, hein ! Et je me surprend à épier si je n'en vois pas un joli, même quand je suis sans les enfants ! Ensuite, nous lavons notre récolte, et la mettons en paniers. Après, et bien, on improvise. Des heures durant. Les cailloux, c'est tout un monde de possibles, quand on y songe.

6. Marcher

Si, si, marcher ! Le jour de ses 16 mois, Louiselle a fait le tour de l'immense terrasse de ses grands parents... sur ses deux pieds ! La voilà donc lancée... même si elle opte encore pour le mode "quatre pattes" dans 90% des situations...

Il n'en reste pas moins que marcher est de loin l'occupation qui l'occupe le plus dans une journée. Surtout en poussant une petite chaise. Ou une table. Ou sa poussette. Ou en portant un objet quelconque du moment qu'il est léger, très encombrant et si possible muni d'une poignée.


Sans parler des escalades variées : monter sur les chaises, les tables, les fourneaux, gravir les échelles (monter et descendre l'escalier est maitrisé depuis des lustres), la chaise haute...

S'exercer à s'asseoir est également travaillé longuement : surtout s'il s'agit de s'installer pour manger... Pas si facile quand on ne peut bouger la chaise et qu'il s'agit de s'y glisser sans trop l'éloigner de la table. Cela nécéssite donc de longues séances d'entrainement jusqu'en dehors des repas. De même le pot : s'y asseoir requiert une technique totalement différente. À quatre pattes, les membres raidis, les fesses haut pointées vers le ciel, Lousielle jette un oeil en arrière : elle vise... puis s'abat. Généralement à peu près dessus. Ensuite, il faut rigoler bien fort, et tout recommencer. Que dites-vous ? Les pots sont habituellement réservés à un autre usage ?? Non, désolée, la Damoiselle ne voit pas ce que vous insinuez... :-)

7. Transvaser

Alors, en réalité, je suis une montessorienne indigne : je ne crois pas avoir vraiment proposé d'activités de transvasements à Louiselle  à ce jour. En tous cas, pas d'activités "sur un plateau", longuement cogitées et amoureusement préparées. Mais j'ai eu la surprise de constater que Louiselle se lançait spontannément cette activité avec les petits élements qu'elle peut manipuler, et pas plus tard que ce matin, elle a installé son activité toute seule, avec deux bol en bois et des billes de verre plates. Il faut dire que la vie quotidienne regorge d'occasions spontannées de se faire la main. Ainsi, par exemple...


... Au jardin, ramasser les feuilles mortes et les fruits gâtés, en remplir une brouette... Tout vider, et recommencer.


... Dans le bain, jouer avec de petites bassines, des entonnoirs et des flacons vides. C'est un classique, mais que de bonheur !...


... En cuisine, lors de la préparation d'un repas. Transvaser des lanières de poivrons dans la poêle où ils vont être sautés est tout à fait à la mesure d'un jeune enfant. L'exercice est cependant plus difficile que les précédents, puisqu'il n'accepte pas la réciprocité. Les légumes vont dans la poêle (et parfois dans la bouche) mais ne doivent en aucun cas retourner d'un de ces lieux vers le récipient d'origine. ;-)

... Et puis encore : vider les armoires de tous les membres de la famille, faire un peu de rangement dans le placard à vaisselle, vider et remplir les paniers de jouets et les bibliothèques, et caetera.

8. Jouer de la musique


Encore et toujours, c'est une activité à laquelle Louiselle est très sensible. C'est assez drôle de la voir jouer, car ses gestes sont très articulés et très fins : elle fait sonner les cordes de la guitare une à une mais en enchainant bien les notes ; elle tape bien au centre de la lamelle du xylophone ; et la mailloche est tenue souplement et rebondit sur la peau du tam-tam ! Sa nouvelle passion : l'harmonica. Elle ne le lâche plus et nous suit dans toutes les pièces en souflant et inspirant très fort en rythme, ravie de nous faire danser ! (Oui, je dois admettre : c'est parfois fatiguant pour les oreilles...)

9. Modeler


Vous le savez déjà, il s'agit de l'activité artistique favorite de la Damoiselle, quoique coller des gommettes soit également très prisé. Le dessin rencontre une adhésion naissante, et Louiselle a eu droit cette semaine à sa première séance de peinture.

Ici, nous avons vraiment de très beaux moments familiaux où tous, adultes et enfants, sommes concentrés autour de notre boule de pâte. Modeler me détend très efficacement, et je découvre tous les jours de nouvelles techniques - mes enfants aussi. Je crois d'ailleurs que c'est à cette activité que nous allons devoir une petite révolution dont je vous parlerai bientôt. Sachez qu'en attendant, notre pâte à modeler m'aide vraiment à passer du temps à agir AVEC mes enfants, et non pas seulement À CÔTÉ d'eux ! ;-)

10. S'habiller


Toujours rien de nouveau sous le soleil. Laissez Louiselle avec un panier plein de chapeaux et de foulards et vous voilà tranquille pour un long moment. À moins que vous ne préfériez vous asseoir et assister au spectacle, car il est tordant et cela vaut la peine !

11. Jouer


Jouer, c'est une des activités de la Damoiselle parmi tant d'autres... Ce n'est pas celle qui l'occupe le plus longtemps (au sens de : "manipuler des jouets", parce que pour le reste, la vie n'est que jeu !), mais généralement elle s'y absorbe avec beaucoup de passion. Surtout s'il y a une dimension sensorielle à la clef, ou que la motricité fine est engagé. Finalement, jouer, c'est un travail sérieux...

12. Lire


Les lectures ne sont plus réservées au rituels d'endormissement depuis longtemps. Louiselle est capable d'écouter des textes plus longs ; les livres sont de moins en moins maltraités ; et surtout la Damoiselle interagit complètement avec l'adulte-lecteur en pointant du doigt les illustrations pour qu'on lui nomme les objets ou les personnages, ou en faisant de longs commentaires dans sa langue.



Je crois que tous les bébés de l'âge de Louiselle ont une passion pour l'imitation des gestes du quotidien ! Mais pour les parents qui ont quelques notions de pédagogie montessorienne, et qui connaissent l'existence de la "Vie pratique", c'est certainement encore plus délicieux à observer que pour les autres !!

Vous ne trouvez pas ? :-D

14. Se lover


Si jetez un oeil sur notre fille, une fois sur deux vous la trouverez affalée comme une ado (ou blottie comme un chaton, c'est une question de point de vue). Louiselle aime ce qui est doux. Elle aime se rouler sur sa peau de mouton, sur les tapis moelleux, les coussins. Elle aime étreindre ses peluches surtout si elles sont énormes et bien fessues et qu'elles lui remplissent les bras. Embrasser et caliner, voilà une activité qui occupe une grosse part du temps de notre Damoiselle et que je ne pouvais passer sous silence... !

15. Discuter avec notre voisin le chien


Ah, voilà un autre grand amour. Si ce n'est le premier. Notre voisin est un croisé chien de berger absolument adorable, et Louiselle et lui ont vécu un gros coup de foudre réciproque le jour même de notre emménagement. Leur amour est d'autant plus intense qu'il est contrarié par une palissade, contre laquelle Louiselle passe la moitié du temps qu'elle passe dehors (et le chien, tout son temps, je dois dire).

Ces deux-là discutent. Soupirent (les grosses expirations soufflées du chien font beaucoup rire Louiselle qui s'empresse de l'imiter). Louiselle s'evertue à toucher sa truffe humide, et le chien lui lèche la main à qui mieux mieux. 

Et puis il y a les petits cadeaux. Louiselle glisse des objets sous la planche qui les sépare et le chien met un point d'honneur à manger ce qu'elle lui donne. Et bien sûr, ce sont des objets de choix, tout ce que Louiselle a élu dans son coeur comme étant digne d'un immense intérêt : petits cailloux et grosses pierres (qui grissent sous les crocs, oui...), brindilles et feuilles mortes, tous les rogatons du jardin y passent. Mais aussi les chapeaux et casquettes préférées de la Damoiselle, et, plus récemment, des petits chaussons en cuir tout neufs... :-(

Le maitre du chien me les rend quelques jours plus tard, tout penaud : ils sont en lambeaux. Bah, c'est le prix à payer d'une amitié si forte...

Cela rappelle-t-il quelque chose aux Mamans d'un petit bout de 16 mois ?