mercredi 26 septembre 2012

En route pour la garderie !


Durant cette année scolaire, Antonin (puis Louiselle, mais plus tard) iront à la garderie trois heures chaque mercredi matin. Histoire que je prenne du temps pour moi, pour prendre un bain, bouquiner ou dormir. Quoi, vous m’avez crue ? Non, il s’agit en fait de faire tout ce que je ne peux absolument pas faire avec mes enfants, en particulier courir en démarches ou en courses et caser mes rendez-vous médicaux (marre de négliger ma santé depuis que je suis Maman). Avec un tel programme, les trois heures en question risquent de passer bien vite… :-(

Aujourd’hui, nous sommes allés visiter les lieux et rencontrer l’équipe qualifiée. Et si j’avoue que l’ambiance m’a paru pour le moins… critiquable, j’essaie d’aborder les choses sereinement, puisque cela est nécessaire (il n’y a pas encore de crêche respectueuse à Grenoble, avis aux amateurs !), et je ne veux pas que mon ressenti interfère sur celui d’Antonin. Car il s’agit bien de lui, et plus que de découvrir les lieux (je savais grosso modo à quoi m’attendre), je voulais l’observer lui, en train de découvrir les lieux !

Les enfants sont répartis en quatre groupes selon leur tranche d’âge et chaque groupe a une salle consacrée. Cette crêche vient d’ouvrir, et il faut croire que l’équipe a hésité quant à la composition des groupes, car on m’avait parlé dans un premier temps de groupes inter-âges. Il semble donc qu’ils soient revenus sur cette décision, et évidemment, je trouve cela dommage : d’un point de vue personnel, j’aurais aimé que mes deux enfants puissent être ensemble, et d’un point de vue plus professionnel, il me semblait que la richesse des interactions entre enfants d’âges différents n’était plus à démontrer ? D’autant que pour la tranche spécifique à laquelle Antonin appartient (nommée là-bas « les moyens »), je plains les puéricultrices, car ce n’est pas de tout repos ! Il sont tous exactement dans la même problématique, à savoir un désir de toute-puissance exacerbé par la marche nouvellement acquise et une frustration terrible de ne pas encore pouvoir se faire comprendre par le langage. Il me semble que mêlés à des enfants plus petits (grâce auxquels on se sent grands et sur lesquels les moins de deux ans prennent plaisir à veiller) et à d’autres plus grands (qu’on se dépêche d’imiter), le groupe serait plus gérable. M’enfin, ce n’est que mon humble avis, hein ?

À peine la porte franchie de ce qui sera la salle de jeux et d’activités d’Antonin, je constate qu’elle regorge de jeux intelligents (en particulier une petite cuisine et pléthore de dînette, chouette !), qu’il y a un espace au sol avec tapis et coussins pour les plus petits, et un bon nombre (à vrai dire un trop grand nombre, mais les enfants prennent leur repas de midi dans cette pièce) de petites tables avec leurs petites chaises assorties (Antonin aime beaucoup les petites chaises aussi !).

Hélàs, c’est le milieu de la matinée, et deux ou trois enfants, certainement épuisés et anxieux, hurlent à s’en exploser les poumons. Je jette un oeil au Damoiseau, il semble hésiter devant cet afflux d’émotions qui lui parvient. Je me hâte de mettre en mots et en signes : « Oh, la petite fille pleure, tu vois, elle pleure ! ». Bon, ça, pleurer, il connaît, ça le rassérène. Il reste néanmoins collé à mes jambes, à tel point qu’il m’est difficile d’avancer alors qu’il faut dégager la place (justement, une dame entre avec une pile de linge), mais il n’a pas l’air inquiet, il observe. Je le reconnais bien là. Mais c’est moi, ou elle est petite, cette pièce, non ?

Il y a là une dizaine d’enfants, et les deux puéricultrices ont l’air un peu débordées, d’autant plus que j’accapare l’éducatrice de jeunes enfants qui n’en aura que pour nous pendant une heure. Je suis sensible à sa disponibilité, pas facile, quand le travail nous appelle par ailleurs ! Elle m’explique que pourtant, le mercredi, c’est relax, car il y a moins d’enfants que les autres jours (tant mieux pour Antonin, mais qu’est-ce que ça doit être les autres jours !), et que ce groupe peut accueillir jusqu’à 17 bébés ! Moui. J’ai une impression de déjà-vu… Laissez-moi réfléchir… Ah, le jour de la rentrée en Petite section. Mon cauchemar le plus récurrent ! Laissez-moi vous dire qu’auxiliaire de puériculture, c’est sport, comme métier ! Et que la pièce, qui d’emblée m’avait parue exigüe, m’apparait soudain minuscule…

Antonin est semblable à lui-même. Après avoir observé les autres enfants pendant cinq grosses minutes, collé à mes jambes donc, il entreprend de saisir quelques éléments de dînette et de vadrouiller silencieusement en serrant son butin. Je vais m’asseoir avec l’éducatrice pour lui parler de mon fils et de ses habitudes et il s’installe naturellement à côté de nous, en écoutant et en touillant énergiquement sa tambouille imaginaire. Ses traits sont détendus, il n’est pas loin de sourire. Sauf quand un petit garçon s’assoit sur la chaise qu’il a quitté juste quelques secondes avec l’intention de la reprendre, mais finalement chacun trouve sa place en bonne amitié.

Lorsque nous nous levons pour aller visiter les autres locaux, j’ai l’impression de le brusquer. C’était justement le moment où il me lâchait un peu pour explorer les lieux avec un enthousiasme visible. « Tu peux rester là, si tu veux, mon chéri ! » Non, quand même pas; il nous suit, mais à regret.

Puisqu’Antonin ne mangera ni ne dormira à la garderie, la visite se réduit à deux pièces : la salle de motricité et la salle de patouille (j’ai bien aimé ce terme !).

La salle de motricité est assez grande, et justement un groupe d’enfants, très excités, s’ébattent librement sur de gros tapis de sol, escaladant des blocs de mousse, poussant d’énormes ballons. Antonin est tout de suite attiré vers une mini-cuisine reléguée dans un coin (*) (mais qu’est-ce qu’elle fait là ?), puis se jette à corps perdu au milieu des autres bambins, gagné par la liesse générale. Je ne l’ai jamais vu se défouler autant dans les parcs où je l’emmène et ça me fait plaisir ! Comme quoi, un espace adapté et du matériel adéquat… et l’émulation, bien sûr ! Mais hélàs, il faut calmer les ardeurs du Damoiseau : d’abord, il a gardé ses chaussures alors que les autres enfants sont pieds nus, et ensuite, il nous faut continuer la visite, car l’éducatrice a autre chose à faire. Que de frustrations en si peu de temps pour mon petit garçon dont je prends soin, à l’ordinaire, de respecter le rythme ! Bienvenu dans une structure collective, mon chéri…

La salle de patouille me déçoit un peu par sa taille (ridiculement minuscule) et sa nudité. Que voulez-vous, dès qu’on me parle arts plastiques, moi je fantasme sur les oeuvres d’enfants (les meilleures !) placardées joyeusement sur les murs, je rêve d’une pièce digne des mille et une nuits, avec plein de trucs qui pendouillent, qui virevoltent, qui flashent et qui étonnent… Rien de tout cela. Cette pièce a un petit côté clinique. Ici, on patouille, oui, mais ensuite tout est soigneusement effacé. Le mobilier se compose de mini-lavabos et d’une table pouvant accueillir six enfants (on me confirme, oui, c’est par six que les enfants viennent expérimenter ici) destinée à la peinture et au modelage et dont le plateau se détache, découvrant des bacs de sable et de semoule. Ah, ce matériel pro, ça me fait toujours rêver. Je pense que cela plaira à Antonin, de venir patouiller ici avec une liberté que notre cuisine et son petit bac à sable d’appartement ne permet pas.

Voilà, c’est fini. Nous disons « Au revoir » et nous partons.

Verdict ?

Je me suis sentie en confiance avec l’éducatrice, qui m’a vraiment fait bonne impression. Elle s’est vraiment rendue disponible dans un contexte tout de même pas évident, elle posait des questions justes, était très attentive à mon enfant. Bon, elle a eu l’air un peu interloquée parfois, en particulier quand je lui ai expliqué qu’Antonin signait. Elle ne connaissait pas cette pratique et a exprimé ses craintes quant au fait que ça retarde l’apparition du langage… Je lui ai bien expliqué, exemples à l’appui, que non (je le sais, je le constate tous les jours, tout ce qui est communication enrichit la communication, et mots et signes se construisent ensemble, se soutiennent, se stimulent !), mais je ne sais pas si je l’ai convaincue ! Je n’ai hélas pas pu parler aux autres membres de l’équipe, très pris, mais cela se fera avec le temps.

En terme d’espace, j’aurais souhaité plus de place pour permettre aux enfants de déambuler (c’est capital, pour un enfant, de déambuler !), quitte à ce qu’il y ait moins de jouets. Il me semble aussi qu’on gagnerait à feutrer l’atmosphère avec des tapis (mais est-ce autorisé ? because les méchants acariens, vous savez…), des rideaux, un parler bas, une épuration du mobilier…

L’expérience à venir sera à présent celle d’Antonin. S’il me signifie qu’il se sent prêt, je lui fais confiance quant à ce qu’il fera de ce vécu, si étrange et peut-être violent qu’il puisse être. À chaque fois que je vois mon fils en société (la vraie, celle avec des gens de tous les âges engagés dans de vraies activités dotées d’un sens profond), je me sens fière de lui. Je sens que les liens émotionnels qui le lient à ceux qu’ils aiment sont suffisamment intégrés pour qu’il ne se perde pas au milieu des autres. Alors… à suivre ! La semaine prochaine, commence ce que le personnel de la crèche appelle « l’adaptation » (comprenez : de l’enfant à la structure et non l’inverse !). Antonin ira à la garderie quatre jours de suite, sur des temps de plus en plus longs…

Si j’appréhende ? Meuhhh, non, bien sûr que non… :-(

(*) : Devinez ce que le Damoiseau trouvera sous le sapin à Noël prochain !!  ;-)

7 commentaires:

  1. Bonjour !

    Je poste un commentaire sous cet ancien article car dans un mois, notre petit (il aura alors 9,5 mois) ira 3 jours par semaine à la crèche. Pour l'instant, nous, les parents, travaillons surtout sur nous même pour accepter cela et ne pas transmettre notre stress à ce sujet à notre bébé... ! Mais nous aimerions aussi bien préparer ce changement avec lui : pour l'instant, je lui en parle souvent. Y a-t-il un livre que vous (et les autres mamans) conseillez ? Je vois en image de cet article le "léo et popi en route pour la garderie", qu'en pensez vous ? Avez vous d'autres propositions ? Merci ! :)

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  2. Je te recommande "A ce soir !" de Jeanne Ashbé. C'est le livre que j'avais choisi l'an dernier pour l'entrée à la crèche, et c'est toujours un de ses livres préférés !

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  3. Merci Boubou, j'irai le consulter à la bibliothèque pour me faire une idée. En tout cas avoir une réponse aussi rapidement me touche beaucoup :D !

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    1. Bonjour Etiva !

      Bon, voilà deux jours que je me creuse la tête pour te trouver des références, mais rien d'autre ne me vient... :-)

      Par contre, je confirme à 300% le choix de Boubou : "À ce soir" est, à ma connaissance le meilleur livre sur le sujet. C'est un grand album, avec des illustrations tendres et réalistes. On suit en parrallèle la journée à la crèche de deux enfants, un bébé de 10 mois environ, et une petite fille de 2/3 ans. C'est un à la fois un documentaire, un album d'illustrations magnifiques et une histoire très tendre et très simple. Un must have !!

      Le "Léo et Popi" est sympa aussi, mais bien plus leger. Il traite - un peu rapidement sans doute - du thème de la séparation et du lien crèche-famille. Bon, si tu tombes dessus, n'hésite pas, il n'est vraiment pas cher, et c'est une collection "sans risque", élaborée avec beaucoup de soin ! :-)

      Si d'autres titres me viennent, je te ferai signe...
      :-)

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  4. Ici les Léo et Popi sont des incontournables...! j'ai acheté d'occasions des lots entiers pour 3 fois rien... et à bientôt 3 ans ils sont encore appréciés..
    Jeanne Asbé est très apprécié aussi, à ma médiathèque ils ont certaines versions avec des images qu'il faut "découvrir/déplier", forcément succès garanti...!

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  5. Bonjour ! Alors, nous avons emprunté "à ce soir" à la bibliothèque (mais malheureusement, il n'était pas disponible en cartonné), et c'est un franc succès (je ne sais pas si c'est mon loupiot qui grandit ou alors ce livre qui a capté son attention plus particulièrement, mais quoi qu'il en soit, il equarquillait les yeux, et demandait qu'on le lui lise 2 fois de suite, malgré la longueur du livre!). Je trouve par ailleurs que c'est un livre rassurant pour les parents, une bonne illustration de la journée en crèche.

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