lundi 8 octobre 2012

"Adaptation"

Il faut le dire, l’adaptation d’Antonin à la crêche la semaine dernière s’est fort bien passée. Fort, fort bien, même. J’ai pu constater une fois de plus que le Damoiseau avait la capacité de rester lui-même au milieu des autres, et qu’il savait observer longtemps, sans se noyer dans les stimuli excessifs que provoque fatalement un attroupement de presque vingt bébés un peu (beaucoup) nerveux.

Lundi dernier, nous sommes retournés à la garderie que nous avions visité la semaine précédente. Antonin reconnaît les lieux, il déambule un peu dans les couloirs, il a l’air content. Nous prenons beaucoup de temps pour enlever les chaussures et le manteau, mettre les chaussons, entrer dans la salle de jeux (Antonin marque un long temps d’hésitation à son seuil, mais finit par me suivre), retrouver T., l’éducatrice qui sera là à chaque fois et qui sera la personne référente. Puis je laisse mon fils pour une demi-heure. J’ai une bouffée d’émotion en sortant de la crêche, mais Antonin, dans les bras de T., a l’air très intéressé par le jeu qu’elle est en train de lui montrer. Quand je reviens le chercher, après avoir fait le tour du pâté de maison avec Louiselle en écharpe, il serre très fort La P’tite Vache dans ses bras, et suce sa tétine avec frénésie. Il n’a pas pleuré. Il a manipulé pendant 30 minutes des figurines d’animaux en plastique, les alignant avec soin et demandant à ce qu’on les lui nomme et qu’on imite leur cri. Bon, ça va, finalement, la garderie, c’est un peu comme à la maison, alors… Comment T. a-t-elle eu l’idée de lui proposer ce jeu qu’il adore, je n’en sais rien. Il n’a pas pu le réclamer, car les animaux sont rangés dans une boite opaque tout en haut d’une très haute étagère. Elle l’a « senti », voilà tout. Si ça, c’est pô du professionnalisme… En tous cas, elle a l’air étonnée et charmée de la persévérance avec laquelle il s’est absorbé à les manipuler, les alignant serrés-serrés, les redressant quand ils tombent… Oui, oui, je sais, à la maison, aussi…


Quelques minutes avant que je ne revienne, les commissures des lèvres du Damoiseau ont commencé à pointer vers le bas de façon significative. Les larmes n’étaient pas loin, mais elles ne sont pas sorties. Tétine et doudou ont été appelés à la rescousse, ainsi que des paroles consolatrices : « Maman va revenir, Antonin. Tu sais, les parents reviennent toujours. Tu as le droit d’être triste et tu peux pleurer, si tu veux… » De toute façon, me voilà. Nous répétons à Antonin qu’il peut s’autoriser à pleurer, même si ce n’est pas une obligation. Et je rentre à la maison avec mes deux enfants.

Le mardi, le scénario est sensiblement le même, mais la séparation va durer une heure. Comme la veille, Antonin joue avec les animaux en plastique. Mais cette fois, au bout d’une demi-heure, il pleure. Un tout petit peu. Et cette fois, tétine et doudou resteront dans le sac. Mais lorsque je reviens, je retrouve un Damoiseau fort calme, qui observe les autres qu’on attable pour le repas. Il me saute dessus en signant « Faim ! » avec insistance ! Au moins, la séparation ne lui aura pas coupé l’appétit…

Le mercredi, rebelote, pour une heure trente. Antonin découvre la frénésie de la « cour de récréation ». En fait de se recréer, il reste collé à T., un peu estomaqué de tant de désordre. La dînette aura plus de succès. Et l’équipe poussera des cris d’émerveillement en constatant qu’avant de partir, le Damoiseau prend le temps de la ranger… ;-D

Le jeudi, c’est relâche, je garde mon fils toute la journée avec moi, et pour la première fois de la semaine, il accepte de faire une sieste…

Le vendredi, c’est le dernier jour d’adaptation : nous nous séparons pour deux heures. Ce matin-là est un mauvais matin, je le sens dès le réveil, Antonin est grincheux et littéralement collé à mes jambes, et il pleure quand je m’en vais. Je ne suis pas loin de pleurer aussi ! Mais une fois la porte refermée, j’entends qu’il se calme aussitôt. Quand je reviens, il me désigne aussitôt son sac, et salue rapidement l’assemblée "Au revoir, au revoir !" . « Bon, ça suffit pour aujourd’hui, semble-t-il dire, je rentre avec Maman, je n’ai pas que cela à faire, figurez-vous ! »

Au dire de l’éducatrice, tout s’est très bien passé. Je le sens ainsi aussi. J’ai vraiment l’impression qu’Antonin porte en lui le calme et l’ordre dont j’essaie de l’entourer à la maison et qu’il est capable de les « injecter » dans un environnement étranger. Et si c’était cela, « s’adapter » ? Je le sens fort, entier, prudent ; je ne peux pas en dire toujours autant de moi, et je suis très fière de lui.

Mercredi prochain, nous nous quitterons pour deux heures trente, puis, à partir du mercredi d’après, pour trois heures, et ce, tous les mercredis matins. Ce sera alors l’"adaptation" de Louiselle qui pourra commencer doucement, mais cela est une autre histoire…

Edit du 29 décembre : Et finalement, non, pas de crèche pour ma petite fille, je me débrouille autrement ! ;-)

3 commentaires:

  1. Bonjour ! J'ai des questionnements sur les rythmes de l'enfant et la garderie, peut-être que toi et d'autres maman pourront m'aider :) Donc, notre bébé ( 9 mois ) ira en crèche trois jours par semaine, de 9h à 15h30-16h, le lundi, le mardi et le jeudi. Le mercredi c'est sa grand mère qui le gardera (comme c'était le cas depuis ses 4 mois), et le vendredi, soit moi soit son papa. Nous ne voulons pas faire des semaines complètes en crèche, mais pensez-vous qu' une semaine entrecoupée comme cela soit destabilisante pour le bébé ? Merci ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Une réponse de Maman : mon fils a commencé la crèche à 12 mois, et jusqu'à la semaine dernière (23 mois) il n'y allait que deux jours par semaine, et je suis convaincue qu'il n'a jamais trouvé ça déstabilisant. Bien sûr ton bébé aura une phase d'adaptation (comme tous), mais tu verras, il s'adaptera très bien et trouvera très rapidement ses repères dans ce rythme clairement établi. Il sera au contact de gens connus, donc il ne sera pas déstabilisé de retrouver sa grand-mère le mercredi puisqu'il en sera ainsi tous les mercredis !
      Pour moi ce qui pourrait être plus déstabilisant ce sont les rythmes très changeants, d'une semaine à l'autre par exemple. Mais les bébés sont épatants, ils ont des ressources fantastiques pour s'adapter et profiter au mieux de chaque situation ;-) !

      Supprimer
    2. Coucou Etiva !

      Désolée pour le retard de ma réponse...

      Ah, non ce ne sera pas déstabilisant du tout, au contraire ! C'est excellent de faire une coupure dans la semaine et de recharger ses batteries avec sa Grand-mère qui ne s'occupe que de vous !! :-D

      Bon courage pour la rentrée en crèche, ça va bien se passer !! :-)

      Supprimer