vendredi 9 novembre 2012

Du bon usage des cubes


Lors de notre dernier passage chez les grands-parents d’Antonin cet été, ces derniers ont manifesté l’envie de lui offrir un petit cadeau « pour marquer le coup ». Et comme ils commencent à me connaître, ils m’ont gentiment demandé si j’avais une idée.

« Des cubes ! », me suis-je exclamé avec enthousisame.

Et bien oui, des cubes. Parce que nous n’en avions pas. Parce que c’est plein de possibilités, les cubes.
Les grands-parents d’Antonin sont donc revenus avec un baril de très joli cubes colorés (j’avais précisé « les plus simples possibles ; si ce sont juste des solides en bois brut, sans couleur, c’est encore mieux », mais apparemment, les jouets qui j’ai dans la tête ne remplissent pas les rayons des magasins).

Hélas, si ce jeu m’a immédiatement séduite, si je n’ai pas douté une seconde du bien-fondé de mon choix, j’ai vite senti une certaine déception (des adultes, s’entend) à la réception du cadeau. Non pas qu’Antonin (19 mois à l’époque) ait été indifférent ; non, non, il a adoré… le baril et son couvercle. Ôter, remettre, cela l’a occupé de longs moments. Quant au contenu… Il a poliment jeté un coup d’oeil dessus avant de revenir à son couvercle.

Alors son Papy s’est mis en devoir de construire des tours, « pour lui montrer ». Indifférence totale. Puis son Papy a détruit les tours. C’était déjà un peu plus intéressant. Mais bon, rien de comparable à ce fabuleux couvercle en plastique transparent dont Antonin venait de s’apercevoir qu’il pouvait également servir de plateau pour tranporter des objets légers.

En retrait, luttant de toutes mes forces pour ne pas intervenir dans ce jeu où chacun était animé d’un désir de bien faire qui ne rencontrait pas celui de l’autre, je méditais. Sur l’aveuglement des adultes, si bien attentionnés soient-ils, sur la créativité véritable de l’enfant, qui elle n’est pas souvent là où on l’attend. Sur cette obsession du « bon usage » (les cubes sont faits pour être empilés, n’est-ce pas ?) qui génère tant d’inquiétude. Oui, de l’inquiétude. Car si l’enfant ne parvient pas à faire (ou ne veux pas faire, ce qui, à cet âge, est sensiblement la même chose) ce qu’on attend de lui, est-il « normal » ? N’est-il pas « en retard » ?
Derrière cette attitude de l’adulte, il y a, je pense, le culte de la précocité. Être précoce, dans nos sociétés, c’est bien vu. Je peux cependant vous affirmer que ce n’est pas parce qu’un enfant apprend à lire à 5 ans qu’il sera ingénieur ! Cela se saurait ! Ce qui est bon pour l’enfant, c’est d’apprendre quand il est prêt. Trop tôt ou trop tard, c’est domageable. Et qu’il soit prêt plus tôt que son petit voisin n’est en soi ni bon ni mauvais.

Je voulais attirer l’attention des lectrices sur un fait. En surfant sur le net, je trouve pléthore d’exemples d’enfants qui ont l’âge d’Antonin et qui parlent couramment, dessinent des bonhommes ou réalisent avec succès des encastrements compliqués (par exemple ce jeune garçon-, qui a trois mois de moins qu’Antonin, un grand bravo à lui !). Il ne faut surtout pas en prendre ombrage ! Une de mes amies m’avouait avec une pointe d’inquiétude que son petit garçon du même âge que le mien refusait les tris qu’elles lui proposait et préférait tout éparpiller. Et bien ! C’est qu’éparpiller, c’est ce qu’il lui faut en ce moment, voilà tout ! Notre tâche consiste à mettre à disposition  des objets qui permettent une activité qu’aura choisi l’enfant en appliquant ses capacités personnelles du moment. Cette dynamique est un meilleur atout pour sa réussite future (scolaire, mais pas seulement) que de lui faire faire quelque chose dont il n’a pas envie. Et quand tout ce petit monde aura 15 ans, on rigolera bien en se rappelant qu’à tel âge le petit Machin ne jouait pas encore aux voitures, ou que le petit Truc se moquaient éperdument des crayons de couleurs… Non ? 

En réalité, Antonin s’est très vite intéressé aux cubes pour eux-mêmes, le jeu favori étant (c’est toujours le cas) de vider le panier qui les contient et de le re-remplir. Mais, ouf, depuis quelques jours, des constructions baroques fleurissent sur nos planchers et nos étagères : murs serrés-serrés, tours interminables…


Je me suis hâtée de prendre ces chefs-d’oeuvre en photo pour les envoyer aux  grands-parents du Damoiseau afin de les rassurer !  ;-)

29 commentaires:

  1. Coucou Elsa,
    Enfin un jouet que j'avais dans la stock de Charline mais que je n'avais pas encore mis à disposition...
    Suite à une réorganisation de la rotation des jouets, j'ai introduit ces cubes et quelle déception... :-( ils semblent trop petits pour les gestes encore un peu maladroits ou plutôt trop brusques de ma puce...
    Du coup, je lui ai retiré le soir même mais elle a semblé les chercher le lendemain... peut-être devrais lui reproposer...

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    1. Coucou Stéphanie,

      Et oui, c'est justement l'objet de cet article : nos propositions ne sont que des propositions, libre à l'enfant d'accrocher ou non...

      Pour les cubes, ne t'en fait pas : c'est un jeu auquel les enfant jouent jusqu'à 10 ans environ, Charline a donc bien du temps devant elle pour s'y intéresser !

      Mais c'est drôle, ça : bien des Mamans me disent qu'elles trouvent leurs cubes trop petits... Petits ? C'est-à-dire ? Les nôtres font environ 5 cm d'arêtes, et c'est parfait, je trouve ?

      A tout bientôt !

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    2. Coucou Elsa,

      Oh tu sais j'ai plus été déçue que le jouet ne soit pas vraiment adaptée car elle semblait s'en intéresser. Mais j'ai assez peu de jouets dans l'esprit Montessori et j'espérais que celui-ci allait convenir...! Loupé!
      Je viens de lire ton dernier billet et c'est un peu comme avec les ciseaux, finalement c'est assez difficile pour moi de trouver/proposer le bon objet/jouet. Parfois je trouve que cela y ressemble mais la petite différence... fait toute la différence justement...!

      Hier soir, Charline a trouvé a reconnu la boîte de cube (qui était mal rangé mais qu'elle n'avait vu qu'une fois pourtant...) elle a voulu la prendre, j'ai laissé faire et elle a joué avec... mais pas pour faire des construction mais pour faire des versés! Et oui ici les versés, c'est THE activité du moment...! donc tout y passe...! je devrais me concentrer à lui présenter des versés différents car c'est vraiment ce qui lui plait actuellement...

      Pour revenir à la taille des cubes, je confirme que les tiens sont de "gros" cubes, les miens sont ceux de la marque heros : http://www.baby-walz.fr/HEROS-100-cubes-en-bois-180658.html et les arrêtes des cubes doivent faire 3 cm maximum. Cela rend plus hasardeux les empilements... mais bon pour les versés... c'est parfait hein ;-)

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  2. Article très instructif. Et qui soulève un point qui me trouble aussi, depuis plusieurs mois : Oui, certains enfants du même âge que Florentin, à commencer par sa cousine, ont des capacités différentes.
    Derniers sons de cloche en date :
    - Ma mère qui me dit : "Oh, ta sœur et toi vous parliez très très bien à deux ans, construisiez des phrases élaborées, et vous avez toujours été très bonnes élèves. Et puis vous étiez propres à 18 mois.".. Alors que mon loulou prononce péniblement deux syllabes successives à 22 mois et que nous essayons diverses approches pour qu'il accepte ne serait-ce que de s'asseoir "cul nu" sur son pot.

    - Une collègue dont la fille déclinait son prénom et son nom (tous deux de plus de deux syllabes et avec des consonnes variées) à l'âge de 9 mois à peine. Résultat 10 ans après : elle est sur le point de "sauter' sa 2e classe.

    Faut-il s'inquiéter de cette "non-précocité" de mon fils ? Présage-t-elle d'éventuelles difficultés scolaires dans 1, 5, 10 ans ?
    Hé bien ! Grâce à ce blog notamment, et à Maria Montessori, mon inquiétude s'allège !
    En OBSERVANT bien mon enfant, je vois qu'il progresse de jour en jour, à son rythme et dans les domaines qui l'intéressent. Que même s'il balbutie au niveau du langage, il nous impressionne par ses aptitudes et sa progression au niveau des encastrements, ou par tout ce qui relève de la motricité fine en général. Qu'il commence à conduire des raisonnements logiques (au vu de son comportement) et que sa mémoire nous impressionne.

    Alors, difficultés scolaires à venir ou pas, je me suis promis que je serai là pour l'épauler, l'observer, lui donner confiance en soulignant ses points forts. Et que j'accepterai, et lui ferai accepter, que nous avons tous des points faibles, tout en l'aidant à progresser sur ces derniers.

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    1. Un grand merci, Anne, pour tes commentaires très riches !!

      Je prends le temps de réagir à celui-ci car il m'interpelle tout particulièrement...

      Antonin fut typiquement ce que tu sembles appeler un petit garçon "non-précoce" - il s'est tout de même mis à craputer dans tous les sens très tôt - mais n'a pas marché spécialement vite par ailleurs - car on ne peut pas être "non-précoce" dans tous les domaines, hein ? ;-)

      "Non-précoce" ne signifie pas en retard. Jamais les pédiatres ne m'ont alertée sur quoi que ce soit. C'était un petit garçon dans les courbes, dans la norme, quoi. Il poussait bien, à son rythme... Mais oui, il fallait vraiment que j'évite de le comparer à tous les super bébés de son âge dont je suivais les explois sur mes blogs favoris, parce bon... :-D

      Tu t'interroges : cette "non-précocité" est-elle éventuellement le signe de futures diffficultés scolaires ?
      Bon, nos p'tits gars ne sauteront peut-être jamais de classe, mais franchement, tant mieux pour eux, hein ? ;-)

      Je ne sais pas si Antonin est "bon élève" (je ne sais pas trop ce que cela veut dire d'ailleurs, à part : "être perçu comme bon élève par l'enseignant, et ça, c'est le cas jusqu'à présent). Il n'est pas champion en "fiches", c'est le moins qu'on puisse dire.

      Mais objectivement, il se passionne pour la numération et construit déjà beaucoup de choses, tanquillement, pour l'apprentissage de la lecture. Dans la mesure où j'ai toujours nourri ses intérêts, je constate qu'il dépasse d'une très bonne coudée, sur ces plans archi-scolaires, les enfants de sa tranche d'âge.

      Par contre, il ne dessine pas de bonhommes ! :-D

      Bref, tout ça pour dire : il n'est pas dit du tout que ton fils ait plus tard "des points faibles". Sauf ceux qu'on voudra bien créer pour lui, peut-être (Non, mais franchement, ne pas dessiner de bonhomme à presque 4 ans !! - Euh, après étude, le premier bonhomme spontanné surgit en moyenne... vers 4 ans... Je te le dis : dans les courbes !)

      :-D

      Bon, mon commentaire est sans doute un peu confus, mais j'avais vraiment envie d'échanger avec toi sur ce point, même de façon un peu informelle et brouillonne ! :-D

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  3. Coucou Elsa,

    oh merci pour ton merci :-), j'avais peur que mes commentaires soient un peu lourdingues, un peu déversoir, un peu nombrilistes...
    Je ne sais pas s'ils sont riches, mais ils sont le fruit de mes interrogations, nombreuses et parfois farfelues.
    Mais que veux-tu, les écrire constitue presque pour moi une thérapie, n'ayons pas peur des mots :-D.
    Et avoir de l'écho de ta part est un plaisir !

    Je suis bien d'accord que "non-précoce" ne signifie pas en retard (c'est bien pour cela que j'ai employé la négation), mais peut-être tout simplement "dans la norme". Et que les enfants précoces ne sont pas forcément heureux.
    Les normes, ces fichues normes, qui ne sont finalement "que" des statistiques. Et comme dirait une collègue, "les stats, c'est comme un bikini, ça montre des choses mais ça cache l'essentiel". :-D.

    Et puis l'essentiel, appliqué à la chair de notre chair, c'est bien que nos marmots soient en bonne santé et heureux de vivre, et tant qu'à faire heureux et curieux d'apprendre.

    Mais c'est fou comme il est difficile de ne pas faire de comparaison, quand on voit deux enfants du même âge évoluer différemment.
    Cernant déjà mes inquiétudes pendant la grossesse, la maman de mon mari m'a dit quelque chose de très juste : "Attention Anne, "comparaison" n'est pas "compétition"".

    Alors je me suis demandé pourquoi effectivement j'envisageais déjà une sorte de compétition. Et je crois que ça tient à mon parcours scolaire.
    Attention ce que je vais écrire ci-après ne relève pas de la vantardise, bien au contraire ! Car je suis bien persuadée qu'être hyper scolaire et excellent élève ne fait pas forcément des êtres humains plus intelligents que les autres.
    Donc...ayant toujours été "1ere de la classe", je crois que ce fichu système de notation et de classement m'a totalement rongé le cerveau. Et que je travaillais et apprenais principalement pour rester en pôle position, et que mes parents en soient fiers peut-être ? Mais jamais pour le plaisir d'apprendre, du moins à partir des années collège dirons-nous.
    C'est désolant, n'est-ce pas...Je ne crache pas non plus dans la soupe, car dans le système français, être hyperscolaire en filière scientifique m'a bien aidée à acquérir un certain formalisme et une certaine rigueur. J'ai grâce à cela réussi les concours que j'ai passés et à devenir ingénieur lambda. Fierté des parents (quoi que, ma mère aurait préféré que je sois polytechnicienne). Mais clairement, très peu d'épanouissement personnel.

    Par conséquent : avec mon fils, j'aimerais à tout prix éviter de reproduire ce que j'ai vécu. J'aimerais qu'il soit épanoui dans son travail ! J'aimerais l'aider à apprendre à se connaître, ses qualités et ses défauts, ses envies, ses centres d'intérêt, afin de réussir son orientation.
    Avec mon mari, nous sommes d'accord sur une chose : notre fils suivra le parcours scolaire et professionnel qu'il voudra, à condition que ce qu'il fera, que ce soit cuisinier, danseur, serétaire, professeur, maçon, coiffeur...., ce qu'il fera par choix donc, il le fasse bien et avec enthousiasme.
    Bon, je me projette très (trop ?) loin, on en reparlera dans une quinzaine d'années :-D !!

    Pour le moment, je me réjouis au quotidien des évolutions de mon loupiot, à mesurer le chemin parcouru.
    Depuis quelques jours, par exemple, il empile avec aisance et plaisir les Lego Quatro, chose qu'il y a quelques semaines encore il ne parvenait pas à faire. Et il construit des tours. Enfin non, pas des "tours". Pour Florentin, ce sont des "phares". Il s'est pris d'affection pour ce mot-là, alors il construit des phares :-).

    Bref ! Bravo encore Elsa, pour toute la bienveillance avec laquelle tu sembles accompagner tes enfants sur les chemins de l'apprentissage. C'est exemplaire :-).
    Et bravo à Antonin pour sa passion de la numération :-) !

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    1. HIHI, j'aime bien la citation de ta copine sur les stat-bikinis... :-)

      Je te tire mon chapeau pour l'analyse que tu fais sur toi-même... Vraiment c'est top ! J'ajouterai juste une chose : puisque tu autorise ton fils à choisir son parcours quel qu'il soit, tu l'autorises aussi à être bon élève, n'est-ce pas ? ;-)

      Pasque bon, d'après les stat' ( :-D ), c'est ce qu'il risque fort de devenir...

      Non, bon, moi je dis ça, je dis rien, hein ? :-D

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  4. La comparaison bikiniesque se grave assez facilement en tête, n'est-ce pas ? J'aime les images fortes :-D.

    Il reste à définir ce qu'est un bon élève... Est-ce un élève qui est scolaire, qui comprend et applique les consignes du professeur correctement, qui réalise les activités et exercices proposés avec peu ou pas d'erreur (et pourtant, on apprend parfois de ses erreurs !) ?

    Ou est-ce un élève curieux et intéressé, "vivant", interactif, qui ose poser des questions et dire "je n'ai pas compris" ? Malgré tout le respect que j'ai pour les professeurs, certains expliquent parfois très mal, c'est humain !

    L'élève idéal est certainement un savant dosage de toutes les caractéristiques ci-avant :-D !
    Enfin je ne sais pas... Toi qui as dû en côtoyer quelques-uns, d'élèves...comment définirais-tu un bon élève :-p ?

    Et un bon élève l'est-il du fait de ses gènes ? Ou du fait de l'éducation / des valeurs qui lui sont présentées à la maison ? Mes parents m'ont sûrement dit moult fois que c'était important de bien travailler à l'école, donc j'avais envie de leur faire plaisir sur ce point. Et derrière tout cela il y avait certainement une envie de faire fonctionner l'ascenseur social comme on dit...Mon papa a dû quitter l'école à 16 ans pour travailler et aider financièrement ses parents, alors il était heureux que ses filles puissent faire des études.

    Et enfin pour les stats, mon loulou a aussi 50% du patrimoine génétique de son papa :-), qui me dit avoir été "bon élève" jusqu'au collège, mais cela s'est gâté par la suite. D'après son auto-analyse (:-D), c'est parce qu'au lycée il étant en internat . Sa maman n'était plus là pour lui dire de se coucher tôt hoho ! Alors il était entré dans le cercle vicieux du coucher-tard (vers minuit) qui implique des difficultés de concentration en cours le lendemain, et donc un effort supplémentaire de travail personnel pour comprendre ce qu'on n'a pas écouté en cours, donc besoin de travailler jusqu'à pas d'heure le soir, etc...

    Bref, je me suis encore épanchée tiens, zut :-D !

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    1. Comme je me retrouve dans ta description Anne ;-) et le papa ressemble étrangement au tien : bon élève jusqu'au lycée mais ça se gâte car plus suivi par ses parents au niveau scolaire (confiance absolue) et niveau faible du lycée fréquenté ! le système classique est fait pour qu'on devienne bon élève "pour faire plaisir" (ascenseur social aussi dans mon cas) et qu'on se perde dans ce qu'on veut réellement, nous...je ne veux pas de cela non plus pour mon fils. Réaliser à 30 ans passé qu'on présente tous les indices de la réussite sociale mais qu'on n'aime pas vraiment notre métier (que l'on n'a pas vraiment choisi finalement), et que les journées sont longues et qu'on préfèrerait faire autre chose, c'est assez dépitant ! après on est un peu coincé par cette réussite sociale.."rétrograder?, mal vu" (je ne connais qu'une exception à cette règle et de lourds sacrifices financiers à la clef).
      Je veux que mon loulou soit bien dans ses baskets et se connaisse pour prendre des décisions en toute connaissance de cause plus tard ; qu'il soit "bon" ou "mauvais" élève (si tenté qu'on puisse catégoriser les enfants comme cela). alors je suis aussi son rythme et on s'amuse comme des fous ;-)

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    2. Anne :

      Je te l'ai dit : ma définition du bon élève ? = "être perçu comme tel".

      Par l'enseignant et ses parents.

      Si tu ne connais pas l'effet Pygmalion, fais une rapide recherche, ça va te pasionner ! ;-)

      Les gènes ? L'éducation parentale ?

      Bien sûr, oui. Sans doute. Différemment selon les histoires intimes, mais oui.

      Enfin, c'est sûr : si, sur la fiche de renseignement de ton enfant il y a écrit, dans la case "Professions des Parents" : Enseignant/Ingénieur de recherche, le regard de l'enseignant sur ton enfant ne sera pas le même que sur le petit d'à côté dont les parents sont "En recherche d'emploi/Chômeur".

      C'est bête, hein. Il parait même que c'est inconscient.

      Quand j'ai rencontré l'instit' d'Antonin l'année dernière, je lui ai demandé, entre autres, comment mon fiston se comportait en motricité. Elle a souri d'un air attendri et à dit : "Oh, Antonin sera un intellectuel..."

      Mignon.

      Elle excuse une de ses "faiblesses" (en l'occurrence, c'était un refus de faire, Antonin ne participait pas aux séances et restait vissé à son banc)... parce c'est de l'EPS. Ele ne serait pas si indulgente s'il s'agissait de maths. Mais les maths, au fait, et le langage ?
      Ah, ben, elle ne peut pas évaluer Antonin, car il refuse de lui parler.
      Bon, alors, le dessin, ou le travail sur fiche est un succès ?
      Pas du tout, non. Du tout, du tout.

      Donc, comment sait-elle que cet enfant est ou sera "intellectuel" ?
      Elle a lu ses petites fiches de renseignements. ;-)
      Peut-être a-t-elle oublié ce qu'elle a lu, mais elle a projeté, et sa projection s'est fixée.

      Et le pire, c'est que je dis tout ça sans ironie, car il se pourrait fort qu'elle ait raison. D'une part, du fait de ces fameuses stat', d'autre part, et de ce fait, parce que nous, parents, ainsi que les enseignants, projetons sur Antonin un avenir positif.

      Tant mieux, il s'agit d'un regard positif !

      Que dire de tous les enfants pour qui cela n'est pas le cas !??? :-(

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    3. Très intéressant, le poids des a priori sur le milieu socio-culturel et cet effet Pygmalion !
      Et merci pour le témoignage concernant ton Damoiseau.
      Cette année, as-tu droit aux mêmes propos de la part de l'instit, ou bien Antonin se comporte-t-il différemment ?

      L'expression "restait vissé à son banc" me rappelle un petit garçon en PS littéralement effrayé par l'école, observé lors de mon bref stage en maternelle en avril dernier. Très en retrait, il parlait peu, et en EPS se réfugiait sur un banc. Il donnait l'impression de craindre des agressions de ses congénères. En cours de récréation, il refusait de lâcher la main de l'adulte. Je n'ose pas imaginer quelle souffrance cet enfant ressentait à l'école :-(.

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    4. Alors, cette année, tout est très différent pour Antonin, je le sens.
      Il s'exprime librement en classe, il se fait des copains, et il s'est (évidemment !) distingué le jour où ses maitresse ont décidé, en début de 2e période, de proposer des activités en libre-service ... ;-)

      Je pourrais te répondre de façon plus complète dans quelques semaines, car je vais rencontrer les enseignantes avant Noël pour parler un peu avec elles et Antonin. J'avoue que je suis curieuse : auront-elles une idée de la façon dont ses apprentissages se construisent ?

      C'est vrai que mon Damoiseau n'entre pas "dans les clous" (enfin, plus ça va, plus je me dis qu'aucun enfant n'entre dans les clous, et QUELS clous, d'abord ?) : son travail "sur fiche" n'est pas terrible, il est peu locace (les médecins scolaire l'ont gratifiée d'un "retard" lexical, j'étais furieuse : je HAIS ce mot "retard" et serait prête à arracher les yeux à quiconque l'emploie pour mes élèves, alors pour mon fils, tu penses !! :-D... Et en plus, c'est faux. Prononciation et construction de phrases sont encore en élaboration, mais niveau lexique, je sais qu'il a "le niveau" GS, alors... Pff. Fermons cette parenthèse...), mais :

      1. Antonin se PASSIONNE pour la numarétion (le mot n'est pas trop fort) et depuis le temps qu'il s'y met, il développe tout seul une connaissance très intime des nombres et de leurs relations.

      2. Antonin est en train d'apprendre à lire. Le grand mot est lâché, mais c'est bien ce qui est en train de se passer - il n'a même pas 4 ans... Ça se fait très lentement, mais je vois chaque jour qu'il a franchi un nouveau pas. Ce matin encore, je changeais sa soeur, et je l'entends derrière la cloison - il était fiché devant son calendrier : MMMM... AAA... MAR... MARD...". Hum, hum.

      Bon, moi, je vois ça, je suis sereine, et même un peu surprise que ses coups de coeur soient si "scolaires" (apprendre à lire et à écrire, quoi).
      Nous verrons ce que les enseignantes en disent, car il s'agit de compétences qui ne sont pas évaluées en MS ! :-)

      Oui, l'enfant "vissé à son banc" dont tu parles correspond à un "profil" que je connais par coeur... :-(
      (Ce sont souvent des enfants issus d'une famille +++, mais qui se retrouvent brusquement à enchainer nounou + garderie + école + cantine + école + garderie + nounou tous les jours... Était-ce le cas pour l'enfant dont tu parles ?)

      Bon, ceci dit, dans la classe d'Antonin, ils étaient tout une "brochette" à ne pas vouloir participer à certaines activités. C'était une classe dans laquelle on avait regroupé tous les enfants de fin d'année, qui n'avaient donc même pas 3 ans à la rentrée. C'est tout à fait normal, à cet âge, de ne pas vouloir participer aux activités collectives !! Et l'enseignante le respectait très bien ! :-)

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    5. Scrogneugneu, je me suis encore fait avoir comme une bleue il y a quelques jours : j'avais rédigé une longue réponse et oublié de m'identifier avant cette rédaction. Résultat : quand je choisis Compe Google, je perds tout ce que j'ai tapé. Bref !
      Je fais une redite version abrégée :
      1 - Ta sérénité me semble justifiée ! Antonin va donc assister à votre entretien ? Je m'en étonne car j'ai souvent entendu parler de rencontres parents/instit mais toujours en l'absence de leur sujet de discussion : l'enfant. Je me demande si la présence ou absence de l'enfant change énormément le fond et le forme des discussions.

      2 - Bizarre. L'enfant "vissé" à son banc que j'ai côtoyé ne correspond pas à l'archétype que tu mentionnes. Il avait été gardé par sa maman en congé parental jusqu'à son entrée à l'école (vers 34 mois il me semble). Et il n'allait pas à la garderie, ni le matin, ni le soir, mais passait tout de même la journée 9h-16h30 à l'école. Eleve plutôt enthousiaste en première semaine, l'instit soupçonnait qu'un événement "traumatisant" se soit déroulé en cour de récré pour qu'il devienne aussi apeuré par ses "camarades" de classe.

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    6. Zut pour les difficultés à poster, c'est enquiquinant, à la fin... :-(

      Oui, bien sûr, Antonin assiste ! A mon tour, je suis étonnée : pour moi, un RDV avec les parents, c'est toujours en présence de l'enfant, et je n'ai jamais rencontré de collègue qui fonctionne autrement...

      D'abord et surtout parce que l'enfant est le premier concerné, mais aussi pour une question pratique : on ne va quand même pas exiger des parents qu'ils payent une baby-sitter le temps de nous rencontrer, hein ? ;-)

      Bon, pour nous, notre RDV, qui devait avoir lieu aujourd'hui, est reporté : l'enseignante est absente. On se remet ça ! ;-)

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    7. Bonjour,
      Je m’immisce un peu dans votre discussion concernant les RDV avec les parents.
      J'ai pris un RDV avec l'enseignante de mon fils (en PS) il y a quelques temps et j'ai beaucoup hésité mais finalement j'ai préféré qu'il n'y assiste pas (rapport à son caractère)... L'enfant est le premier concerné mais en même temps, on lui parle peu (non?), on parle de lui, ce qui peut être un peu dur à vivre non ?
      Je serai contente d'avoir d'autres avis.
      Louiselle sera aussi présente lors de votre RDV alors ?

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    8. Ici

      Maternelle primaire college et lycee toujours en presence de l'enfant.

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    9. Hi hi, très bon argument, la babysitter, Elsa :-D.

      Plus sérieusement, comme Solène je m'interroge sur la façon dont l'enfant peut vivre la rencontre. Et j'imagine que ça dépend vraiment du ton que l'instit et le parent donnent à la conversation. Mais je me fais peut-être trop de nœuds au cerveau :-p.

      Cerina, toi qui sembles avoir une vaste expérience de la chose :-)...Comment vivez-vous ces rdv là, tes enfants et toi ? Et toi Elsa, vu du côté prof et vu du côté parent ?

      Si je caricature à l'excès, ça pourrait être vécu comme un entretien devant un juge, juge qui évalue et fait part de l'évolution de l'enfant depuis le précédent rdv à ses parents, sur le plan des apprentissages et du comportement (enfin, j'imagine, car je parle en ignorance de cause pour le moment, mon fils unique n'étant pas encore scolarisé !!). Selon le verdict du juge, l'enfant en sortira peut-être très motivé pour poursuivre dans une belle dynamique, ou peut-être au contraire honteux, démoralisé, attristé, avec un sentiment de décevoir ses parents. Là encore, je caricature volontairement hein...!

      Concrètement, pendant ces entrevues, parlez-vous de l'enfant (en sa présence) à la 3e personne ? Ou bien vous adressez-vous à lui en le tutoyant ? Evitez-vous les sujets délicats dont vous pressentez qu'ils pourraient déstabiliser/heurter l'enfant ? Même si, évidemment, ces entretiens ne servent pas qu'à envoyer des fleurs !
      Et ressortez-vous de l'entretien en ayant conçu ensemble des stratégies (je n'aime pas trop côté guerrier du mot mais n'en trouve pas d'autre là tout de suite) pour œuvrer dans le même sens, pour aider l'enfant à progresser, s'il y a des domaines dans lesquels il semble en avoir besoin ?

      Si on fait une analogie avec une visite de routine chez un médecin, on peut en effet juste concevoir la rencontre parent/prof/élève comme un état des lieux le plus objectif possible du développement de l'enfant, observé d'une part par ses parents au quotidien, et par son instit en milieu scolaire. De la même façon qu'on mesure ou pèse un enfant, on ferait donc le point sur ses apprentissages (sauf que la "mesure" et la "pesée" sont un genre de photo à un instant t, alors que le point sur les apprentissages s'intègre sur plusieurs semaines). Et cet état des lieux, de poids, de taille, ou de développement à l'école, ne devrait inquiéter le parent et l'instit que si la trajectoire de l'enfant s'éloigne phénoménalement et durablement des "courbes" (on y revient toujours, à ces fichus normes :-p).

      Et au fait, quelle relation Maria Montessori avait-elle avec les parents des enfants qu'elle a observés ? Oui, j'avoue, je suis loin d'avoir lu toutes les œuvres de la Dame, alors je m'en remets humblement à vos lectures expertes :-).

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    10. Solène :
      Euh, on parle DE l'enfant AVEC l'enfant ET son parent.

      :-D

      Non, Louiselle ne sera pas là. Elle n'est pas concernée, alors je me débrouille pour la faire garder. ;-)

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    11. Anne :
      Décidément, j'aime ta verve ! Je m'y retrouve ! ;-)

      Bon, tu poses beaucoup de questions - dont certaines ne sont pas de mon ressort, et surtout pas sans "exemple concret" sous la dent, mais je vais essayer de m'y atteler le plus sincèrement possible ! :-D

      1. Comment je vis ces RDV enfants/adultes, côté prof et côté parents ?
      Euh, ben, assez simplement, en fait ! :-D
      Côté prof, il faut savoir une chose : les 2 tiers des RDV avec les parents sont demandés par les parents. Ce sont, dans ce cas, des parents qui ont un "bon" rapport à l'école, et cherchent à suivre leurs enfants au mieux. Bon, ces RDv se passent généralement super bien, ce ne sont pas eux qui t'empêchent de dormir ! :-)
      Mais il arrive que nous, prof, demandions à rencontrer des parents. Souvent parce que l'enfant nous questionne et que - tiens, quel hasard ? - nous n'avons JAMAIS vu la bouille de ses parents. Non. C'est une voisine, une grand-mère ou une nounou qui nous l'amène - voire il vient tout seul. Bon, on doit se rencontrer, c'est normal, en tant qu'éducateurs, non ? Dernière chose : les parents déclinent parfois la proposition. C'est leur droit. J'ai eu des élèves dont je n'ai jamais vu les parents. Si. :-)
      Et il faut le respecter : ces parents-là ont eu certainement un rapport difficile à l'école...

      2. Comment je vis ces RDV (bis) : c'est une conversation. Entre l'enfant et les adultes. Chacun est libre de prendre la parole quand il veut. Souvent l'un des adultes arrive avec une volonté plus forte que celle l'adulte d'en face de DIRE quelque chose. Mais ça peut être le parent ou moi. Il est vrai que c'est rarement l'enfant qui "commandite" ces RDV, l'enfant apprécie de vivre une vie "différente" à l'école et à la maison, et dans certains cas, peut vivre assez mal une rencontre. Il faut en parler en amont !! (en tant que parent, mais aussi en tant que prof). Et dire à l'enfant qu'il a le droit de se comporter différemment dans l'un et l'autre lieu. Que ça ne lui sera jamais reproché - que ça ne sera jamais "rapporté" ni observé à la loupe. Mais que les adultes qui s'occupent de lui ont besoin de se rencontrer, par soucis de cohérence. Dit comme ça, l'enfant n'est plus le “centre”, et OUF ! ;-)

      3. Non, décidemment, je ne me retrouve ni dans l'image du juge, ni dans celui du médecin ! :-D

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    12. sUITE :
      4. Ces RDV sont une conversation. Ils n'ont pas forcément lieu parce qu'il y a un problème ! C'est surtout pour se rencontrer. Tout le monde parle à tout le monde. C'est vrai, l'enfant a souvent plus de mal à s'adresser aux adultes, mais on s'adresse à lui directement. Si le prof le regarde, le parent le regardera aussi (et vice et versa), souvent - mouis, OK, pas tout le temps, mais l'enseignant n'est pas habilité à changer les schèmas familiaux, hélàs... De même, le parent ne peut pas changer l'enseignant d'un coup de baguette magique... Ce sont les aléas d'une communication humaine, par définition : compliquée !

      5. Donc, oui, on s'adresse à l'enfant (oui, on le tutoie ! :-D), mais non, on n'évite pas les sujets délicats !! :-)
      On est là pour parler, alors on parle, et on parle des sujets délicat, Oui, Oui, OUI ! Et généralement, ça fait du bien ! A condition que l'acteur principal soit associé, si c'est derrière son dos - hors présence -, ça a un effet zéro, of course.

      6. Les entretiens ne servent pas à envoyer des fleurs. Ni à ne pas en envoyer, d'ailleurs.

      7. Est-ce que je ressors de ces entretiens en ayant élaboré une stratégie ? C'est un sujet délicat. Il faudrait voir au cas par cas. Franchement, je suis un peu désabusée quant aux stratégies qui n'engagent pas QUE moi. Engagez les parents ? C'est hyper délicat, ça l'air de dire qu'on sait mieux qu'eux. Engagez l'enfant ? C'est souvent le culpabiliser. L'echec scolaire, c'est MON affaire. C'est Mon boulot. Si je fais une évaluation, TOUT LE MONDE dit avoir 10/10, sinon c'est MOI qui suis en échec.

      8. Une rencontre parent/prof ne sert pas à dire : “Votre enfant en est là”. Il y a les évaluations pour ça (obligation professionnelle, d'ailleurs...).

      Ça t'évoque quoi, tout ça ?? :-)

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    13. Merci Anne pour avoir aussi bien exprimé mes propres interrogations et merci Elsa pour tes réponses. Bon alors la prochaine fois, ce sera avec mon fils (et oui je suis la mère qui demande plusieurs RDV dans l'année, au moins pour cette première année!).

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    14. Au printemps j'ai pris rendez-vous avec les instits de ma fille (GS). Je ne l'avais pas fait avant car je les voyais 4 fois par jour donc on faisait parfois un point rapide ( elle a changé de place car elle bavardait, elle est fatiguée ces derniers temps, est-ce que ça se ressent en classe ? etc ... ), mais je tiens à avoir chaque année un rendez-vous au calme, en prenant notre temps, avec chaque maîtresse (j'ai 3 enfants scolarisés), et avec l'enfant bien sûr.
      Pour en revenir à ma fille, ce rendez-vous du printemps était son premier rendez-vous de grande fille (avant elle était en classe de maternelle, je pense qu'elle ne voyait pas les choses de la même manière) et je ne lui en avais pas vraiment parlé à l'avance (pour dire quoi ? je ne savais pas, pour moi c'était tout simple, pas de quoi en faire tout un discours préliminaire ...). Nous sommes donc rentrées dans la classe où nous attendaient les deux maîtresses. Ma fille n'a pas voulu s'asseoir avec nous, elle est allée dans le coin bibliothèque et nous ne l'avons pas entendu du tout. Nous l'avons questionné plusieurs fois mais elle répondait à peine, s'amusait, n'écoutait qu'à moitié.
      Le rendez-vous s'est très bien passé, ma puce est parfois un peu rêveuse mais à de bonnes bases et suit bien en classe, rien de négatif n'a été dit en sa présence (le fait de rêver un peu n'est pas un défaut en soit, du moment qu'elle arrive à se reconcentrer à un moment ou un autre et termine ce qu'on lui demande dans les temps).
      Sur le chemin du retour, j'ai donc été très surprise de la colère de ma fille. On avait parlé d'elle, elle n'avait pas tout entendu, tout compris, puisqu'elle jouait, mais elle était très fâchée. Surprise, je lui ai résumé ma conversation avec ses maîtresses : son sourire est revenu, et du jour au lendemain elle a commencé à me raconter ses journées de classe ( ce qu'elle ne faisait pas avant). Je crois qu'elle avait besoin de savoir que ses maîtresses étaient contentes d'elle mais doutait que ce soit le cas.

      En conclusion : prendre rendez-vous avant le printemps est important je pense, une rencontre en novembre-décembre est peut-être un bon début.
      Même si ce rendez-vous est "banal" pour moi qui voit les maîtresses souvent, ma fille l'a vécue comme une agression car elle ne s'attendait pas à ça, je ne l'avais pas préparé (maman qui regarde ses cahiers avec maîtresse, par exemple, car maîtresse, très contente, voulait me montrer ses premiers pas en cursives sur un cahier seyès).
      Et enfin, lors de la prochaine réunion (sous peu), j'insisterais davantage pour que ma fille participe vraiment, sans toutefois qu'elle ne se sente "piégée entre des adultes qui la détaillent de la tête aux pieds". J'espère y arriver, car j'avoue que sa colère était légitime et que je ne veux pas qu'elle revive ça. C'est un rendez-vous pour elle, pas un complot.

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    15. Un grand merci pour ce retour d'expérience et tes réflexions, Emilie ! :-)

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    16. Merci pour ton témoignage Emilie !

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    17. Merci Elsa :-), c'est fou comme tout s'éclaire grâce à tes réponses.

      1. Il me semble ahurissant que tu n'aies jamais vu certains parents d'élèves !! Mais comme tu dis, il faut respecter leur refus.

      2. Je note la nécessité de préparer l'enfant à cette rencontre, pour dans quelques années (mois !), ce qui est conforté par le témoignage d'Emilie. Je me souviens de ma maman qui me disait, quand j'étais à l'école élémentaire, quelque chose comme : "j'aimerais bien être une petite souris pour me faufiler dans ton école et t'y observer". La volonté de la plupart des parents pour une rencontre parents/prof vient peut-être de là, de l'envie de découvrir le comportement de leur enfant dans l'école, le rapport de leur enfant à l'école....non seulement à travers ce que l'enfant peut raconter spontanément (ou pas !) à la maison, mais aussi à travers la vision de l'enseignant. Je crois que j'aurai tout de même une appréhension avant la 1ere rencontre, au cas où l'enseignant m'annoncerait que mon enfant est un vrai démon :-p.

      3. Tant mieux :-D.

      4. Communication = complexe...je confirme ! Sur le fond, et sur la forme...Les possibilités de distorsion entre le message que veut faire passer l'émetteur et la façon dont le reçoit le destinataire sont multiples.

      5. OK

      6. OK OK

      7. Une OVATION pour Elsa s'il vous plaît !! Je rêve d'une France où tous les enseignants auraient la même capacité de remise en question que toi. D'ailleurs ça devrait faire l'objet d'au moins 20% du temps de formation des profs : apprendre à se remettre en question. (Au passage, très bon reportage sur le système éducatif finlandais dans GEO de septembre 2014. Les profs suivent une formation de 5 ans !)

      8. Alors là par contre, je pensais quand même que les rencontres pouvaient permettre de nuancer (d'humaniser ?) le résultat des évaluations, pour expliquer (ou rappeler) au parent quelles sont les compétences attendues d'un enfant et surtout à quelles échéances il est censé les avoir acquises, et que ce n'est pas dramatique s'il les acquiert un peu moins vite que certains de ses camarades. La rencontre permettrait aussi d'insister plus sur la progression propre de l'enfant, sur son rythme et sa façon d'apprendre. Les commentaires des évaluations communiquées aux parents ont-elles déjà ce rôle / cette personnalisation-là ?

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  5. :-), c'est rassurant de rencontrer des personnes ayant les mêmes questionnements :-).

    Je continue dans le 3615mavie...J'ai failli moi aussi "rétrograder", quitter mon poste d'ingénieur pour passer le concours de prof des écoles au printemps dernier. D'ailleurs cela m'agace que ce soit perçu comme une rétrogradation. A mon sens le métier d'enseignant est l'un des plus difficiles qui soit. Hélas, il est peu reconnu et peu rémunéré par rapport aux autres métiers accessible par bac+5. C'est déplorable.
    Bon, je l'ai obtenu, ce concours, mais de façon très médiocre (7/20 à un des oraux, compensé par des meilleures notes aux épreuves écrites). J'avais consacré trop peu de temps à cette préparation, trop peu approfondi les sujets. Et surtout il m'a manqué une expérience terrain plus longue. J'avais tout de même passé quelques matinées dans une école maternelle de ma commune, ce qui m'avait conforté dans mon envie de passer le concours. Ce qui m'a donné un bon vernis, mais insuffisant pour avoir du recul sur le métier.
    Bref, mon rang de classement à ce concours académique ne m'a ouvert "que" les portes d'un département limitrophe du mien. Ce qui m'aurait contrainte soit à m'éloigner de mon mari et de mon fils 5 jours par semaine en louant un logement dans ce département, soit à faire plus de 2h de trajet quotidien, en plus des heures de préparation des cours. Bref, c'était totalement incompatible avec ma conception de la vie de famille.

    Alors, j'ai refusé le bénéfice du concours. Ce fut douloureux mais je suis à présent sure d'avoir fait le bon choix. Il ne s'agissait pas de "changer de vie" à tout prix.

    Je garde espoir, soit de le repasser un jour, soit de créer un atelier de pédagogies alternatives, comme celui que j'ai découvert il y a peu près de chez nous. Nous avons déjà pratiqué quelques séances avec Florentin dans cet atelier :-). je vous en ferai sûrement un compte-rendu dans un commentaire ultérieur... Je pense que ce type d'activité associative pourrait être compatible, du point de vue de la loi et du point de vue de mon emploi du temps, avec mon emploi (fonctionnaire) à temps partiel.
    Mais il faut encore que je me renseigne, ce n'est qu'une idée embryonnaire !

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  6. Flûte ! Pourquoi mes "réponses" se transforment en "nouveau commentaire" ?! Les subtilités de blogger m'échappent :-S

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  7. Bon, ça va être le baptême du feu pour moi : Je vais rencontrer l'instit de PS de mon fils. Il sera présent, car ce sera juste après la fin de la classe.
    Je vous dirai ce qu'il en sera ressorti. J'appréhende un peu la rencontre car l'instit s'est montrée jusqu'à présent laconique et expéditive face aux demandes des parents. A suivre...!

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  8. Hé bien le rdv fut expéditif et j'en suis ressortie plutôt soucieuse, voire peinée (mais les tragiques événements parisiens qui ont suivi m'ont fait amplement relativiser ma contrariété).

    Nous nous sommes donc installés autour d'une des petites tables de la classe, mon fils, l'instit et moi. L'instit a commencé par parcourir très rapidement - heureusement je l'avais parcouru plus posément pendant les vacances de la Toussaint - le classeur de fiches (classico-classiques) de mon fils, pour me dire qu'il travaillait bien, respectait les consignes, ébauchait bien le dessin du (classico-classique) bonhomme. Alors que la plupart de ses congénères en sont au stade du "gribouillis, sauf une petite fille qui maîtrise déjà parfaitement le bonhomme, etc...
    Bref, je vous passe les détails. Pour les acquis, RAS à son avis.

    Par contre, mon loupiot s'est subitement dissipé depuis quelques jours, faisant le pitre en classe, refusant d'exécuter le travail demandé, de participer aux activités motrices en salle de jeux :-(. Elle lui aurait dit : "mais tu es grand, tu peux le faire", et lui de rétorquer "Non, je suis petit". L'instit est au courant de la naissance de sa petite sœur fin septembre...
    Elle a cherché à savoir pourquoi il refusait de travailler, lui a demandé s'il était fâché (oui), contre quelqu'un de la classe (oui), contre elle (oui). Bon, si elle lui a posé les questions de cette façon, c'est à dire fermées, je ne suis pas étonnée qu'il ait répondu par l'affirmative sans forcément que cela reflète son sentiment. C'est idem à la maison : nous pouvons lui faire acquiescer tout, n'importe quoi, puis son contraire, très facilement.
    J'ai donc posé la question à mon fils de façon plus ouverte pendant l'entretien, pour tenter de crever l'abcès, mais il n'a évidemment pas répondu :-(. Je lui ai demandé aussi ce qu'il aimait à l'école, pour tenter d'éclaircir le tableau ! Pas davantage de réponse, une carpe, les yeux baissés :-(.
    L'instit m'a dit alors qu'elle ne veut pas le laisser dévaler une "mauvaise pente".
    Elle lui a dit qu'il avait des qualités qu'il serait dommage de gâcher, et qu'elle le punirait dorénavant s'il continuait à faire le pitre. J'étais tellement décontenancée que je n'ai pas demandé en quoi consisterait la punition. Il faut qu'il respecte les règles de vie en classe, c'est certain, mais j'espère que la "punition" - si motif de punition il y a - sera raisonnée...

    Et puis j'ai appris - parce que j'ai demandé comment il se comportait avec les adultes et les enfants, sinon je pense qu'elle ne m'aurait rien dit - qu'il ne jouait pas pendant la récréation. Mais que fait-il alors ? Hé bien, quand l'unique maître de l'école (5 maîtresses, 1 maître, 170 élèves...) est de surveillance de récré, mon fils lui donne la main. Au lieu de demander "et que font les autres élèves de PS ?", j'ai balbutié un "est-ce que c'est fréquent chez les enfants de PS ?"...auquel elle a répondu que les GS s'amusent beaucoup à la récré, les MS globalement aussi, mais que les PS ont du mal à trouver leur place. Quelle jungle ce doit être...J'imagine mon fils apeuré dans son coin, observant prudemment les autres enfants. Il n'a donc lié aucun lien d'amitié assez fort pour l'encourager à jouer ?

    Alors que conclure de cet entretien ?
    Comment savoir quel est son degré de "mal-être" à l'école ? Dois- je m'inquiéter de sa mise en retrait en cour de récré ? Est-ce parce qu'il est trop couvé/choyé à la maison ?
    Comment interpréter sa dissipation en classe ? Pourquoi cherche-t-il ainsi à attirer l'attention ?
    Je me sens un peu démunie. Mon mari et moi avons continué à consacrer beaucoup d'attention à notre fils à la naissance de sa petite sœur. Cette attention n'est-elle pas de qualité suffisante ?

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