lundi 17 décembre 2012

Maison d'enfance

Ça y est ! Nous avons trouvé la maison d’enfance de nos enfants !

Nous l’achetons (et emménageons) au printemps


C’est drôle comme le fait d’être sensibilisée à la pédagogie Montessori a affecté mes critères de choix concernant les maisons visitées. Et maintenant que mes rêves d’aménagement ont une matière concrète à exploiter, j’ai tendance à tout projeter en terme d’ambiance et d’adaptation à l’enfant ! ;-)

Elle est bien, cette maison. Elle n’est pas parfaite, certes, mais elle est bien. Bon, le rendez-de-chaussée est à restructurer totalement, et je ne visualise pas encore très bien comment nous allons faire tenir une cuisine, une pièce à vivre et un coin repas dans ses 40 mètres carrés – d’autant que j’aimerai bien qu’on crée aussi l’espace pour une petite entrée. C’est important, l’entrée – symboliquement, le sas entre deux mondes, extérieur et intérieur. Mais aussi, beaucoup plus pratiquement, l’endroit dans lequel on remise les manteaux, les chaussures, où on dispose deux ou trois miroirs… Pas besoin d’être montessorienne pour savoir à quel point c’est important – toutes les Mamans ont expérimenté cela, n’est-ce pas ?
Au mileu de ce flou artistique qu’est la pièce à vivre, brille un astre : c’est l’âtre, la cheminée. Qui est là où elle est et n’en pourra pas bouger. Je sais déjà que c’est autour d’elle que s’organisera un aspect essentiel de notre vie de famille : renouer avec les gestes séculaires – se chauffer, lire, jouer ou tricoter, et, oui, cuire des pommes de terre sous la braise… Nos enfants apprendront à faire naitre un feu, le nourrir, l’humer, le savourer, l’éteindre s’il le faut. La notion de chaud et de froid prendra pour eux une dimension vivante. L’hiver, la vie se resserra autour de lui. L’été, nous l’oublierons un peu, certainement, et nos quartiers s’élargiront…
Notre maison, c’est une maison qui se vit dans les étages. Quatre fois 40 mètres carrés, avec des escaliers assez ardus entre chaque étage… Aïe, il va falloir aménager, je songe déjà à construire des petites rampes taille enfant…


Mais aux étages… Merveilles !
Une vraie belle salle de bain ! Vous ai-je déjà dit que celle de notre appartement actuel mesurait 3 mètres carrés ? Et que cette pauvre superficie est rongée par une table à langer et par un bidet inutile et mal soudé au sol (j’ai essayé de le recycler en lavabo pour enfant : impossible !) ? Voilà pourquoi vous n’en avez jamais vu de photos ! Antonin se débrouille plutôt bien pour sa toilette, mais j’avoue que cela tient plus du miracle que de l’aménagement de l’espace ! Par contre, notre future salle de bain est une bénédiction. Pour nous, les adultes, pour mon mari qui est si grand qu’il n’a jamais pu prendre un bain de façon confortable (là, ce sera possible), mais aussi et surtout pour les enfants : dès que je l’ai vu, déserte et figée dans sa nudité de pièce à vendre, J’AI VU ! J’ai vu les éclaboussures joyeuses déborder de la large baignoire, j’ai vu l’espace disponible pour installer (enfin !) un espace-pot de façon permanente à côté des toilettes pour adultes, j’ai vu qu’il y avait de la lumière pour disposer des plantes vertes et suffisamment de place pour quelques demi-douzaine de tables à langer (oui, j’exagère un peu, là…) ! J’ai vu que c’était un bon endroit pour apprendre à prendre soin de son corps. J’ai vu que mes enfants allaient aimer se baigner dans cette pièce, que j’allais aimer, moi, me détendre dans cette baignoire, que nous allions tous adorer y faire des bulles et des concours d’apnée. Cette salle de bain respirait l’amour de la santé et de la propreté – comme toute salle de bain qui se respecte ! Pardonnez mon enthousiasme, mais je n’ai jamais eu de salle de bain qui se respecte… :-D

Des chambres ! Plein de chambres ! Trois chambres, en fait. C’est-à-dire une pour le couple, et une par enfant. Au cas où cette information vous aurait échappé, dans notre appartement actuel, Louiselle dort la nuit dans le salon. Nous déplaçons son lit (heureusement que ce n’est pas un lit à barreaux !) en journée dans la chambre des parents pour qu’elle puisse y faire ses siestes tranquille. Franchement, vous trouvez ça feng-shui, vous ? Je suis persuadée qu’un tout-petit a besoin d’un espace bien à lui. Et je suis persuadée que nous, parents, avons besoin de garder notre chambre libre tout au long du jour (et comment je fais pour blogger, moi ?). Dans notre prochaine maison, ma fille aura enfin quelques mètres carrés bien à elle. Et j’ai du mal à m’endormir en ce moment parce que je peaufine les détails de sa chambre : le coin sommeil, le coin jeu, le coin vêtements… Une vraie chambre montessorienne, je vous promets rien de moins ! ;-)

Ah, une chambre par habitant (ou presque), pour que chacun puisse se reposer, dormir, et s’éveiller ! Ce sont là les fonctions premières d’une chambre, n’est-ce pas ? Un lieu pour les jeux d’intérieur, et surtout un lieu pour la détente; trois chambres aux jolies fenêtres de cadres en bois et espagnolettes baroques, ouvertes sur la montagne (et les jardins des voisins, mais en été, grâce à l’abondance de la végétation, on les oublierait presque), baignées de lumière douce et de tendres ombres crépusculaires.
Des combles aménagés (voir la première photo) : la salle d’étude idéale ! Hélàs, trois fois hélàs, l’instruction en famille est une option fermée chez nous pour des raisons financières. Mais comme je suis professeure des écoles, j’ai pléthore de matériel pédagogique que j’ai toujours souffert de devoir reléguer à la cave faute d’espace (veridique…). Je visualise déjà une pièce entière composée de petits espaces pour que tout à chacun passant dans le coin puisse s’attabler et s’atteler à une activité qu’il désire. Je ne me fais pas d’illusion, je sais que, contrairement à ce que certaines pédagogies alternatives prétendent (!!!???), l’enfant préfère jouer à travailler (si, si, il y a tout de même une différence !), mais je connais mon métier et j’ai quelques astuces pour brouiller (un peu) les frontières entre les deux mondes. En tous cas, moi, je travaillerai là, et mon homme aussi. Cela suffira certainement pour y attirer quelques fois nos deux enfants. Et d’ailleurs ils auront des devoirs à faire, non ? (Grrrr ! : pour ceux qui débarquent, je ne suis pas trop POUR les devoirs à la maison…)

Voilà pour la maison. Mais nous n’achetons pas qu’une maison. Nous achetons aussi un jardin. Et là, je dois dire, je suis tombée sous le charme dès que j’ai posé un pied dessus. C’est un jardin idéal, ni trop petit ni trop grand, bourré d’arbres fruitiers (deux figuiers, quatre pommiers et un actinidia… Question à mille euros : quel est le fruit de l’actinidia ?)… Un petit coin de nature à nous, notre petit bout d’extérieur dans ce monde de brutes, tout ce qu’il faut pour abreuver les citadins assoiffés que nous sommes. Quatre cents mètres carrés d’immensité, des arbres robustes à escalader, des haies composites filtrant la lumière rasante. Un futur paradis pour oiseaux, hérissons et chats errants. Dans ce jardin, toutes les dimensions sont représentée : l’écrasante et spectaculaire montagne à l’horizon, le nid débordant de merluchons qui fait ployer sa branche, la fourmi qui s’affaire à trinballer un en-cas huit fois gros comme elle… L’émerveillement, père de la philosophie, attend mes enfants à chaque détour de touffe rebelle. Nous suivrons tous les jours, et vivrons dans notre chair, même insconsciemment, la course du soleil d’est en ouest, balayant notre petite terre d’un afflux d’émotions, et libre à nous de les accorder avec nos ressentis du moment – délectation, étonnement ou reconnaissance. Ce jardin est un quartier de nature brute prompt à éveiller en vous des amours transcendentaux. Ben si. Pour moi, ce jardin s’appelle guérison, respect et tolérance. La photo ne vous le montrera pas, mais je vous assure que c’est ainsi que je l’ai ressenti !!!!!!  ;-)

3 commentaires:

  1. Paris pour quel département alors? Tu vois la montagne, vous êtes partis loin... pas seulement en banlieue parisienne?
    Ici banlieue parisienne, deux loulous (4 ans et 1 an) et un 3 pièces... heureusement on a un parc privé dans la résidence c'est déjà ça, on fait du vélo trottinette joue... et mon petit garçon a pu crapahuter dans l'herbe tout l'été :))

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    1. Coucou Anonyme !

      Non, non, nous habitions à Grenoble et nous n'avons déménagé qu'à quelques kilomètres de là...

      Il fut un temps (lointain, bien avant d'avoir des enfants) où j'ai habité la banlieue parisienne... Alors, oui, vive les parcs ! :-D

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  2. ton texte est magnifique et donne l'envie de déployer sa famille dans pareil endroit !
    Sam

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