lundi 29 avril 2013

Premiers transvasements

Non mais franchement, ces Mamans montessoriennes...

Donner une poignées de fèves à une enfant de 11 mois en plein stade bucal, mais pour quoi faire, je vous le demande ??


Si ce n'est pour susciter un beau moment de concentration. Et inciter l'enfant à construire un problème et à le résoudre.


Et aussi pour muscler sa main et affiner ses gestes.


Pour améliorer la coordination.
Pour l'amener à construire la notion de causalité.
Pour renforcer l'estime de soi.
Par exemple. 


Ou alors, juste pour le plaisir sensoriel d'enserrer ces graines tièdes et lisses.

Oui, Louiselle a essayé de porter les fèves à sa bouche. En me regardant fixement. J'ai dit et signé STOP. Elle a souri, baissé la main, puis recommencé.  Sa manière à elle d'assimiler l'interdit, de le redire avec son corps... ;-)

13 commentaires:

  1. Ho tiens, il y a quelques jours, chez nous, c'était avec des noisettes (encore dans leur coque... quel mère indigne je fait !). Et le signe pour indiquer que ça ne se mange pas est "manger" puis "non". C'est la solution que j'avais trouvée, sans en être vraiment satisfaite. En effet, mettre "manger" puis "non" fait 2 notions à associer pour en faire quelque chose à comprendre. C'est bien compliqué ! Et puis il y a le signe "manger" dedans, ce qui implique logiquement de manger si on y réfléchi bien. Bref ça marche, mais la parole est là, le ton et la répétition. Je n'avais pas pensé à "stop"... pourquoi n'y ais-je pas pensé, c'est pourtant évident ! ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Mamaours !

      C'est Filliozat qui conseille le STOP plutôt que le NON : ce n'est pas blâmant (quoiqu'impératif), on interrompt un mouvement.

      ;-)

      Supprimer
    2. Oh j'aime bien cette notion de STOP :) ! Ces derniers jours, j'étais en train de me creuser la tête pour trouver quelque chose de plus positif que le "non", et comme mamaours, je n'aime pas associer 2 signes, si plus est, 2 signes contradictoires. Je vais le mettre en pratique dès ce soir au parc ! Merci Elsa, Merci Filliozat !

      Supprimer
  2. Oui, ça fait parti des outils important de la communication non-violente. Bien que je n'utilise que très peu le "non" à l'oral, j'ai du mal avec le mot "stop" il ne m'est pas du tout naturel ! Donc j'interpelle avec le prénom, j'ai trouvé que c'était un bon compromis. Quant au signe "non" je l'utilise pour dire "pas" plutôt que "non", j'ai l'impression qu'il perd justement ce coté blâmant. Mais peut-être que je ne le vois simplement pas... Il faut que le "stop" rentre, il n'est pas trop tard :)

    RépondreSupprimer
  3. Notre prof de langage des signes déconseille de dire et signer "ne fais pas "ça" ", car l'enfant n'entend que "ça" et il continue à faire. Elle nous conseille de dire Non avec le signe non, tout simplement. J'utilise le Non depuis les 9 mois de mon fils (âge où il a commencé à faire des choses pouvant être dangereuses).
    Personnellement je ne trouve rien de blâmant à dire non et à veiller sur la sécurité de mes enfants. Après j'essaie de limiter le Non aux cas de réels dangers ou interdits fermes. Je trouve très rassurant de savoir que mon fils de 12 mois peut se trouver loin de moi, mais que si je dis Non, il arrêtera ce qu'il fait. Ça me permet de lui donner plus de liberté.
    Pour ma part, je pense que le Non est très structurant pour un enfant. Ils ont besoin de repères, de limites.
    Concernant la CNV, je suis très interrogative...Les exemples que j'ai pu en voir, relevaient plus de la manipulation ou alors étaient totalement ineffectifs (alors qu'il s'agissait d'une prof de CNV !!! j'avais pris un cours de portage chez elle et pendant 80% de la séance elle a essayé de gérer, en vain, son fils qui était une vraie plaie, tout ça pour finalement le mettre devant un dvd après 1h45 de bla bla stérile. On a du faire le cours en 15 minutes au lieu de 2h. je n'y suis évidemment jamais retournée).

    RépondreSupprimer
  4. Bonjour Chloé. Je comprends l'avis que tu donnes concernant l'association de "ne fait pas" et de "ça", c'est justement la chose qui me dérangeait (et ce que j'ai voulu expliquer dans mon premier commentaire, peut-être un peu maladroitement je l'admet).
    Je suis justement des ateliers de CNV en ce moment, et la première séance a vite tournée sur la question de la manipulation justement. Il en est ressorti que la CNV était un outils, et que comme chaque outils, une mauvaise utilisation pouvait en découler. La CNV permet avant tout de prendre du recul sur une situation, de se recentrer sur ses besoins (ses VRAIS besoin j'entends) et d'apprendre à les communiquer et à trouver DES solutions pour combler ce besoin. Et bien entendu de savoir écouter ceux des autres, et d'aider ses enfants à trouver et mettre des mots sur leurs propres besoins. Personnellement, je pense que ceux qui utilisent cet outil pour tenter de manipuler n'ont pas compris la profondeur et l'intérêt de cette communication. Car c'est avant tout un travail sur soi. L'animatrice a aussi bien mis en évidence l'inutilité d'appliquer cet outil dans chaque situation. Nous ne somme pas des robots, et il faut aussi apprendre à vivre avec des faiblesse, ses mauvais jours. L'animatrice dont je te parle est aussi formée en biographie parentale, ce qui tamponne énormément son discours et humanise les outils qu'elle nous apporte.

    RépondreSupprimer
  5. Bonjour Mamaours, je te remercie pour tes approfondissements.
    Je suis persuadée que les personnes qui se forment à la CNV ont de bonnes intentions, après je crains qu'il n'y ait un gros risque de dérapage dans l'application. Mais c'est peut-être car je n'ai vu que des mauvais exemples ! Un qui était clairement de la manipulation (quand l'enfant faisait une colère la maman le prenait à part, lui faisait un topo comme quoi elle était épuisée, avait énormément de travail et n'était pas capable de supporter une colère, puis elle le mettait devant un faux choix dont les 2 alternatives répondaient en fait à la volonté de la mère) et l'autre un naufrage éducatif dans une soupe de bla bla inutiles (au final la mère n'était même pas capable de faire dire bonjour et au revoir à son enfant).
    Effectivement je pense que beaucoup ne comprennent pas la profondeur de la CNV telle que tu la décris, et la voit plutôt comme un moyen de faire obéir les enfants en douceur, sans avoir à leur poser de limites...ce qui est de la manipulation, et surement pas de l'éducation. Au final si les enfants sont "sages" ce n'est pas car ils suivent des règles qu'ils connaissent, mais parce qu'ils ont été contraints intellectuellement à le faire.
    Un exemple que j'ai vu : un enfant refuse de mettre ses pantoufles, la mère le prend à part, lui explique qu'elle est épuisée (= culpabilisation), puis lui dit "ok on va chercher une solution ensemble : soit tu mets tes pantoufles, soit tu vas dans la chaise haute".
    Il est où le choix ? en gros "soit tu ne marches pas pieds nus, soit tu ne marches pas du tout". Alors l'enfant met ses pantoufles parce que sinon il est attaché dans sa chaise haute, et il se tait car il risque d'épuiser sa mère qui est déjà tellement fatiguée.
    Pourquoi ne pas dire tout simplement (et sainement) : la règle est de mettre des pantoufles, tu les mets, point. J'imagine que c'est pour éviter tout risque de conflit, de pleurs et en gros, pas trop s'embêter la vie.

    RépondreSupprimer
  6. bonjour !

    Chloé, dans ton exemple, non seulement le choix est un faux choix mais en plus à aucun moment la maman a expliqué à son enfant Pourquoi il était important de mettre ses chaussons ! je trouve ça trés illogique !
    pour ma part, en ce qui concerne les chaussons, j'ai fais le choix de ritualiser, quand on se lève on met les chaussons (bien sûr ici tout le monde met ses chaussons en se levant, ça donne l'exemple), quand on sort on met les chaussures, quand on rentre on met ses chaussons, idem pour le chapeau (au soleil on met son chapeau, à l'ombre on peut l'enlever), ça s'arrête là, c'est une consigne et les enfants s'ils sont en confiance adorent écouter les consignes, surtout lorsque l'on n'est pas completement intransigeant (si une fois de temps en temps elle ne veut pas les mettre, j'en fais pas un drame, aprés tout c'est elle qui aura les pieds froids!).
    ça devient vite une habitude, donc plus de soucis.
    sur le fait de culpabiliser l'enfant je suis entièrement d'accord avec toi, à trop user de ce type de phrases, ça en devient vite malsain, c'est pour ça que personnellement je ne l'utilise que trés rarement, en général pas du tout même, la plupart étant mensongés en plus ! je crois que le seul cas où vraiment je le dis spontanement c'est lorsque j'ai mal à la tête et que je sors un désespéré Pitié arrêtez ce bruit !!!
    pour moi, comme dit plus haut, il s'agit d'un outil, avant tout pour prendre conscience de ce qui nous concerne nous parents et de ce qui concerne uniquement l'enfant, ça m'aide à prendre du recul, mais il ne s'agit pas d'une méthode éducative à part entière, juste d'un des outils à une éducation plus respectueuse...
    je suis désolée j'écris un vrai roman, je te redonne ton exemple de chaussons, quand j'étais petite pas moyen de me faire mettre mes chaussons, la force, la menace de punition, l'application, etc etc tout y est passé, jusqu'au jour où on a laissé tomber, au final je n'ai remis des chaussons que lorsque j'ai été chez moi, si à cette époque on m'avait juste demandé pourquoi je ne voulais pas les mettre, j'aurai pu juste expliquer qu'ils me faisaient mal au pied et on aurait pu aller en chercher d'autres plus confortables, le problème aurait été réglé sans violence, bon et puis j'étais pieds nus été comme hiver et je ne suis pas tombée plus malade qu'une autre soit dit en passant ! voilà c'était juste pour partager mon idée de ces outils...

    RépondreSupprimer
  7. Merci à toutes pour cette passionnante discussion !

    (J'aime quand les réactions débordent le cadre de l'article et se déploient de manière autonome !!)

    ;-)

    RépondreSupprimer
  8. Bonjour Elsa,

    j'ai découvert ton blog il y a quelques mois maintenant et maman d'un petit bonhomme de bientôt 12 mois j'y trouve beaucoup d'inspiration.
    Je m'y "promène" le plus souvent au grès des pages sans réelle cohérence et vient de tomber sur cet article qui m'interpelle. J'ai commencé à signer "avec" mon loulou vers ses 5-6 mois et je ne sais pas comment signer STOP, du coup je lui signe plutôt NON mais j'avoue que la notion de stopper son action me plaît assez. Pourrais-tu m'indiquer comment tu le signes?

    Je t'en remercie d'avance

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je me permets de répondre : Voilà comment je signe STOP : http://www.sematos.eu/lsf-p-stopper-5937.html ;)

      Supprimer
    2. Merci pour ta réponse Etiva!

      Supprimer