mercredi 1 février 2012

Antonin et les livres

Tout d’abord, je tiens à m’excuser de mon long silence sur ce blog. Une petite Damoiselle verra le jour debut mai, et entre dormir et blogger, il faut choisir !

Ah, dormir, oui, à vrai dire, moi, je dormirais bien tout le temps quand je suis enceinte… Mais ce serait sans compter sur le sieur Antonin, qui, à 13 mois, a ses expériences à poursuivre, que voulez-vous !

Chaque jour qui passe mériterait un article tant il se passe de choses ! Oh, bien sûr, rien de bien spectaculaire pour un observateur extérieur :

Non, Antonin ne parle pas couramment. “Papa”, “Tiens ! ” et “Gui !” (qui, comme chacun le sait, est un synonyme de “Tiens ! ” qui signifie également “Donne ! “, que c’est pratique) : voilà les seuls mots récurrents de son lexique. Mais le Damoiseau est un bavard, qui babille toute la journée avec des intonations extrêmement fines pour mon oreille de maman : interrogation, exclamation, affirmation, mais aussi ton de l’humour ou de la colère, les modulations de sa voix sont si expressives !

Non, Antonin ne marche pas encore. Mais avez-vous remarqué que son jeu favori en ce moment est le transport d’objets, nécessitant de ne prendre appui que d’une seule main sur les meubles ? Et que tout lâcher pour retomber théâtralement sur le derrière déclenche des éclats de rire sans fin ?

Moi, je remarque. J’enregistre. Je me dis que cela passe vite.

Je ne sais pas si c’est le fait d’attendre un deuxième enfant, ou si c’est le besoin de faire le bilan de l’année écoulée, mais je repense beaucoup à Antonin quand il était un tout petit nouveau-né, ces temps-ci. Aujourd’hui, je pensais en particulier à ce jour de janvier de l’année dernière où j’étais allée l’inscrire à la bibliothèque.

Alors, là, il faut que je vous fasse un aveu : toute passionnée de pédagogie et de littérature que je suis, franchement, les “bébés lecteurs” je n’y croyais pas une seconde. Je me refusais à embêter mon nouveau-né de quelques semaines avec un cérémonial de lecture auquel il ne comprendrait rien. Non, si j’inscrivais mon fiston à la bibliothèque, c’était très égoïstement pour emprunter pour moi-même : l’inscription des mineurs est gratuite !

Seulement voilà : la très gentille bibliothécaire m’annonce qu’Antonin, étant né à Grenoble en 2010, a droit à un album gratuit. Cet album, le voici :


Bien que passionnée de littérature jeunesse, je ne connais pas cet auteur. A première vue, je lui trouve le trait épais, mais la couverture dégage quelque chose de sympatique. De toute façon, j’attends de le lire : quelle que soit la qualité des illustrations, c’est toujours par les mots que j’entre dans une oeuvre.

Et bien, j’ai beaucoup aimé ce livre : le thème en est la singularité du tout-petit, malgré (grâce à ?) son appartenance à sa famille. Mais que c’est un thème compliqué pour un bébé ! Le livre est allé rejoindre ses confrères dans notre bibliothèque quelques semaines.

Et puis, un jour, j’ai eu envie de le lire à Antonin. Pour voir. Et aussi parce que décidément, ce texte faisait écho aux discours de mes proches qui s’acharnaient à disséquer mon fiston pour lui trouver des ressemblances (Il a ton menton, et le front de son papa ! L’oreille droite, c’est de notre côté, l’oreille gauche, par contre…) là où moi je ne voyais, et ne voulais voir, que LUI !

La réaction d’Antonin fut incroyable. Quel âge avait-il donc ? Un mois et demi, deux mois ? Ses yeux  naviguaient sur les illustrations sans les lâcher, il frétillait et agitait les jambes, je me souviens ! Un mélange d’excitation et de concentration !

Et de mon côté, je me suis aperçue que le texte utilisait des mots simples et doux à l’oreille. Que les phrases étaient rythmées. Et que les aplats de couleurs franches, les traits épais et les gros yeux des personnages étaient d’excellentes choses pour la vue encore vacillante d’un tout petit.

Il n’y eu jamais un deuxième livre comme Tigre, ce petit tigre. Jamais Antonin n’écouta une autre histoire avec la même patience et la même attention. Aujourd’hui encore, je la lui lis tous les soirs avant le coucher. Il l’écoute sans se lasser, et ne cherche même pas à toucher le livre ! Il regarde, babille, écoute. Il rit aux passages amusants. Je suis stupéfaite.

Quant aux autres livres d’Antonin …

Bien sûr Antonin a d’autres livres : des livres adaptés à son âge, entendez : en carton fort, petit format, des histoires courtes, aux thématiques proches de son quotidien de bébé, avec des textures à toucher…


Antonin adore les manipuler, mais il s’impatiente assez vite si j’essaie de lui lire une de ces histoires, pourtant soigneusement choisies. Je comprends bien que pour lui, ce ne sont pour le moment que des objets, fascinants au même titre que l’essoreuse à salade en plastique ou la corbeille de papier à recycler (il faudra que je vous parle de la passion d’Antonin pour le monde des objets domestiques, un de ces quatre).

Mais pour le Damoiseau, Tigre, ce petit tigre est une oeuvre. C’est différent.

4 commentaires:

  1. "Tigre ce petit tigre" est un livre tout simplement magique. Je l'ai commandé après avoir lu ton article et dès la première lecture il a captivé Francis et il ne s'en lasse pas. Des fois on le lit même plusieurs fois de suite!! En plus pour nous, il prend tout son sens, vu que mon mari vient de la région du Bengale :-D

    RépondreSupprimer
  2. Cela me fait très plaisir, ce petit retour, Vanessa.

    Je viens de relire cet article : Louiselle a aujourd'hui le même âge (ou presque) que son frère à l'époque où je l'ai écrit et je dois dire que son rapport aux livres est très différent ! Mais une chose demeure : elle ADORE "Tigre, ce petit tigre" !!
    ;-)

    RépondreSupprimer
  3. Ma fille a très vite aimée les livres. D'abord celui en tissus qu'elle a longuement mâchouillé, trituré, secoué et tout le reste. Puis ceux du bain qu'elle peux aussi mâchouiller. Puis les livres en "carton épais". Mais elle a parfaitement compris que c'est un objet à part dans le cœur de sa maman. D'ailleurs quand on en reçoit un nouveau elle le regarde avec moi, veut attraper les dessins, touche les textures mais ne le porte jamais en bouche ! Il aura fallu seulement quelques semaines pour qu'elle comprenne qu'un livre (en carton, les autres sont des jouets) ça ne se mange pas, ça se dévore ! Des yeux, des oreilles, des mains, mais pas de la bouche. Nous lisons toujours une première fois le livre ensemble avant qu'elle ne puisse le découvrir seule.

    Elle aime beaucoup tourner les pages avec moi, et on revient souvent en arrière dans l'histoire. Qu'importe, c'est un moment précieux pour elle.
    Du coup, les livres sont à disposition (sauf ceux en papier fin "pour grand") et elle aime beaucoup les emporter, les ouvrir et les refermer.

    Mais, nous n'avons pas de "Tigre, ce petit tigre" chez nous.

    RépondreSupprimer
  4. Ici aussi, "Tigre, ce petit tigre" a été vite adopté ! La grand-mère a toujours un franc succès ! Ainsi que la 4ème de couverture qu'on fait se "balancer". Merci pour cette découverte :-)

    RépondreSupprimer