mardi 31 mai 2011

Portrait à 5 mois

Cinq mois, y’a pas à dire, c’est une étape. Antonin commence à sentir dans son corps qu’il a, en puissance, la capacité de s’asseoir, de ramper, de marcher à 4 pattes et même sur ses deux jambes ! Seulement voilà : il ne le peut pas encore en acte. Et c’est la découverte d’un sentiment très désagréable, mais qui sera le moteur de bien des apprentissages : la frustration.

En tant que parent, c’est parfois difficile, face aux pleurs de son enfant, de bien avoir en tête le fameux adage montessorien “Aide-moi à faire seul !”. Pas question de coller dans la main du petit l’objet vers lequel il tendait en râlant : je vous parie qu’il le rejettera en pleurant. Car ce qui l’intéresse, ce n’est pas de l’avoir, mais c’est d’arriver à l’avoir seul ! Mon truc à moi (mais il y en a des tonnes d’autres) : je plaque ma main sur la plante de ses pieds pour qu’il puisse pousser dessus et se grandir de quelques centimètres. Et voilà ! Dans la main, cette Sophie la girafe qui paraissait inaccessible ! (puis dans la bouche assez vite, d’ailleurs, c’est si bon le caoutchouc qui a traîné partout !)

Antonin joue seul sur des temps qui me semblent être assez longs. Bon, il y a des jours où il a besoin d’énormément d’attention : par exemple, hier, après le retour de vacances, son papa fut absent toute la journée alors qu’il avait pris l’habitude de le voir à chaque instant pendant 10 jours. Antonin n’a pas voulu rester seul un seul instant. Il a eu besoin d’être beaucoup dans mes bras, et pleurait pour un rien (ou pas grand chose). J’en ai pris mon parti, et aujourd’hui, je retrouve le petit garçon autonome que je connais. Attention : pas question de “coller” l’enfant dans son aire de jeu et de le plaquer pour aller faire sa vaisselle. La vaisselle attendra, sans quoi le petit aura vite fait la liaison entre “l’aire de jeu” et “l’absence de Maman”. Il convient de passer du temps avec lui autant qu’il le souhaite : c’est de notre disponibilité que dépend sa capacité à rester seul un moment. Il regardera, explorera  et gazouillera en tête à tête avec ses jouets familiers d’autant mieux que vous l’aurez fait avec lui (et beaucoup).

Antonin me semble assez actif : même dans les moments de contemplation les plus intenses, il bouge généralement au moins une partie de son corps. Il est amusant de constater qu’il a des “phases” : il a eu la phase des “Je claque mes lèvres l’une contre l’autre”, puis celle des “ADADADADADA”. Il a eu la phase des “Je me retourne du ventre sur le dos et du ventre sur le dos” et celle des “Je m’étire de tout mon long pour saisir un objet”. On observe la même chose dans les classes Montessori, où les enfants sont libres de choisir leurs activités : dès qu’ils maîtrisent une notion ou un geste, dès que l’activité ne peut plus rien leur apporter, ils passent à autre chose. Bien sûr, ce n’est pas linéaire, et ils éprouvent parfois le besoin de revenir en arrière pour consolider un acquis (quel bonheur de retrouver les “ADADADADA” qu’on n’avait pas pratiqué depuis une semaine !).
 
Allez, Damoiseau ! Tu vas y arriver !















Antonin a cinq mois ! C’est beaucoup, et c’est peu en même temps ! Dire qu’il y a six mois, donc, nous nous réveillions sans ses babillages du matin ! Qu’est-ce que six mois dans ma vie à moi ? Pas grand chose, n’est-ce pas ? Et pourtant, j’ai l’impression qu’il a toujours été là.

lundi 30 mai 2011

Rentrée...

Pendant ses vacances, Antonin a :

  • Découvert qu’il avait des pieds.
  • Fait plusieurs dizaines de fois le tour du jardin de ses grands-parents dans les bras de son papa ou de sa maman … et quand ils avaient le malheur de s’arrêter, oh, là, là, non mais pas question, car un jardin c’est sans doute la chose du monde la plus passionnante, n’est-ce pas ? (et les parents n’ont pas le droit d’avoir les bras en compote).
  • Touché, caressé, et presque sans jamais les arracher, les feuilles de tous les arbres et de toutes les plantes du dit-jardin.
  • Eu 5 mois.
  • Regardé la mer de tous ses yeux avec une attention extrême.


  • Oublié de « faire ses nuits » … et réclamé 5 repas par jour comme quand il était un tout petit bébé (parce que, maintenant, hein ! Quel grand garçon !).
  • Observé et dialogué avec deux petits garçons de 3 et 4 mois de plus que lui.
  • Froissé et humé des feuilles de noyer.
  • Conversé joyeusement avec le dit-noyer pendant plus d’une heure (qu’on ne vienne pas me dire que les petits sont incapables de rester concentrés dans une activité plus de 5 minutes !!), allongé sur une couverture, en dansant des bras, des jambes et du ventre.

  • Découvert de nouvelles sonorités, en particulier une petite percussion africaine dénommée « udu » que son papa reçut pour son anniversaire. Presque aussi passionnant que les mains de Papy frappant au rythme de chansons oubliées !
  • Rencontré quelques chats.
  • Eu un appétit très relatif : fi des nourritures terrestres !
  • Pris conscience que rester en voiture, alors qu’il fait chaud, coincé dans une coque « pour sa sécurité », et bien, ce n’était pas son truc.
  • Souri environ 90 milliards de fois (à Mamie, à Papy, au noyer, à ses parents et aux amis de ses parents, aux chats, à la mer, au ciel, au chant des oiseaux …).
  • Fait sonner pour la première fois les cordes de la guitalélé de son papa.
  • Bu un biberon au pied du Mont Michel (dans une totale indifférence, à vrai dire). 

Et fut fort content de rentrer chez lui !

mercredi 18 mai 2011

Mission accomplie !

Un petit post pour vous remercier de tous vos commentaires chaleureux et éclairés concernant ma recherche d’assistante maternelle !

Je me devais de vous tenir au courant, alors voilà : nous avons rencontré la dame qui s’occupera d’Antonin quand je reprendrais le travail à mi-temps. Elle s’appelle Marie-Thérèse, elle est débordante d’énergie et d’amour. Antonin a été immédiatement conquis, lui a fait force risettes et … rêve-je ? il a ri aux éclats quand elle lui a fait PFFFFFSCHOUOUOUOU dans le bidou.

Bon, ben, si je suis de trop, moi, il  faut le dire, hein ??

Hier, en rentrant de notre périple (trois visites d’assistantes maternelles dans la journée, le tout à pied avec le petit en écharpe sous un bon soleil !! ) j’ai fait le point : des six femmes que j’avais rencontré, j’hésitais entre deux.
Et j’ai repensé au commentaire de Christelle B., car je me voyais exactement dans sa situation, à hésiter entre le cœur et la raison !

Je m’explique :
  • La raison : un appartement vaste, hyper lumineux et très bien rangé. Des jeux intelligents en abondance. Une immense terrasse sur laquelle les enfants font du vélo (avec casque). Une dame très professionnelle, ancienne assistante puéricultrice qui compte retravailler en crèche après avoir élevé ses enfants. Gentille, un peu froide peut-être, fatiguée certainement. Fait ce travail par défaut mais le fait bien.
  • Le cœur : une petite maison très sombre, pas nickelle, mais pas sale non plus, pleine de vie. La télé doit bien être quelque part ( derrière les pots de gouache, peut-être), mais je ne l’ai pas vu. Une petite terrasse dont le portillon donne directement sur un espace vert. Une vie de quartier communautaire : les assistantes maternelles prennent le café ensemble le matin, les gamins se mélangent, c’est un joyeux bazar. Quand il fait chaud, on met une piscine gonflable sur la pelouse commune et tout le monde en maillot (oui, oui, même les dames !!). Marie-Thérèse est d’origine portugaise et elle sent le soleil : elle fait ce métier avec passion, pas question d’en faire un autre, et “Ici c’est la famille” (et de me montrer toutes les photos de ses “petits”).
Christelle B. disait regretter d’avoir choisi la raison … J’y ai repensé, et j’ai choisi le cœur.
Merci Christelle !
Bon, comme Christelle B. le disait, je ne suis pas sûre que le biberon soit toujours nickel. Mais il y aura beaucoup d‘amour dedans.

Sur cette bonne nouvelle, je vous dis au revoir : nous partons en vacances pour une dizaine de jours. L’occasion pour Antonin de (re)rencontrer sa famille paternelle et quelques uns de nos amis et leurs bébés. Dix jours qui seront riches de découvertes sensorielles (Antonin va voir la mer pour la première fois !) et de relations sociales.

Promis, je vous raconte tout dès mon retour !

Même Sophie la girafe se met au vert...

mardi 17 mai 2011

L'oncle Flo

Il y a 4 mois et demi, mon petit frère Flo est devenu “l’Oncle Flo”.
C’est le rigolard de la famille, et je vous assure que lorsqu’il est venu nous rendre visite il y a deux jours, Antonin ne s’y est pas trompé.
Hilare, le bébé, dès qu’Oncle Flo ouvrait la bouche !! C’est bien simple : je n’avais jamais entendu mon fils autant rigoler en une seule journée.
Et moi de les observer faire des cabrioles et des chatouilles … Et de me dire qu’une relation forte était en train de se construire dans laquelle je n’aurai pas ma part … C’est chouette de voir son fiston tisser des liens avec d’autres gens que soi …

Plus petit que soi mais d'égale grandeur...

lundi 16 mai 2011

Mon premier jouet montessorien : les disques liés

Depuis un mois, Antonin maîtrise un geste capital dans l’histoire de l’évolution humaine : passer un objet d’une main à l’autre.


Or, il existe un objet, fabriqué par Madame Gobbi, proche collaboratirce de Maria Montessori (oui, oui, celle-là même du mobile ! ;) ) qui se compose de deux disques de bois imbriqués de façon perpendiculaire (euh, je me fais bien comprendre, là ? La photo ci-dessous vaut une description). Il est connu en français sous le nom de "disques liés" et en anglais, il se nomme "interlocked disks".


La passation de main en main est l’occasion pour le bébé d’un examen approfondi des objets : il s’agit d’expérimenter les sensations que procurent les différentes vues d’un même objet. D’après la philosophie Maria Montessori, ce type d’objet stimulerait harmonieusement les deux côtés du cerveau.
Alors, je voulais demander à tous les parents ici présents : quelqu’un a-t-il expérimenté ce jouet avec son enfant ? Je pense l’offrir à Antonin pour l’anniversaire de son 5e mois (Ben oui  je sais, toutes les occasions sont bonnes …). J’ai attendu que mon bébé soit suffisamment fort pour ne pas faire tomber ce type d’objet sur son nez, car il est  quand même en bois et donc sans doute un peu lourd. Maintenant ça devrait aller, et puis si cela arrive, ce sera riche d’informations quant à la résistance de la matière ! Et oui, je fais partie de ces mères indignes qui ne vont pas tout faire pour éviter certains « accidents » à leurs enfants, tant je pense qu’il ont besoin de se faire (un peu) mal...
J’hésite quand même à le commander, car chez nous, nous essayons de ne pas ensevelir notre enfant sous les jouets, et je me demande si d’autres objets ne pouvaient pas remplir exactement les mêmes fonctions ? Si votre expérience vous a permis de répondre à cette question, merci de m’en faire part !! Mais à vrai dire, je pense que mon envie à moi d’acquérir un vrai objet Montessori (pas trop cher, qui plus est) sera la plus forte !!
Bon, j’attends vos témoignages, et je vous tiens au courant !!

Edit du 21 décembre 2012 : Finalement, ne craignez pas que cet objet ne soit trop lourd si vous décidez de l'acquérir : le bois choisi est très léger, et la taille de l'objet bien adaptée aux mains de l'enfant. Mais honnêtement, aucun de mes deux bébés ne s'y est jamais absorbé bien longtemps... C'est néanmoins un bel objet, et qui roule sur lui-même d'une façon qui m'amuse, moi, beaucoup. Vous le trouverez par exemple ici.

vendredi 13 mai 2011

Mon premier combat au corps à corps avec un crocodile

Et oui, il y a des étapes obligées dans la vie !!
Que ceux qui ne se sont jamais battu au corps à corps avec un crocodile lèvent le doigt !!
(Ah oui ? Tant que ça !!??).
Sous vos yeux ébahis, voici, en images, le premier combat au corps à corps d’Antonin avec un crocodile. Qui va gagner ?
(Ce que les photos ne rendent pas, ce sont les grognements belliqueux du fiston … Je vous laisse les imaginer !!)

À l'attaque !
Je maîtrise l'animal...

Il revient à l'assaut !
Retour à la situation intiale...
Bon, dès que je lui ai fait
mordre la poussière,
je vous fais signe...

jeudi 12 mai 2011

En mai, fais ce qu'il te plait !


En mai, fais ce qu’il te plait … Déshabille-toi !!
La peau d’Antonin est extrêmement sensible : il a la peau « de Normand » de son Papa, blanche … et rouge ! De plus, sans que personne n’y comprenne rien, il fait de l’eczéma depuis sa naissance ou presque. Alors, nous n’avons guère eu le choix : tout ce qui touche à sa peau est 100% coton. Et c’est alors qu’on s’aperçoit que ce n’est pas systématiquement le cas des vêtements pour bébés comme on pourrait le croire. Il faut bien lire les étiquettes !
Pour être bien à l’aise, Antonin a toujours été vêtu d’une grenouillère, avec un sous-vêtement plus ou moins enveloppant et chaud selon la saison. J’ai bien essayé de « l’habiller » pendant quelques jours quand il était tout petit, mais j’y ai renoncé pour un bon moment : l’important, à moins de 6 mois, ce n’est pas l’élégance, mais le confort. Je dirais même plus : ce qui est élégant, à moins de 6 mois, c’est ce qui est confortable, et un bébé engoncé dans une chemisette à col et poche-poitrine, salopette compliquée et chaussures « comme les grands » est moins gracieux que son jumeau en pyjama.
Seulement voilà, depuis quelques jours, il commence à faire chaud : nous n’en sommes pas encore à laisser Antonin tout nu (à suivre), mais en tout cas, il est une partie du corps qu’il n’est plus question de couvrir : ce sont les pieds.
http://www.blogbbmontessori.com/wp-content/uploads/2011/05/dsc_0104.jpg
Libérez les pieds dodus des bébés !

Et comme Antonin adore se retourner du dos sur le ventre et du ventre sur le dos (mais toujours en basculant du côté gauche, c’est comme ça !!), et puis pousser sur ses pieds pour se redresser et dans l’espoir d’avancer (ça viendra !), et bien c’est ainsi tout un nouveau panel de sensations qu’il découvre !!

mercredi 11 mai 2011

Mission impossible ?

Bonjour à tous !

Me voici fraichement débarquée sur la blogosphère pour vous parler d'Antonin, mon fils de 4 mois et demi, et de ses premiers apprentissages.

Seulement voilà : un blog, c'est un peu comme un « journal non-intime » : le quotidien prend beaucoup de place dans nos têtes et accapare notre temps, et c'est lui, qui, tout naturellement, resurgit. Avant donc de vous présenter mon fiston de manière approfondie, j'aimerais m'épancher un peu sur ma galère du moment :

Trouver une assistante maternelle, c'est-à-dire une personne qui accompagnera mon bébé dix heures par jour, deux jours par semaine, pendant deux ans
(soit 740 heures de sa vie).

Des assistantes maternelles, y'en a des tas de biens, et même de très très biens, mais depuis que j'ai entamé mes recherches, je n'ai pas de chance : celles à qui je ferais une totale confiance ne sont pas disponibles, et les autres, et bien ... ce sont les autres.

Le moral restait bon jusqu'à hier. Et puis hier, je suis allé au domicile d'une jeune femme qui m'a paru à ce point concentrer tout ce que je ne voulais pas que je suis sortie de chez elle déprimée et soucieuse : n'étais-je pas trop exigeante ?

Pourtant, je vous assure, je ferme les yeux sur certains trucs comme les énormes télévisions qui trônent dans tous les salons, surmontées de piles de DVD médiocres pour enfants. Je suis montessorienne, OK, mais je ne vis pas au pays des Bisounours. Je ne demande pas aux nourrices de partager toutes mes convictions en matière d'éducation.

"Mais d'ailleurs, qu'est-ce que je leur demande, aux nourrices ?"
(telle fut la question qui me tint éveillée toute la nuit)

Voici donc la substantifique moelle de mes réflexions nocturnes, destinées à me recentrer sur mes objectifs et retrouver la pêche.

Quand je rencontre une assistante maternelle :

  1. Je suis avant tout attentive à l'ambiance de son appartement : est-il à peu près rangé et propre ? Y a-t-il un aménagement du mobilier laissant deviner une vie de famille ? J'entends par là, très simplement : des chaises autour d'une table, peut-être un cadre au mur ou une cage à oiseaux … Ne souriez pas : l'appartement que j'ai vu hier était totalement vide ou presque, meublé uniquement de canapés défoncés recouverts de plaids douteux, de la sacro-sainte télévision et de rideaux épais qui occultaient la lumière du jour (?). Le long des murs, tout un tas de bazar empilé à même le sol. Une odeur de cigarette, et de la cendre sur la table basse …

  2. Ensuite, c'est l'ambiance au sens plus spirituel qui m'intéresse (au sens où on dit « Bonjour l'ambiance ! »). Y a-t-il une joie de vivre dans cette famille ? L'assistante maternelle est-elle sereine et disponible ? Là encore, la jeune fille que j'ai vu hier me parlait de son divorce, du fait qu'elle avait été mère mineure, et quoique je compatisse sincèrement, je sentais comme une chape de tristesse et de préoccupations tomber sur nous au fur et à mesure de la conversation. D'ailleurs, Antonin, d'habitude fort sage, s'est mis à se cambrer et à s'agiter, m'obligeant alors à me lever pour le bercer (ou pour partir ?). Et cela m'amène tout naturellement au dernier point :

  3. L'assistante maternelle s'adresse-t-elle à l'enfant ? Attention : non pas parle de l'enfant (« Oh, qu'il est mignon ! »), mais bien à l'enfant (« Salut, toi ! Ça va ? »). Le test ultime, c'est : est-ce que je lui ai confié le bébé pendant l'entretien ? En fait, les trois quart du temps, je n'y pense même pas (et les nourrices ne le réclament pas, d'ailleurs) : c'est un signe, non ?

    Alors, qu'en pensez-vous ? Suis-je trop exigeante ?

    Zen, restons zen
    Zen, restons zen