jeudi 7 mai 2015

A bientôt !



J'avais prévu d'écrire à un rythme assez haletant cette semaine - et j'avais sous le coude une série d'articles auxquels je tenais beaucoup.

Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. Lundi, nous trouvons un martinet épuisé dans notre jardin, et nous courons au centre de sauvegarde de la faune sauvage - à l'autre bout du département. Bilan : une journée sans ordi. Mardi soir, notre machine à laver rend l'âme et je renoue depuis avec les plaisirs simples de la lessive à la main (je plaisante : je DETESTE laver le linge à la main). Bilan : ça prend du temps, ces petites choses. Hier, notre ordinateur-dinosaure meurt à son tour - je le savais, je le sentais, et bien sûr, je n'ai rien imprimé/rien sauvegardé et je dois donc refaire tous mes cours et tous mes relevés administratifs depuis le début (le tout sur un ordi prêté dont je ne maitrise pas toutes les subtilités, ce qui explique l'absence d'accents sur les lettres majuscules dans le présent article). Bilan : il serait peut-être temps que je m'affole.

Rassurez-vous, tout va très bien. Je suis très calme. Je m'étonne même d'être aussi calme. :-)

Allons, le soleil est revenu, et nous sommes tous en bonne santé.

Ca pourrait être pire, non ? :-)

(Tiens, la çédille sur les majusculse, c'est comme les accents, ça ne veut pas...)

Enfin, voilà, tout ça pour dire : ce blog prend une petite pause jusqu'au mois de juin pour me permettre de gérer la transition que vous savez. Néanmoins :

1. Je garde les articles prévus bien au chaud pour dans quelques semaines, et je vous préviens que vous n'y échapperez pas ! :-)

2. Je continue de lire avidemment vos commentaires et j'y réponds. A mon rythme, comme d'habitude, mais j'y réponds. Promis.

3. Pour ceux qui désireraient quand même garder le contact, je me lance sur Facebook, et c'est ICI. Un peu d'indulgence, je découvre l'outil... Je serais très heureuse de vous y retrouver !!

Je vous souhaite vraiment beaucoup de belles choses pour les semaines à venir, profitez bien de ce printemps déjà bien mûr, et de toute façon, A BIENTOT !

(Tiens, je vais répondre à quelques commentaires avant d'aller bosser, je sens que cela va me motiver...)

:-)

mardi 5 mai 2015

Préparatifs


Le 3e anniversaire de mes enfants a toujours eu un caractère spécial à mes yeux - il signe définitivement la fin de l'âge "bébé". Et le 3e anniversaire de Louiselle revêt un sens particulièrement profond : ce jour sera une borne dans ma vie de Maman. Les trois ans de ma cadette signifient qu'il n'y a plus de tout-petit sous notre toit, et que notre quotidien va changer pour s'articuler autour des besoins de chacun, qui évoluent.

Il y a une phrase d'Isabelle Filliozat que j'aime beaucoup, mais que je paraphrase parce j'ai prêté mon livre préféré. Elle dit en substance que les parents garantissent la sécurité et de la liberté de leurs enfants. Si notre enfant vient de naitre, le curseur est entièrement du côté "sécurité". Lorsque notre enfant a 18 ans, le curseur est à 100% côté "liberté". Entre ces deux pôles, notre rôle de parents est de savoir placer le curseur et de le faire avancer au bon rythme.

Voilà, aux trois ans de l'enfant, on s'aperçoit la marche vers la responsabilité est entamée, et on pressent que cette marche va devenir une course dans les années à venir !! :-D

Je veux vraiment "marquer le coup". Et cette fois, je m'y suis prise à l'avance, pour consigner quelques idées qui pourraient faire de ce jour un jour vraiment spécial. Mes critères sont toujours les mêmes : je cherche des astuces pratiques, simplissimes, peu onéreuses et éducatives. Dans l'idéal, j'aime l'idée du rituel qui nous donne rendez-vous, année après année, à chaque anniversaire... comme cette bannière qu'Antonin a peinte pour sa sœur pour ses 1 an et que nous ressortons chaque année depuis ! :-)

Voici donc mes modestes projets :

- Une guirlande "de l'Aven-niversaire" (Cf. Photo).

Oup là, cette idée-là a nettement une couleur pédagogique, hum-hum. La structuration du temps, à 3 et 4 ans, hein ? ;-)

Une semaine avant la fête (aujourd'hui !), j'ai gonflé 7 ballons, un pour chaque jour, et je les ai greffé à notre guirlande de papier avant de l'accrocher entre la cuisine et le salon. Les 6 premiers sont de la même facture (imprimés "Barbapapa" pour ma petite fan !), mais le dernier est un ballon "spécial 3 ans", et affiche le chiffre en gros, ainsi qu'un tas de cotillons. Chaque jour je décroche un ballon, le livre aux enfants (advienne que pourra...) et nous comptons ceux qui restent.

- Ranger/trier/donner pour grandir :

Le week-end précédant la fête, grand ménage : on trie les jouets et les vêtements, et on met de côté, d'un commun accord, tout ce qu'on va donner à Emmaüs.

C'est tout bête, mais c'est bon pour le chi de la maison -  et mes enfants adoooorent quand on déballe le contenu des placards ! :-)

- La découverte des cadeaux :

J'aimerai que ce soit un moment un peu théâtral. C'est vrai quoi, c'est toujours un peu frustrant : nous, les parents, avons choisi amoureusement les objets un à un, l'enfant arrive, déchire tous les papiers en un clin d'œil et c'est fini. Peut-être qu'une petite mise en scène permettrait une respiration, une pause d'une demi-seconde, pendant laquelle l'enfant prend conscience qu'il est là, face à ses paquets emballés, et que ce sentiment d'ignorance et d'excitation est tout simplement délicieux... ?

Notre salon et notre cuisine sont séparés par une cloison ouverte. C'est-à-dire qu'il y a un passage entre les deux - de la taille d'une porte, mais sans porte. Mon idée est d'y fixer une nappe en papier préalablement peinte par les 3 autres membres de la famille, et fendue comme un rideau de cirque. Lorsqu'on est à la cuisine pour le tralala du gâteau, on ne voit donc pas ce qui est au salon.

L'enfant passe ensuite à travers le rideau - c'est une jolie métaphore, mais je serai bien sûr la seule à la savourer ! - et découvre : une haie d'honneur. Tous les doudous chéris de la Damoiselle (elle en a beauuuucoup) sont là, rangés en double rang d'oignons, et dessinent un chemin vers la table où l'attendent ses cadeaux.

Le théâtre, finalement, c'est facile ! :-)

- Et à propos des cadeaux :

J'ai découvert récemment une jolie tradition navajo - l'idéal est de débuter ce petit rituel dès la naissance de l'enfant, mais tant pis, je compte bien rattraper le temps perdu.

Voilà : à la naissance du bébé, on se procure un simple ruban ou une chaine, que l'on suspend dans sa chambre. Chaque année, on offre à l'enfant un colifichet à accrocher - pendentif, clochette, petite bourse, ou quoique ce soit qui vous fasse de l'œil (si c'est fabriqué maison et que ça reflète les intérêts de l'enfant au moment M, c'est encore mieux). Chaque année, la guirlande s'agrémente d'un nouvel objet, qui dessine ainsi une carte de la croissance d'un nouveau genre.

J'adore, j'adhère, et je compte bien trouver trois petits objets qui me font penser à ces trois années passées avec ma fille - bien sûr, je ferai de même pour Antonin, dont le "demi-anniversaire" approche à grand pas lui-aussi... :-)

- Et à propos de cadeaux (bis) :

Le Papa des enfants est d'ores et déjà réquisitionné pour concocter une "spéciale play-list" pour sa fille - que nous graverons avec soin, et dont nous dessinerons la jacquette. :-)

Encore une idée que l'on peut renouveler chaque année, en se centrant sur les goûts de l'enfant, son stade de développement - et en mixant les influences, toujours !!

- Le rituel montessorien :

On ne le présente plus. Ma Damoiselle va adorer, c'est sûr !! :-)

- Boss for the day :

Enfin, peut-être pas tout à fait encore, mais Louiselle a le choix du menu pour le jour J. Liberté totale.

Verdict : nous dinerons ce jour-là de concombre en salade, d'oranges, de chocolat et de bonbons, le tout arrosé de sirop à l'eau.

(Allons, ça pourrait être pire...)

- Pour prolonger la fête au jardin :

Voici une petite idée d'Amanda Soule, que je trouve dotée d'un sens profond : chez elle, chacun des cinq enfants a son "jardin d'anniversaire". Pour commencer, chacun plante un arbre de son choix, qui illustre sa personnalité. Puis, à chaque anniversaire, l'enfant peut planter une plante, une fleur ou une herbe qu'il a choisit - et le jardin grandit avec l'enfant. N'est-ce pas magnifique ?? :-)

Planter un arbre reste difficile pour qui n'a pas, comme Amanda, 20 hectares de terrain (convertis en ferme bio, tant qu'à faire...), mais c'est une idée aisément adaptable ! J'y réfléchis...

- Une chasse au trésor :

C'est un principe simple, modulable en fonction de l'âge de l'enfant (images, puis mots, puis devinettes...), du moment de l'année, du lieu, du thème... Je cogite, mais n'ai pas encore trouvé notre formule ! :-)

Du coup, ma "petite" liste est conséquente... Tout cela n'aura pas lieu le jour J, mais tant mieux ! Je suis tout à fait favorable à l'idée d'étirer la fête... :-)

Et vous, avez-vous des rituels chouchous pour les anniversaires de vos enfants ? :-)

dimanche 3 mai 2015

Journal, semaine 18/2015


Le temps est très agréable : il pleut beaucoup mais il fait chaud, ce qui donne à l'atmosphère un relent de serre tropicale...


Cette semaine chez nous, il y eut :

- Du laçage (Louiselle) :

Corda Doudou, Djeco.

- De la peinture au coton-tige sur volumes (objets de récup : blocs de polystyrène, boites d'œufs...) :


- Des manipulations de pièces de monnaie (Louiselle).


Notre réserve de pièces étrangères fascine les enfants qui les trimballent partout. Cela tombe bien, leur forme et leur épaisseur sont idéales pour travailler les gestes fins et la pince à trois doigts...


... quoique Louiselle, face à cette proposition, préfère largement les transvasements.

- Des écrits (Antonin).

"Antonin chaviré"

Sur notre réfrigérateur, les groupes de mots apparaissent. J'aime ces séquences poétiques, sans queue ni tête - mais non dénuée de sens, attention !! Antonin sait très bien ce qu'il souhaite écrire au moment où il le fait - et je ne cesserai jamais de chanter les louanges de l'apprentissage de la lecture par l'écriture, qui permet à l'enfant d'avoir toujours le sens en tête pendant son travail - voie directe et voie indirecte sont liées, intrinsèquement, depuis le début.

Bon, à présent, il va falloir que j'explique à Antonin comment identifier et séparer les mots ! :-)

- De la cuisine.

Energy balls noix de cajou et dattes

Gros succès pour cette recette simplissime, rapide et archi-saine - tout le monde a aimé et nous n'avons à lui reprocher que d'être un peu collante. Je pense que je roulerai les balls dans du chocolat en poudre la prochaine fois pour éviter que nous nous en mettions plein les doigts !



Je m'acharne à photographier les gerris et larves de libellules (larves aquatiques, figurez-vous !), mais ce n'est pas facile...

- Des tris selon la forme (Louiselle) :


Louiselle découvre ce jeu qui plait tant à son frère aussi... son l'œil de quelques escargots et de son nouveau doudou :

Chien Spiegelburg

Arg, ce chien tant désiré était son cadeau d'anniversaire - qu'Antonin a découvert et qu'il s'est empressé de lui offrir. La bonne nouvelle c'est qu'elle ne le quitte plus... mais le clou de la petite fête à venir, c'était lui, et je suis un peu ennuyée... :-/

- De la phonologie (Antonin) :


Antonin n'a pas l'oreille pour les sons terminaux, et repérer les rimes nécessite pour lui un véritable effort. Pour rendre la chose plus ludique et plus naturelle, j'ai photocopié la liste des prénoms des élèves de sa classe dans son cahier d'école, et j'ai proposé quelques cartes de nomenclature et une formule répétitive : "Albert mange des pommes de terre.", "Lily mange du brocolis.", "Colas mange du chocolat.", etc. C'est simple, mais très efficace - allez savoir pourquoi, ce genre de petites phrases fait s'écrouler de rire tout enfant de 4 ans normalement constitué. Une fois le jeu lancé, il était facile de s'extraire du matériel, et d'opérer d'autres rapprochements : "Mamayou mange des cailloux.", "Florian mange des pélicans."... Tout est permis, et ça peut durer longtemps ! :-)

- Des puzzles.

Camion de pompier 3D, Nathan

Louiselle est insatiable et ils constituent chaque mois 50% de notre emprunt à la ludothèque...


Ces puzzles 3D sont vraiment chouettes, mais assez difficiles.

Panda 3D, Nathan.

Et plus classique :

Puzzles 4 pièces, "Les galopins", Nathan.

- De la technologie : construction de machines !! :-)

Engrenages délirants

Merci la ludothèque, une fois de plus...


Bonne semaine chez vous ! :-)

samedi 2 mai 2015

Premier projet photos


Vous connaissez mon engouement pour les abécédaires...  Je crois bien que le temps que nous avons passé, en famille, penchés sur leurs pages merveilleuses - à nommer, comparer, décrire et "mettre en bouche" - sont pour beaucoup dans l'intérêt précoce que mes deux enfants ont témoigné aux sons de la langue. Mais aucune collection d'abécédaires, si nourrie soit-elle, ne sera complète à mes yeux sans une version "maison", pensée et fabriquée par l'enfant lui-même, dès qu'il en est capable.


Cela fait longtemps qu'Antonin et moi avons le projet de fabriquer un abécédaire pour sa petite sœur - et comme, parallèlement, il réclame d'apprendre  à se servir d'un appareil photo, notre médium était tout trouvé. La photographie est un langage, et assurément un de ces 100 langages dont dispose l'enfant !

L'enfant qui illustre l'alphabet se l'approprie, la connaissance  qu'il a des lettres, des sons et des mots s'approfondit. Être associée à un tel projet permet à Louiselle d'achever de construire la correspondance lettres/sons. Ce recueil constituera - constitue déjà - une banque familiale de mots ressources, à la dimension particulièrement affective - à laquelle il est facile de se référer pour ancrer, au besoin, le son de chaque lettre.

Il s'agit d'un projet long : nous nous focalisons sur les lettres une à une, et les enfants cherchent l'objet que nous allons lui associer. Parfois, cela ne nous prend que quelques minutes, parfois plusieurs jours sont nécessaires. Ce sont toujours les enfants qui choisissent les objets (ils "sèchent" en ce moment sur le "i", mais je ne leur souffle pas !), et ce sont eux qui les photographient. Si Antonin est beaucoup plus impliqué que sa sœur, elle n'est néanmoins pas indifférente du tout et participe à chaque décision. Nous observons ensuite les clichés et sélectionnons, pour chaque lettre, celui que nous allons conserver. C'est l'occasion de comparer et d'essayer de pointer ce qui fait qu'une image "parle" ou non - j'initie, doucement, Antonin aux premiers termes techniques ("cadrage", "sujet", "composition", "lumière", "flou/net", etc.). Notez que je ne lui ai pas encore montré comment utiliser le zoom - il va adorer ! :-D

Je comptais dans un premier temps faire figurer le nom de l'objet sur chaque photographie : "Accordéon", "Bateau", etc. Il m'est apparu bien vite que ce n'était pas le meilleur choix à faire : les enfants savent pertinemment ce que la photo représente. Antonin a bien d'autres occasions, plus pertinentes, de (dé)chiffrer, et Louiselle n'en est pas encore là. Par contre, faire figurer les trois graphies sur la même page est particulièrement intéressant pour nous puisque cette correspondance est en construction chez les deux enfants (à différents niveaux) et qu'aucun de nos livres ne le propose. J'en profite pour évoquer avec Antonin le nom de la lettre ("bé", "sé", etc.) - à présent qu'il est très à l'aise sur les sons qu'elles produisent, il commence à les réclamer. L'ordre alphabétique est une autre notion abordée à travers ce projet : nous rangerons les photos en nous appuyant sur nos abécédaires.

Voici un aperçu de quelques unes de nos pages - je vous épargne mon blabla de mère émue sur ces images, qui me bouleversent toutes terriblement : une photographie est une vision du monde !!! :-)

"Accordéon"

(Ce qui est drôle, c'est que l'amie d'Antonin qui a posé pour cette photo s'appelle... Adélaïde ! Hasard total.) :-)

"Collage", réalisé et photographié par Louiselle. :-)

"Europe"

"Fenêtres"

"Guitare"

"Muguet"

Le tout devrait être relié "à l'italienne", dans un format A5. Je vous montrerai le produit fini, bien sûr ! :-)

jeudi 30 avril 2015

Avril 2015 en 10 petits bonheurs

Myosotis au pied du figuier

J'aime quand mes enfants "lisent" une histoire tout seuls. :-)

Hôtel à insectes

J'aime quand Louiselle chante avec moi ses berceuses du soir qu'elle connait par cœur. :-)

Azalée au soleil

J'aime quand mes enfants m'agrippent le cou fort-fort-fort comme s'ils n'allaient plus jamais le lâcher. :-)

Pot de sempervivum

J'aime quand Antonin s'exerce à déchiffrer quelques mots de ses albums. :-)

Tulipes

J'aime quand Louiselle exige, parce qu'elle est GRANDE, de manger sur une chaise de GRAND - jamais elle n'a semblé si petite qu'alors, le menton au ras de l'assiette. :-)

Pot de plantes répulsives - contre les mouches !

J'aime quand Antonin m'explique les règles d'un jeu allambiqué, qu'il vient d'inventer et dont je m'applique à respecter les consignes à la lettre - et qu'après avoir observé gravement mes tentatives, il conclut : "Non. Tu as perdu. Je vais te montrer comment faire.". :-)

Porte de la cabane à outils

J'aime quand Louiselle s'amuse à détourner une chanson par analogie - ainsi "Oh, l'escargot ! Quelle drôle de petite bête !" devient : "Oh, la limace ! Quel drôle de insecte !". :-)

Abri à bois, compost et cerisier

J'aime quand, au marché aux fleurs, Antonin arrête son vélo devant tous les étals en demandant : "C'est quoi ça ? Et cette plante, là, elle s'appelle comment ?", et j'aime que les horticulteurs lui répondent. :-)

Plantations : tournesol, capucines, basilic...

J'aime quand, en promenade dans les herbes hautes, Louiselle tombe mollement - et disparait - une première fois sans le faire exprès, puis des dizaines et des dizaines de fois en éclatant de rire. :-)

Actinidia sur fond de cabane à outils

J'aime quand Antonin me questionne sur l'origine d'un mot ("Mais pourquoi la pomme de terre, elle s'appelle "pomme" ?") et qu'il me demande de rechercher la réponse dans "le gros livre" (= le dictionnaire étymologique). :-)

Bonjour, mai ! :-)

mercredi 29 avril 2015

Tournant... naturaliste.


Il nous arrive une chose merveilleuse. C'est un peu comme si, soudain, Antonin se mettait à aimer les légumes. C'est même mieux.

Ce printemps, Antonin est devenu est vrai petit amoureux de la Nature. Et pourtant, ce n'était pas gagné...


En devenant Maman, j'ai vite compris que ce n'était pas parce que j'aimais quelque chose, MOI, que mes enfants allaient l'aimer. Les enfants de musiciens ne sont pas tous musiciens, malgré nos efforts. Les enfants de plasticiens, les enfants de sportifs, d'écrivains... ont de grandes chances de devenir autre chose. Cela nous fend le cœur, de sentir que nos enfants ne vibreront pas par les mêmes cordes que nous. Hein ?


Depuis 4 ans, la moindre balade se terminait en drame. Antonin, épuisé sur-stimulé - se mettait à pleurer/hurler/se rouler par terre (rayez la mention inutile). Antonin voulait rentrer. Antonin n'aimait pas marcher.


De guerre lasse - et aussi parce que c'était un vrai problème pratique d'emmener les enfants d'un point A à un point B, surtout si nous avions une contrainte horaire, nous avons acquis un jogger. Idéal pour aller et revenir de l'école, mais pour le reste... J'ai vite compris que la morphologie de mon bourg m'enfermait littéralement, comme un oiseau en cage...


Nos chemins "de campagne" sont impraticables autrement qu'à pied - si l'enfant refuse de marcher et que les médecins interdisent le portage, on oublie.


Depuis le début de la belle saison, nous les explorons enfin, ces sentiers escarpés dont les amorces au bord des routes me faisaient tant rêver.

Depuis le début de la belle saison, Antonin trépigne d'impatience à l'idée d'une promenade - et Louiselle, qui n'a jamais été contre, se met soudain à être pour, elle aussi.

Depuis le début de la belle saison, c'est moi qui doit imposer que nous rentrions - les enfants ne sont jamais fatigués. Ils marchent, marchent - que dis-je, ils explorent, ils courent devant, découvrent des chemins invisibles. Ils inventent des cabanes sous les petits arbres, ils pataugent dans les sources, ils recherchent les "cacas de cerfs" (qui doivent provenir, 9 fois sur 10, d'individus de race canine, mais ne chipotons pas sur les détails), ils collectionnent les bestioles peu ragoûtantes (Louiselle : "Oh, un bébé limace ! Moi, je l'aime beaucoup, ce bébé limace ! Je veux le caresser et lui faire des bisous !"), récoltent des trésors simples, écoutent les chants d'oiseaux... Ils ingurgitent avec une facilité déconcertante le nom des plantes et des animaux - c'est bien simple, sur le sujet, ils en savent autant que moi. Antonin court devant si vite, que souvent je le perd de vue dans le maquis - jusqu'à ce que je l'entende hurler : "MAMMAAAANNNN ! Viennnns !!! VIIIITE ! J'ai trouvé de l'EUPHOOOOOORBE !". :-)


J'adorerais pour voir gonfler le torse et dire : "AH ! C'est grâce à moi !! J'aime ça, MOI, les promenades, et depuis le temps que je m'acharne, j'ai transmis ce goût à mes enfants, et patatipatata."


Bmmfg, je ne dis rien. Mais je savoure !!! Et je rends grâce à la vie. Merci ! :-)

mardi 28 avril 2015

Ralentir # 1


Nous y voilà... presque.

Dans 15 jours, Louiselle va avoir trois ans et une nouvelle ère s'ouvre à nous.

Dans 15 jours, je reprends le travail à temps plein après 36 mois de congé parental et dire que nos journées ordinaires vont changer de visage est un tendre euphémisme. Comme 67,3 % des mères de famille, je vais connaitre la course à l'école, à la nounou, au travail, le casse-tête des sorties de chacun à faire tenir sur le week-end, et l'ennui des réunions le soir, et le ménage et les repas qu'il faut bien réussir à boucler malgré tout.

Ça va le faire, vous croyez ??

Comment appréhender l'ambiance de l'école de mes enfants si je n'y mets plus jamais les pieds ? Comment épargner à Antonin des journées à rallonge puisque je ne peux plus aller le chercher à la sortie ? Comment dialoguer avec les enseignants ? 

Vais-je me débrouiller pour vadrouiller à travers ce département inconnu ? Alors que je ne conduis pour ainsi dire jamais d'habitude et que je ne sais pas me servir d'un GPS ? Comment vais-je calculer mon suivi des 108 heures en reprenant en fin d'année ? Et l'ISSR, rien que ce nom me donne des boutons - ne vais-je pas m'emmêler les pinceaux ?

Et si les enfants - c'est de leur âge - commencent à manifester le désir de suivre tel ou tel cours le mercredi et/ou le week-end ? Et dans un an, Antonin aura des devoirs le soir, il faudra trouver du temps pour ça... 

Et mon rendez-vous chez le coiffeur, et cette garde-robe professionnelle à complèter, cela ne va pas se faire tout seul. Comment faire pour que ça ne coûte pas trop cher - Dieu seul sait quand je toucherai mon premier salaire. Et cette école de rattachement, vais-je m'y plaire ? Vais-je seulement avoir le temps de savoir si je m'y plais ou pas ? Comment vais-je supporter pendant deux mois de ne pas me soucier de pédagogie alors que c'est une des seules choses que j'aime dans mon métier ? Et le supporterai-je cinq ans ? Dix ans ? Et réussirai-je à faire classe à ces élèves dont je ne serai pas l'enseignante ? Vais-je apprécier de travailler ? Me lèverai-je pleine d'entrain et de joie de vivre ?

Que va-t-il se passer si nos semaines sont pleines comme des œufs, si nous ne trouvons plus le temps de nous connecter ? Comment ralentir ??

Ralentir.

Je... res... pire. Je suis le trajet de l'air, le gonflement de mon abdomen, le rentissement de mon soufle. Une p'tite pause. Je suis mon corps et mon esprit, et ils prennent toute la place. Je prends une profonde inspiration - peut-être deux.

Une respiration, c'est l'éternité sur un plateau d'argent. :-)

La nounou des enfants est une perle rare, d'ailleurs les enfants trépignent à l'idée d'aller chez elle, et comptent les jours avant la reprise de mon travail. Antonin aime vraiment l'école cette année. Mon mari a posé ses vacances au mois de mai pour me libérer des tâches domestiques. Mon école de rattachement est à 20 minutes d'ici, et le collègue que j'ai eu au téléphone a eu l'air vraiment enthousiaste. Et puis, être remplaçante, ce n'est pas si mal - en théorie cela signifie quand même moins de préparation à la maison... Finalement, cela me fera plaisir de me faire couper les cheveux et de m'acheter deux ou trois petits hauts sympas, et puis, pour le GPS, je vais apprendre. Ou acheter une carte, tiens.

Nous y voilà... presque. C'est à dire que nous n'y sommes pas encore

Quinze jours, c'est l'éternité. :-)