lundi 20 août 2012

Ecouter de la musique

Au jour d’aujourd’hui qui n’écoute pas de musique ? Qui, aujourd’hui, n’a pas son ordinateur avec la possibilité de télécharger tout ce qu’il désire en MP3, qui n’a pas son I-Pod ? Nous à la maison, nous avons deux ordinateurs et demi (si on compte le portable professionnel de mon homme) et deux I-Pod.

(C’est mal, mais on n’a pas de télé, est-ce que ceci compense cela ??)

Alors, il y a belle lurette que nous nous sommes dit qu’il était inutile de s’encombrer de nos CDs ; nous les avons tous copiés dans notre musicothèque virtuelle, et les CDs sont descendus à la cave, libérant ainsi un bon pan de mur du salon.

Les mois ont passé, et un jour j’ai réalisé que je n’écoutais plus de musique. C’est vrai, souvent j’ai envie d’écouter un morceau, mais l’idée d’allumer l’ordinateur me décourage immédiatement, sans compter qu’il faut faire les branchements nécessaires aux enceintes, puis chercher mon morceau… et souvent ne pas le lancer, parce que devant la multitude d’albums proposés, je ne suis plus vraiment sûre de ce dont j’ai envie (attitude typique du « zappeur »)… Et bien voilà, petit à petit, je me suis mise à ne plus écouter de musique. En devenant Maman, j’ai donc craint que mes enfants n’en écoutent pas beaucoup non plus. Il fallait agir.

Il y a quelques semaines, je suis redescendue à la cave, et j’ai remonté tous les CDs qui me manquaient vraiment. J’ai dépoussiéré un petit poste radio-lecteur cassettes et CDs, le genre de petit truc à 30 euros dont le son n’est pas optimal mais qui a l’avantage d’être pratique et léger, et nous l’avons installé au coeur de l’appartement, à l’exact croisement de la cuisine, du couloir, du salon et de la chambre des enfants. Et oh, miracle, je me suis mise à réécouter de la musique. Et Antonin et Louiselle aussi.

Une précision s’impose ici : pour moi, écouter de la musique, ça n’a jamais été l’écouter en bruit de fond. C’est un peu comme la télévision : je suis toujours surprise d’entrer dans des maisons où la télé fonctionne en permanence et dans lesquelles les gens vivent avec ces images et ces bruitages. Ils ne semblent pas en être génés. Je ne sais pas si c’est parce que je n’ai jamais eu la télévision (non, même enfant, et non, non, je ne suis pas une extraterrestre !), mais quand elle est allumée, moi, je ne peux pas m’empêcher… de la regarder ! Et même je dois dire que cela m’hypnotise pas mal ! Mes hôtes souvent doivent me trouver complètement impolie, je rentre, je dis « Bonjour ! »,… et je m’abîme dans la contemplation de l’écran ! (Enfin, au bout d’un moment, j’arrive quand même à m’en extirper et à demander d’une petite voix si on ne peut pas éteindre, ce qui m’est toujours accordé). Bref, tout cela pour dire, qu’avec la musique c’est pareil. Je ne parviens pas à ne pas l’écouter. Ce qui est vite fatiguant et anti-social, il faut bien l’admettre.

Mais en y réfléchissant, je me dis aussi que c’est une bonne chose. Moi, j’aimerai bien que mes enfants, le jour où ils regarderont la télévision, la regardent vraiment (et avec un sens critique bien aiguisé) et j’aimerai aussi que, quand ils écoutent de la musique, ils l’écoutent vraiment.

La question devint donc : comment faire écouter de la musique à un bébé de 19 mois, et à un autre de 3 mois, de telle façon qu’ils l’écoutent vraiment ?

J’écoute peu de musique car cela signifie pour moi tout arrêter, m’asseoir dans le canapé et fermer les yeux… Je ne peux exiger d’eux cette attitude, bien évidemment ! C’est donc à moi d’avoir à présent une écoute plus « active » pour leur permettre de construire leur propre sensibilité. Et bien sûr, tout dépend aussi de ce que l’on écoute :

1. Les berceuses. Pendant les deux premiers mois de Louiselle, nous n’avons écouté quasiment que des berceuses. Dès qu’elle était un peu chagrine, je la prennais dans mes bras et la berçais pendant que nous écoutions ce disque-là :


En fait, nous n’en écoutions même que les 11 premières chansons, qui seules sont des berceuses (après ce sont des comptines plus rythmiques). Généralement, à la onzième chanson, la Damoiselle dormait benoitement. Mais pendant 11 chansons, nous n’avions fait que cela, elle et moi : écouter (et, pour ma part, chanter, aussi, et bercer en rythme).

2. Du classique. Là encore, nul besoin, à mon avis, inonder les jeunes oreilles. J’ai remonté exactement trois disques : un double CD de berceuses classiques, magnifique compilation dont je ne me lasse pas, cadeau de ma belle-mère ; Les quatre saisons de Vivaldi ; et Le carnaval des animaux de Saint-Saëns. Antonin réagit dès que je lance un de ces morceaux ! Et nous dansons ! Parfois dans les bras l’un de l’autre, parfois en tournoyant chacun de notre côté ! Et encore une fois, quel que soit le temps passé à cette activité, il est consacré entièrement à la musique !

3. Des comptines. Là encore, j’y vais doucement. J’ai attendu, malgré ma hâte, qu’Antonin soit en plein boum langagier pour introduire un disque (celui-là, mais ça aurait pu être un autre). Pour le moment, il ne connait que 3 comptines. Je prends le temps de les amener une à une, je les choisis soigneusement en fonction de son vocabulaire et de ses intérêts du moment. Et cette fois, l’écoute se traduit en gestes. J’invente une gestuelle, en puisant conjointement dans le DVD fourni (qu’Antonin ne regarde pas, il me regarde, moi !!), la LSF et mon inspiration du moment ! Le Damoiseau y prend beaucoup de plaisir, et nous, ses parents, aussi !

Car, c’est le plus important, dans cette histoire, le plaisir !

Et nous serons tous bien d’accord pour dire que la meilleure musique, à tout âge, reste celle-là :

Louiselle, un mois, écoute son Papa

Et si, comme moi, vous peinez sérieusement à arracher un son à un instrument, chantez !!  ;-)

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