mercredi 19 décembre 2012

Bonnes vacances !

Une journée ordinaire chez nous… Antonin passe l’aspirateur (car oui, je dois réparer une injustice : il n’y a pas que la vaisselle dans la vie du Damoiseau ! Il y a aussi l’aspirateur !!)


Et Louiselle le suit à la trace, et de si près que j’ai parfois peur qu’elle se fasse aspirer !  :-D


Je réfléchis beaucoup ces derniers jours sur ce qu’implique être un cadet dans la vie de tous les jours. Je suis moi-même l’ainée dans ma fratrie et n’avais jamais envisagé cela « de l’intérieur » avant la naissance de ma fille…

Vous aurez mes réflexions sur ce sujet une autre fois ! Mon ordinateur prend des vacances… Il y a mieux à faire en cette période de l’année qu’à blogger, vous ne trouvez pas ?

Je vous souhaite à tous d’excellentes fêtes de fin d’année (Co-l’exilée, je pense fort à toi !), et vous dis : à l’année prochaine !

mardi 18 décembre 2012

Travailler sur un tapis


Vous savez que dans une classe Montessori, on apprend à l’enfant à installer un petit tapis s’il désire travailler au sol. Cela permet à la fois de délimiter l’espace de travail (non, non, on n’éparpille pas tous ces tout petits éléments partout !) et le temps de l’activité (on installe le tapis au début, et on le replie à la fin, ce qui suppose que le matériel ait été rangé).

Ce système parait si simple à mettre en oeuvre qu’il a séduit beaucoup de Mamans qui, comme moi, l’ont instauré à la maison.

Ce que je propose à mes enfants, ce sont des jeux, des jouets, et pas du matériel pédagogique. Ils sont trop petits pour cela. J’organise les objets que je leur propose selon un ordre dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises, mais je ne suis pas constamment derrière eux en train de re-ranger ce qu’ils déballent, croyez-moi, allègrement. Nous rangeons ensemble quand c’est l’heure de le faire. Et si Antonin me réclame un jeux qu’il n’a pas à sa disposition, j’exige que tout ce dont il s’est servi avant soit rangé. Pour finir sur ce point, je dirai que l’organisation montessorienne (pas tous les jouets à la fois, et disposés de façon aérée sur des étagères basses) facilite grandement le rangement, qui ne nous prend jamais que quelques minutes.

Mais petit à petit, l’enfant grandit, et j’en suis venue, tout doucement, vers ses 18 mois, à proposer des activités plus structurées à Antonin, des activités qui commencent, il est vrai, à s’apparenter à des tâches scolaires (dans le bon sens du terme, je l’espère). C’est le cas quand je lui propose ses abaques ou ses perles pour un tri, par exemple, mais aussi certains puzzles ou boîtes à formes compliqués. Ce matériel-là, je ne le laisse pas à disposition, car je n’ai pas de « salle d’activité » consacrée : essayez de laisser des abaques avec leurs quelques 50 perles à disponibilité dans le salon, et vous reviendrez vite sur votre choix, surtout quand votre deuxième enfant crapahute dans tous les coins et porte tous les objets  qu’il rencontre à la bouche… d’autant plus si c’est petit et susceptible d’être avalé, bien sûr.  ;-)

Tout naturellement, pour renforcer la particularité de ces activités pédagogiques, je les proposais sur un tapis. Nous en avons deux, qui sont roulés dans un baril sous la fenêtre d’Antonin.

Il a tout de suite compris. Et aujourd’hui, il « réclame » même ces séances en allant chercher lui-même un petit tapis qu’il dispose sur le sol – encore maladroitement, d’ailleurs.

J’essaie de lui proposer ces temps privilégiés une fois par jour. Je me rends disponible, je reste à côté de lui en observant et en essayant de me taire (!). Parfois même, je fais autre chose à ses côtés.

C’est ainsi que j’ai souvent de belles surprises. Hier, j’ai sorti les grosses perles, et nous avons commencé par faire quelques colliers à quatre mains. Puis Antonin s’est levé pour aller chercher ses bols en bois. L’intention était clair : faire des tris. Je me suis mise en retrait et m’en suis totalement désintérressé pour exécuter un petit bricolage dans mon coin. Au bout d’un moment, le silence du Damoiseau m’interpèle. Je lève les yeux : il contemple son oeuvre, très sérieux, de l’air de quelqu’un qui a achevé une tâche. Je regarde dans les bols. Parmi les perles, Antonin a sélectionnée les élipsoïdes qu’il aime tant. Bon, première compétence : tri de forme. Bien. Il les a ensuite disposé dans les bols en fonction de leurs différentes couleurs. Tout cela, on connaît bien, ici. Mais l’attitude recueillie d’Antonin m’indique qu’il y a autre chose… Je me penche… Surprise ! Dans chaque bol, il y a deux perles. Et seulement deux. C’est ce qu’on appelle, en didactique des mathématiques, « réaliser quatre collections équipotentes ». J’en suis restée comme deux ronds de flan !  :-D


Je suis persuadée que cette belle performance n’aurait pas vu le jour sans le tapis et l’état de concentration particulier qu’il induit…

lundi 17 décembre 2012

Maison d'enfance

Ça y est ! Nous avons trouvé la maison d’enfance de nos enfants !

Nous l’achetons (et emménageons) au printemps


C’est drôle comme le fait d’être sensibilisée à la pédagogie Montessori a affecté mes critères de choix concernant les maisons visitées. Et maintenant que mes rêves d’aménagement ont une matière concrète à exploiter, j’ai tendance à tout projeter en terme d’ambiance et d’adaptation à l’enfant ! ;-)

Elle est bien, cette maison. Elle n’est pas parfaite, certes, mais elle est bien. Bon, le rendez-de-chaussée est à restructurer totalement, et je ne visualise pas encore très bien comment nous allons faire tenir une cuisine, une pièce à vivre et un coin repas dans ses 40 mètres carrés – d’autant que j’aimerai bien qu’on crée aussi l’espace pour une petite entrée. C’est important, l’entrée – symboliquement, le sas entre deux mondes, extérieur et intérieur. Mais aussi, beaucoup plus pratiquement, l’endroit dans lequel on remise les manteaux, les chaussures, où on dispose deux ou trois miroirs… Pas besoin d’être montessorienne pour savoir à quel point c’est important – toutes les Mamans ont expérimenté cela, n’est-ce pas ?
Au mileu de ce flou artistique qu’est la pièce à vivre, brille un astre : c’est l’âtre, la cheminée. Qui est là où elle est et n’en pourra pas bouger. Je sais déjà que c’est autour d’elle que s’organisera un aspect essentiel de notre vie de famille : renouer avec les gestes séculaires – se chauffer, lire, jouer ou tricoter, et, oui, cuire des pommes de terre sous la braise… Nos enfants apprendront à faire naitre un feu, le nourrir, l’humer, le savourer, l’éteindre s’il le faut. La notion de chaud et de froid prendra pour eux une dimension vivante. L’hiver, la vie se resserra autour de lui. L’été, nous l’oublierons un peu, certainement, et nos quartiers s’élargiront…
Notre maison, c’est une maison qui se vit dans les étages. Quatre fois 40 mètres carrés, avec des escaliers assez ardus entre chaque étage… Aïe, il va falloir aménager, je songe déjà à construire des petites rampes taille enfant…


Mais aux étages… Merveilles !
Une vraie belle salle de bain ! Vous ai-je déjà dit que celle de notre appartement actuel mesurait 3 mètres carrés ? Et que cette pauvre superficie est rongée par une table à langer et par un bidet inutile et mal soudé au sol (j’ai essayé de le recycler en lavabo pour enfant : impossible !) ? Voilà pourquoi vous n’en avez jamais vu de photos ! Antonin se débrouille plutôt bien pour sa toilette, mais j’avoue que cela tient plus du miracle que de l’aménagement de l’espace ! Par contre, notre future salle de bain est une bénédiction. Pour nous, les adultes, pour mon mari qui est si grand qu’il n’a jamais pu prendre un bain de façon confortable (là, ce sera possible), mais aussi et surtout pour les enfants : dès que je l’ai vu, déserte et figée dans sa nudité de pièce à vendre, J’AI VU ! J’ai vu les éclaboussures joyeuses déborder de la large baignoire, j’ai vu l’espace disponible pour installer (enfin !) un espace-pot de façon permanente à côté des toilettes pour adultes, j’ai vu qu’il y avait de la lumière pour disposer des plantes vertes et suffisamment de place pour quelques demi-douzaine de tables à langer (oui, j’exagère un peu, là…) ! J’ai vu que c’était un bon endroit pour apprendre à prendre soin de son corps. J’ai vu que mes enfants allaient aimer se baigner dans cette pièce, que j’allais aimer, moi, me détendre dans cette baignoire, que nous allions tous adorer y faire des bulles et des concours d’apnée. Cette salle de bain respirait l’amour de la santé et de la propreté – comme toute salle de bain qui se respecte ! Pardonnez mon enthousiasme, mais je n’ai jamais eu de salle de bain qui se respecte… :-D

Des chambres ! Plein de chambres ! Trois chambres, en fait. C’est-à-dire une pour le couple, et une par enfant. Au cas où cette information vous aurait échappé, dans notre appartement actuel, Louiselle dort la nuit dans le salon. Nous déplaçons son lit (heureusement que ce n’est pas un lit à barreaux !) en journée dans la chambre des parents pour qu’elle puisse y faire ses siestes tranquille. Franchement, vous trouvez ça feng-shui, vous ? Je suis persuadée qu’un tout-petit a besoin d’un espace bien à lui. Et je suis persuadée que nous, parents, avons besoin de garder notre chambre libre tout au long du jour (et comment je fais pour blogger, moi ?). Dans notre prochaine maison, ma fille aura enfin quelques mètres carrés bien à elle. Et j’ai du mal à m’endormir en ce moment parce que je peaufine les détails de sa chambre : le coin sommeil, le coin jeu, le coin vêtements… Une vraie chambre montessorienne, je vous promets rien de moins ! ;-)

Ah, une chambre par habitant (ou presque), pour que chacun puisse se reposer, dormir, et s’éveiller ! Ce sont là les fonctions premières d’une chambre, n’est-ce pas ? Un lieu pour les jeux d’intérieur, et surtout un lieu pour la détente; trois chambres aux jolies fenêtres de cadres en bois et espagnolettes baroques, ouvertes sur la montagne (et les jardins des voisins, mais en été, grâce à l’abondance de la végétation, on les oublierait presque), baignées de lumière douce et de tendres ombres crépusculaires.
Des combles aménagés (voir la première photo) : la salle d’étude idéale ! Hélàs, trois fois hélàs, l’instruction en famille est une option fermée chez nous pour des raisons financières. Mais comme je suis professeure des écoles, j’ai pléthore de matériel pédagogique que j’ai toujours souffert de devoir reléguer à la cave faute d’espace (veridique…). Je visualise déjà une pièce entière composée de petits espaces pour que tout à chacun passant dans le coin puisse s’attabler et s’atteler à une activité qu’il désire. Je ne me fais pas d’illusion, je sais que, contrairement à ce que certaines pédagogies alternatives prétendent (!!!???), l’enfant préfère jouer à travailler (si, si, il y a tout de même une différence !), mais je connais mon métier et j’ai quelques astuces pour brouiller (un peu) les frontières entre les deux mondes. En tous cas, moi, je travaillerai là, et mon homme aussi. Cela suffira certainement pour y attirer quelques fois nos deux enfants. Et d’ailleurs ils auront des devoirs à faire, non ? (Grrrr ! : pour ceux qui débarquent, je ne suis pas trop POUR les devoirs à la maison…)

Voilà pour la maison. Mais nous n’achetons pas qu’une maison. Nous achetons aussi un jardin. Et là, je dois dire, je suis tombée sous le charme dès que j’ai posé un pied dessus. C’est un jardin idéal, ni trop petit ni trop grand, bourré d’arbres fruitiers (deux figuiers, quatre pommiers et un actinidia… Question à mille euros : quel est le fruit de l’actinidia ?)… Un petit coin de nature à nous, notre petit bout d’extérieur dans ce monde de brutes, tout ce qu’il faut pour abreuver les citadins assoiffés que nous sommes. Quatre cents mètres carrés d’immensité, des arbres robustes à escalader, des haies composites filtrant la lumière rasante. Un futur paradis pour oiseaux, hérissons et chats errants. Dans ce jardin, toutes les dimensions sont représentée : l’écrasante et spectaculaire montagne à l’horizon, le nid débordant de merluchons qui fait ployer sa branche, la fourmi qui s’affaire à trinballer un en-cas huit fois gros comme elle… L’émerveillement, père de la philosophie, attend mes enfants à chaque détour de touffe rebelle. Nous suivrons tous les jours, et vivrons dans notre chair, même insconsciemment, la course du soleil d’est en ouest, balayant notre petite terre d’un afflux d’émotions, et libre à nous de les accorder avec nos ressentis du moment – délectation, étonnement ou reconnaissance. Ce jardin est un quartier de nature brute prompt à éveiller en vous des amours transcendentaux. Ben si. Pour moi, ce jardin s’appelle guérison, respect et tolérance. La photo ne vous le montrera pas, mais je vous assure que c’est ainsi que je l’ai ressenti !!!!!!  ;-)

dimanche 16 décembre 2012

L'unique activité d'Antonin


Voilà bien longtemps que je n’ai pas posté au sujet des activités du Damoiseau. Non pas que je ne lui propose rien en ce moment. Mais… Les deux ans d’Antonin approchant à grands pas, je m’imaginais naïvement qu’il allait enfin finir par s’intéresser aux activités plastiques. Ha, ha. Je propose, je propose. Et le bilan est simple : il est nul. ;-)

Par exemple, j’ai mis en place de nouvelles activités de modelage. Mais Antonin n’aime pas modeler, encore que les petites boules de pâte colorées aient fini par trouver grâce à ses yeux quand il a réalisé qu’il pouvait en remplir sa dinette. Il imite les gestes qu’il nous a vu effectuer avec (rouler une boule ou un « boudin » entre la table et la paume), mais n’a pas encore la main assez musclée pour obtenir ces résultats. Je doute même que ce soit là son véritable objectif ; il nous imite, et cela lui suffit.


Prenant mon courage à deux mains, j’ai mis sur pieds plusieurs fois des activités de peinture. Antonin s’y intéresse uniquement par politesse (et jamais plus de cinq minutes). Même si je lui propose de peindre à la fourchette.

Vous l’aurez compris, rien de nouveau sous le soleil : Antonin n’aime qu’une chose, et ce sont ses gamelles (et les miennes). Confiez-lui votre poêle à frire et il s’occupera dans la plus grande concentration tout l’après-midi ! ;-)

Pensiez-vous que j’allais baisser les bras ? Non, bien sûr que non. En exploitant sa passion, je me suis dit que j’allais tout de même finir par trouver des activités qui lui plaisent. Au programme : versés en tous genres et transvasements d’eau d’un récipient à l’autre à l’aide d’une éponge, ou d’une louche. Verdict du Damoiseau : moui-bof. Je pense qu’Antonin dirait volontier que tout cela, c’est très surfait. Est-ce que Papa et Maman s’amusent à déplacer de l’eau avec une louche, eux ? Non, n’est-ce pas ? D’ailleurs si je lui propose un récipient d’eau, il va immédiatement… le vider dans l’évier. Ben quoi, c’est là que ça va, non ?
Je prends mon mal en patience. Viendra un temps où Antonin aimera toutes ces activités, j’en suis sûre, mais cette heure n’est pas encore venue.

Bon. Il y a néanmoins une activité, une vraie, qui peut l’occuper pendant une heure montre en main. C’est faire la vaisselle. De préférence dans notre évier, mais sur son plan de travail aussi. À condition qu’il y ait de la mousse.  ;-)


Pourvu que ça dure ! ;-D

jeudi 13 décembre 2012

Ce que Louiselle préfère


Louiselle a eu 7 mois cette semaine et notre appartement n’a plus de secret pour elle !

Depuis mon dernier article sur le sujet, ses centres d’intérêt ont un peu changé. Les goûts de la Damoiselle s’affirment et elle peut à présent les exprimer pleinement depuis qu’elle est la championne hors catégorie du quatre pattes. Et si les balles et les récipients légers remportent toujours une adhésion sans faille (ah, la dînette d’Antonin !), la Damoiselle s’est découvert d’autres passions récemment. Voici donc un petit tour d’horizon qui inspirera peut-être certains d’entre vous :
- Louiselle se passionne pour les visages. Son frère lui prête obligeamment sa poupée et elle n’en finit pas de l’observer, la toucher, la suçoter. Il y a quelque temps, j’ai tricoté à cette poupée un petit bonnet, juste un poil trop grand pour qu’Antonin puisse s’exercer à l’ôter et à le remettre, mais il ne s’y est, pour le moment, pas intéressé. En tous cas, cette petite poupée métisse est parfaite pour les expérimentations de Louiselle, avec son corps tout souple et tout doux !


Du coup, je propose aussi à Louiselle l’imagier de notre famille que j’ai fait pour Antonin et dont j’ai arrondi les angles pour qu’elle puisse l’explorer sans danger. Elle s’y plonge avec beaucoup de concentration et de sérieux et souvent son frère le lui « lit », en tournant doucement les pages devant elle et en faisant des commentaires dans sa langue (que Louiselle semble comprendre sans aucune difficulté, contrairement à moi…). C’est chou ! Dans le même esprit, je lui propose un petit miroir dans lequel elle peut observer son propre visage et jouer sur son apparition/disparition.
- D’ailleurs, les livres commencent à intéresser très sérieusement la Damoiselle. J’ai donc disposé un petit panier contenant des petits formats très solides qu’elle peut malmener sans dommage. Elle s’exerce à tourner les pages ! Et quand elle s’y interresse d’un peu trop près (comprenez : bouche baveuse en avant prête à engloutir !), son frère lui rappelle avec zèle une des règles de la maison : "Non, non, non ! On ne peut pas !" . Car chez nous, quoiqu’on les dévore, on ne mange pas les livres, même si on a 7 mois.
Les jeux de langue la font rire aux éclats ! Elle adore quand Antonin et moi imitons le cri des animaux ou que nous chantons et mimons les comptines préférées de son grand frère ("Pomme de Reinette et pomme d’Api" et "Les petits poissons dans l’eau" ). Et la bonne vieille comptine-chatouille "La p’tite bête qui monte" la fait se tordre – dans tous les sens du terme…


- Nous jouons beaucoup avec nos cubes en mousse – qui n’avaient d’ailleurs que médiocrement intéressé Antonin au même âge. Je les empile et Louiselle joue au bulldozer : détruire la tour, attraper un à un les malheureux cubes éparpillés, les secouer, les mordre en poussant des feulements sauvages, les jeter au loin… Ce serait un jeu sans fin si Antonin ne décidait généralement d’y mettre le holà, en remisant les cubes maltraités d’un air digne. Je le soupçonne d’être légèrement vexé que ce ne soit pas à lui que je propose de détruire mes tours !!  ;-)


- J’ai ressorti également  notre corbeille de petits instruments de musique dont j’ai ôté certains items dangereux (grelots frêlement accrochés…) ou inutilisables pour elle (harmonica, ou claves qui nécessitent la station assise). Notre tambourin les a rejoint sur son étagère basse. Pour la Damoiselle qui aime frapper le sol en cadence du plat de la main, c’est l’instrument idéal ! Elle s’y intéresse très longuement, et outre le son produit, l’éclat des éléments métalliques n’y est pas pour rien.

Et puis, il y a les bons vieux classiques, qu’on ne présente plus : les hochets favoris (j’ai ôté définitivement la panière, qui en contenait trop, lassée qu’Antonin les deverse sous le nez de sa soeur ; je n’en dispose à présent que trois à la fois, que je change régulièrement), les objets roulants tels que la roue musicale, derrière lesquelles Louiselle cavale sans relâche ; en plus, comme notre plancher est penché, les dits-objets font parfois des choses étranges (comme de revenir entre ses mains alors qu’elle vient de les propulser au loin) qui la ravissent.

Les oubliés, chez nous, ce sont les anneaux de dentition. Toujours rien à l’horizon… Je ne vais pas m’en plaindre… ;-)

mercredi 12 décembre 2012

Choisir


Lorsque Antonin avait environ 15 mois, j’ai lu un article sur la capacité des très jeunes enfants à choisir. J’avais alors réalisé que je lui donnais peu cette opportunité dans notre vie de tous les jours.

Je décidais donc de lui laisser choisir quelle histoire nous allions lire le soir. Je prenais deux livres dans sa bibliothèque, deux histoires de longueur similaires et que nous n’avions pas lues dans la journée et je les lui présentais. Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il choisissait, oui, et avec une rapidité et une sureté incroyable pour l’adulte que je suis (qui a tendance à peser un peu longuement le pour et le contre, à balancer, voire à revenir sur certaines de mes décisions…). Jamais Antonin, après avoir élu un livre, ne s’est ravisé.

Le temps a passé, et le rituel du soir s’est quelque peu allongé en proportion de la fringale de lecture du Damoiseau ; vint le jour où nous passâmes à trois lectures à l’heure du coucher. Je gardais le même principe, en lui présentant les livres deux à deux, mais trois fois de suite. Antonin choisissait ses trois livres un à un et allait les déposer sur son lit, bien en tas, au fur et à mesure.

Et puis, il y eu une petite régression : lorsque je lui présentais deux livres, Antonin, qui avait à présent construit que le fait de sélectionner un objet en éliminait un autre, attrapait… les deux ! Ce faisant, il me regardait avec une petite lueur malicieuse dans les yeux d’un air de dire : « Je t’ai bien eue, hein ?« . Je décidais de laisser faire et choisissais moi-même la troisième histoire – pour ne pas avoir à en lire quatre, car le soir, moi aussi j’ai sommeil ! ;-)

Cette phase de non-choix, durant laquelle Antonin éprouvait visiblement des difficultés à renoncer à certaines lectures que je lui présentais, dura quelques mois. Elle est à présent révolue. Parfois, quand je présente deux albums au Damoiseau, il n’en veut aucun des deux ; parfois, il prends les deux ; parfois il me désigne lui-même le livre qu’il souhaite dans sa bibliothèque (ou me le nomme, s’il sait en prononcer le titre). C’est chouette.

Je suis du coup beaucoup plus attentive à cette capacité de faire ses propres choix chez ma petite Louiselle de 7 mois. C’est là d’ailleurs que la disposition des jouets à sa portée, organisés de façon ordonnée, prend tout son sens. Louiselle sait toujours parfaitement ce qu’elle veut. À travers ses mouvements qui la portent vers les objets qu’elle convoite, c’est sa confiance en elle qui se construit.

Quelle merveille que cette capacité à choisir, si précoce, et comme nous devons être attentif, nous autres adultes, à ne pas l’abîmer ! Car bientôt, nos enfants ne seront plus des enfants, et ce seront alors des choix de vie qu’ils devront effectuer… Puissent-ils le faire avec autant de détermination !

lundi 10 décembre 2012

Le chant des lettres

À l’occasion de la naissance de sa petite soeur, nous avions offert à Antonin deux petits cadeaux qui l’attendaient auprès de moi tous les jours lors de ses visites à la maternité ; car, à 16 mois, nous nous doutions bien qu’il ne resterait pas une heure en admiration béate devant le nouveau-né (contrairement aux adultes !), mais qu’il lui fallait quelques objets à explorer. Son papa avait donc installé une petite dînette dans la chambre d’hôpital ; quant à moi, j’avais acheté Le premier livre de bébé de Gyo Fujikawa.

Ce fut pour moi un choc que de redécouvrir cet auteur. Car lorsque j’étais enfant, ma Maman avait acheté son ABC des enfants sages à Emmaüs. La couverture manquait, mais il était, à ce détail près, en parfait état. Les illustrations et les textes avaient laissé en moi une impression profonde, comme seules peuvent en laisser les livres que l’on aime étant enfant. Qu’est devenu ce pauvre livre sans couverture ? Sans doute ma mère l’a-t-elle redonné aux Emmaüs le jour où elle pensa que nous étions devenu trop grands pour ce genre de lecture… J’espère que ses nouveaux propriétaires l’ont aimé comme je l’ai aimé, moi !

Depuis quelques mois, j’avais donc en tête de retrouver un exemplaire de ce livre. Il n’a pas été réédité en français, mais grâce aux ventes d’occasion par Internet, j’ai fini par me le procurer pour 5 euros (merci au passage à Biquette et à Lucie pour leurs tuyaux !). Et, oh ! Magie de la parentalité ! Je retrouve dans le regard d’Antonin l’émerveillement qui fut le mien il y a bien longtemps ! Il ADORE ce livre, comme s’il héritait de tout mon engouement passé !

Mais forcément, à force de fréquenter des ABCdaires, cela devait arriver : Antonin me désigne les objets représentés piour que je les lui nomme ("bateau" , "ballon" , "bébé" …) puis il me montre la grande lettre qui trône sur la page au milieu de tous ces objets disparates et attends que je lui dise ce que c’est. Ce que je fais, bien entendu. Mais je lui donne alors « le bruit » que fait la lettre en phonologie, et non son nom arbitraire (je lui "bb’" et non "bé").

Une double page retient particulièrement son attention : c’est celle sur laquelle une ribambelle d’enfants portent des pancartes représentant les lettres de l’alphabet. Il s’agit de produire le chant de toutes les lettres sans en omettre aucune, et Antonin est très attentif ! Alors c’est parti : "aa" , "bb’", "kk'"...


Si la tradition scolaire désigne les lettres par leurs noms et non par le son qu’elles produisent, c’est pour pouvoir les désigner de façon non équivoque. Effectivement, la valeur phonique d’une lettre change en fonction de sa place dans le mot (le « S » fait toujours [s] en début de mot, mais bien souvent [z] en milieu de mot, et est généralement muet en fin de mot) mais aussi des lettres auxquelles elle est associée (le « C » fait [k] quand il est suivi d’un « a », mais [s] quand il est suivi d’un « e »). Si on choisi de donner la valeur phonique des lettres à un tout-petit quand il le demande, cela n’exclue donc pas une part d’arbitraire, au contraire ! Pour ma part, par exemple, j’ai décidé de dire [k] quand Antonin désigne le « C » car les mots commençant par « CA », « CO », « CU », « CL » ou « CR » me semblent plus nombreux et plus familiers que ceux commençant par « CE » ou « CI »… Je ne parle même pas du « CH », c’est un phonème à part entière, qu’il faudrait apprendre séparément, et qui n’a rien à voir avec les valeurs phoniques des deux lettres qui le composent !

Et d’ailleurs, le « H » ? Et bien, quand Antonin me le désigne, je lui explique que cette lettre s’appelle « ache » et qu’elle ne fait pas de bruit… Cela n’a pas l’air de le perturber plus que cela. Après tout, l’escargot et la tortue de ses imagiers n’ont pas de cri, cela ne l’a jamais gêné !  ;-)

Nous en sommes donc là. Mon objectif n’est pas, bien sûr, que le Damoiseau mémorise ces sons, et d’ailleurs je serai bien embarrassée s’il fallait décrire ce qu’il comprend vraiment de tout cela. Mais il me pose une question, j’essaie de lui répondre, et du plus honnêtement que je peux en tentant de rester pas trop loin de sa portée. Cela fera son chemin, ou ne le fera pas.

L’autre jour, je passe devant la porte entrouverte de la chambre d’Antonin et je l’entend proférér des bruits bizarres… Je jette un oeil… Il était penché sur son ABCdaire et le lisait : « SSSS ! » s’exclamait-il joyeusement… en désignant un mangifique « F » !

J’ai beaucoup ri. Et je me suis souvenu de cet article, relatant une anecdote similaire chez un enfant plus grand, qui m’avait beaucoup fait rire aussi ! :-D

samedi 8 décembre 2012

Louiselle danse...


Depuis qu’elle est en âge de décoller le torse du sol sur ses deux bras tendus, Louiselle danse.

Dès que son papa empoigne une guitare, dès que j’entame une chanson, dès que nous lançons un disque, elle balance le haut de son corps par de larges mouvements latéraux réguliers. Elle y met autant de sérieux que si on lui demandait de résoudre une équation mathématique. Les sourcils levés, le regard attentif, la bouche ouverte comme étonnée, elle se balance. Elle danse. Et elle ne fait ce mouvement QUE pour danser.

Alors, c’est irrésistible : nous, parents et grand-frère, dansons aussi !  ;-)

mardi 4 décembre 2012

Ras-le-bol de la Tripp-Trapp

La première fois que j’ai vu une chaise Tripp-Trapp, j’ai eu le coup de foudre : coup de foudre pour ce design épuré très seventies, et surtout bien sûr, pour ses promesses d’adaptation à l’âge de l’enfant. J’étais alors enceinte d’Antonin, et j’ai su que j’avais trouvé l’Idée (avec un grand « I ») pour son cadeau de naissance.

Alors, tout naturellement, à la naissance de Louiselle, mon entourage m’a demandé d’un air entendu : « Bon, on se cotise pour une Tripp-Trapp ? » (car oui, c’est inhérent au concept : il faut une chaise par enfant, bonjour le budget dans une famille nombreuse…). Et là, presque avant même d’y avoir bien réfléchi, j’ai eu ce cri du coeur : « NON !!! Surtout pas ! Plus jamais de chaise Tripp-Trapp ! ».

Que s’est-il donc passé dans l’intervalle ?

Dans l’intervalle, Antonin a expérimenté la Tripp-Trapp. Et ce que j’ai constaté ne m’a pas du tout convaincue.

  • Dès qu’Antonin a su s’asseoir, nous l’avons installé dans sa chaise. Et là, surprise : alors que le Damoiseau avait des abdos de fer, alors qu’il savait parfaitement s’asseoir au sol avec un dos bien droit, dans sa chaise, ça donnait ça :


Curieux, non ? Comme si la forme ergonomique de l’arceau incitait le bébé à prendre appui dessus… À moins que ce ne soit propre à Antonin… Dites-moi, si vous l’avez expérimenté, si vos enfants avaient une meilleure posture !  À l’époque, cela avait déjà provoqué en moi un certain malaise. Mais je m’étais dis : "Peut-être que c’est dans toutes les chaises hautes comme ça ?" . Et le Damoiseau est resté dans sa chaise…

  • Il y a quelques mois, Antonin a commencé à escalader sa Tripp-Trapp. Chouette, le moment tant attendu était donc arrivé d’ôter l’arceau de sécurité. Toute l’essence de cette chaise allait pouvoir se réléver !! Et ce fut la déconfiture. D’une part, l’assise est trop peu profonde, et il est fréquent que mon enfant se casse tout bonnement la binette au milieu de son repas. Car quand on a entre 18 mois et deux ans, et qu’on est concentré sur sa nourriture, on ne peut pas en même temps avoir en tête qu’il faut garder ses fesses en équilibre sur quelques centimètres carrés. De plus, le marche-pied est inréglable : pour qu’un enfant de l’âge d’Antonin (qui n’est pas spécialement petit, je précise) puisse grimper sur l’assise, il faut placer le marchepied assez bas… Mais alors, l’enfant a les pieds dans le vide quand il est assis… Ou bien, et c’est l’option que nous avons choisi, nous montons le marche-pied de manière à ce qu’il fasse son office, mais attention la montée (et surtout la descente) deviennent périlleuses ! Je ne vous dis pas le nombre de valdingues qu’Antonin a connu en descendant de sa chaise !

Bref, ce week-end, ce fut le valdingue de trop. Ras-le-bol de la Tripp-Trapp. On ne va pas s’escrimer à l’utiliser sous prétexte qu’elle coûte la peau du dos, hein ? Alors maintenant, on fait comme ça :


Dès qu’Antonin a compris que dorénavant il mangerait ainsi, j’ai senti qu’il se « posait ». En fait, faire manger les enfants en hauteur doit être très insécurisant pour eux… C’est du moins ce qu’il me semble aujourd’hui (quand je vous dis qu’avec le temps je me radicalise !)  ;-)

Dans la pratique, qu’est-ce que cela a changé pour nous ?

- Du point de vue de l’enfant, cela l’encourage à participer beaucoup plus à la préparation du repas. Étant donné la taille de notre cuisine, il est évident que petite table et petite chaise ne peuvent pas y rester en permanence. Lorsque le repas d’Antonin est prêt, nous allons donc les chercher. Il porte la chaise et moi la table ! Si Antonin veut une deuxième portion, il se relève en m’apportant son assiette. Et, une fois le repas terminé, il adore jeter (…) sa vaisselle sale dans l’évier ! Enfin, je nettoie la table d’un coup d’éponge, l’essuie, range le mobilier, passe un coup de pelle-balayette, et Antonin met volontiers la main à la pâte ! Tout cela était impossible avant : impossible pour lui d’effectuer la descente casse-figure en tenant quelque chose dans ses mains, impossible de nettoyer ce recoin compliqué (je me mettais carrément à quatre pattes sous la table pour accéder aux débris de nourriture !!).

- De mon point de vue, le nettoyage est facilité, donc. La chaise Tripp-Trapp étant coincée contre un mur, il fallait même que je savonne le carrelage mural après chaque repas ! Au milieu de la pièce, c’est beaucoup moins compliqué.

- Du point de vue de la convivialité, on se débrouille. Soit nous mangeons sur notre table à nous, en même temps que le Damoiseau, juste à côté. Soit nous mangeons après, et Antonin, s’il le souhaite, peut revenir à table (dans sa chaise haute, cette fois) pour picorer dans nos assiettes. C’est de loin ce repas en deux temps que je préfère, nous sommes moins centrés sur les maigres quantités qu’il ingurgite et sommes donc plus détendus !  ;-)

Et Louiselle, me demanderez-vous ? Comment ferons-nous quand elle s’assiéra si nous ne la mettons pas dans une chaise haute ? Attendez donc de voir ce qu’il y aura pour elle sous le sapin dans trois semaines !! ;-) 

lundi 3 décembre 2012

Un arbre dans notre salon


Il y a un arbre dans notre salon !

C’est le premier sapin que mon homme et moi achetons de notre vie – nos derniers arbres de Noël remontent à notre enfance… Un pas de plus dans la parentalité !  ;-)

Avec cet arbre, ce sont d’abord mes propres souvenirs d’enfance qui surgissent, lorsque je quittais avec ma famille ma triste banlieue parisienne pour rejoindre la douillette maisonnette de ma tante nichée sur un flan de coteau enneigé au coeur du Morvan. Ma tante nous ouvrait la porte en souriant, elle semblait sortie des mille et une nuits, toute de noir et d’or vêtue, avec un diadème de sequins barrant son front ! Les décorations à l’intérieur étincelaient, nous nous gavions de petites choses délicieuses (ah, les toasts de mon oncle ! Les meilleures nourritures sont de loin celles qui se mangent avec les doigts !). Il y avait aussi de la musique de circonstance, et des « cierges magiques »… Et des cadeaux… Et le feu de bois craquant… Et la chaleur humaine !


C’est bien dans l’intention de produire à notre tour ce type d’émerveillement chez nos enfants que nous sommes allés, hier, nous promener sur le marché de Noël de notre ville. Il neigeait, comme il se doit. Ça sentait tout un tas de fritures sucrées et salées, et les adultes ont dégusté un vin chaud, comme il se doit. Toute la famille a admiré, dans la nuit tombante, les lumières du manège planté là pour l’occasion, comme il se doit. Et nous avons choisi avec un soin minutieux notre premier sapin et ses ornements… comme il se doit !

La réaction des enfants fut instantannée dès que, une fois rentrés au chaud, nous avons débarrassé notre arbre du filet qui l’enserrait. Antonin a enfoui son visage dans les branches pour humer de tout près son odeur de forêt, et Louiselle a tendu ses petites mains pour caresser ses aiguilles. Et quelle joie de le décorer ! Antonin voulait même y enfouir certaines pièces de ses puzzles et quelques cubes, mais il a fini par accepter l’idée que ce n’était pas très adéquat…  ;-)



Depuis que notre arbre trône dans le salon, le Damoiseau ne se lasse pas de toucher ses ornements (« Délicatement, Antonin ! » Oui, dans la mesure de ses moyens… Je prédis qu’il y aura un peu de casse…), et de faire tinter les grelots que nous y avons accrochés. La première chose que Louiselle a faite ce matin, quand nous l’avons posé sur son tapis, a été de piquer un sprint à travers la pièce pour se poster tout contre une branche basse et faire danser longuement une boule miroitante.


L’esprit de Noël est entré chez nous, et il a pris la forme de cet arbre !  :-D