lundi 20 avril 2015

Un plus petit que soi

Le chat est l'âme visible de la maison.
Jean Cocteau


Mon homme et moi, nous avions toujours dit que nous voulions un chat. Un jour. On s'était même fixé une échéance : quand Louiselle serait continente. Dans notre esprit, j'imagine qu'il devait y avoir un vague rapport entre les deux - la continence de Louiselle et le fait d'avoir un chat ? Allez savoir. Une fois ce delai fixé, il restait dans un coin de notre tête : "Un chat ? Oui, oui. On aimerait bien. Quand Louiselle sera continente."

Seulement, dans un autre coin de notre tête, règnait une certaine perplexité : un chat ??? Mais enfin, cela n'était pas possible.  Mettez Antonin et Louiselle à côté d'un animal quel qu'il soit et voyez : ce n'est pas possible. La pauvre bête n'a plus aucun répit, elle en est réduite à fuir ou à attaquer. Et je la comprends.

Un chat ? Bon, mais alors, pas un chaton, trop fougueux. Un chat ? Mais sans dents et sans griffes. Un très vieux chat. Mais qui ne soit pas cardiaque, car dans cette maison...

Un chat ? Où trouver un chat ? Dans un refuge, ou à la SPA, bien sûr. Mais alors, il aura un vécu, ce chat. Un vécu pas forcément chouette - et un certain nombre de traumatismes liés. C'est un risque tout de même, d'adopter un animal qu'on ne connait pas et de le lâcher en patûre à l'amour débordant de ses enfants... C'est sûr : ça finirait par des morsures enragées et des yeux crevés.


Vous allez dire que j'enjolive, mais je vous conjure de me croire quand je vous dis que le premier jour où je l'ai vu était précisemment le jour où Louiselle décida qu'elle ne porterait plus de couche. C'était un samedi. Le 21 fèvrier 2015. Il faisait un froid !!

En le voyant je me suis dit : "Tiens, je ne connais pas ce chat, je me demande à quel voisin il appartient...".

Le chat est resté une semaine. Chez nous. Il n'allait pas explorer les autres jardins, mais avait l'air de considérer le nôtre comme le sien.  Il se roulait en boule sous un certain arbuste et dormait. J'ai mené une enquête... Personne ne le connaissait. Un jour, il a miaulé à notre porte, nous l'avons fait entrer, nous l'avons nourri. Il nous avait adopté.

Vous l'avez compris, nous n'avons pas choisi ce chat, c'est bien l'inverse qui s'est produit. Et le mieux reste à venir : j'ai immédiatement senti que je pouvais lui faire confiance. Les enfants l'ont tout de suite beaucoup aimé - et beaucoup tourmenté. Il est toujours resté stoïque. 

C'est un chat un peu bizarre : il est pris de crises de miaulements incompréhensibles tous les matin à 7h00, il nous fait la fête quand il nous retrouve et se couche à nos pieds sur le tapis, il ne jouit pas d'un équilibre et d'une souplesse légendaires, il aime les Curly (si). Il a un léger strabisme, il considère de son devoir de saccager mon potager tous les jours, il ne sait pas ronronner, il ne sait pas chasser, il adore se lover contre les téléphones et les ordinateurs et regrette fort que nous n'ayons pas la télé. Il fait tous ses besoins dehors et ne monte pas sur les tables. Il ne s'énerve jamais, et semble ignorer qu'il a des dents et des griffes. C'est notre chat ! :-)


Il n'est pas facile de décrire tout ce que ce chat fait pour nous, dans notre vie de tous les jours. Dès qu'il entre dans la pièce, quelque chose se passe. "Ah, le chat !". Les sourires s'affichent sur les lèvres, l'enfant un peu nerveux se calme... "Le chat, le chat, chut, chut, voilà le chat ! Bonjour, le chat ! Qu'est-ce que tu veux, le chat ?" Le chat est une personne très importante pour mes enfants, qui lui parlent, lui expliquent les choses, l'ensevelissent sous les couvertures et les jouets - et testent les différentes manières de le "caresser" ("Maman, quand je lui tire les oreilles, le chat, il aime pô !!")... Ce sont les enfants qui se chargent de remplir ses gamelles et d'ouvrir et fermer les portes sur son passage - ils se battent presque pour avoir ces responsabilités !

Ce chat n'a pas de nom, ou plutôt, il en a plusieurs : interaction, empathie, bonne humeur, anti-stress... et apprentissage !

Oui, apprentissage : saviez vous que des études ont été menées, au cours desquelles on demandait aux enfants de lire un texte 1. Seul. 2. À un adulte. 3. À un autre enfant. 4. À un animal. Face à l'animal, l'enfant se sent en confiance, il se sent grand et important, calme - et lit beaucoup mieux !

Je suis bien contente que ce chat ait choisi notre maison. :-)

dimanche 19 avril 2015

Journal, semaines 14- 15-16/15


Louiselle a deux ans et demi.
Antonin a 4 ans.

Semaine 14/2015

Il y eut :

- De belles cueillettes d'herbes sauvages.

Futur pesto

- La poursuite de l'apprentissage des lettres cursives (Antonin).


- Une grande passion pour ces chiffres et ces lettres en mousse ou en feutrine que l'on trouve en papeterie.


- Le grand intérêt de la Damoiselle pour les cartes géographiques.

"Maman, où est-ce qu'on habite ?
Et Matthieu [notre voisin d'en face...], il habite où ??" :-D


- Une jolie séance de dessin sur papier noir.

Outils : craie blanche, gouache blanche et marqueur blanc.

Les enfants commentent leurs réalisations - une chouette et un singe...

Descriptions anatomiques détaillées

- Moult peinture à doigt (Louiselle).


- Et dans la série "J'aime notre ludothèque" :

Les Géomag

Semaine 15/2015

- 80% de notre temps libre est passé à jardiner... et je n'ai pas une seule photo ! :-)

- Les enfants se passionnent pour les pochoirs en tous genre.

 
Oh, que j'aime cette posture de petit scripteur !!! :-)

- D'ailleurs, Antonin écrit - et décide un jour d'étiquetter ses animaux avec leur nom (Ici, Bissawa, si si, ça existe, c'est iroquois !).

Tiens, il connait le "OI" ???

- Concernant Antonin toujours, les additions simples ont émergé spontannément. J'alimente ce nouvel intérêt par de petites situations - c'est facile à monter, sur de petites quantités, avec n'importe quel objet de la vie quotidienne.

Trois lutins et deux lutins...                                     Cinq lutins !

- Et dans la foulée, un petit exercice sur les compléments de 10 avec des legos :


Les enfants m'ont aidée à fabriquer des tours "de 1", "de 2", "de 3", etc. L'idée était de reprendre les couleurs de nos perles Montessori, mais nous avons dû faire avec ce qu'on avait.

Défi : Peux-tu fabriquer des tours de 10 ?

L'adulte prend bien soin d'amener l'enfant à formuler ses découvertes : 9 et 1, c'est 10, 8 et 2, c'est 10...


La comparaison des hauteurs des tours sert de contrôle de l'erreur.

Oh, c'est trop haut ! 5 et 7, ce n'est pas 10...

On corrige, on recompte...

Et c'est sûr, on le refera ! :-)

- Et pendant ce temps, il faut bien qu'on mange... :-)


- Papa est en vacances...

Coloriage et aquarelle en famille

- Et dans la série "J'aime notre ludothèque" :


(Désolée, je n'ai pas retrouvé les références de ce jeu - je crois me souvenir qu'il s'agit d'un jeu allemand et qu'il s'appelle "Babylone"... Encore une vieillerie introuvable sur le Net ! Il s'agit de simples cubes, que l'on dispose, sur leur pointe, sur un support pour construire des pyramides. Top !)

Semaine 16/2015

- Antonin écrit...


- ... Louiselle muscle ses menottes...


... et moi, je me répète ! :-D

- On joue avec Papa et la lumière...

Très simplement :
il suffit d'une lampe de poche !

- On modèle l'argile dehors...


- ... et on joue du pastel...

... sur papier et caillou ! ;-)

- Mon homme fabrique un hôtel à insectes... d'ores et déjà investi par des bourdons des pierres !!? :-o


- Et dans la série "J'aime notre ludothèque" :

Ce labyrinthe

Bonne semaine chez vous ! :-)

samedi 18 avril 2015

Miroirs et Attrimaths


Pour finir la semaine en couleurs, voici une petite proposition très simple autour des mosaïques qui a vraiment mobilisé les enfants il y a quelques jours.


On ne présente plus les "attrimaths", ces petites formes géométriques colorées, matériel mathématique sensoriel par excellence. Très utilisées dès la maternelle pour réaliser pavages et algoritmes, on les sollicite aussi en élémentaire pour la compréhension de la symétrie, et même au collège pour celle des fractions.


Cela fait déjà un moment que je me dis que miroirs et géométrie font bon ménage...


Ma proposition du jour se voulait une invitation à construire à la verticale (toujours cette idée d'amener l'enfant à penser autrement) - cela n'a pas pris ! :-D

(Je cherche à ce propos des attrimaths larges, qui resteraient bien stables posés sur la tranche, quelqu'un aurait-il un tuyau ? Ceux qu'on trouve en France sont si minces... :-/ )

Tant pis, les enfants sont restés aborbés presque une heure par leurs manipulations, je considère donc cette séance comme un succès total ! :-)

Pour l'instant ce qui les intéresse, c'est de respecter à la lettre les modèles fournis par notre coffret. Pas d'improvisation pour le moment, mais je me doute que cela viendra lorsqu'il se seront constitué un répertoire graphique.


J'avais placé sur la table un mitoir grossissant pivotant, qui n'a pas manqué de les interpeller. Lousielle la première s'est chargée de l'orienter de manière à ce qu'il reflète ses mains et son travail... imitée peu après par son frère.


Quand l'optique, science de la lumière et de la vision, rencontre la géométrie, étude des figures du plan et de l'espace... il en résulte une activité logico-sensorielle sollicitant les gestes fins : le bonheur ! :-)

Pensez-y si vos enfants boudent leurs mosaïques ! :-)

Bon week-end chez vous !

vendredi 17 avril 2015

L'entrée en calligraphie : progression



Lorsque l'enfant "entre" en graphisme, il sait s'orienter dans l'espace-feuille, longuement exploré en amont, et commence à maitriser son geste, qui se plie de mieux en mieux à son intention. La bonne tenue de l'outil est acquise. Parallèlement, le jeune enfant comprend que les caracactères qui l'entourent (lettres, chiffres, mais aussi logos, panneaux, etc.) codent du sens. C'est la rencontre de ces deux maîtrises (physique et conceptuelle) qui fait entrer l'enfant dans un monde nouveau : celui de l'écriture.

"Écriture" peut s'entendre en deux sens :

- On écrit quand on code du sens : lorsque qu'Antonin construit le mot "USIN" (= usine) avec son alphabet mobile, il écrit.

- On écrit quand on exige de sa main qu'elle produise un tracé extrêment précis, rigoureux et non fantaisiste, en vue de coder du sens. C'est la calligraphie, et c'est d'elle dont je souhaite vous parler aujourd'hui.

Bien sûr, à quatre ans, Antonin n'en a pas terminé avec la phase d'exploration du geste, et toutes les activités proposées à sa sœur le mobilisent beaucoup ! :-)

Cf. ICI

Chez nous, l'apprentissage de l'écriture a débuté par celle des chiffres, d'une part parce qu'Antonin éprouvait à leur égard une forte attirance, d'autre part parce que cet univers est plus simple que celui des lettres : il n'y a que que 10 caractères à mémoriser, chacun représente une unité de sens (l'équivalent d'un mot entier), et il n'existe pas trois graphies possibles pour chaque signe...


Connaissez-vous la progression montessorienne en calligraphie ?

Nous la suivons assez fidèlement, voici comment :

1. Tracer des chiffres dans le sel :

Invitation

C'est toujours le même plateau de four, réservé à cet usage, qui sert à nos petits exercices...

... souvent libres !

On demande à l'enfant de repasser trois fois chaque chiffre rugueux avant de le tracer dans le sel. Antonin a vite établi une règle différente, et exige de repasser chaque signe autant de fois que le nombre désigné (il repasse le 2 deux fois, le 5 cinq fois, etc.). Autant dire qu'il a le 9 bien en main ! :-D


Le Damoiseau maitrise à présent le sens du tracé de tous les chiffres - à l'exception du 8, qu'il s'obstine à faire de deux cercles superposés. :-)


Un p'tit coup de ménage s'impose pour clore la séance ! ;-)

2. Tracer les chiffres sur ardoise ou tableau noir.

Invitation

La procédure est la même : l'enfant se remet le tracé dans les doigts grâce aux chiffres rugueux, puis se lance sur l'ardoise.


3. Tracer les chiffres sur papier :


C'est le moment de s'exercer sur papier (enfin, ici, sur plastique effaçable), en traçant des chiffres de plus en plus petits.

Nous reprendrons cette progression pour les lettres cursives... dès qu'Antonin saura toutes les reconnaître (il y travaille !).

En attendant, la même progression est suivie pour les exercices de graphisme préparant à l'écriture "liée" :

1. Tracer des motifs dans le sel :


J'ai fabriqué des "lignes à toucher" à partir de papier Vénilia tout doux (texture "table de billard", vous voyez ?) et des planchettes de contreplaquées de récup'. Il y a 6 motifs au total (au moment des photos, je n'avais pas présenté les plus complexes à Antonin) et comme j'ai eu du mal à trouver mes gabarits, je les ai fabriqués, et vous pouvez les télécharger ICI.

La procédure est identique :

On touche (trois fois, ou plus si affinité...)


... et on reproduit la ligne dans le sel.


2. Tracer des motifs sur ardoise ou tableau noir :
 

Voici une merveilleuse astuce pour varier un peu : l'enfant peut aussi graphier en repassant simplement le tracé à la craie (fait par l'adulte) à l'aide d'un pinceau humide.


Cela plait beaucoup par ici - et même la Damoiselle a voulu s'y essayer de nombreuses fois.


Une précaution d'usage, cependant, concernant les petits en âge "graphique". J'aime expliquer à mes enfants pourquoi je propose telle ou telle activité : ici, il s'agit de commecer à apprendre à écrire "en attaché", et Antonin n'en est pas peu fier. La "consigne" est donc de suivre le tracé, de gauche à droite, sans s'arrêter - et sans chercher forcément à effacer la craie du premier coup, mais on peut repasser autant de fois qu'on le souhaite !


Si on ne précise pas ce point, l'enfant risque de "colorier" la ligne par de petits mouvements de va-et-vient pour la faire disparaitre, et l'objectif (délier le geste pour préparer à l'écriture cursive) est perdu.

Lorsque l'enfant maitrise bien ses tracés, il peut les réaliser librement à l'eau, sans trait "modèle" à repasser.

3. Tracer sur papier :


On trouve plein de fiches de ce genre sur Internet, je vous laisse faire votre marché ! :-)

Enjoy ! :-)