mardi 17 avril 2012

Antonin marche !


J’ai été fort surprise lorsqu’un ami à moi, deux fois papa, a émis l’idée suivante : “Chez les enfants, tous les apprentissages sont progressifs. Sauf la marche. La marche, c’est soudain. Un jour, ils ne marchent pas, et le lendemain, boum !, c’est acquis.”

Ah ? Je ne sais chez vous, mais pour Antonin, cela ne s’est pas du tout passé comme cela. Cela a été, comme tous les apprentissages effectivement, extrêmement progressif.

Le premier “pas“, si j’ose dire, a d’ailleurs sans doute commencé lorsqu’il s’est mis à marcher à quatre pattes, développant ainsi sa musculature. Un jour, il s’est dressé debout avec appui. Et du même coup, a commencé son apprentissage de la chute (il est très important de savoir tomber avant de savoir marcher, non ?). Puis, par jeu, il a lâché ces appuis pour se laisser tomber dans de grands éclats de rire. Plus tard, il s’est exercé à se mettre debout sans appui ; c’était difficile mais amusant. Et dans le même temps, rester immobile, sur place, sans appui, c’était intéressant aussi. Parallèlement, l’exploration de la maison continuait. Antonin marchait de plus en plus vite, de plus en plus souplement, en s’appuyant sur tout ce qu’il trouvait. Et tant mieux si c’était varié (en hauteur, en densité…). Est arrivée l’impérative activité des transport d’objets, absolument nécessaire pour le repérage dans l’espace, et que le Damoiseau allait répéter inlassablement : je déménage mes bouteilles d’eau colorée de mon étagère au canapé, puis du canapé à mon étagère, et ce, des dizaines de fois sans me lasser. Oui, mais cela suppose de ne prendre appui qu’avec une main… Et puis parfois, on ne prend plus appui du tout, l’espace d’un pas ou deux… Un jour, il a appris  à escalader (monter et descendre) et à monter les escaliers à quatre pattes… Et il jouait, un peu parce qu’il voyait bien que cela faisait plaisir aux adultes, à faire 2 ou 3 pas sans tomber… puis 7 ou 8 pas sans tomber…

Moi, pendant tous ces mois, j’observais, et je trouvais cette progression plus rigoureuse que si un éminent professeur l’avait construite !

Bien sûr, comme tous les parents, j’attendais avec émotion le moment où mon fils allait se transformer en petit bipède : c’est indubitablement samedi dernier que tout a commencé. Car ce samedi 14 avril, Antonin a été pris d’une véritable frénésie de marche. Plus question de faire plaisir à Papa et Maman, il s’agit cette fois d’un véritable élan vital. Voilà maintenant 3 jours qu’il arpente l’appartement dans tous les sens, avec une fierté et une obstination sans égales. Oui, bien sûr, il y a encore quelques chutes, mais il se relève instantannément, et choisit de plus en plus spontanément ce mode de déplacement plutôt que le quatre pattes.

“Grâce à son premier pas, l’enfant parvient à un niveau plus élevé. Si nous l’observons à ce moment-là, nous voyons qu’il a tendance à atteindre un degré supérieur d’indépendance. Il désire agir selon sa propre volonté, c’est-à-dire qu’il veut transporter les objets, s’habiller, se déshabiller seul, manger par lui-même, etc… et ce n’est pas l’effet de nos suggestions qui le stimulent. Il a en lui une impulsion vitale.” (L’Esprit absorbant, chap. “La conquête de l’indépendance”, Maria Montessori).

C’est un moment extrêment émouvant pour nous autres parents. On sent bien que plus rien ne sera comme avant, que le bébé est en train de devenir petit garçon. D’ailleurs, soudain, il ne ressemble plus vraiment à un bébé.

C’est en tout cas une nouvelle occasion de repenser les aménagements que nous offrons à notre enfant. Voici quelques idées de ce que l’on peut faire pour un enfant marcheur :

1. Si ce n’est déjà fait, lui proposer une étagère à sa taille pour ranger ses jouets.


2. Investir dans une petite chaise et une petite table, qui peuvent se trouver aussi bien dans la cuisine, dans le salon ou dans la chambre de l’enfant selon la place dont vous disposez. Rien ne vous empêche d’avoir une petite table dans chacune de ces pièces, d’ailleurs ! Elles se révèleront bien pratiques pour dessiner, faire de la pâte à modeler ou manger dans quelques semaines. En attendant, l’enfant apprend à s’assoir, les déplace, les escalade… bref, il se les approprie.

 


3. Commencer à réfléchir à l’espace “toilette” dans la salle de bain, qui doit être bien accessible, et pourvu des accessoires nécessaires à l’autonomie. Je réalise en ce moment que l’escabeau dont Antonin se sert pour accéder à notre lavabo n’est pas sûr : le Damoiseau est trop petit pour, à la fois, se plonger dans l’activité avec concentration et gérer son équilibre. Je songe donc à tout réorganiser… Je vous tiens au courant ; cela se fera progressivement, disons dans les deux mois à venir. Si vous avez des suggestions, je prends !

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