mercredi 10 octobre 2012

Plan de travail miniature

Quand j’étais petite, j’ai eu une passion pour les poupées mannequins. Je dis « quand j’étais petite », mais en réalité, j’y ai joué jusqu’à un âge totalement inavouable ! À bien y réfléchir, les dernières années, je ne jouais plus vraiment ; je reconstituais un univers. Je voyais le monde à travers un prisme déformant où tout ce qui était miniaturisé pouvait être détourné pour enrichir l’intérieur de mes maisons de poupées : d’abominables coffrets à bijoux chinés dans les vides-greniers devenaient de somptueuses commodes Louis XV, d’affreux tapis de téléphone habillaient le sol des salons de ces dames ; je coupais l’extrêmité des épingles de couture et les enfonçais dans les oreilles de caoutchouc pour simuler des boucles très élégantes, je fabriquais des chapeaux rétro dans des coques de boites à oeufs et de la vaisselle dans des bouchons de bouteilles de jus de fruits… Je pense que c’était cela, que j’aimais dans ce jeu : le regard qu’il me permettait d’avoir sur le monde, un regard « actif », qui m’autorisait à tout détourner.

Et puis, j’ai cessé de jouer. J’ai commencé à m’interésser à mes propres coiffures, mes propres vêtements et mes propres décorations d’intérieur. J’étais prête pour vivre le monde grandeur nature.

Mais depuis que je suis Maman, je retrouve ce regard particulier, qui permet de voir en un objet plus que ce qu’y voit le commun des mortels : un pichet à lait devient un magnifique outil à tranvasement pour enfant, et je collectionne les savonnettes d’hôtel auprès de tous mes amis pour les petites mains d’Antonin…

C’est dans ce contexte qu’il faut resituer la saga d’une petite desserte carrelée, qui nous fut donné par des amis un peu plus installés que nous lorsque mon mari et moi étions étudiants :


Nous avons beaucoup utilisé ce meuble ; et puis, nous nous en sommes lassés. Son encombrement n’était pas proportionnel à son utilité, la surface de travail était trop petite, et nous avions tendance à laisser le désordre envahir les étagères. Vint le jour où nous décidâmes de nous en défaire. Mais juste avant de l’emporter à la déchèterie, je fus prise d’une inspiration subite. Antonin n’avait alors que quelques mois, mais je sentis que bientôt, je pourrais en faire quelque chose. Ce fameux regard que j’avais sur les choses du temps de mes poupées mannequins était en train de se réveiller. 

Hier, je suis descendue à la cave et j’ai remonté la petite desserte. Quelques coups de scie et un bon lessivage plus tard, voilà le résultat :


Mais vous aviez certainement vu, vous aussi, qu’il y avait là un magnifique potentiel pour bricoler très simplement un plan de travail pour enfant !

Hier soir, donc, au moment de la confection du dîner, Antonin a pris possession de son nouvel espace. Pas d’activité structurée pour le moment (croyez-moi si vous voulez mais encore 18h et 19h, je ne suis pas très disponible). Il était ravi et moi aussi, car j’ai pu préparer le dîner beaucoup plus rapidement qu’à l’ordinaire, n’étant pas obligée de m’interrompre à chaque instant pour éloigner le Damoiseau du four brûlant ou d’un grand couteau de cuisine. Antonin m’a « emprunté » quelques ustensiles et s’est occupé bien sagement pendant une grosse demi-heure.


Vous remarquerez que la taille de ma cuisine m’oblige à placer notre grosse poubelle juste à côté de cet espace pour enfant. Cela m’ennuyait énormément, mais je me suis consolée en constatant qu’Antonin l’intégrait parfaitement, lui qui adore ramasser de minisucules miettes et les mettre une à une dans la poubelle, ou encore vider sa petite pelle après avoir balayé le carrelage ! Et cela va m’obliger à tenir notre poubelle très très propre, c’est toujours ça de gagné (on trouve ses motivations où on peut…) !


Il va sans dire que dans la recherche de la maison de nos rêves, je suis très attentive aux volumes des cuisines et des salles de bain : je veux que mes enfants aient un vrai coin à eux dans chacune de ces pièces ! Et les poubelles auront aussi leur place à elles, mais plus loin… 

Dans les jours qui deviennent, nous allons progressivement garnir ce petit meuble d’ustensiles dont je montrerai l’usage au fur et à mesure à Antonin. Quelques articles en perspective, donc…

Je termine en vous demandant un petit conseil : vous remarquerez que sur les photos, Antonin porte le petit tablier acheté pour lui il y a quelques temps. Ainsi que le faisait alors très judicieusement remarquer Murielle, il faudrait que je l’adapte pour qu’Antonin puisse l’enfiler seul. Il arrive très bien à passer la tête, mais l’attacher (par un nœud et par derrière !) est évidemment hors de sa portée. Comment puis-je arranger une ceinture qui convienne à un enfant de 21 mois ?? J’ai pensé mettre un élastique, ce qui obligerait Antonin à l’enfiler « par le bas » un peu comme une jupe, puis à passer la tête… Cela me semble un peu complexe… ? J’ai pensé coudre une ceinture à scratch ou encore y adapter un fermoir de poussette (Antonin adore ouvrir et fermer la sangle de la poussette), mais cela oblige quand même l’enfant à aller chercher les cordons derrière lui, même si le système se ferme sur son ventre… Je suis un peu à court d’idées efficaces… Qu’en pensez-vous ?

4 commentaires:

  1. Tu a trouvé une solution à ce pb?

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    1. Rien de satisfaisant à ce jour, Stéphanie...

      Je ne cherche pas non plus de manière frénétique, je dois l'avouer...

      Je n'ai même pas de machine à coudre, ce qui ne me facilite pas la tâche !! :-)

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  2. Et si tu cousais un ruban de scratch doux d'un côté et dur de l'autre ? Antonin pourrait peut-être réussir à faire se rejoindre les 2 rubans derrière son dos sans que ce soit nécessaire qu'il soit très précis ?

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    1. Effectivement, Sog, je pense m'orienter vers ce type de solution... maintenant qu'Antonin est plus grand (presque 3 ans).
      Mais ça n'aurait pas été lorsqu'il avait 15 mois !! :-D

      Merci pour ton commentaire !

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