mercredi 23 juillet 2014

Les clochettes musicales... en couleurs !


Dans leurs commentaires à cet article, Rbenvinda et Aurélie avaient mentionné les clochettes Vilac... dont l'image pimpante et le prix alléchant restaient depuis gravés dans un coin de ma tête...

Bon, j'ai craqué. Alors que je me promenais dans un magasin de jouets (non, mais quelle imprudence !) assitée des deux enfants (double imprudence !), elles nous ont sauté dans le coeur, et nous sommes ressortis avec ... deux lots. Ben oui, deux lots. Ce qui, à moins de 60 euros, reste absolument dérisoire par rapport aux prix proposés par les sites de vente montessorien dont j'apprends, de surcroît, à me méfier de plus en plus - mais nous en reparlerons...

(Je me méfie tellement que je revois à la baisse mes objectifs en terme d'achat de matériel, mais que voulez-vous, les clochettes, j'y tenais... vraiment !!)

Et oui, donc, deux lots... pour pouvoir effectuer les fameuses mises en paire sonores ! ;-)

Mon idée première était de repeindre, avant de les proposer aux enfants, la première série en blanc, et la seconde en noir. Tout bête, hein ? Bon, vous oubliez que mes enfants m'accompagnaient lors de cet achat, et qu'aussitôt rentrés à la maison, il a fallu déballer un lot - puis les deux, car, voyez-vous "Hinnnnn ! Il/elle a la rouge/jaune/rose... !! Moi aussiiiiii, je veux la rouge/jaune/rose...!". Bon.

J'ai laissé mes enfants jouer avec ce matériel librement. Ce n'est certainement pas très montessorien, mais je ne me voyais pas leur dire : "Ah, non, mes chéris, il faut faire comme ça et puis comme çi..." alors qu'il s'agit de... musique ?? Ils s'en sont donc donnés (et s'en donnent toujours à leurs heures) à coeur joie, une cloche dans chaque main chacun et zou, hop, que je "joue à la fanfare" (sic).

Premier constat : le son est bon. Voire très bon. Aucune casse d'oreille n'est à déplorer malgré le joyeux tintamare. La qualité est là, youpi !

Deuxième constat : je ne sais pas si je vais les repeindre, finalement. Mes enfants semblent accorder une valeur sentimentale à ces jolies couleurs, je m'en voudrais de les en priver pour le moment. D'autant que je ne sais pas trop si le résultat final sera joli ; pas question de démonter les bestioles, il faudra donc peindre les robes montées sur poignées... Gare au bavures... Je ne me fais pas trop confiance pour ce genre de travaux de précision, et j'ai peur que le résultat final ne soit pas joli... Et le beau, en Montessori, on sait que c'est capital, hein ? (NOUS, on le sait, contrairement aux sites de vente de matériel - mais nous en reparlerons).

De toute façon, colorés ou non, nos nouveaux instruments permettent les fameuses mises en paire, pour peu qu'on aménage un tantinet la présentation d'origine. C'était la première fois que je proposais à Antonin de "travailler son oreille" (!), et il a très bien réussi l'exercice ! Je suis fière à n'en plus pouvoir ! :-D

Mode d'emploi :


1. Éloigner Louiselle. Bon, tant qu'elle fait du yoga, ça va, mais en règle générale, elle s'empresse de faire sonner un ou deux clochettes de façon très énergique, et "pollue" ainsi notre écoute... l'exercice n'est plus faisable ! :-)

2. Antonin sort toutes les clochettes, les met en paire par couleurs (disposition en colonne qu'il connait bien). Il peut les faire teinter autant qu'il le souhaite, pour s'imprégner des tons ou vérifier que des cloches de même couleur correspondent à une note identique. Lorsqu'il le souhaite, il range une des deux colonnes dans le panier, séparant ainsi les paires.



3. On "mélange" les clochettes du tapis en changeant la disposition : elles occupent à présent tout l'espace gauche du tapis. Je place une couverture sur notre panier, d'abord parce que ses mailles sont ajourées, ensuite parce que cela participe à la théâtralisation de l'exercice. "Ah, ah ! Attention, je vais faire sonner une cloche, mais je ne regarde pas ! Ni toi ni moi ne savons de quelle couleur elle est, et tu vas essayer de retrouver sa jumelle..."

4. Antonin écoute, puis fait sonner les cloches jusqu'à ce qu'il trouve la bonne. Je sors alors triomphalement le bras du panier et la couleur des cloches permet la correction. Bon, ici, Antonin ne s'est jamais trompé, je suis bluffée ! Et il accepte de renoncer au sens de la vue de mieux en mieux, même si son premier reflexe est, non pas d'essayer de faire tinter une cloche au hasard, mais de me demander la couleur de celle que j'ai dans la main ! :-D

Les cloches sont disposée par paire à droite du tapis.


Je suis ravie de notre nouveau matériel, et pour une fois je peux le dire : sans l'ombre d'un doute, il vaut chacun des centimes qu'il m'a coûté ! :-)

mardi 22 juillet 2014

Le déclic

Sempervivum

Ce matin, nous sortons faire quelques courses. Les enfants, installés dans le chariot, n'ont pas les yeux dans leurs poches. Soudain, Antonin s'exclame :

"Oh, Maman, regarde, un "A", un "Mmm" et un "Kkk" !"

Je cherche autour de moi, et finis par les voir : trois grosses lettres capitales, un A, un M et un C, en haut d'un présentoir. Elles sont séparées par des interstices irréguliers, il doit manquer des caractères et le mot d'origine n'est plus identifiable.

Moi, un peu blasée :

Ah, tiens, tu as raison, Antonin. Un "A", un "Mmm" et un "Kkk".

Antonin, concentré :

A, Mmm, Kkk...  A, Mmm, Kkk... Am'que... Am'que... Hamac !

Bon sang de bois.

Nous y voilà. Pour la première fois, Antoinin a essayé (et réussi !) à enchaîner les phonèmes identifiés, et immédiatement après, il a cherché à leur attribuer du sens !!!!

Nous sommes aujourd'hui le 22 juillet 2014. Je me souviendrai de cette date. :-)

lundi 21 juillet 2014

FAQ : Jeux d'imitation, les différents stades


Marion me demande par mail ce que j'entends par "jeux d'imitation", formule qui revient assez souvent dans mes articles.

Il s'agit tout simplement de "faire semblant", vous voyez ? Et ce "faire semblant" est une compétence capitale et très riche d'indices sur le développement de l'enfant. En voici les différents stades - certains enfants resteront longtemps à un palier et en franchiront d'autres très vite, néanmoins cette grille de lecture est assez stable. 

Stade 1 : L'enfant imite les actes du quotidien.
C'est ce qui se passe lorsqu'il prend son téléphone-jouet pour le coller contre son oreille et babiller une conversation téléphonique.

Stade 2 : L'enfant injecte la fonction de son choix dans l'accessoire.
Par exemple, l'enfant prend un gros cube de bois, et s'en sert comme il ferait d'un téléphone.

Stade 3 : L'enfant imagine l'existence des accessoires.
Pas de dînette au moment de jouer à manger ? Pas grave, l'enfant est capable de mimer l'action en imaginant qu'il a une cuillère entre les doigts, même si ce n'est pas le cas.

Stade 4 : L'enfant imagine des situations.
“On dirait qu'il y a le feu et que les pompier arrivent...”.

Stade 5 : L'enfant est capable de se plonger dans un jeu (scénario imaginé) pendant au moins 10 minutes.

Stade 6 : L'enfant est capable de jouer avec d'autres au sein d'un scénario inventé - et partagé.

Stade 7 :  L'enfant se "décentre".
Il n'est plus forcément présent en train qu'acteur dans ses jeux, mais endosse le rôle du démiurge qui fait vivre ses personnages. Ses jeux sont à ce stade riches de dialogues construits qui font avancer le scénario.

Ici le stade 1 est maitrisé depuis longtemps par les deux enfants. 
Le stade 2 pointe très discrètement le bout de son nez - si mes enfants jouent à faire semblant de dormir, par exemple, un coussin peut facilement devenir une "couverture", mais l'objet n'est jamais détourné bien loin de son usage initial. Sauf si ce sont les adultes qui amènent la chose : "Bon, ce foulard est une rivière, (ou ces coussins sont les murs de la cabane, ou ces récipients sont de parfaits chapeaux...), d'accord ?". 
Et hier, nous avons joué longuement à nous passer de mains en mains des objets imaginaires (des têtines !, histoire de commencer à souffler au Damoiseau qu'il lui faudra un jour s'en détacher...), et les enfants étaient ravis ! Ce petit jeu appartient au stade 3, mais pour cela, Antonin et Louiselle ont vraiment besoin de l'étayage des adultes ! :-)

Et chez vous, vous en êtes ? :-)

samedi 19 juillet 2014

Vie pratique, l'année des deux ans


Voici le nouvel aménagement de nos étagères montessoriennes telles que je les ai organisées ce printemps. Notre atelier dispose d'une belle surface au sol, mais comme dans toute pièce sous les combles, on a vite une sensation d'étroitesse et de manque de lumière. En attendant d'avoir le temps et le budget pour passer tous les murs à la chaux, repeindre le lambris d'un blanc craie et traiter les poutres pour les mettre en valeur, je tâtonne quant à la meilleure façon d'agencer notre matériel.


Dans un premier temps, j'ai commis une erreur d'adulte : j'ai fermé la pente sous le toit en la barrant d'un meuble-étagère ; je pensais que l'espace derrière lui était de toute façon inutilisable. Ce n'est qu'à l'usage que je me suis aperçue qu'il n'en était rien : mes enfants sont petits, et peuvent tenir debout même sous un plafond d'un mètre cinquante ! J'ai donc décidé de "pousser les murs" en installant notre étagère de travail plus profondément. Et comme il n'était plus question d'y caser notre meuble, j'ai simplement acheté deux bonnes planches de 2 mètres de long, que j'ai posées sur des cubes de rangement dont je disposais déjà. Et voilà une étagère parfaite, au prix modique, dont la surface en long agrandit l'espace et procure un vrai espace de rangement : 4 x 2 mètres de plateaux (oui, car on en met dessous aussi...), c'est le bonheur ! :-)


Et dans le même esprit qu'ici, je profite du fait que nous parlions aujourd'hui "organisation" pour vous transmettre ma progression "Vie pratique" pour l'année à venir. Attention, elle est centrée sur Louiselle et sa forte attirance pour ce domaine, et n'est pas, telle qu'elle, transposable à un autre enfant. N'hésitez pas, si vous vous en inspirez, à décaler les activités de 6 mois, voire d'un an... et surtout à suivre votre feeling et l'observation de votre enfant ! Je ne peux que vous inciter à construire votre propre progression (car c'est un geste "professionnel", qui aide, qui aide... !!), en ayant toujours à l'esprit qu'il n'y a pas "le feu au lac" ! Antonin découvre certaines de ces activités en même temps que sa soeur sans que j'ai l'impression qu'il soit "trop tard". :-)

Et une fois de plus, je ne concois pas la liste ci-dessous comme une série d'impératifs, mais comme un pense-bête. La liste des activités de Vie pratique étant quasi-infinie, je serai très heureuse de proposer le quart de celle qui suit à ma pette fille ! :-)

Été 2014 :

- Enrichir l'espace "nécessaire à ménage" dans la cuisine : ajouter un plumeau et un chiffon à poussière.


- Verser et transvaser, selon cette excellente progression-là. Pour le premier plateau, j'ai opté pour des pois cassés (pichet rempli au tiers), c'est OK ! ;-)

- Cadres d'habillage : boutons-pressions, gros boutons et agrafes.

- Ouvrir et fermer des boites. Je suis en pleine élaboration de ce panier et transcris ici les idées de matériaux que m'ont fourni les lectrices (un grand merci à Ingrid et à Aurélie !!) ! : une boite de TicTac, un boitier de bijouterie qui claque (attention les doigts), une grosse boîte de chewing gum ronde en plastique (qu'il faut pincer des deux côtés pour ouvrir), une boite à thé en métal (au double couvercle), une boite à cotons-tiges (une partie coulisse devant l'autre pour accéder à l'ouverture), des boites en forme de cœur de plusieurs tailles en bois ou carton (chez Cultura), des mini-bocaux à conserve en verre.

- Découper du papier.

On poursuit : le balayage, les pinces à linge, les boulons, les cadenas (il m'en faut au moins deux autres !), s'asseoir à une table, transporter une chaise, enfiler des perles, maitriser le cadre d'habillage velcro, ouvrir et fermer des flacons, se laver les mains (grande passion du moment pour la Damoiselle qui fait mousser, mousser, mousser..., rince, et recommence... 10 fois de suite ! ...), coller...

Ce qui se fait en situation : apprendre à porter un plateau, installer son tapis (le rouler seul est généralement hors de portée avant 3 ans et demi).

Automne 2014 :

- Éteindre une bougie avec un éteignoir.
- Transporter un verre rempli d'eau coloré.
- Faire circuler une clochette de main à main.
- Transporter une table (à deux).
- Ouvrir et fermer une porte.
- Ouvrir et fermer un tiroir.
- Marcher autour du petit tapis.
- Disposer un vêtement sur un cintre.
- Transférer avec une pince : des pompons, puis des billes avec une pince à cornichons, puis des pois chiches avec une pinces à épiler.
- Distribuer.
- Verser jusqu'à la ligne, verser de façon égale dans deux contenants.
- Transférer de l'eau d'un récipient à l'autre avec un compte-goutte, transférer de l'eau sur un porte savon avec un compte-goutte.
- Superposer des formes.
- Dérouler et enrouler des rubans.
- Mettre la table.
- Cadre d'habillage : les petits boutons, la fermeture éclair.

Hiver 2014-2015 :

- Visser/dévisser avec des tournevis variés.
- Visser et dévisser de petits objets (fermoirs de bijoux).
- Transpercer une forme géométrique à l'aide d'une punaise à grosse tête.
- Plier des mouchoirs (je prépare actuellement cette présentation pour Antonin, à suivre !).
- Plier des vêtements.
- Repasser.
- Prendre soin des plantes vertes.

À partir du printemps 2015 :

- Utiliser un marteau.
- Cadre d'habillage : les boucles de ceinture, les lacers.
- Coudre un bouton.
- Cirer les chaussures.
- Polir des objets en métal.
huiler le bois.
- Nettoyer des coquillages.
- Laver un miroir, des vitres.
- Laver une table.
- Planter des graines.
- Changer l'eau des fleurs.
- Laver du linge.

Et comme précédemment, je viendrai ajouter les liens au fur et à mesure que je présenterai les activités...

À bientôt ! :-)

mercredi 16 juillet 2014

En ce moment, nous lisons/écoutons (07/14)

Louiselle, 2 ans, lit :


- Tout en haut, Mario Ramos, L'École des Loisirs, 2009.

Euh, en réalité, en ce qui concerne les lectures de Louiselle ce mois écoulé, j'aurais pu me contenter de cet album. Dès la première lecture, la Damoiselle a été enchantée. L'a réclamé 10 fois par jour - et plusieurs fois de suite. Et a fini par le connaitre par coeur et à le réciter comme une grande (stupide que je suis de ne pas l'avoir enregistrée !).

Tout en haut est composé de phrases simples (qui se répètent souvent) et d'onomatopées (qui changent en fonction de l'animal considéré). Le scénario, épuré, est à la porté des tout-petits comme seules les narrations teintées d'absurde peuvent l'être. Comme tous les grands livres, il permet plusieurs niveaux de lecture - je ne suis pas sûre que mes enfants aient vraiment compris la chute, mais moi, oui, et je peux vous dire qu'elle est digne d'un conte zen ! ;-)

Je recommande - et Louiselle aussi ! Nous le réemprunterons très souvent à la bibliothèque, c'est sûr !


- Go escargot go !, Elena et Jan Kroell, Rouergue, 2014.

Je dois avouer que cette pépite est surtout un de mes coups de coeur à moi, et qu'en grosse fan des seventies, j'attendais sa parution avec impatience !

Bon, vous vous direz : "Les années 70 ? Oui, cela se voit tout de suite au design...".

Et bien CE design emblématique, ce sont Elena et Jan Kroell qui l'ont inventé ! Si !

Bonne nouvelle : mes enfants l'aiment beaucoup. Louiselle est très sensible au rythme et à l'énergie du texte (qu'il faut lire sur un ton de commentateur de match de foot...) et guidé par quelques questions, Antonin a su exprimer le décalage entre le texte et l'illustration... Toute la saveur de ce petit album sera perçue un peu plus tard... Encore une fois, c'est un bon album, qui s'adresse donc à tous les âges !


- Le Spectacle, Audrey Poussier, "Loulou & cie", L'École des Loisirs, 2008.

Je crois qu'une grande passion est en train de naitre, sous notre toit, pour les albums d'Audrey Poussier... Chez elle, tout est frais : le trait, le texte, et l'amitié en toile de fond. Le dialogue fait office de narration ; une excellente occasion pour l'adulte de s'exercer à changer de voix pour faire vivre les personnages et aider l'enfant à accéder au sens. Point trop de mots, et toujours en étroite connection avec les illustrations, incroyablement expressives. L'album cité ci-dessus est assez représentatif de ce talent : en quelques pages, vous allez passer du rire aux larmes, puis des larmes au rire, c'est certain !! :-)


- Quand j'étais dans le ventre de ma mère, Didier Lévy, Yves Got, Albin Michel Jeunesse, 1998.

J'avais acheté cet album pour préparer Antonin à la naissance de sa petite soeur, et aujourd'hui c'est la lecture de prédilection de Louiselle lorsqu'elle siège sur son pot. Ce qu'elle préfère, c'est se le raconter elle-même ; chaque phrase du texte, poétique et musical à souhait, commence par la formule répétitive : "Quand j'étais dans le ventre de ma mère...". Louiselle baraguine cette longue proposition à sa façon, mais on y retrouve le rythme et la rime, c'est sûr ! ;-)

Je suis beaucoup moins enthousiaste face aux illustrations de cet album, qui, à une ou deux trouvailles près, ne réflètent pas du tout la profondeur du texte. Rhââ, ces aplats grossiers et ces contours épais, ces visages de clowns grimaçants... Bof, bof. Bon, de toute façon, le personnage que Louiselle préfère, c'est le chat, et elle a raison, c'est encore lui qui a la meilleure bouille ! :-D


- Abracadanoir, Nathalie Laurent, Soledad Bravi, "Loulou & cie", L'École des Loisirs, 2008.

Voici ma dernière découverte - merci la bibliothèque ! Je n'avais jamais entendu parler de ce titre, et l'ai emprunté un peu par hasard... à moins que ce ne soit un des enfants qui l'ai glissé dans notre sélection ? Je  ne sais plus...

Bon, Soledad Bravi, on ne la présente plus, on aime ou on n'aime pas, mais je pense qu'elle a marqué son époque - c'est-à-dire, la nôtre. Trait épais, figure réduite à l'essentiel, un "gros quelque chose" de tendresse et d'humour... C'est léger, sans prise de tête, efficace.

Quant à Nathalie Laurent, personnellement, je n'en avais jamais entendu parler, mais à présent, son nom est ancré, croyez-le. Le texte de cet album repose sur une idée - une bonne idée. Laquelle a su être développée avec beaucoup de rythme, de poésie et d'humour... Quoiqu'il me semble que tout cela s'essouffle un peu lors des trois dernières phrases, mais je suis sans doute mauvaise langue...

Mes deux enfants raffolent de ce livre - qui, vous l'avez compris, aide les petits à braver la crainte de l'obscurité - et se disputent pour savoir lequel l'aura dans sa bibliothèque personnelle...

Antonin, 3 ans et demi, lit :


- Au pied de ma lettre, Virginie Deverson-Otwinoski, Coralie Saudo, Mille Pages Editions, 2013.

Voilà l'histoire : lorsque j'avais feuilleté ce livre en librairie il y a quelques mois, j'étais tombée sous le charme, tant et si bien qu'à la reflexion, j'ai fini par commander cet ouvrage que je ne trouvais plus nulle part. Mais une fois rentrée à la maison, j'ai ressenti une légère déception. D'abord et surtout parce que les illustrations sont plus grossières que dans mon souvenir et qu'il leur manque indéniablement quelque chose pour exprimer vraiment. Ensuite parce que l'expression "Au pied de ma lettre" qui ponctue le texte, est en fait un peu allambiquée et obscure, sans lien réel avec le sens de la phrase qui suit (et essayez donc d'expliquer l'expression "prendre au pied de la lettre" à un bonhomme de 3 ans et demi qui est en plein dans sa phase "Ça veut dire quoi... ?"). Enfin, parce que le principe (excellent !) de cet album, qui cherche à illustrer chaque lettre par un objet dont la forme rappelle celui de la lettre en question (Le "A" devient Abri sous forme de tipi triangulaire, le "C", Croissant dans l'assiette, etc.), fait parfois des entorse dommageable à la phonologie : l'auteure choisit l'Oeuf pour représenter le O... lorsqu'elle aurait pu opter pour une Oreille ou une Orange...

Bon, cela n'est pas grave. C'est l'occasion de parler - en passant - du "e dans l'o"... Et puis, des abécédaires, on n'en a jamais trop, alors... :-)



- Le Pestacle, Ilya Green, Didier jeunesse, 2010.

Attention, je vais crier au coup de coeur, vous êtes prêts ? :-)

COOOOUUUUUUUUP DEEEEE COEEEEEEEUUUUUUR !

Ah, ça fait du bien. Bon, j'adore Ilya Green, et j'adore cet album. Tout y est, le dessin parfait (qui me rappelle très clairement une illustratrice de mon enfance, mais comment s'appelait-elle ?), les motifs japonisants, la touche de féérie (le chat géant, les fourmis-copines...), mais surtout : Ilya Green fait parler l'enfance, et ce, très naturellement. Le texte est un dialogue entre les jeunes protagonistes, et en le lisant, vous trouverez tout de suite le ton. C'est direct, limpide, et ça nous rappelle quelque chose... Ah, oui : l'enfance.

Emprunté à la bibliothèque, je me suis dit, à la première lecture, qu'il s'adressait à des enfants plus grands ? Antonin n'est jamais allé au cirque, et il n'a jamais joué à la marchande. Mais il n'a pas lâché ce livre du mois, et a demandé à ce qu'on lui lise tous les jours !


- Au lit, Léo !, Sébastien Braun, Michelle Nickly, Albin Michel Jeunesse, 2009.

Un album sans prétention que le Damoiseau a beaucoup aimé. C'est bien écrit - et bien traduit -, les illustrations sont toutes douces. Ça sent le vécu, et la chute fera sourire les parents que leurs enfants ne laissent pas dormir... Ici, le petit garçon se relève la nuit pour rejoindre Papa et maman dans leur lit. Si vous êtes dans cette situation, je ne suis pas sûre que la lecture de cet album ait un effet magique sur le comportement de votre enfant, mais vous pouvez essayer : tout est bien qui finit bien, à la fin, Léo apprend à rester dans son lit. On se demande un peu comment, mais la morale est sauve.



- Grosse colère, Mireille d'Allancée, L'École des Loisirs, 2000.

Bon, c'est un tel classique qu'on ne le présente plus. Je l'emprunte régulièrement à la bibiothèque (tiens donc, on se demande pourquoi ?) mais Antonin n'avait jamais, jusqu'à présent, manifesté le moindre intérêt pour cet album. Mais ces dernières semaines, il l'a beaucoup repris, et s'est vivement intéressé à l'allégorie de la colère, la manière dont elle grandit pour prendre toute la place avant d'être maitrisée par le protagoniste. Je continuerai de louer fréquemment cet album !



- Apprends-moi les chiffres, Franscesco Pittau et Bernadette Gervais, Seuil Jeunesse, 2005.

Mon dernier achat, dont je savais qu'il allait beaucoup plaire au Damoiseau. Bingo. C'est presque trop facile, puisqu'il s'agit de dénombrer des éléments jusqu'à 9, et de mémoriser l'écriture des chiffres par analogie avec des éléments naturels (le 6 évoque la queue enroulée du loir, le 8 un bonhomme de neige...). Mais les trois dernières pages apportent un vrai bonus, qui donnent à voir de grandes quantités d'éléments (10 flocons sur une double page, puis 100, puis 1000 !). Il ne s'agit plus ici de dénombrer, mais d'appréhender de grandes quantités d'un seul regard. C'est fascinant pour tous les âges.

Je lis :




- Le maitre du haut chateau, Philip K. Dick, Jacques Parsons, J'ai lu, 1970.

La science-fiction, en été, il n'y a que ça de vrai. Ici, le maitre du genre imagine que la Seconde Guerre mondiale a eu une autre issue : les allemands ont gagné et le monde se partage entre deux civilisations : les japonais occupent ce qui fut les Etats-Unis, où ils ont pacifiquement imposé leur culture et développent un amour pour les vieilleries vintage ; les nazis dominent à l'est du monde, et poursuivent leur potilique d'extermination raciale à l'échelle de continents entiers tout en se lancant dans la conquête de l'espace.

Bon, ça n'a peut-être pas l'air, dit comme ça, mais je vous assure, c'est reposant ! :-D


- Simplicity Parenting, Kim John Payne, M. ED., Lisa M. Ross, Ballantine Books Trade Paperback edition, 2010.

Je vous ai déjà parlé de ce livre à plusieurs reprises : lorsque j'ai développé l'envie de le lire, et lorsque je l'ai effectivement commencé, en janvier dernier. Je m'étais dit alors que ce serait le livre de l'année, tant il correspondait à mes préoccupations du moment ! Mais les livres se sont entassés sur mon chevet, et ce livre s'est retrouvé en bas de la pile, inachevé. Je le reprends aujourd'hui à un peu plus de la moitié (chapitre "Rythme") suite au gentil mail de Julie qui se reconnaitra ! ;-)

Merci Julie !! :-)

Nous écoutons :



- La ferme danse, Louise Weeke, Parastou Haghi, Philomèle Jeunesse, 2011.

Encore un achat récent (euh, oui, il faut que je me calme...), suite au  commentaire de Karou à cet article. Mais c'est bien sûr, voilà le disque qu'il nous fallait ! C'est une merveille entre les merveilles ; dès les premières notes, on a envie de danser ; l'écriture est excellente, l'interprétation est parfaite, aussi bien de la part des musiciens (ah, l'hélicon !!), que des petits chanteurs. Les adultes ne se lassent pas de l'écouter, et pour une fois, les textes sont accessibles aux très jeunes enfants. Je crois que c'est la première fois qu'Antonin accède à la compréhension en écoutant un disque ; il connait le refrain des moutons par coeur, et sa petite soeur répète "Dormez ! Dormez !" aux petits poussins du poulailler ! ;-)

Comme dit Karou : un chef d'oeuvre !


- Chansons pour..., "Fabulettes", vol. 1, Anne Sylvestre, François Rauber, 1986.

Un grand classique chez nous. Mais les enfants se sont récemment pris d'amour pour la chanson "Pour ne pas se laver les mains" qui les fait se tordre. Pour les très-petits, je trouve que ce disque est le meilleur de toutes la série des Fabulettes, avec sa série de comptines ancrées dans la situations familières...

Cela me donne une idée : ce serait sympa de lister, à la Waldorf, des petites chansons pour rythmer le quotidien de nos bambins. Que chanter au réveil, au petit-déjeuner ? Quelle chanson pour débarasser la table, pour faire sa toilette ? Etc. Ma culture personnelle ne me permet pas d'avoir une chanson pour chacune de ces petites circonstances, mais peut-être qu'à nous toutes... Vous m'aideriez ?  :-)


- Le carnaval des animaux, Camille Saint-Saëns, Yann Walcker, Marion Billet, Gallimard jeunesse, 2011.

Un emprunt à la bibiothèque. Je voulais voir ce qu'avait dans le ventre cette interprétation que je rencontrais un peu partout sans l'avoir jamais écoutée. Bon, c'est à fuir, à mon sens. L'interprétation, en soi, n'est pas mauvaise. Mais être coupé dans son écoute par le récit ennuyeux des misères du roi Lion au prise avec ses guérisseurs de sujets, c'est vraiment agaçant. Les illustrations du livre sont médiocres ; à aucun moment on ne retrouve l'esprit de l'oeuvre de Saint Saëns. Et ce qui est symptomatique du mépris dans laquelle l'oeuvre originale est tenue : on ne trouve nulle part, ni sur le disque, ni sur le livre, les titres des mouvements de la suite !! Un comble, non ? :-( 

Et vous, que lisez-vous/écoutez-vous ? :-)

lundi 14 juillet 2014

Notre semaine (28/14)


Beaaaucoup d'activités à relater cette semaine... et une double raison à cela : des grandes vacances qui nous permettent un rendez-vous quotidien (week-end exclu) dans notre atelier (et nos petites séances durent à présent une heure de temps !!) et une météo... médiocre. Pour rester polie ! :-D

Bien que nous sortions quotidiennement entre les gouttes (nous avons même réussi à visiter une ferme pédagogique et à aller donner notre pain dur aux canards du village !), il faut avouer que les longs moments de jeux en plein air manquent aux enfants... et me manquent, à moi, beaucoup !! Cris et galopades sont donc de mise... à la maison, ce qui nécessite une bonne dose de lâcher-prise de la part des adultes qui ne peuvent plus y opposer le fameux : "Si tu veux crier, va le faire... dehors !"... :-/

Ces moments d'excitation à part, les enfants sont très en demande d'activités en tous genre... Voici les préférées du moment :

De la vie pratique :


Je commence par un scoop : Louiselle sait à présent s'habiller toute seule... intégralement, puisqu'elle a appris il y a quelques jours à enfiler pulls et T-shirt. Dernière étape avant l'autonomie complète : les gilets et les manteaux, avec leurs fichues manches qui se gèrent derrière le dos...


Sinon, j'ai remarqué que nous cuisinions généralement beaucoup par temps de pluie et j'aime bien cette luminosité particulière dans notre cuisine lorsque le ciel est sombre... Je la retrouve sur mes photos !


J'ai plein de bons souvenirs en cuisine avec mes enfants sur fond de bruit d'averses... qui se marie très bien avec l'odeur des bons petits plats pour une ambiance sensorielle très cosy ! :-)


À la moindre éclaircie, tout le monde dehors ! La terre mouillée est meuble et se prête merveilleusement bien au bêchage... Cela tombe bien, cela représente 90% des travaux à effectuer dans notre jardin en cours de structuration.


Les enfants aiment travailler à mes côtés, et il est assez facile de trouver des tâches à leur mesure - par exemple, couper les tiges des fleurs de lys désormais fanées et aller les jeter au compost.


Dans l'atelier, j'ai introduit deux nouveaux plateaux cette semaine, pour lesquels j'ai fait des présentations communes à mes deux enfants ! :-)

Presser une éponge

Louiselle est à présent suffisamment mûre pour cette activité, qui nécessite une certaine discipline : le plateau est lourd à porter, et il faut remplir un bol d'eau avant l'activité - et le vider à la fin.


Avec un peu d'encadrement, tout se passe comme sur des roulettes, et ce petit travail a été repris plusieurs fois cette semaine par les deux enfants.

Versé de pois cassés

Les versés sont l'Activité emblématique de la pédagogie Montessori ; j'en propose souvent,  ponctuellement, à mes enfants sur un coin de table en cuisine - ils aiment beaucoup "travailler" à mes côtés. Mais pour installer de façon permanente un plateau "versé" dans l'atelier, j'attendais que Louiselle soit prête pour 1. Ne pas tout éparpiller par jeu (quoique je ne puisse pas affirmer que cela ne produise jamais dans un moment d'excitation !) ; 2. Faire l'activité correctement, en particulier s'appliquer à ramasser les pois éparpillés sur le plateau.


C'est un succès ! :-)


Antonin et moi avons aussi travaillé à peaufiner son plateau de découpage. Aujourd'hui, le Damoiseau est capable de suivre un trait pour sectionner la bande qu'il découpe, mais il perd rapidement cet objectif de vue, et termine généralement sa bande en la coupant en tout petits morceaux, sans s'appliquer à préciser son geste. Je me suis donc dit que si chaque "case" de la bande comportait un dessin, Antonin aurait peut-être envie de détacher ces motifs les uns des autres - en découpant bien sur la ligne qui les sépare.

J'ai donc sorti quelques petits hankos, et Antonin s'est appliqué à imprimer les motifs entre les lignes de ses bandes ; un vrai travail de précision, qu'il a beaucoup aimé ! Et Louiselle ne fut pas en reste : elle a bien compris comment procéder, en pressant les tampons très fort et en grognant : "HANNN !", dents serrées. Et ça marche ! :-)



Je ne sais pas si Antonin respectera l'exercice au moment du découpage, car il n'a pas encore repris cette activité depuis notre petit aménagement. À suivre !


Des activités artistiques :


Ces activités étant proposées de façon permanente, il y a déjà plusieurs mois que les enfants peuvent s'installer en toute autonomie (euh, j'encadre tout de même, en particulier en ce qui concerne le rangement !). J'adore observer sur quel médiums se portent leurs choix, et je suis ravie de constater qu'ils commencent - surtout Antonin - à demander à refaire certaines activités qui leur ont plu !


Car le Damoiseau commence à réinvestir, c'est certain. Vous souvenez-vous de ma proposition de façonner des perles dans de l'argile, il y a plusieurs semaines ? J'avais eu l'impression, alors, que c'était trop technique pour Antonin... Mais voilà qu'il a repris la procédure seul, spontannément, avec de la pâte à modeler !!

Couper un "boudin" en tronçons, les percer avec une paille,
trouver un support pour les enfiler (un manche de pinceau !), et se faire un joli collier ! ;-)

Le collage au scotch est devenu un grand classique de la maisonnée, les enfants nous le réclament plusieurs fois par semaine...


... Sauf qu'à présent, c'est Antonin qui découpe les morceaux de ruban adhésif - et Louiselle s'y exerce activement, vous pouvez le croire. :-)


Le Damoiseau commence à prendre des initiatives, et à mixer les techniques de son répertoire lorsque le matériel est à disposition.

Coopération...

Ici, par exemple, il a repris notre technique de "peinture et scotch" lors d'une séance d'aquarelle :

Vous voyez ? Oui, la ligne au bas de l'oeuvre... :-)

Des activités sensorielles :


Notre prochain bac sensoriel sera à l'extérieur...
J'attends donc que la pluie cesse !!

Cette semaine, j'ai présenté l'escalier marron à Antonin, et le scénario fut sensiblement le même que lors de la découverte de la tour rose : ravissement au moment de la découverte du matériel, observation polie de la présentation, refus catégorique à ma proposition de refaire l'exercice... Par contre, il a tenu absolument à ce qu'une petite poupée russe descende les marches... Ce qui a immédiatement et irrémédiablement rayé le matériel. "Tu vois, Antonin, ce n'est pas fait pour cela !" :-/


La bonne nouvelle, c'est qu'il a repris l'escalier le lendemain pour l'assembler... euh, de manière certes fantaisiste. Mais cela lui a donné envie de sortir aussi la tour rose (par analogie ? Youpi !), et il a donc commencé à ranger l'escalier. "Si tu veux, tu peux faire la tour rose à côté", lui ai-je proposé. Il a immédiatement asocié les deux matériaux, et s'est beaucoup amusé. Cette figure (toute personnelle) a été refaite plusieurs fois cette semaine !!


C'est drôle, quand on y pense : lorsqu'Antonin était tout petit (entre 12 et 18 mois), il adorait jouer avec les boites gigognes et les pyramides d'anneaux pour bébés - qui n'ont jamais intéressés sa soeur et qu'il va vraiment falloir que je me résolve à donner. Je me souviens de la fascination des membres de notre famille devant son habileté à les construire à toute vitesse, en respectant l'ordre de taille, alors qu'il ne savait même pas marcher !! On aurait pu y lire les signes d'un futur grand amour pour la tour et l'escalier, mais visiblement, les intérêts du Damoiseau ont évolué depuis... ! :-D

Des activités physiques :

Louiselle sait à présent descendre les escaliers debout sans aide, en se tenant d'une main à la rampe (et le dit : "Moi, j'ai accroché à la LAMPE !") ! Et il lui arrive même d'alterner les pieds sur les marches, ce qui, comme vous le savez sans doute, est le signe que la maitrise des sphnicters - et donc, la continence - poindrait le bout de son nez (Hum, hum).


Et Antonin m'a vraiment surprise à réclamer et exécuter une séance de yoga de A à Z pour la première fois... avec beaucoup de plaisir et d'application ! Youpi !!

Et pour canaliser les jeunes énergies les jours de pluie, on danse, encore et toujours ! :-)

Danser avec un foulard

Des activités culturelles :


Antonin a trié 18 cartes de son plateau air/terre/eau. Record battu ! Et pour la première fois, il a demandé à classer des animaux en même temps que des véhicules. Je vais introduire les cartes "paysages" la semaine prochaine ! :-)

Des jeux :

Nous ne sommes encore à l'ère des jeux dits "de société" chez nous ; Mon premier verger accroche l'intérêt des enfants le temps d'une partie, mais je vois bien que le but du jeu (récolter tous les fruits avant que le corbeau n'accède au verger) ne les oriente pas encore pendant l'activité. D'ailleurs, Damoiseau et Damoiselle éprouvent une sympathie sans borne pour ce joli corbeau en bois. Et lorsqu'ils gagnent le droit de récolter un fruit, ils préfèrent le lui donner plutôt que de le mettre dans le panier ! :-D 

Les jeux qui ont la cote n'en sont pas vraiment ; il s'agit plutôt de mises en paire améliorées, et je vous mentirai en vous disant que l'adulte s'amuse follement en "jouant avec" l'enfant - si tant est qu'on puisse s'exprimer ainsi...

"À qui est ce bébé ?"

Lorsqu'Antonin était un tout-petit bébé, sa grand-tante lui avait offert deux petits jeux de mise en paire en bois ; le premier consiste à assortir les "Mamans" et leurs petits ; je vous en avais déjà parlé ici, mais à présent Antonin le maitrise vraiment bien : même les tétards et les chenilles sont appareillés sans probléme aux adultes correspondants, et surtout le Damoiseau mène les mises en paire jusqu'au bout sans difficulté.

"Qui fait quoi ?"

J'ai donc introduit le deuxième petit jeu qui attendait son heure - au moins, chez nous, les cadeaux font du profit !! Et ce petit exercice est tout à fait adapté aux intérêts actuels d'Antonin, qui aime beaucoup le reprendre et expliquer les relations causales à sa soeur...

"Qui mange quoi ?"
 
Ce troisième jeu du moment a été offert à Antonin pour son demi-anniversaire ; malgré les quelques pistes d'exploitation que donne la notice, il n'est pas ludique en diable... Mais les illustrations plaisent beaucoup aux enfants, qui adorent "nourrir" ces animaux si familiers. Chaque animal étant associé à plusieurs aliments, on sort (un peu) des clichés mono-diètes (le lapin mange des carottes...). Et la présentation des cartes-aliments s'inscrivant dans un cercle me rappelle le matériel montessorien relatif aux fractions... Les enfants ont été un peu déboussolés au début, mais à présent, ils savent placer les tiers de cercles correctement, et au besoin, Antonin rappelle à sa soeur : "Le bout pointu au milieu, Louiselle !" :-)
 
Et dans la série "Je joue avec mes enfants sans m'ennuyer"...
(Ce sera la série de l'été, il faut croire !)
:-D


Le pique-nique des doudous, sous la pluie, on oublie. Mais avec une poignée d'ingrédients secs - pâtes, farine, noix, lentilles, graines - et un demi-litre d'eau, les enfants ont joué à la "grosse dinette", comme ils disent, pendant plus d'une heure ! Une expérience sensorielle d'importance pour ma Damoiselle qui mange toujours très largement avec ses mains, et pour mon Damoiseau que la nourriture en général rebute... Ils y ont pris beaucoup de plaisir, et, étrangement, sans gaspillage aucun. Les ingrédients étaient toujours dosés avec parcimonie, et au final, j'ai eu à jeter beaucoup moins d'aliments qu'au terme d'un repas qui n'a pas plu...


Et pour moi, ce fut un vrai bonheur d'observer la précision de leurs gestes, d'écouter le déroulé de leurs recettes, de goûter à leurs préparations imaginaires, et de photographier le tout. À refaire ! :-)

Bonne semaine chez vous ! :-)