mercredi 31 octobre 2012

(Re)lire Maria Montessori


Allez, un petit test pour voir… Que ceux d’entre vous qui n’ont jamais lu Maria Montessori lèvent le doigt ! Moui, pas de triche, hein ! Et les autres : avez-vous TOUT lu ? (Moi, pas…). Et si oui : et bien, qu’attendez-vous pour TOUT relire ??  :-D

Nous sommes certainement tous d’accord sur ce point : un montessorien qui n’aurait pas lu Maria Montessori, c’est comme un existentialiste qui n’aurait pas lu Jean-Paul Sartre, comme un partisan de la démarche expérimentale qui n’aurait pas lu Claude Bernard ! Non seulement ces écrits ont, en eux-mêmes, valeur de référence dans l’histoire de notre culture, mais dans la mesure où ils ont fait école, il est plus que nécessaire d’y revenir souvent, pour bien départager ce qui appartient à la pensée primitive et ce qui a été élaboré par la suite, et constitue un déploiement de la pensée d’origine par d’autres gens en d’autres temps et d’autres lieux.

Mais… Non, Maria Montessori, ce n’est pas « facile » à lire ; un écrit scientifique du début du vingtième siècle, de toute façon, ce n’est pas facile à lire. Il faut être concentré, et dans l’idéal, prendre des notes. Il faut parfois relire une phrase (ou un paragraphe) à plusieurs reprises. M’enfin, consolez-vous en vous remémorant vos lectures imposées au lycée ou à la fac, et cela ne vous semblera plus si terrible ! Et Maria Montessori, ce n’est pas non plus l’équivalent de son contemporain Edmund Husserl, hein !! (celui-là, malgré tout le respect que je lui dois, j’ai des souvenirs assez douloureux de la lecture de ses textes… Comme de ceux de pas mal de philosophes allemands des trois siècles derniers, d’ailleurs, pour ne citer personne…) Au terme d’un passage un peu technique, vous aurez toujours la récompense d’une illustration, souvent tirée de l’expérience personnelle de Maria Montessori elle-même, qui vous éclairerera et vous délassera ! C’est le charme et la souplesse de l’argumentation italienne, qui sait osciller entre exigence et poésie, entre théorie et pratique, comme une respiration ! Alors, courage !

Et vous verrez : au fur et à mesure de vos lectures, vous sentirez se déployer une relation d’exception entre la grande dame et vous, un discours direct dans lequel vous n’aurez plus besoin de commentateurs intermédiaires pour la relayer… Et je vous assure que la théorie des « périodes sensibles » (par exemple) est bien plus percutante lorsque c’est Maria Montessori elle-même qui l’explique !  ;-)

Maintenant que les plus récalcitrants d’entre vous sont convaincus, que lire ? Ben, tout ce qui est disponible en français, si possible (je dois avouer que personnellement, ce qui concerne l’éducation religieuse ne m’interesse que moyennement, mais c’est évidement une posture personnelle, et ces écrits sont certainement fort intéressants dans leur catégorie !).


Mon favori, c’est L’esprit absorbant de l’enfant, le dernier de la grande dame, qui est, en quelque sorte, allée à rebours : elle a commencé en s’intéressant aux enfants d’âge élémentaire, puis a continué avec les enfants de 3 à 6 ans, avant de se passionner dans la dernière période de sa vie pour les bébés qu’elle a longuement observé lors de ses séjours en Inde, et en particulier à travers les soins que leur prodiguaient leurs mères indiennes, qui se déplaçaient (et emmenaient leurs petits avec elles) pour assister aux conférences de Maria Montessori. Un conseil de lecture on-ne-peut-plus-adapté sur un blog consacré aux bébés montessoriens !! 

Pour ma part, il y a une chose qui m’agace : la maison d’édition Declée de Brouwer a visiblement le monopole pour publier les écrits de Maria Montessori depuis plusieurs décennies. En soi, cela ne me gêne pas. L’édition est jolie, le papier de qualité (le prix va avec, bien sûr). Quelqu’un peut-il me dire pourquoi ces éditions ne comportent-t-elles pas d’index ?? C’est la moindre des choses quand on a affaire à un écrit de cette envergure, auquel on veut se référer souvent, et trouver rapidement le passage ou l’information que l’on a en tête, non ?

Voilà le genre de choses qui m’exaspère dans ce bas monde (Ça, et la guerre perpétuelle, mais voilà un autre sujet).

Je m’apprête à re-re-relire L’esprit absorbant de l’enfant, de Maria Montessori. Et, cette fois, je vais le faire en prennant des notes de façon à rédiger un index (que je vous communiquerai, bien sûr). J’en ai assez de devoir tout relire à chaque fois que je cherche une occurrence… pas vous ? 

lundi 29 octobre 2012

L'hiver... pour de faux !


Ce week-end, une tempête de neige s’est abattue sur Grenoble. Une vraie tempête, avec un vent très violent et glacial, et une pluie interrompue de flocons serrés. Dans notre rue, une dizaine de grosses branches d’arbres, qui devaient pourtant supporter les intempéries depuis quelques saisons, ont cédé sous le poids de la neige accumulée ; la rue a été fermée aux voitures par sécurité, ce qui a rendu notre dimanche aussi silencieux que si nous avions habité la haute montagne !


Hélàs, ce ne fut pas l’occasion pour les enfants de nouvelles expériences sensorielles : c’était un temps à ne pas mettre un bébé dehors ! Nous avons surtout profité de notre matinée dominicale, allongée par le décalage horaire, pour expérimenter… notre couette ! Tous les quatre dans le grand lit des parents, qui à lire, qui à babiller, qui à se chatouiller…


L’hiver, c’est la belle vie… surtout quand c’est pour de faux, car l’automne revient demain, avec ses pluies douces et ses maximales autour de 10°C ! Et aujourd’hui, c’est le dégel, les blocs de neige durcie de plusieurs tonnes dévallent les toits et s’écrasent sur les trottoirs… Gare aux passants ! Ce n’est aujourd’hui que nous sortirons non plus !

dimanche 28 octobre 2012

Voitures


L’avantage des poussettes « face à la mère », c’est qu’on peut avoir de grandes conversations avec son enfant, yeux dans les yeux, lors des promenades. Antonin, qui est fort bavard, ne se prive pas de me faire tout un tas de commentaires sur ce qu’il peut observer tout autour de lui. Cependant, depuis quelques semaines, son discours se fait un tantinet répétitif : "Kaki, kaki… kaki, kaki, kaki… Kaki… Oh, kaki…" .

Une « kaki » désigne une voiture dans le verbiage du Damoiseau. Or dans les rues de notre ville, des voitures, il y a en a des tas et des tas : il y a celles qui sont garées le long du trottoir, nez à cul, serrées-serrées, et qu’il convient de désigner une à une sans en oublier une seule ("Kaki, kaki, kaki…" ) et comme si cela ne suffisait pas, il y a celles qui circulent sur la chaussée et déboulent brusquement dans notre champ de vision ("Ah, KAKI !" – "Et oui, mon chèri, quelle surprise, hein ?" ). Je vous laisse imaginer ce que ça donne quand nous sortons aux heures de pointe…

Mais depuis quelque jours, Antonin transfère cette passion à ses petites voitures-jouets. C’est une nouveauté. Il s’amuse beaucoup à les faire rouler verticalement, horizontalement, sur tout un tas de supports différents (durs, mous…), à les enfouir dans pleins de petits endroits impossibles (entre les meubles et le mur, sous le canapé ou les étagères, bien au milieu de la pile de serviettes de toilette, sous les matelas…).


Voilà, ça devait arriver un jour, n’est-ce pas ? J’avoue que cela nous fait drôle, à nous ses parents qui, en fait de voitures, ne connaisons guère que les 2 chevaux, les 4L (je sais, je date…)… et les AX ! Mais rassurez-vous, les casseroles du Damoiseau sont loin d’être délaissées pour autant !

jeudi 25 octobre 2012

Leçons de vocabulaire en deux temps


Lorsque j’ai fabriqué ses premiers imagiers à Antonin, j’ai pris garde que les objets représentés soient connus de lui. Je l’avais d’ailleurs soigneusement vérifié à travers tout un tas de petits jeux de mise en correspondance entre l’objet réel et sa photographie.

Mais les derniers imagiers que j’ai fabriqué pour lui, et que je ne lui ai pas encore donné, comportent des mots qu’il ne connaît pas, je le sais. Je vais donc les introduire tout autrement, en présentant les objets, puis leur représentation sur des pages détachées les unes des autres et très progressivement. Ce n’est que lorsque tous les mots seront connus que nous relierons le tout avec les anneaux à charnière pour former l’imagier.

Avant d’introduire de nouveaux noms d’objets, j’ai voulu qu’Antonin découvre cette semaine la méthode seule, en la faisant donc porter sur les objets qu’il connait bien, avant de la transposer à des noms d’objets inconnus. C’est toujours l’adage «Une seule nouveauté à la fois » qui me guide ! 

Vous reconnaitrez certainement cette méthode ; elle est directement inspirée des leçons de vocabulaire (dites "à trois temps" ) que les éducateurs montessoriens pratiquent dans leurs classes.

Voilà donc une semaine qu’Antonin et moi jouons au jeu suivant, appliqué aux ustensiles de cuisine ou aux figurines d’animaux (à défaut d’animaux réels…) :
- Je dispose sur la table trois objets, et je les lui nomme très doucement, en articulant bien : "passoire" , "poêle", "casserole". A chaque fois, je touche l’objet correspondant du doigt.
- Ensuite, je lui demande de me montrer les objets : Montre-moi "passoire", Montre-moi "poêle", etc.
- La leçon montessorienne prévoit un troisième moment, dans lequel l’enfant produit lui-même le nom de l’objet que l’adulte lui désigne. Nous n’en sommes pas encore tout à fait là avec Antonin : il ne sait dire que quelques-uns des noms qu’il connait, en signe d’autres… C’est en construction, et je ne veux pas le mettre en difficulté en exigeant une production. Cela doit rester ludique !
- J’avais l’intention de me limiter à trois objets, et d’en proposer de nouveaux à chaque fois pour parcourir l’ensemble des objets présentés dans les imagiers. Mais le Damoiseau ne l’entend pas de cette oreille ! Lorsque qu’il m’a désigné correctement les trois objets, il réclame : "Encore ! " J’en rajoute donc un (un seul) et nous recommençons tout depuis le début. Mais ensuite… "Encore !" . Bon, vous l’avez compris, ce jeu durerait longtemps si, lorsque sept objets sont rassemblés sur la table, Antonin ne montrait des signes de dispersion : il se trompe, veut aller trop vite et désigne un objet avant que je ne prononce son nom, se lève pour stopper l’activité… Bref, il m’a signifié à chaque fois que six objets, c’était un maximum ! Et je suis bien d’accord !

Montre-moi "passoire"

- Une fois l’activité réalisée plusieurs fois avec les objets réels, nous la répétons avec leurs photographies : il suffit d’ouvrir les charnières, et les imagiers se transforment en cartes de nomenclature ! L’activité est ainsi plus rapide à mettre en place, et peut être facilement organisée au moment où l’envie ou l’occasion se présente !

Montre-moi "bol"

Et de même qu’avec les objets réels, nous nous arrêtons à six images à désigner (et en introduisant les trois dernières une à une), sous peine de distraction et d’éparpillement !

mercredi 24 octobre 2012

Ma bibliothèque idéale pour les 0 - 3 ans

Je parle assez peu littérature de jeunesse sur ce blog, bien que cela soit une véritable passion. Mais il en est de ce domaine comme d’une forêt profonde : plus j’avance, plus cela s’épaissit, foisonne, et moins je me repère ! Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas du tout dans cet article de me poser en spécialiste ; mais j’ai à présent assez de recul sur les goûts d’Antonin (et les miens !) pour pouvoir vous livrer une liste de must have montessoriens.

En fait de must have, nous ne possédons pas TOUS ces livres à la maison ; j’ai parfois un peu gaspillé mon argent en achetant des ouvrages qui ne méritaient pas de l’être. C’est pour cela que je me décide à vous faire part de mon expérience : les titres qui suivent ne vous décevront pas… du moins, je le pense ! Et n’oublions pas qu’ils sont pour la plupart disponibles en bibliothèque (sinon, faites-les commander !), et que le nombre d’emprunts des titres est illimité : pour nous, nous avons emprunté jusqu’à cinq fois un même ouvrage, et nous avons ainsi l’impression de l’avoir à la maison ! Mais laissez passer du temps entre deux emprunts, bien sûr, pour que d’autres en profitent et pour que votre petit ait le plaisir de le redécouvrir !

Abécédaires, imagier et livre à compter : 

- L’ABC, Éric Carle, Mijade.


- ABC 3d, Marion Bataille, Albin Michel.
- Les petites bêtes à compter, Lorena Simonovich, Albin Michel.

Petits récits de la vie quotidienne :

Fidèles à la pédagogie montessorienne, on privilégie les illustrations et les récits réalistes… ce qui n’exclut pas le charme et la tendresse ! 

- Léo et Popi, Helen Oxenbury et Claire Clément, Bayard.


- Deux petites mains et deux petits pieds, Mem Fox, Hélène Oxenbury, Gallimard.
- On ne peut pas !, Jeanne Ashbé, Pastel.
- Ça va mieux !, Jeanne Ashbé, Pastel.
- Lou et mouf : t’en as plein partout !, Jeanne Ashbé, Pastel (L’heure du bain de la même série a l’air très bien aussi…)
- Le premier livre de bébé, Gyo Fujikawa, Gautier-Languereau (Je suis par ailleurs à la recherche de son Abécédaire en français, si quelqu’un a un tuyau…).
- Bonne nuit à tous, Bruno Munari, Le Seuil.



- Ne bouge pas, Komako Sakaï, Nakawiki Hatsue, École des Loisirs.
- Maman, tu m’aimes ?, Barbara M. Joose, Flammarion.
- Dans l’ogre, Isabelle Simon, Rouërgue.


Documentaires :

(Catégorie absolument incontournable dans une bibliothèque montessorienne !!)

- Les animaux de la ferme, François Delebecque, Panama.
- Les animaux sauvages, François Delebecque, Panama.

 
- Vroum ! Vroum !, François Delebecque, Panama.
- Bébés du monde, Béatrice Fontanel, Claire d’Harcourt, La Martinière.

Pourquoi limiter les livres que nous proposons à nos enfants...

... aux livres "pour enfants" ?

- Ouaf !, Matthew Van Fleet, Brian Stanton, Larousse.
- On mange !, Claude Helft, Lola Gavarry, Desclée de Brouwer (j’ai hélas l’impression qu’il est curieusement indisponible sur tous les sites de vente…).

Livres sur l’art :

- Le petit musée, Alain Le Saux, Grégoire Solotareff, École des Loisirs.
- Mais que fait ce bébé ?, Béatrice Fontanel, Palette.


- Mais que fait ce chat ?, Béatrice Fontanel, Palette.

Livres-objets d’art :

- Les prélivres, Bruno Munari, Cera Nrs.


- Noir sur blanc, Tana Hoban, Kaléidoscope.


- Blanc sur noir, Tana Hoban, Kaléidoscope.

Illustrations abstraites :

(Peut-être faut-il ici s’éloigner de la pédagogie Montessori pour se tourner vers celle de Waldorf, selon laquelle plus une forme est simple et épurée, plus notre imagination peut être active et projeter dans l’objet nos propres sentiments : essayez, vous verrez : ça marche !)

- Petit-Bleu et Petit-Jaune, Léo Lionni, École des Loisirs.
- Quatre petits coins de rien du tout, Jérôme Ruillier, Bilboquet.


- La famille Griboullis, Édouard Manceau, Milan.


Livres à parler :

(J’entends par là des livres à onomatopées, à fredonner, murmurer, scander… et même à danser ! Pour le plaisir de mettre les phonèmes de notre langue en bouche, idéal pour les apprentis-parleurs !)

- Le livre des bruits, Soledad Bravi, École des loisirs.


- Concerto pour deux marmottes et plein d’enfants, Édouard Manceau, Élise Ortiou-Campion, Frimousse (Il s’agit d’une nouveauté tellement fraîche qu’elle n’est pas encore en vente… C’est la ville de Grenoble qui l’a offert à Louiselle pour sa naissance : nous l’adorons tous, ici !)


Poèsie :

- Je ne suis plus un bébé !, Yehonatan Geffen et Barroux, Rue du Monde. ( mais toute cette collection « Petits géants du monde » est extraordinaire !);
- Le petit cul tout blanc du lièvre, Thierry Cazals, Motus (de splendides micro-poèmes sur les animaux, un régal !).


Merci de communiquer vos coups de coeur, je suis friande de nouvelles pistes à explorer !

mardi 23 octobre 2012

Un arc-en-ciel à la maison




Regardez la dernière photo de cet article : lorsque j’ai vu ce mobile la première fois, j’ai eu un coup de foudre intégral et je me suis bien promis de le réaliser un jour. Hier, j’ai donc rassemblé toute une série de chutes de papier aux couleurs de l’arc-en-ciel et je me suis mise au travail. Seulement voilà : après un nouveau coup d’oeil à l’original, il m’est apparu qu’il fallait, pour le réaliser avec succès, défier un peu les lois de la pesanteur. Et bien, croyez-moi ou pas, cela m’a fait peur. Et c’est ainsi qu’est né mon rainbow mobile à moi, certainement moins dansant (quoique !), mais réalisable en quelques quarts d’heure et pour zéro euros.

Au moment de partager avec vous cette nouvelle réalisation, une question s’est posée à moi : ce mobile arc-en-ciel, était-il montessorien, ou pas ?

Non, me suis-je dit dans un premier temps, parce que cela se saurait.

Mais si, ai-je pensé ensuite. Du moins me semble-t-il. Que les spécialistes me corrigent si mon raisonnement est faux, qui est le suivant : la progression des mobiles a été initiée, non par Maria Montessori elle-même, mais par ses collaborateurs ; lorsque Maria Montessori revient en Europe après son exil en Inde, c’est à Adèle Costa Gnocchi qu’elle confie le soin de mettre sur pied un programme de développement. Cette contingence m’autorise à imaginer d’intégrer ce mobile arc-en-ciel à la progression générale, dans la mesure où, présenté à un enfant de 4 ou 5 mois, il l’incite à distinguer les couleurs (les formes et leurs tailles étant par ailleurs semblables). Non ? Dites-moi vite ce que vous en pensez !

lundi 22 octobre 2012

Les imagiers maison

Vous pensiez peut-être que tout était dit sur le sujet ? Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir passé une bonne partie de mon week-end à fabriquer des imagiers (pas moins de trois petits nouveaux ont vu le jour, que je distribue à Antonin petit à petit), mais j’ai eu envie de rédiger un petit récapitulatif sur ce thème, d’autant qu’il m’a semblé que cela intéressait pas mal d’entre vous…

Les imagiers maison, pourquoi ?

Pour plein de raisons, en fait.
- Parce que les imagiers que vous fabriquerez seront probablement les seuls à proposer à votre enfant les objets de façon isolée (un seul par page) et progressive (vous seul savez ce qui correspond à la connaissance pratique de votre enfant : s’il a déjà vu des noix, mais jamais de coing, le nom de ce fruit sera donc appris plus tard). De plus, le fait de choisir les photos vous garantit le réalisme et l’esthétique, pas toujours au rendez-vous dans les ouvrages du commerce.
- Parce que vous seul savez ce qui passionne votre petit : ce sera les insectes pour l’un, mais les races de chiens pour l’autre… De plus, c’est vous qui choisissez la catégorie dans laquelle vous faites entrer les objets. Par exemple, au moment d’apprendre les noms d’animaux à Antonin, je me suis sentie un peu submergée par la tâche : il y en a tellement ! En choisissant de faire des imagiers qui reprenaient les bêtes observées lors de nos sorties (au zoo de Fitilieu d’abord, puis à la Dame blanche), le problème s’est trouvé réglé de lui-même. « Les animaux de Fitilieu » est une catégorie qui parle plus au Damoiseau que « les animaux sauvages » ou « les animaux de la ferme » que proposent les manuels. De plus, lorsque nous y retournerons, nous pourrons préparer la visite en relisant l’imagier, lequel sert aussi de trace pour garder en mémoire ce que nous y avons vécu. Bien sûr, les catégories proposées dans les livres sont utiles aussi, c’est une approche complémentaire. Quand l’enfant est plus grand et que ces classifications prennent sens, on peut détacher les pages de l’imagier maison et les lui faire ranger « les animaux du froid » ensemble, « les animaux qui vivent dans l’eau » ensemble, etc. Mais au moins, on sera parti du concret.

Avec le logo du lieu visité en couverture !

 - Enfin, les imagiers sont un excellent support pour que toute la famille enrichisse son lexique de signes ! J’apprends systématiquement tous les signes des objets présents dans mes imagiers, cela me permet d’accroitre considérablement mon vocabulaire gestuel ! 


Les imagiers maison, comment ?

Ma technique n’est pas la seule possible, bien évidemment. Mais je dois avouer que j’en suis si contente que je refais tous mes imagiers selon la même méthode ! Je sais que la plastifieuse ne fait pas partie du matériel de la majorité des maisons. Si vous n’en avez pas, lancez-vous quand même ! Bon, vos imagiers auront une durée de vie beaucoup plus limitée, car ils vont être manipulés, c’est le moins qu’on puisse dire ! Antonin a même fait prendre un bain l’un des siens, qui n’en a pas souffert. Et puis le fait de plastifier finit vraiment le travail, les photographies ressortent mieux, elles sont brillantes, plus rigides… Enfin, contrairement à ce qu’on pourrait penser, plastifier, c’est écolo, puisque cela permet de rendre l’objet très résistant et donc d’économiser du papier dans le temps. Si vous hésitez (la machine coûte environ 70 euros tout de même, et les « pouches » 20 euros les cent…), pensez que vous serez ravis de conserver les plus belles oeuvres de vos enfants en les plastifiant… Cela vous servira longtemps, longtemps !

Concernant les légendes, rappelez-vous que s’adressant à des enfants non lecteurs, elles ne sont pas du tout obligatoires ! Et quant au choix de la police (cursive, script minuscule ou majuscule), c’est vous qui voyez. À l'école, votre enfant aura affaire d'abord aux majuscules d'imprimerie ; vous pouvez donc décider de les utiliser, ou au contraire de choisir une autre écriture pour induire la prise de conscience des variétés dans ce domaine. Votre choix, fatalement arbitraire, sera le bon, du moment que vous l’aurez décidé ! ;-)

Enfin, concernant le choix des illustrations, j’avoue que j’aime vraiment prendre des photos sur Internet ! D’abord, c’est plus rapide que de prendre soi-même les photos, et on peut toujours trouver l’image idéale (sur laquelle l’objet est visible en entier, bien éclairé, etc.). Mais la vraie grande raison est ailleurs : je tiens à montrer à Antonin des images légèrement différentes des objets qu’il voit à la maison : une passoire, oui, mais pas la nôtre ; un chat, oui, mais pas le même que celui du voisin, et pas une photo de sa figurine en forme de chat non plus. Pourquoi ? Parce que l’objectif des imagiers n’est pas d’appréhender l’idendité mathématique (ce sont les mêmes, ils sont identiques, exactement pareils) ; non, il s’agit d’une compétence cognitive qui consiste à accéder au concept. Lorsque je vois un teckel ou un dalmatien, je reconnais en eux des chiens. Je fais tomber des individus particuliers et uniques sous le même concept de « chien ». Ne me demandez pas comment les bébés parviennent à réaliser ce tour de force, mais une chose est sûre : ils y parviennent. Alors, proposons-leur beaucoup d’images différentes des objets qu’ils reconnaissent pour nourir cette faculté et aiguiser leur sens de l’observation !

Voici un cheval et en voici un autre... semblables mais différents
... mais un cheval, c'est ça aussi...
... ou ça...
... ou même ça !

Les imagiers maison, on met quoi dedans ?

En fait, tout thème peut être prétexte à imagier, du moment que cela intéresse l’enfant : vêtements, animaux, véhicules, aliments, couleurs, outils de bricolage, ustensiles de cuisine ou instruments de musique… Et plus tard, chiffres, alphabet et contraires, astronomie, arbres ou papillons…

Je ne vois qu’un seul sujet qu’il est bon de ne pas présenter ainsi au tout-petit, et c’est son propre corps. Le corps humain n’est pas une machine détachable, cette conception moderne est extrémement dangereuse ; il est prouvé qu’elle débouche d’ailleurs sur des pathologies spécifiques (troubles alimentaires, phobies, etc.). C’est une des particularités de notre monde : les régimes ou la chirurgie promettent de changer une partie de son corps comme si elle était interchangeable, et la plupart des médecins soignent un organe souffrant sans se préoccuper des autres. Néanmoins, je pense qu’il est bon d’éviter de montrer un nez ou une oreille seuls ; l’enfant apprend les parties de son corps les unes par rapport aux autres, en construisant une image orientée de lui-même. Et si vous avez besoin de support, celui-ci coûte 5 euros, se vend en supermarché, et, sans être un chef-d’oeuvre, il remplit très bien son office. Antonin peut en témoigner, qui adore désigner les parties de son corps pendant que je lui lis ! Néanmoins, je ne sais pourquoi, le sexe et les fesses ont été occultés par une étrange pudeur ; mais les deux dernières illustrations autorise l’adulte à les introduire selon la même formule répétitive que le reste : « Montre ton/ta/tes … ».

Moui...

(Pour ma part, je dis « Montre ton sexe » – à la maison, on appelle un chat, un chat – et « Montre tes fesses ». C’est dans la continuité de l’album et toutes les parties du corps sont ainsi passées en revue !)

Et s’il vous reste des questions concernant les imagiers maison, n’hésitez pas !

vendredi 19 octobre 2012

Première pâte à modeler


Antonin ne patouille pas beaucoup. Quand je lui propose une matière à explorer, qu’elle soit peinture, sable ou graines, il préfère de loin la travailler avec un ustensile qu’avec la main. Cela me désole, mais c’est ainsi pour le moment. Pour essayer néanmoins d’induire de nouveaux gestes et de nouvelles sensations, je lui ai proposé ce matin de fabriquer sa première pâte à modeler : une pâte à sel sans sel, juste de la farine et de l’eau. Pourquoi sans sel, me demanderez-vous ? ;-)

Antonin aime cuisiner, cela n’est pas un scoop. Voilà un moment qu’il m’assiste dans la préparation de son petit déjeuner, et dans la plupart de mes recettes. Les tâches qui lui sont pour le moment dévolues sont le lavage des fruits et légumes, et les versés en tout genre. Il était donc comme un poisson dans l’eau lors de cette préparation simple, et comprenait souvent les actions à accomplir avant que je ne les lui formule.



Voilà donc une recette à la portée des enfants de moins de deux ans, si vous cherchiez des idées !
Bon, cela suppose tout de même la présence discrète mais efficace d’un adulte, hein !! ;-)

Bon, et une fois cette petite boule de pâte achevée, qu’en a fait le Damoiseau ?
- Il a commencé par la travailler à la cuillère (grrr…), essayant de la couper avec la tranche de l’instrument.
- Pris d’une inspiration subite, il l’a porté à sa bouche et en a croqué un gros morceau !


- Il s’en est ensuite emparé et a entrepris de la transporter en dehors de la cuisine. Je me suis interposée : la pâte devait rester sur le plan de travail. Après un long combat intérieur, Antonin a donc reposé sa boule de pâte, et est sorti sans elle. Il est très vite revenu avec tout un tas de dînette, et la pâte a donc été jugée digne d’essuyer les fonds de casseroles du Damoiseau.
- Au bout d’un long moment, j’ai décidé de mettre la main à la pâte – ou plutôt le doigt : j’ai creusé la surface de la boule de tout un tas de petits trous avec l’index. Antonin m’a imité, mais je crois qu’il préférait glisser ses doigts dans les trous que je creusais plutôt que d’en produire de nouveau.
- Lorsque j’ai entrepris d’aplatir un morceau de pâte, le Damoiseau m’a définitivement abandonné l’activité pour retourner à ses casseroles…

Bon, côté patouille, on repassera, donc. Je ne me décourage pas, je sais qu’il faut souvent proposer une activité plusieurs fois avant que l’enfant accroche. Et puis, finalement, Antonin a quand même beaucoup joué avec cette pâte, même si c’était pour en faire autre chose que ce que j’espérais – en l’occurrence, la transvaser d’un élément de dînette à un autre…


À quel âge vos propres enfants ont-ils commencé à patouiller ? Que leur proposiez-vous pour ce faire ? Merci d’avance pour le partage d’idées !! 

jeudi 18 octobre 2012

Jouer ensemble


Tout autour de moi, les parents de fratries, composées souvent d’enfants plus âgés que les miens, ont ce leitmotiv : "Ah, vivement qu’ils jouent ensemble !".
 
Un doute m’a saisie. Je suis allée consulter mon cher Dictionnaire vivant de la langue française : « JOUER : faire quelque chose pour se distraire, s’amuser. Se recréer, se divertir à quelque amusement. »

Ah. Et bien, j’ai le plaisir de vous annoncer que, s’ils ne s’attablent pas encore autour de dominos ni même devant des petites voitures ou des poupées, mes enfants jouent ensemble. Si.

Le jeu consiste à se mettre face à face, à plat ventre sur une surface confortable, et à rire. Longtemps, follement. Aux éclats. Avec tant de persévérance que ce serait là des temps parfaits pour me permettre de faire quelque chose pour moi. Seulement voilà : ce jeu-là me fait rire, moi aussi. Aux larmes. Mais sous cape et un peu en retrait, car je ne veux pas déranger.


Mes enfants, à 5 et 21 mois, jouent ensemble. C’est-à-dire qu’ils font quelque chose ensemble en vue de se distraire et de s’amuser. Ils se recréent de concert, ils se divertissent mutuellement. Voilà. Et les vôtres ? 

mercredi 17 octobre 2012

Ça bouge !

Le week-end dernier, Louiselle a décidé de progresser d’un grand pas sur le plan de la motricité : elle s’est entraîné avec succès à se retourner du ventre sur le dos, et a découvert qu’en poussant sur ses bras tendu et en déplaçant son centre de gravité au niveau du bassin (dans une sorte de « quatre-pattes recroquevillé », si vous voulez), elle pouvait soulever son ventre du sol sans trop d’effort.

Devant tant d’évolutions, nous avons procédé à un premier aménagement de l’espace : plus question pour la Damoiselle de jouer ou de dormir sur notre lit, car à présent elle pourrait en tomber. Dommage pour moi et mon dos, c’était bien pratique… Nous avons donc poussé notre table basse au salon pour faire une place réservée à la peau de mouton.


Et que fait Louiselle sur sa peau de mouton ? Elle marque l’heure, ma bonne dame…

Midi moins dix...
Midi pile...
Midi dix...
Etc. !

lundi 15 octobre 2012

Face au monde

J’ai beau habiter dans une grande ville, les gens dans la rue restent rarement indifférents quand ils croisent un bébé porté en écharpe. Je lis sur leurs mimiques l'étonnement ("Tiens, il y a donc un petit bout, là dessous ? Il ne va pas étouffer ?"), la curiosité ("Je me suis toujours demandé comment on fait pour que ça tienne…"), l’attendrissement ("Ah, ce petit museau qui pointe au-dehors, c’est trop mignon !").

Cependant, depuis quelques jours, ce que je lisais dans le regard des gens, c’était plutôt : « Pauvre enfant !… et quelle mère indigne !«   La cause : Louiselle a décidé que le monde, c’était passionnant – surtout vu à l’envers. Alors la Damoiselle s’arqueboute de toutes ses petites forces, renverse la tête complètement en arrière, et ouvre grand les yeux en bavouillant benoitement. Inutile de préciser que cette posture ne me convient pas trop : outre qu’elle tire sur mon dos déjà endolori, je dois maintenir ma fille d’une main au niveau de la nuque ; ce qui signifie qu’il ne me reste plus qu’une main pour diriger la poussette d’Antonin, qui est loin d’être maniable  (bon, elle est presque aussi vieille et endolorie que moi, et ne m’a coûté que 3 euros dans un vide-grenier… C’est la seule que j’ai trouvé dans laquelle l’enfant est assis « face à la mère » !).

J’ai très vite compris qu’il était temps de porter Louiselle dans la position dite « du petit bouddha » :


Je sais qu’il y a controverse quant à cette position, mais je ne suis pas sûre qu’il s’agisse de la même. J’ai appris à me servir de l’écharpe lors d’un cours donné par une sage-femme spécialisée, qui m’a appris une technique différente de la technique décrite ici, et dont je ne parviens à trouver aucun tutoriel. Lorsque j’installe Louiselle ainsi, le tissu ne passe pas entre ses jambes, mais elle est en position fœtale comme dans une poche et (ce point est très important) ses pieds sont souplement placés à un niveau plus haut que ses fesses, ce qui permet à la circulation sanguine de se faire sans effort.

Toujours est-il que ce procédé nous convient très bien, à Louiselle (et à Antonin avant elle) et à moi, et puis la Damoiselle ne me laisse pas le choix, étant par ailleurs encore trop petite pour être portée sur le dos. Je le trouve très simple et confortable pour le parent comme pour l’enfant qui, la tête, la nuque et le dos bien à plat contre le torse de la maman, les jambes repliées naturellement en position fœtale, peut observer le monde sans être privé du contact rassurant de l’adulte.

Depuis que Louiselle et moi avons adopté cette nouvelle position, j’ai retrouvé mes deux mains (encore que quand je n’ai pas Antonin, mes deux mains sont dans celles de  mon bébé !), et je lis à nouveau dans le regard des gens étonnement ("Tiens, c’est original !" ), curiosité ("Mais où sont passées les jambes ?" ) et attendrissement ("Oh, la petite bouille bien visible !").

All is all right, then.

Mobile d'automne


Je ne suis pas la seule à aimer l’automne plus que toute autre saison. Je ne suis pas la seule à glaner mille petits trésors dérisoires lors de mes promenades. Et je ne suis certainement pas la première à avoir eu envie d’en faire un mobile !
 



 
Et voici le dernier-né de notre collection, assemblé en une petite heure de temps lors d’une soirée d’automne digne de ce nom, pluvieuse et venteuse à souhait ! J’ai scié un morceau de tuteur en bambou, auquel j’ai accroché les matériaux avec du fil à broder beige irisé : des mini-bouquets de feuilles sèches, une pomme de pin, deux marrons, trois noix. On pourrait être tenté de suspendre beaucoup d’objets à la fois, selon l’abondance de nos récoltes ; si on a du mal à choisir parmi toutes les merveilles de la nature, je pense qu’il est plus adapté d’apporter des modifications régulières au mobile afin de permettre au bébé de se concentrer sur les différentes formes et couleurs sélectionnées pour lui.


Un enfant de trois ans ou plus peut être associé à la conception du mobile ; et pour les plus petits comme Antonin, ils auront participé à la collecte des trésors d’automne…

Bel automne à tous !