mercredi 12 décembre 2012

Choisir


Lorsque Antonin avait environ 15 mois, j’ai lu un article sur la capacité des très jeunes enfants à choisir. J’avais alors réalisé que je lui donnais peu cette opportunité dans notre vie de tous les jours.

Je décidais donc de lui laisser choisir quelle histoire nous allions lire le soir. Je prenais deux livres dans sa bibliothèque, deux histoires de longueur similaires et que nous n’avions pas lues dans la journée et je les lui présentais. Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il choisissait, oui, et avec une rapidité et une sureté incroyable pour l’adulte que je suis (qui a tendance à peser un peu longuement le pour et le contre, à balancer, voire à revenir sur certaines de mes décisions…). Jamais Antonin, après avoir élu un livre, ne s’est ravisé.

Le temps a passé, et le rituel du soir s’est quelque peu allongé en proportion de la fringale de lecture du Damoiseau ; vint le jour où nous passâmes à trois lectures à l’heure du coucher. Je gardais le même principe, en lui présentant les livres deux à deux, mais trois fois de suite. Antonin choisissait ses trois livres un à un et allait les déposer sur son lit, bien en tas, au fur et à mesure.

Et puis, il y eu une petite régression : lorsque je lui présentais deux livres, Antonin, qui avait à présent construit que le fait de sélectionner un objet en éliminait un autre, attrapait… les deux ! Ce faisant, il me regardait avec une petite lueur malicieuse dans les yeux d’un air de dire : « Je t’ai bien eue, hein ?« . Je décidais de laisser faire et choisissais moi-même la troisième histoire – pour ne pas avoir à en lire quatre, car le soir, moi aussi j’ai sommeil ! ;-)

Cette phase de non-choix, durant laquelle Antonin éprouvait visiblement des difficultés à renoncer à certaines lectures que je lui présentais, dura quelques mois. Elle est à présent révolue. Parfois, quand je présente deux albums au Damoiseau, il n’en veut aucun des deux ; parfois, il prends les deux ; parfois il me désigne lui-même le livre qu’il souhaite dans sa bibliothèque (ou me le nomme, s’il sait en prononcer le titre). C’est chouette.

Je suis du coup beaucoup plus attentive à cette capacité de faire ses propres choix chez ma petite Louiselle de 7 mois. C’est là d’ailleurs que la disposition des jouets à sa portée, organisés de façon ordonnée, prend tout son sens. Louiselle sait toujours parfaitement ce qu’elle veut. À travers ses mouvements qui la portent vers les objets qu’elle convoite, c’est sa confiance en elle qui se construit.

Quelle merveille que cette capacité à choisir, si précoce, et comme nous devons être attentif, nous autres adultes, à ne pas l’abîmer ! Car bientôt, nos enfants ne seront plus des enfants, et ce seront alors des choix de vie qu’ils devront effectuer… Puissent-ils le faire avec autant de détermination !

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