jeudi 31 juillet 2014

Un espace "construction"



Les cubes sont LE jeu pédagogique par excellence : en les manipulant, les enfants vont s'imprégner sensoriellement des concepts mathématiques tels que poids, formes, symétries et proportions ; ils vont faire l'expérience de l'équilibre ; ils vont verbaliser leurs actions et décrire leurs productions. Ils vont exercer leur motricité fine et globale, et développer leurs capacités imaginatives. Je ne connais pas un seul parent qui ne soit convaincu de l'intelligence des jeux de constructions... Mais encore faudrait-il que les enfants, eux, le soient ! Car j'entends souvent mes amis soupirer que leur progéniture ne touche jamais au jolis cubes offerts par la famille...


Si c'est également le cas chez vous, posez-vous d'abord la question de savoir si votre enfant a assez de cubes. C'est une évidence en la matière : plus on en a, et si possible de toutes sortes, plus on a envie de les manipuler. Un bête baril de base, ce n'est pas assez. L'idéal serait d'en avoir suffisamment pour organiser une rotation : ici, j'ai séparé notre stock en deux paquets, et je change chaque semaine  la moitié du paquet proposé contre la moitié de l'autre. L'objectif est que ce ne soient pas toujours les mêmes lots qui se cotoient (les cubes magnétiques ne sont pas toujours sortis en même temps que les cubes Waldorf, mais parfois aussi avec les cubes "fenêtres") de façon à encourager toutes les associations possibles.


Ensuite, prenez le temps de vous asseoir calmement à côté de votre enfant pendant qu'il joue et de l'observer. C'est vraiment quelque chose de tout simple qui va tout changer : votre regard sur ce jeu, et le rapport de votre enfant avec ses cubes. Je suis toujours surprise lorsque je regarde mes enfants manipuler leurs cubes. J'étais certaine que Louiselle ne faisait que casser les constructions de son frère, et je découvre qu'elle monte avec patience des tours plus hautes qu'elle - pour les détruire ensuite, oui, bien sûr. Je pensais Antonin enferré dans sa période "route" (les cubes alignés sur le sol servent à faire rouler ses voitures), et je m'aperçois qu'il bâtit des tours, lui aussi, en mettant en place des stratégies, encore balbutiantes, pour qu'elles soient plus hautes et plus solides. Et d'ailleurs, ses routes ne sont déjà plus rectilignes comme il y a quelques mois ; elles tournent et peuvent même être closes sur elles-mêmes comme des circuits. Des cubes contrastés sont choisis avec soin en fonction de leur épaisseur pour figurer les "passages piètons"... etc. C'est vraiment passionnant ! :-)

Cela faisait un moment que je voulais organiser un "coin construction" à la manière Reggio dans notre maison. J'étais bêtement bloquée parce que j'avais en tête de l'installer dans l'atelier, et l'atelier étant ce qu'il est (c'est-à-dire en plein chambardement), je ne voyais pas ça possible avant de longs mois.


Et puis, il y a quinze jours, j'ai eu l'illumination : ce n'était pas dans l'atelier que cet espace était le plus pertinent, mais bien dans une chambre d'enfant - celle d'Antonin, en l'occurrence, qui est plus la grande. Car la proximité des jouets ne peut qu'enrichir cet espace : c'est en voyant ses voitures ou ses peluches que l'enfant a l'idée de leur construire un circuit ou une maison, non ? Encore une fois, la rotation des jouets permet de relancer sans cesse l'intérêt pour les cubes de construction, en fonction de ce qui se trouve dans la pièce : dinette, train miniature ou Playmobil...


Pour installer cet espace, j'ai simplement :

- Disposé un tapis au sol. Il est nécessaire, évidemment, que le tapis ne gêne pas les constructions - bannissez les moumoutes à poils. La première fonction de ce tapis est de délimiter l'espace. Le soir, lorsque nous rangeons la chambre d'Antonin, tous les cubes se trouvant hors du tapis doivent être rangés dans leurs paniers respectifs. Par contre, concernant les cubes qui se trouvent sur le tapis, c'est à Antonin de décider s'il souhaite les ranger ou non (et souvent, il choisit de le faire !). L'idée est qu'un projet en cours d'élaboration ne doit pas être bousculé, même si l'enfant travaille dessus plusieurs jours de suite.


- Réparti les différents contenants de cubes tout autour de l'aire de jeu.

- Posé un miroir horizontal (acheté 15 euros dans un vide grenier) le long du sol de manière à ce qu'il reflète les constructions. C'est toujours intéressant, quand on travaille avec des objets en 3D de penser aux miroirs, qui permettent d'avoir une vision de l'arrière de l'oeuvre réalisée.

- Accroché trois photographies au dessus du miroirs. Ce dernier point nécessite une brève explication. Il faut vous dire qu'en ce moment, la passion des enfants, c'est...

...la construction de cabanes !
 
Et deux fois sur trois, lorsqu'Antonin se met à jouer avec ses cubes, c'est dans le but de (je cite) : "construire une cabane pour tous les enfants". Bien.


Ces trois photographies représentent trois types de cabane : la première est si belle qu'Antonin a décrété que c'était une maison, et non une cabane (le fait qu'elle soit bâtie dans un arbre ne lui a pas semblé digne d'intérêt) ; la deuxième est elle-même réalisée avec des cubes, et la troisième, tout à fait champêtre, a largement la préférence du Damoiseau. Ces photographies ne sont pas des modèles. Nous les avons décrites, nous avons identifié ce qu'elle représentent. Les reproduire est de toute façon impossible, et je les ai choisies pour cela. Mais je vois souvent Antonin leur glisser de longs regards alors qu'il est en train de chercher comment construire "sa cabane pour tous les enfants" (oui, cela fait plusieurs semaines qu'il est sur ce projet, quoique ces derniers jours, le retour des Smartmax, à la faveur d'une rotation, ait amené d'autres problématiques). Et je crois que c'est grâce à ces photos qu'Antonin s'est demandé comment construire des portes, ce qui a engagé toute notre famille dans une recherche de linteaux efficaces...

Mais je vous en reparlerai ! ;-)

mercredi 30 juillet 2014

Un peu d'histoire...

Église St-George, Reggio Emilia

Croyez-le ou non, je me passionne en ce moment pour le contexte historique des services à l'enfance italiens (?), et, une fois n'est pas coutume, j'ai aujourd'hui envie de faire ici un petit point sur ce beau sujet...

Vous ne m'en voulez pas ? :-D

D'ailleurs, quand on creuse assez loin, disons, au début du 19e siècle, on a le sentiment confortable de retrouver en Italie ce qui s'est passé en France, avec l'invention des écoles maternelles par Pauline Kergomard. Ah, Pauline Kergomard ! Je sais bien que la plupart d'entre vous ouvrent de grands yeux à l'évocation de ce nom (on dirait le titre d'une BD, non ?), mais croyez-le : il évoque à mes collègues bien des souvenirs d'oraux du concours de PE... Pas vrai ? ;-)

Bref, en Italie, c'est un peu comme chez nous que tout a commencé : la (bonne) société - et principalement une poignée de dames de bonne famille soucieuse du Bien commun -  éprouve le besoin de fonder des "salles de garde", dont le souci est purement philanthropique : éviter aux gamins de déambuler dans les rues, livrés à eux-mêmes, pendant que leurs parents travaillent. Ah, ben oui. Vous étiez-vous déjà demandé comment les gens s'organisaient en pleine période industrielle, avant l'invention des structures sociales ? Et bien, voilà : ils ne s'organisaient pas, car ils ne le pouvaient pas. Et les enfants étaient livrés à eux-mêmes... à une époque où les semaines de travail ne faisaient pas 35 heures ! :-(

Dans la continuité de ces "salles de garde" naissent les premières "écoles maternelles" italiennes, qui, localisées dans le Nord, se structurent, elles, autour d'une première idée pédagogique : se charger des premiers apprentissages. Une fois de plus, en France, nous avons suivi une progression analogue, les "entrepôts d'enfants" se découvrant assez vite une vocation à éduquer. La proximité avec les tout-petits, ça élève. Et puisque nous en sommes à un petit tour d'Europe, disons un mot de Fröbel, qui invente, sous d'autres cieux, les premiers "jardins d'enfants". Oui, les Italiens observent cela de très près, et ce qu'ils voient leur plait bien. La jeune Maria Montessori connait les travaux et le matériel de Fröbel sur le bout des doigts... Ça se verra plus tard, d'ailleurs, non ?

Matériel Fröbel

Donc, jusqu'à la fin du 19e siècle, les structures infantiles italiennes sont d'inspiration froebéliennes. Ce n'est pas le cas en France, et l'histoire des premières structures éducatives européennes se scinde à ce niveau. C'est alors qu'en Italie,  deux soeurs, Rosa et Carolina Agazzi, élaborent leur propre méthode d'enseignement - et inventent, en passant, ce qu'on nomme aujourd'hui la "Vie pratique". Pour elles, la dimension religieuse est essentielle, et la vie familiale, qu'il s'agit de valoriser, préside aux activités scolaires. En conséquence de quoi, les enfants font à l'école exactement ce qu'ils doivent faire à la maison - et à cette époque, croyez-le, un bambin ne reste pas les bras croisés pendant que les autres membres de sa famille se démènent : il lui faut mettre la table, faire son ménage personnel, maintenir les locaux en ordre, etc. 


Parallèlement, les idées de Fröbel font leur chemin, ainsi que l'importance du jeu, et de la spontannéité des apprentissages. C'est un joyeux mélange pédagogique, qui a parfois du mal à trouver son point d'équilibre : Rosa Agazzi critiquera violemment la rigidité de Fröbel, et rejette cette idée des dons standardisés que recevrait chaque enfant (c'est un truc très allemand, ça, qu'on retrouve aussi chez Steiner, bien plus tard). Et elle propose, de son côté, un projet reggian avant l'heure : créer "un musée des babioles", constitué de tout le matériel occasionnellement apporté par les enfants à l'école. 

(Ce qui m'a fait pensé au très beau projet de Sophie (pas si) sage, ICI)


Et voiiiilà ! Maria Montessori entre en scène. Car pendant ce temps, elle effectue des expériences pour le moins intéressantes. Vous le savez, son travail initial consiste à développer des initiatives avec des enfants souffrant de handicaps. Elle crée les maisons des Enfants (dont la première à Rome en 1907) et propose ensuite un travail largement basé sur les expériences sensorielles et sur l'auto-éducation, à l'appui notamment de matériel structuré original et stimulant. Toutefois, sa méthode peine à s'affirmer ; ses racines sont trop scientifiques, et ses sympathies initiales avec les laïques et les socialistes lui sont reprochées.

En revanche, dans le même temps, le projet des soeurs Agazzi s'impose : il est modérément innovateur, ne demande pas de matériel coûteux  (ah, parce que, oui, déjà, à l'époque, c'est un problème, et même pour les "institutions"...) et n'exige pas de formations longues des institutrices (même remarque). On peut aussi expliquer ce succès par le désintérêt pour les structures de la petite enfance du régime fasciste, qui a d'autres chats à fouetter ;  de plus le parti de la majorité (catholique) est rassuré par un projet éducatif simple, géré par les congrégations religieuses.

Bye, bye, Maria Montessori... qui s'exilera en 1934 au Pays-Bas où elle décèdera plus de 20 ans plus tard.

Et puis, dans les années 60-70, on assiste en Italie à un regain d'intérêt pour les institutions infantiles. Boom économique, inflation de l'emploi féminin, grandes migrations des campagnes vers les villes et du Sud vers le Nord... La demande de "lieux" destinés aux enfants enfle. Le peuple prend conscience de ses droits sociaux et exige une participation de l'État qui, jusque là, avait totalement abandonné l'assistance des enfants aux congrégations religieuses catholiques. En 1968, l'école maternelle publique italienne voit le jour. En 1971, la première crèche nait, suivie rapidement de bien d'autres.

Fin de l'histoire.

Reggio Tutta, Un guide de la ville vue par les enfants, Reggio Children éd., 2000.

Il est néanmoins significatif de constater que les municipalités démocratiques de l'Émilie Romagne, dès 1962, instaurent des écoles maternelles municipales, dans lesquelles l'implication citoyenne grandira d'année en année... Mais cela est un autre sujet... ;-)

lundi 28 juillet 2014

Notre semaine (30/14)


Une chose est sûre : La Damoiselle a deux ans. Oh, oui. Ça, pour s'affirmer, elle s'affirme. Et elle apprend à dire "Non". Surtout avec son corps, d'ailleurs. Cela s'appelle désobéir. Ça, Lousielle connait bien, et elle adore. C'est un truc qui consiste à faire le contraire de ce que les parents attendent et qui a l'extraodinaire pouvoir de les faire bondir. Surtout si la bêtise est exécutée avec un sourire enjoleur, des gestes lents (genre : "Regardez bien, JE LE FAIS !") et ses yeux bleus fichés dans les nôtres. Ça marche à tous les coups. Nous, les parents, bondissons. Ah, quel super pouvoir on a, à deux ans, tout de même ! Mais tout n'est pas rose : la Damoiselle-qui-n'avait-jamais-peur-de-rien développe quelques petites angoisses (les avions qui passent, par exemple...) et elle qui ne se plaignait jamais, même après un gros bobo, chuine parfois plusieurs heures d'affilée. Mais comme, parallèlement, elle s'exprime à présent à l'aide de phrases complexes, je gage qu'elle sortira vite de cette mauvaise phase...

Une autre chose est sûre : Antonin a trois ans et demi. C'est-à-dire qu'il n'a déjà plus tout-à-fait trois ans, vous voyez ? Son Papa et moi n'en revenons pas du petit garçon qu'il est devenu en quelques semaines. Ce n'est pas un pas, qu'il a franchi, c'est un goufre. Antonin est autonome : Antonin sait choisir un CD, le mettre dans le lecteur, baisser le son. Antonin se lève seul le matin (toujours à 6h, par contre, ça, ça n'a pas changé !), et file seul à la cuisine grignoter un peu quelque chose avant de nous rejoindre dans notre lit. Antonin parle, Antonin comprend, questionne, explique et raisonne... et... Antonin n'a pas fait une seule "crise" depuis trois semaines !!! Cela n'est jamais arrivé depuis sa naissance ! Ses séances de hurlements survenaient peu après le réveil, mais depuis plusieurs semaines, j'ai l'impression de vivre chez "l'ami Ricoré" : confection à six mains de la bouillie du matin, petit déjeuner tranquille en famille, bisous à Papa qui part au travail, lecture d'histoires dans le canapé pendant que je bois mon café... Le bonheur ! Je me dis à présent que les pédiatres avaient raison, et qu'Antonin n'était qu'un enfant "de son âge", sans soucis spécifique... Tant mieux ! :-)

Et voici, pour mon article "à rallonge" de la quinzaine, un petit tour d'horizon de nos dernières activités :

Arts plastiques :

Fusain

Les tracés des enfants continuent d'évoluer et de se structurer :

Oeuvre de Louiselle...

Oeuvre d'Antonin...                            ... et oeuvre collective !

J'essaie de penser à proposer une petite invitation reggiane de temps à autre en arts plastiques...

Dessin au feutre sur table lumineuse

... mais je dois avouer que je dois faire un effort dans ce sens, dans la mesure où mes enfants sont tout à fait autonomes dans leurs choix de médiums et d'outils, et pratiquent naturellement beaucoup. D'ailleurs mes plus grands satisfactions viennent généralement d'idées qui émanent d'eux, sans que je n'y sois pour rien. C'est ainsi qu'Antonin s'est exclamé, alors qu'il peignait au chevalet : "Mais... il n'y a pas de vert !!". Tiens, tiens. "Non, il n'y en a pas, mais tu peux en fabriquer si tu veux." Il est allé chercher un petit pot propre et a fait son mélange...


Il va falloir que j'ajoute une petite cuillère, car prélever les couleurs avec les pinceaux est assez laborieux... Et je crois qu'il est temps d'investir dans une palette ! ;-) 

Vie pratique : 


Les cadres d'habillage attirent beaucoup les deux enfants, mais leur donnent bien du fil à retordre...


Le cadre aux boutons-pression est le plus facile de tous : il suffit de tirer sur un pan pour ouvrir les boutons, et pour refermer, les deux parties se positionnent assez bien toutes seules : le tissu étant assez rigide, les deux parties des boutons se retrouvent naturellement superposées. C'est ici que les choses se corsent :


Car, voyez-vous, normalement, le bon geste pour refermer les attaches, c'est celui-là :


Idéalement, les boutons ne résistent pas trop, et font un sympathique "CLIC !" en se clipsant. Sauf que notre cadre à nous n'a rien d'idéal, et que le deuxième bouton en partant du haut est trop "dur" ; Louiselle a beau appuyer de toutes ses forces (en serrant fort les dents !), impossible. Le troisième bouton est trop "mou", il se clipse très facilement, mais sans produire le cliquetis caractéristique qui indique à l'enfant qu'il a réussi. Le quatrième bouton est parfait (Je sais, on ne croirait dans "Boucle d'Or", mais je n'invente rien !!).

Quant aux deux boutons des extrémités... :

Problème

Ils "tombent" juste à la limite entre le cadre et le sol (ou la table), et sont donc impossibles à fermer selon la méthode montessorienne, même pour un adulte. Il faut pincer le tissu de façon à prendre appui sur son propre index, placé au revers. Trop compliqué pour mes enfants, qui se retrouvent assez frustrés.

Mais au fait, le matériel montessorien n'est-il pas, par essence, "auto-motivant" ?

Allez, donnez-moi UNE bonne raison de ne pas jeter ces cadres à la poubelle... :-(

Mais revenons, à la VRAIE vie pratique, la seule, la bonne, celle dont je n'aurais jamais dû m'écarter et qui se fait, sans matériel spécifique (mais avec une bonne dose de patience et d'observation !), dans le cours de la vie de tous les jours.

Et une p'tite quiche aux courgettes pour la route...

Nous avons un nouveau rituel : après chaque repas, les enfants balaient sous la table. Et l'idée ne vient même pas de moi, mais de leur Papa, lassé du "retaurant à moineaux" que devient notre cuisine dès que nous nous attablons. Bon, les enfants ne mangent pas plus proprement depuis ; d'ailleurs, pourquoi feraient-ils attention, puisqu'ils adoorent balayer avec Papa ? ;-)


Antonin et Louiselle sont de plus en plus autonomes au moment de leur toilette, c'est le bonheur ! D'ailleurs, ils me demandent généralement de sortir de la salle de bain pendant qu'ils se lavent - je garde quand même un oeil, c'est nécessaire, et je passe moi-même un coup énergique sur les quenottes, sans quoi le brossage serait purement symbolique... Mais ils connaissent tous les deux l'enchaînement des actions par coeur (les mains/les dents/le visage) et savent exécuter tous les gestes pour mener ces tâches à bien. Oui, oui, même doser le lait pour le visage, et même déposer du dentifrice sur la brosse à dent !! :-o


On  ne peut pas dire qu'on croule sous les légumes du jardin, mais au moins, chaque récolte est exécutée avec enthousiasme et dégustée avec curiosité. Lorsque le Damoiseau a découvert qu'il suffisait de tirer sur les fanes pour extraire carottes et navets, j'ai dû calmer ses ardeurs pour qu'il n'arrache pas tout le même jour ! :-D

Culture :


Antonin a décidé cette semaine de placer les 36 cartes de son activité Terre/Air/Eau... et il n'a pas fait une seule erreur !! Ouah !

Parallèlement, la prise de consience de la présence de l'air autour de nous affirme : l'autre jour, les deux enfants ont longuement joué à "attraper de l'air" dans des petits ramequins, et même Louiselle brandissait sous mon nez son récipient vide en m'expliquant : "J'ai attrapé de l'air ! J'ai attrapé de l'air !!" :-D


Louiselle adore parler du temps qu'il fait - et c'est vrai qu'en ce moment, il y aurait bien des choses à en dire... En particulier, elle éprouve une fascination pour l'orage et adore énumérer tout ce qui se retrouve mouillé quand il pleut : "Le toit, il est mouillé. Le porteur, il est mouillé. La balançoire, elle est mouillée. L'école, elle est mouillé. La voiture, elle est mouillée." Oui, oui, ça dure assez longtemps ! :-D

En conséquence de quoi, j'ai fabriqué cette petite roue météo, prise chez l'excellent Moustache. Les enfants l'aiment beaucoup ; pour Louiselle, c'est encore un peu abstrait de faire correspondre l'aiguille avec le temps observé dehors, mais Antonin se livre à l'exercice avec beaucoup de sérieux ! :-)


Et voici un petit bricolage que je vous laisse découvrir en images...


... peindre, coller... pour réaliser...


... "le drapeau du notre pays" ! :-)

Entre le 14 juillet et la coupe du monde, croyez-vous que j'aurais eu cette bonne idée toute seule ? Non. Elle m'a été dictée par Antonin, qui, lors d'un collage au scotch, a collé les bandes par trois, bien ajustées, de façon à réaliser des drapeaux français. Les couleurs étant alors assez fantaisistes, j'ai proposé ce petit travail. À présent, "bleu-blanc-rouge", Antonin connaît ! :-)

C'est fou, cet attrait qu'ont les enfants pour les drapeaux, non ? :-)


Bien sûr, le symbole est totalement hors de portée de Louiselle, mais elle s'est pliée à l'exercice avec beaucoup d'application !

Motricité :

Lorsque Louiselle était bébé, elle passait de la position "plat ventre" à la position "assise" via un grand écart latéral. Ouch ! Cela avait même émerveillé la pédiatre, qui s'était exclamé : "Quelle souplesse ! Il FAUT entrenir cela !!" ("Ah, oui, bien sûr, je fonce l'inscrire à la danse classique...")

(??)

Bon, je ne sais pas si nous avons "entretenu" ses jeunes capacités, mais l'adjonction d'un trapèze à notre portique nous a permis de constater que la Damoiselle n'avait rien perdu de sa souplesse... ni de sa force ! :-)


Quant à Antonin, il a découvert LE jeu auquel nous avons tous joué enfant avec une balançoire : 

Tournicoti, tournicotons !

Côté motricité fine, la Damoiselle se passionne pour le porte-perles de son frère, à disposition dans l'atelier. L'exercice mathématique en lui-même lui passe au dessus de la tête (quoiqu'il semblerait qu'elle commence à mémoriser assez bien la comptine numérique jusqu'à 8 ou 9, à force de l'entendre !), mais le geste d'enfiler les barrettes, ça lui plait !!!


Il y a quelques semaines encore, il aurait été exclu pour moi de laisser un tel matériel à la disposition de ma Deuz'ans. Mais à présent que j'ai perdu la foi, je prends la chose bien plus à la légère, et grand bien me fasse ! L'intérêt de Louiselle pour ce matériel y attire aussi Antonin, qui explique à sa soeur, corrige, vérifie, dénombre, dénombre et re-dénombre... J'ai beaucoup apprécié cette semaine de les voir travailler côte à côte sur le même support, pas vraiment en collaboration - puisque chacun poursuit ses objectifs propres - mais plutôt en complémentarité, et en tout cas dans la bonne entente. Le fait de voir son frère faire cet exercice apporte beaucoup à Louiselle qui n'en perd pas une miette, et le fait de devoir verbaliser sur ses notions complexes enrichit également les compétences du Damoiseau. Perfect ! :-)

Vérification... Il semblerait qu'il y ait deux-trois choses à modifier...
Sensoriel :

Un an jour pour jour après mon premier bac sensoriel, le thème de la ferme revient... version XXL, cette fois.


J'ai versé dans notre bac le reste de lentilles du bac sensoriel précédent, un mélange de graines pour rongeurs, des fruits verts tombés des arbres, des figurines... et du foin.


Ah, le foin, c'est sensoriel à souhait !! C'est odorant, ça pique un peu, ça crisse sous les doigts... Beaucoup de sensations de mon enfance me sont revenues en mémoire en voyant mes enfants jouer avec...


Langage :


Voilà bien longtemps que je ne vous ai parlé d'albums-langage. Non pas que mon enthousiasme initial soit retombé, oh, non ! Mais nos albums-échos ont simplement changé de forme. Tout au long de l'année scolaire écoulée, c'est le cahier "de vie" (renommé chez nous le "cahier d'école", par opposition au "cahier de la maison") qui s'y est collé. À chaque fois qu'Antonin le rapportait à la maison, nous faisions, en photos, un petit récit d'une activité en extérieur : ballade, visite, luge... Le genre de choses que je ne partage pas trop sur ce blog, puisque pas vraiment reproductible (oui, le parc de V*** est super, mais vous n'allez tout de même pas traverser la France pour vous y rendre, hein ?). Ces traces plaisaient toujours beaucoup à Antonin, qui attendait le jour où la maitresse rendrait les cahiers "pour toujours" avec impatience. C'est chose faite, et dans ce cahier, il reste beaucoup de pages vierges ! Nous continuons donc à relater nos petites virées, au grand bonheur des enfants qui me demandent sans cesse de lire et relire ces écrits auxquels ils ont largement participé.

Et un nouveau type d'écrits a fait irruption chez nous ! Je n'en suis pas peu fière !!

J'ai le grand honneur de vous présenter la première histoire inventée et formulée de A à Z par les enfants eux-mêmes !


Oui, bon, c'est assez sommaire. Les connecteurs temporels sont inexistants ("ensuite", "à la fin", etc.), mais les relations causales sont bien présentes ( si, si, enfin, LA relation causale, le "parce que", vous avez vu ?). Et c'est Louiselle qui a trouvé le titre !! :-o

Nous nous sommes beaucoup amusé tous les trois, et à suivre les directives des enfants, je n'étais pas en reste : façonner les chiens en pâte à modeler, prendre note de l'histoire, relancer éventuellement par des questions ("Pourquoi pleure-t-il ?", "Comment s'appelle cette histoire, de quoi parle-t-elle ?")... J'en veux encore !! :-)

En ce qui concerne le développement de la logique narrative, justement, Antonin a fait beaucoup de progrès sur ses images séquentielles, qu'il reprend beaucoup en ce moment. Il exige d'enchainer toutes les séries, et s'il y a encore beaucoup d'incohérences, il commence à s'en apercevoir et à s'autocorriger en argumentant.


Côté phonologie, cela faisait longtemps que nous travallions sur les sons terminaux. J'ai donc repris l'exercice sur les sons initiaux, histoire de changer un peu...


... Bon, c'est vraiment très facile pour Antonin, qui fait l'exercice à toute vitesse, sans erreur et sur un très grand nombre de cartes. J'ai donc introduit, après lecture de cet article, le même exercice sur le deuxième son du mot :

AR / AV / AN

C'est un peu plus difficile pour mon Damoiseau, mais il n'y parvient tout de même pas trop mal ! :-)

Bonne semaine chez vous ! :-)

P.S. : Il semblerait que j'ai pris un peu de retard dans mes réponses aux commentaires. Je vais y remédier du mieux que je peux. Cependant, si vous constatez dans quelques jours que je n'ai pas répondu à votre question, n'hésitez pas à la re-poster, car il se peut fort que j'en oublie quelques-unes en route ! Merci par avance ! :-)

jeudi 24 juillet 2014

Question du jour

Lin rouge

Suite à mon article de ce soir, une question s'impose. 

La réponse à cette question est d'une importance cruciale pour moi, et je serai très honorée d'avoir votre avis personnel sur ce sujet.

Peut-on appliquer la pédagogie Montessori sans matériel spécifique ??

Matériel Montessori : où acheter quoi ?


Je n'ai pas acheté beaucoup de matériel Montessori dans ma vie, et la raison en est simple : mon ainé a trois ans et demi, et je m'efforce d'acquérir le matériel au fur et à mesure de ses découvertes, en suivant son rythme au plus près. Cela arrange bien mes affaires pécuniaires, surtout depuis que je suis en congé parental et que chaque euro consacré à la pédagogie est pris sur autre chose.

Mais je ne me doutais pas qu'un autre facteur allait devenir aussi limitant pour moi que le budget : la qualité - ou plutôt, l'absence de qualité - du matériel en vente sur les sites spécialisés.


Prenons l'exemple de n'importe quel matériel tel qu'il a été conçu par Maria Montessori. Tenez, au hasard : le cabinet de géométrie. Qui a quand même vocation à mettre l'âme de l'enfant en "vibration", à inscrire dans son corps les caractéristiques géométriques des figures manipulées et à en fonder une connaissance intime et précise. Excusez du peu. À cette fin, le bois massif est clair, à peine veiné, vernis, odorant ; les formes, lisses, rotondes ou aïgues, parfaites, s'inscrivent idéalement dans leurs encastrements et provoquent cette admiration propre aux miracles mathématiques. En un mot : le cabinet de géométrie est un matériel sensoriel.

Il est évidemment exclu de le proposer grossièrement taillé dans un mauvais contreplaqué agrémenté de poignées en plastique, avec des plateaux mal-taillés et des figures qui bringueballent. L'enfant n'apprendra rien de particulier à travers lui si ce matériel n'est pas parfait. La géométrie est parfaite !

Alors, quand on reçoit, après avoir brisé sa tirelire et payé une somme à 3 chiffres, un simulacre de cabinet grossier, détérioré, et qu'on se fait en prime harcelée par un vendeur ignorant... il y a de quoi perdre la foi... Non ? :-(

J'aimerai aujourd'hui que nous partagions ici nos expériences, bonnes ou mauvaises. Il me semble que les sites de vente (celui-ci mis à part, mais il est évidemment réservé aux budgets professionnels) font se cotoyer beaucoup de mauvais produits à côté de quelques bons. On pourrait donc peut-être, en mutualisant nos expériences, s'éviter des surprises désagréables (encore que l'expérience des uns ne soient pas toujours celle des autres, comme la suite va le montrer).

Où acheter quoi, c'est parti :

Bien sûr, bien des entrées sont encore vides à ce stade de l'article. Je le complèterai, avec votre aide, petit à petit, et le ferai "remonter" à chaque mise à jour.

Vie pratique :

- Petite chaise et petite table de qualité :

Bon, chez Ikéa, ils vendent une table et deux chaises enfants pour 17 euros. Mais bien sûr, ce n'est pas de la qualité. Des tuyaux ?

- Des tapis qui se roulent et se déroulent correctement :

Les miens sont en coton, achetés pour une bouchée de pain - et un peu par hasard - à Monop', il y a longtemps. Ils sont parfaits. Mais je sais que bien des personnes ont du mal à trouver des produits adaptés à des prix  corrects, alors, si vous avez des bons plans...

- Des plateaux :

Pas chez "S'amuser autrement" !! Leurs plateaux sont si fins, si fragiles, qu'ils me sont arrivés (tous les trois !) en miettes. Ceci dit, leur service après-vente est parfait, j'ai pu être remboursée ET garder les plateaux (dont j'ai quand même réussi à faire quelque chose, vous vous doutez bien...).

Préférez les plateaux "à peindre" qu'on trouve dans les magasins de loisirs créatifs. Hélas, on ne trouve pas toujours toutes les (grandes) tailles qu'on voudrait...

- Un nécessaire à ménage (pelle, balai...) :

J'ai acheté un ensemble chez Wesco (je ne le retrouve plus sur leur site), mais j'ai été déçue que : 1) La pelle ne soit pas en métal comme elle semblait l'être, mais en plastique. 2) Les manches du balai et de la balayette ne soient pas perçés d'un trou. C'est indispensable pour accrocher les outils ; mais bon, ça ne m'a pas coûté grand chose de le faire. L'ensemble résiste au temps.

- Des pichets :

Super tuyau d'Hëlëne : ICI.

- Un lavoir et un séchoir à linge taille enfant.

- Les cadres d'habillage :

Pas chez "Montessori store" ! J'ai fait la bétise d'en acheter un, il était plus petit que ceux que j'avais déjà, les pressions étaient cousus grossièrement, le tissu n'avait aucune tenue... Retour à l'envoyeur !

Tous mes cadres proviennent de chez "S'amuser autrement", mais je ne crois pas dire d'âneries en affirmant que ceux de "Boutique Montessori" et "Tangram Montessori" proviennent du même fabricant, et sont donc rigoureusement identiques. Comparez les prix, ça va du simple au double... et oui, chez "S'amuser autrement", c'est plus cher, merci de me le faire remarquer ! :-D

Le tissu tient par des rivets, l'ensemble est très solide. Bon, je ne dis pas qu'il ne faudra jamais recoudre les boutons, surtout après quelques générations d'élèves, mais c'est dans mes cordes ! Un effort est fait pour rendre le tissu un tantinet rigide. Mais si vous avec le talent pour les faire vous-même, matelassez vos tissus, ce devrait être obligatoire !!

Néanmoins, beaucoup d'erreurs de conception sur ces cadres : les attaches débordent sur les bords, alors que l'ensemble devrait être encadré, c'est le principe ! Du coup, les dispositifs sont difficiles à manier parfois, même pour un adulte. Si vous ne comprenez pas de quoi je parle, regarder cette présentation : on ne peut pas, par exemple, presser un bouton-pression avec le pouce pour le fermer s'il est à cheval sur le cadre ! De plus, les pressions, qui étaient trop durs au début, deviennent trop lâches avec le temps... 

J'ai un soucis aussi avec les agrafes, difficiles à fermer avec le bon geste, en maintenant l'anneau avec deux doigts de la main gauche. Enfin, le revers de tissu qui cache la fermeture n'est pas assez souple et ne peut pas se replier vers l'arrière quand on travaille ; on l'a toujours dans les doigts, c'est agaçant...

Vie sensorielle :

- Les emboitements cylindriques :

J'ai acheté les miens chez "Montessori Store", car ils proposaient les moins chers du marché, et en toute honnêteté, pour le prix, j'en suis très contente. Bon, il y a bien un cylindre qui nage un tout petit peu dans son encastrement, mais à part ça... Ah, si : une des poignées n'est pas placée au milieu du cylindre, et la colle a un peu bavé... Ça m'horripile, mais sur la quantité de cylindres, hein, on dira que ça va.

Sauf que : une lectrice me signale qu'elle leur a également acheté ces cylindres, un peu plus tard. Et qu'elle a découvert avec horreur qu'ils avaient gravés leur "marque" sur chacun des petits cylindres !!!

Car oui, si vous en voulez une bonne : "Montessori store" estampille son matériel. Et je suis sûre que ces imbéciles sont ravis de leur trouvaille et se disent que leur concurrents sont bien bêtes de ne pas en faire autant !

- La tour de cube :

Achetée chez "Montessori Store" : RAS, sauf... le "MONTESSORI STORE" gravé sur le plus gros cube... Il faudrait que quelqu'un soit assez charitable pour leur expliquer le principe de ce matériel... :-(

- L'escalier de prismes :

Acheté chez "Montessori Store" : RAS, sauf... le "MONTESSORI STORE" gravé sur le plus gros prisme... Bon, ça ne se voit presque pas sur le fond marron, je suis étonnée qu'ils aient gaspillé de l'encre à le faire... Quitte à avoir des objectifs  purement mercantiles, ils pourraient assumer. Il faudrait que quelqu'un soit assez charitable pour leur rappeler qu'il n'y a pas de petites économies...

- Les barres rouges :

- La première boite de couleurs :

- La deuxième boite de couleurs :

Achetée chez "S'amuser autrement", j'ai, dans un premier temps, été très mécontente du produit reçu : les plaquettes de couleurs étaient trop petites et bringuabalaient complètement dans leur boite ! De plus, elle étaient manifestement fragiles : la bordure d'une plaquette se décolait déjà... J'ai contacté le service après-vente, qui m'a proposé de lui renvoyer les plaquettes et de garder la boite - qui, elle, me convenait très bien. Quelques jours plus tard, je recevais de nouvelles plaquettes, de taille et de qualité parfaites. Ils avaient changé de fabricant dans l'intervalle, j'espère qu'ils l'ont gardé ! :-)

- La troisième boite de couleurs :

- Le cabinet de géométrie :

Pas chez "Montessori Store" !! Certes, il n'est pas cher, mais il faut d'abord savoir qu'ils vendent le plateau de présentation (qui pour moi, fait partie intégrante du matériel) à part. Donc, n'oubliez pas de le rajouter au prix total.

Ensuite, les finitions sont d'une médiocrité sans nom : les encastrements ne tenaient pas sur un des plateaux, il aurait fallu les limer. La poignée d'un des tiroirs étaient inexistante...

Mais le pire est à venir : il manquait un plateau. Purement et simplement, un gros trou dans mon cabinet, le plateau des rectangles manquait. Pof. C'était tellement énorme, que j'ai d'abord cru que c'était un espace réservé au plateau de présentation...

Et les figures : fantaisistes. Vrai, des trucs que je n'avais jamais vu. Mais chez "Montessori Store", on en a pour notre argent :  on nous donne deux figures de plus (6 polygones au lieu de 4). Pff, du grand n'importe quoi. 

J'ai tout étalé dans ma cuisine en essayant de comprendre... Et je n'ai pas compris. Retour à l'envoyeur, 20 euros de frais d'envoi à ma charge. Et là : silence radio. Pendant 15 jours, aucune nouvelle. Eux qui sont si prompts à envoyer nos commandes, il semblerait que les recevoir leur demande plus de peine. Je finis par contacter le service après-vente, franchement inquiète. Ah, tiens, personne n'a entendu parlé de mon colis. Je fais mon enquête auprès de la poste, qui m'affirme que le paquet a été livré, en bon état, deux jours après mon envoi, et qu'il a été accepté par le destinataire. Le service après-vente me demande de patienter, il cherche, il me recontactera. Et me laisse mariner quinze jours de plus. Mon cabinet est finalement retrouvé. Mais là, le Monsieur s'indigne et m'envoie un batterie de mails : il ne comprend pas, il manque un tiroir. "Ben, oui, c'est - entre autre - pour cela que je vous le renvoie, c'est clair, non ?". Non, apparemment pas. Car après un échange haletant d'une dizaine de courriels, il finit par m'appeler chez moi. Et au terme de notre conversation (animée!) je raccroche en ayant le sentiment qu'il n'a aucune notion de ce dont nous parlons - LE dialogue de sourds. Je tremble pour mes sous-sous, mais ouf : le remboursement sera effectif quelques jours plus tard...

N'empêche : je crois que c'est à ce moment-là, quand ce Monsieur Montessori Store m'a appelée pour me chercher des poux dans la tête, que j'ai perdu la foi... :-(

Et je crois que je ne rachèterai jamais de cabinet de géométrie. En fait, j'en suis sûre.

- Les solides géométriques :

- Lisse-rugueux :

Plaques et paires de plaquettes ont été achetée chez "Montessori Store". Produit OK.

- Les tablettes baryques :

- Les plaquettes thermiques :

- Les boites à gout, les cylindres de pressions, et les boites à odeurs :

Marie relate son expérience très négative avec "Montessori Store" concernant ce matériel ICI. Une fois de plus, c'est une honte totale. :-(

- Les cylindres de couleur :

- Le cube du binôme :

- Le cube du trinôme :

- Le cabinet de botanique :

- Le globe lisse et rugueux :

Acheté chez "Montessori Store", je ne recommande pas : quelques bavures, des petites rayures... Pas assez pour que je renvoie le matériel, mais ce n'est pas un produit bien fini.

- Le globe des continents :

- Le planisphère :

- Les clochettes musicales :

Mathématiques :

- Les barres numériques :

- Les chiffres rugueux :

Évitez ceux de chez Nathan. Je sais que d'autres grandes maisons d'édition ont lancé leur propre produit depuis, mais à mon avis cela ne vaut guère mieux. À chacun son job, n'est-ce pas ? Les maisons d'édition éditent des livres, et les menuisiers-qui-veulent-changer-le-monde (meuh, si, enfin, ça doit bien exister) font des chiffres rugueux. Larges, sur support de bois poli. Et on a dit "rugueux", hein, pas "abrasifs"...

- Les fuseaux :

- Les perles, barrettes, plaquettes et cubes décimaux, le serpent positif,  le serpent négatif :

- Un porte-perle "cavalier" :

Acheté chez "Montessori Sore", ainsi que cette boite, indispensable pour ce matériel mais vendue séparemment... [Soupir]. RAS. Ah, si : "Montessori Store" est inscrit sur la boite de perles - mais pas sur le porte-perles... Bon, ne s'agissant pas d'un matériel sensoriel, c'est déjà nettement moins grave...

- La table de Seguin :

- Les timbres :

- Les tableaux de mémorisation de l'addition, de la soustration :

- Les tableaux de multiplication et de division :

- Le petit boulier :

- Le grand boulier :

- Le matériel de hiérachie :

- Les fractions :

Langage :

- Les formes à dessin :

Achetées il y a longtemps chez "Absorbent Minds", lors d'une commande groupée. Le matériel est de bonne qualité (bon, mes formes à dessin sont en plastique, et non en métal, mais je le savais !), mais les frais de port sont rédhibitoires.

- Les lettres rugueuses :

Cf. Argument pour les chiffres rugueux plus haut.

- L'alphabet mobile 1 :

- L'alphabet mobile 2 :

- Les phonèmes rugueux :

- Symboles de nature des mots :


(Bon, j'ai dû oublier du matériel, mais nous verrons au fur et à mesure...)

Par avance : un grand merci à toutes celles qui prendront un peu de temps pour rapporter leur expérience ! :-)

mercredi 23 juillet 2014

Les clochettes musicales... en couleurs !


Dans leurs commentaires à cet article, Rbenvinda et Aurélie avaient mentionné les clochettes Vilac... dont l'image pimpante et le prix alléchant restaient depuis gravés dans un coin de ma tête...

Bon, j'ai craqué. Alors que je me promenais dans un magasin de jouets (non, mais quelle imprudence !) assitée des deux enfants (double imprudence !), elles nous ont sauté dans le coeur, et nous sommes ressortis avec ... deux lots. Ben oui, deux lots. Ce qui, à moins de 60 euros, reste absolument dérisoire par rapport aux prix proposés par les sites de vente montessorien dont j'apprends, de surcroît, à me méfier de plus en plus - mais nous en reparlerons...

(Je me méfie tellement que je revois à la baisse mes objectifs en terme d'achat de matériel, mais que voulez-vous, les clochettes, j'y tenais... vraiment !!)

Et oui, donc, deux lots... pour pouvoir effectuer les fameuses mises en paire sonores ! ;-)

Mon idée première était de repeindre, avant de les proposer aux enfants, la première série en blanc, et la seconde en noir. Tout bête, hein ? Bon, vous oubliez que mes enfants m'accompagnaient lors de cet achat, et qu'aussitôt rentrés à la maison, il a fallu déballer un lot - puis les deux, car, voyez-vous "Hinnnnn ! Il/elle a la rouge/jaune/rose... !! Moi aussiiiiii, je veux la rouge/jaune/rose...!". Bon.

J'ai laissé mes enfants jouer avec ce matériel librement. Ce n'est certainement pas très montessorien, mais je ne me voyais pas leur dire : "Ah, non, mes chéris, il faut faire comme ça et puis comme çi..." alors qu'il s'agit de... musique ?? Ils s'en sont donc donnés (et s'en donnent toujours à leurs heures) à coeur joie, une cloche dans chaque main chacun et zou, hop, que je "joue à la fanfare" (sic).

Premier constat : le son est bon. Voire très bon. Aucune casse d'oreille n'est à déplorer malgré le joyeux tintamare. La qualité est là, youpi !

Deuxième constat : je ne sais pas si je vais les repeindre, finalement. Mes enfants semblent accorder une valeur sentimentale à ces jolies couleurs, je m'en voudrais de les en priver pour le moment. D'autant que je ne sais pas trop si le résultat final sera joli ; pas question de démonter les bestioles, il faudra donc peindre les robes montées sur poignées... Gare au bavures... Je ne me fais pas trop confiance pour ce genre de travaux de précision, et j'ai peur que le résultat final ne soit pas joli... Et le beau, en Montessori, on sait que c'est capital, hein ? (NOUS, on le sait, contrairement aux sites de vente de matériel - mais nous en reparlerons).

De toute façon, colorés ou non, nos nouveaux instruments permettent les fameuses mises en paire, pour peu qu'on aménage un tantinet la présentation d'origine. C'était la première fois que je proposais à Antonin de "travailler son oreille" (!), et il a très bien réussi l'exercice ! Je suis fière à n'en plus pouvoir ! :-D

Mode d'emploi :


1. Éloigner Louiselle. Bon, tant qu'elle fait du yoga, ça va, mais en règle générale, elle s'empresse de faire sonner un ou deux clochettes de façon très énergique, et "pollue" ainsi notre écoute... l'exercice n'est plus faisable ! :-)

2. Antonin sort toutes les clochettes, les met en paire par couleurs (disposition en colonne qu'il connait bien). Il peut les faire teinter autant qu'il le souhaite, pour s'imprégner des tons ou vérifier que des cloches de même couleur correspondent à une note identique. Lorsqu'il le souhaite, il range une des deux colonnes dans le panier, séparant ainsi les paires.



3. On "mélange" les clochettes du tapis en changeant la disposition : elles occupent à présent tout l'espace gauche du tapis. Je place une couverture sur notre panier, d'abord parce que ses mailles sont ajourées, ensuite parce que cela participe à la théâtralisation de l'exercice. "Ah, ah ! Attention, je vais faire sonner une cloche, mais je ne regarde pas ! Ni toi ni moi ne savons de quelle couleur elle est, et tu vas essayer de retrouver sa jumelle..."

4. Antonin écoute, puis fait sonner les cloches jusqu'à ce qu'il trouve la bonne. Je sors alors triomphalement le bras du panier et la couleur des cloches permet la correction. Bon, ici, Antonin ne s'est jamais trompé, je suis bluffée ! Et il accepte de renoncer au sens de la vue de mieux en mieux, même si son premier reflexe est, non pas d'essayer de faire tinter une cloche au hasard, mais de me demander la couleur de celle que j'ai dans la main ! :-D

Les cloches sont disposée par paire à droite du tapis.


Je suis ravie de notre nouveau matériel, et pour une fois je peux le dire : sans l'ombre d'un doute, il vaut chacun des centimes qu'il m'a coûté ! :-)