lundi 10 septembre 2012

Premières gommettes

Je me suis aperçue, en travaillant avec mes élèves, que l’action de « coller » quelque chose était typiquement une activité scolaire. En fait, le prof a besoin que l’enfant acquiert ce savoir-faire parce qu’il aura, durant sa scolarité, des tonnes de documents à coller dans ses cahiers, et que l’adulte ne peut pas se permettre de « perdre » une demi-heure à chaque fois. Mais qui, à la maison, voit ses parents « coller » (à moins d’avoir une mère prof des écoles qui, en plus, passe son week-end à fabriquer le mobile des danseurs…) ? Enfin, toujours est-il que pour certains enfants de Petite section, c’est complètement extraordinaire ; ils n’ont jamais vu ça ; ils ne savent pas ce que ce verbe veut dire et trouvent tout simplement magique qu’un bout de papier reste collé à un autre juste parce qu’on a mis ce qu’ils pensent être de la « peinture » (ben quoi, à l’école, on l’applique au pinceau !*) dessus. Cela prend d’ailleurs des mois pour certains pour qu’il comprennent qu’on applique la colle d’un côté, et qu’ensuite il faut RETOURNER le papier pour que la colle soit prise en sandwich entre les deux supports à fixer. Dur, dur, et contre-intuitif il faut croire.

Antonin ne sera pas de ceux-là, puisqu’il a découvert ce week-end les joies du collage grâce à un sachet de grosses gommettes. J’ai préféré acheter des gommettes aux formes géométriques, dans de belles couleurs vives, car l’imprégnation des couleurs et des formes est loin d’être terminée pour le Damoiseau. Il y avait aussi, dans le magasin de loisirs créatif, de grosses gommettes représentant différentes parties d’animaux qu’il fallait reconstituer : j’ai trouvé l’idée très bonne, mais ce matériel s’adresse à un enfant plus grand, qui s’exerce à positionner avec précision.

Voilà les deux premières oeuvres du week-end :



Il y en eu d’autres ! Manifestement, Antonin préfère coller des gommettes à peindre, ou même à dessiner. Tant mieux, parce que c’est une activité qui requiert une installation relativement simple (et zéro nettoyage ensuite) :


L’enfant est confortablement installé sur une petite chaise à sa hauteur, et attablé (pour nous, l’activité a lieu sur la table basse de notre salon). Antonin est droitier, c’est donc à sa droite que j’ai disposé deux soucoupes, une avec les gommettes, l’autre pour qu’il puisse mettre les papiers qui recouvrent le côté collant une fois qu’ils sont enlevés. Pour cette opération, Antonin a encore besoin de mon aide. Je m’installe à sa droite, il prend une gommette, me la tend ; je décolle un coin, l’engage à pincer le papier et à tirer. Je lui montre l’endroit où il doit déposer le papier inutile, puis il colle fièrement sa gommette. Que du bonheur !

* : Il en est ainsi pour d’évidentes questions de budget. La colle liquide est achetée en grosses bouteilles, et l’ATSEM, quotidiennement, en verse un demi-centimètre au fond d’une trentaine de petits pots qui sont ensuite vissés ; Chaque enfant s’arme ensuite d’un pinceau et badigeonne ce qu’on lui demande de badigeonner (ou la table, ou son voisin…qu’il faudra donc ensuite nettoyer). Les adultes ne collent plus beaucoup, mais les quelques-uns qui le font, ne le font pas comme ça, n’est-ce pas ? Comme si l’action de coller ne demandait pas suffisamment de compétences propres, on y rajoute celle de tenir un pinceau et de doser le produit ! Inutile de vous dire que je rêve d’une école maternelle où les enfants apprendraient à coller… avec de la colle en stick, quoi ! Comme tout le monde ! Et les ATSEM me diraient merci…  ;-)

6 commentaires:

  1. J'ai proposé pour la première fois des gommettes à ma fille (qui avait donc 13 mois 1/2) le mois dernier. Je me suis assise à sa droite et lui décollait les gommettes une à une qu'elle collait sur la feuille devant elle (la première elle n'avais pas compris, je lui ai donc montré). Elle avait adoré. Je l'ai refais 2-3 fois depuis mais je la trouvais beaucoup moins concentrée (étais ce le mauvais moment ou le fait qu'elle connaissait déjà... je ne sais pas.). Quand j'aurais retrouvé des gommettes assez grosses, je retenterais...

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  2. Alors ça, c'est énorme, Kiwii : je reçois ce commentaire de toi vers 12h hier... Nous sortions tout juste de notre première séance de gommettes avec Louiselle et j'étais déjà très décidée à en faire un article !!

    http://mercimontessori.blogspot.fr/2013/08/une-journee-equilibree.html

    Franchement, je te conseillerai de retenter, oui ! C'est fou qu'elle ait accroché la première fois alors que (si je comprends bien) elle n'a pas de grand frère ou soeur à observer ?

    Sans doute n'était-elle pas "en phase" les fois suivantes, c'est normal chez les tout-petits, il ne faut pas se décourager...

    Bravo à ta puce, en tout cas ! ;-)

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  3. Oui j'ai vu ton article avec les gommettes et ta fille, c'est rigolo ! Mais il y avait moins d'étapes car je ne mettais pas les blanc dans une assiette.

    Oui tu as bien compris, elle a complètement accroché la première fois ! Elle a même réussi à tenir assise plusieurs minutes sans se lever de son marche pied (oui oui je vais trouver autre chose pour s'asseoir!!)

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  4. Bonjour Elsa,
    je relis ce vieux -mais toujours intéressant- billet et je me souviens avoir vu des plateaux de collage avec colle liquide et pinceau dans au moins 2 écoles montessori : comme il ne peut y avoir qu'un exemplaire du matériel par ambiance, ce n'est pas une question de coût...
    La gestuelle du stick de colle ne me semble ni plus, ni moins intéressante/difficile/longue que celle du duo colle liquide-pinceau...
    Peut-être implique-t-elle plus de précision qu'une activité de peinture...

    Ève

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    1. Bonjour Ève !

      Merci de relancer ce sujet !

      Oui, j'ai effectivement évolué par rappport à cette histoire de colle, je ferai sans doute un petit article sur le sujet quand j'aurai trouvé en magasin l'outil idéal que j'ai dans la tête ! :-)

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